Recours collectif contre Apple qui aurait caché les mauvaises ventes de l'iPhone

Mickaël Bazoge |

Apple, sachant que les ventes d’iPhone avaient plongé dès la fin de l’année dernière, a-t-elle induit en erreur des « centaines de milliers » d’actionnaires ? C’est le motif d’une class action lancée par le fonds de pension des employés de la ville de Roseville (Californie). D’après les plaignants, Tim Cook était au courant des difficultés rencontrées par l’iPhone le 1er novembre, au moment de présenter les résultats du quatrième trimestre fiscal de l’entreprise.

Pourtant, le CEO avait déclaré à l’époque que l’iPhone connaissait une croissance « à deux chiffres ». Il n’était certainement pas sans savoir que les ventes de smartphones déclinaient en Chine et que le programme de remplacement de batterie à 29 $ impactait le renouvellement de l’iPhone, les utilisateurs préférant changer le composant plutôt que d’acheter un nouveau modèle. Changement de ton complet début janvier, alors que Tim Cook prévenait les actionnaires d’un avertissement sur résultats provoqué par un recul net des ventes du smartphone.

Apple savait mais n’a rien dit, selon la plainte qui cherche à rassembler les investisseurs ayant acheté des actions entre le 2 novembre 2018, au lendemain des résultats où tout semblait aller comme sur des roulettes, et le 2 janvier 2019 (jour de l’avertissement sur résultats). Les déclarations de Tim Cook et de Luca Maestri, le directeur financier, n’ont pourtant pas permis à l’action AAPL de se maintenir, bien au contraire : après avoir dépassé 222 $ le 1er novembre, elle flirtait avec les 150 $ fin décembre, avant même le profit warning.

La plainte accuse donc Tim Cook et Luca Maestri d’avoir enfreint la législation financière. D’autres recours collectifs sont en gestation dans ce même dossier ; des enquêtes sont en cours chez plusieurs firmes d’avocats (lire : Alerte sur résultats : au moins deux class action en préparation contre Apple).


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avatar Guizilla | 

@occam

Ahah ?

Oui mais bon on parle bien de croissance et décroissance pas de croissance positive et de croissance négative comme on le ferait respectivement avec évolution positive et évolution négative. D’autant plus qu’en anglais on utilise des termes similaires à increase, decrease ce qui ne laisse aucun doute

avatar occam | 

@Guizilla

Nice try !
Mais détrompez-vous, la vérité (dont la mère est l’histoire, émule du temps, dépôt des actions, témoins du passé, exemple et connaissance du présent, avertissement de l’avenir, Cervantes dixit) m'oblige à vous signaler que le terme « negative growth » est monnaie courante dans la littérature économique et financière anglophone. Plus encore qu'en français, comme une simple recherche sur Google Trends suffira à vous le montrer.

À titre d'exemple, cette étude de la Banque mondiale, qui n'a d'autre mérite que le fait que c'est une modélisation sur laquelle j'ai travaillé. Cherchez dans le document le terme composite « negative growth » et vous verrez.
https://www.uni-trier.de/fileadmin/fb4/prof/VWL/IWB/Vorlesung/neu/Cord_Lopez_Page.pdf
Répétez l'expérience sur Google, avec l'ajout de paramètres de contextualisation. Vous risquez d'être surpris par le nombre de références.

Pour la petite histoire, ce funeste euphémisme semble avoir été popularisé par les politiques.
Je n'en croyais pas mes jeunes oreilles quand je l'entendis pour la première fois, lors de l'ajustement déflationnaire du budget 1973-74 d'Anhony Barber, malheureux chancelier de l'Échiquier de Sa Gracieuse Majesté. Peu après, ce fut le tour du nouveau ministre allemand des Finances, Hans Apel, au Bundestag. Le subterfuge linguistique que ses hauts fonctionnaires lui infligèrent, « Negativwachstum », censé éviter le terme honni de récession, fut vertement ridiculisé par l'expert budgétaire de la CDU, Gerhard Stoltenberg. Inévitablement, celui-ci, devenu ministre des finances du gouvernement Kohl quelques années plus tard, finit par devoir l'employer à son tour. Et ainsi de suite.

Vous voyez, mon persiflage d'Apple grossit à peine le trait. À peine.

avatar Guizilla | 

@occam

Je vous remercie pour cette anecdote historique fort intéressante, nous pouvons toutefois nous accorder sur le fait que c’est un abus de langage qui n’aurait pas du être utilisé et encore moins démocratisé.

avatar Puff32 | 

Ces actionnaires, ils veulent toujours plus. Achètent ils Apple au moins?

avatar Paquito06 | 

Bon courage aux plaignants, ?

avatar françois bayrou | 

« Pourtant, le CEO avait déclaré à l’époque que l’iPhone connaissait une croissance « à deux chiffres »

il n’a pas précisé si c’etait avant ou après la virgule

avatar Florian Wallez | 

Il n’y a pas longtemps, j’ai été fasciné par un camelot qui vendait une potion contre les migraines, les maux d’estomac, et les courbatures.
Je lui ai demandé si ça soulageait aussi la myopie, il m’a dit que oui.
J’en ai acheté 3 bouteilles et depuis j’ai attrapé de l’eczéma et une cirrhose du foie.
Je me demande à qui je dois faire un procès :
- au vendeur qui s’est foutu de moi pour son intérêt,
- à mon entourage à qui je n’ai pas demandé conseil mais qui aurait dû me conseiller malgré moi,
- à moi-même qui suis trop crédule et qui imagine que la réalité va se plier à mes envies uniquement parce que j’ai cru à de vagues promesses.

Ça me rappelle les « victimes » de la pyramide de Ponzi de Madoff, ils se plaignaient que la poule aux œufs s’était tarie mais ne s’étaient jamais demandés par quel moyen on leur avait promis un rendement à deux chiffres en pleine crise...
Eux aussi avaient écouté le camelot qui charmerait leurs oreilles, et s’étaient retournés contre leur charmeur...

avatar Clément34000 | 

C’est moi ou personne ne se souvient qu’Apple a dit il y a plusieurs mois maintenant qu’elle n’annoncerait plus les chiffres de vente dans les détails. Si ils ont droit, je ne voit plus trop où est le soucis.

avatar ultrabill | 

@Clément34000
Relis l'article, c'est justement le fond du problème. Elle a dit ne plus donner de chiffre de vente sans expliquer pourquoi. Or, il est possible que ce soit pour cacher les mauvaises ventes du produit.

"Ah au fait j'ai oublié de vous dire que notre poule aux oeufs d'or se vend moins bien. Du coup je pourrais pas vous donner ce que je vous ai promis, déso les mecs. Sinon vous reprendrez bien un peu de champagne ?" C'est pas vraiment comme ça que ça marche :(

avatar Clément34000 | 

@ultrabill

Tout le monde sait qu’ils n’en vendent pas autant que prévu avec leurs objectifs AN+1 mais juste autant que l’an dernier. Si Apple ne le dit pas... ah bah si Apple l’a dit d’ailleurs, je me trompe lol
Je ne vois pas pourquoi tout ce patacaisse quand on voit les volumes de vente toujours monstrueux...
je pense surtout que le choix d’Apple de ne plus faire dans le détail des chiffres, machine par machine, dérange plus qu’autre chose et certain le font savoir. Prétexte !
Ah oui, la santé des actions, décidé par les boursicoteurs faisant la pluie et le beau temps, ne plaît pas à tout le monde et n’arrange rien, souvent pour rien.
Tout ceci est du vent. Ça fait des années qu’il y a des hauts et des bas annoncés, souvent aux mêmes périodes d’ailleurs, avec tous les commentaires qu’on connaît et les mois suivant : « bah tout va bien »

avatar ecosmeri | 

Quand on joue en bours et que l'on perd on a le droit de se plaindre? Mdr

avatar frankm | 

La croissance, la croissance. Put Ain de merde. Putain de clavier iOS qui l’empêche, putain m’empêche d’écrire en français et avec des putain de gros mots

avatar marc_os | 

Ah que c'est beau le capitalisme !
Et moi qui croyait que les actionnaires étaient des entrepreneurs prêts à prendre et assumer des risques afin de donner du travail aux salariés qui en retour leur devraient une éternelle reconnaissance...

avatar ultrabill | 

@marc_os
Les actionnaires prennent des risques après analyses. Ça implique qu'on ne leur mente pas (par omission ou non) ;)

avatar marc_os | 

@ultrabill
Certes. Mais d'une part il n'est pas encore prouvé qu'Apple aurait menti à ses actionnaires.
D'autre part tu ne réponds pas à la question de la prise de risques.
Est-tu prêt à les assumer en général ?*
Ou bien serais-tu prêt à mettre des gens au chômage pour t'assurer que tes intérets ne baissent pas ?
Au contraire serais-tu prêt à accepter une baisse de tes gains en cas de problèmes ou bien soutiens-tu par exemple la politique de Michelin qui pratique les "licenciements boursiers" pour assurer que les bénéfices de ses actionnaires ne baissent pas ?

(*) s'il est avéré qu'Appe n'a pas menti.

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