Les sorties scolaires en Apple Store sont désormais interdites en France

Nicolas Furno |

Le ministère de l’Éducation Nationale a interdit les sorties scolaires en Apple Store, nous apprend ce matin l’hebdomadaire Marianne. Cette interdiction fait suite à une vieille polémique, relancée récemment par un reportage diffusé par France 2. En fait, depuis le lancement de l’opération en 2010, des voix s’étaient régulièrement élevées contre ces sorties en magasin. Fin 2016, un enseignant avait interpellé le gouvernement à ce sujet, et la réponse avait alors été de laisser aux professeurs leur liberté pédagogique et de leur faire confiance « pour éviter les pièges commerciaux ».

Initiation au développement avec Swift Playgrounds (image Apple).

Le nouveau gouvernement n’est pas du même avis. Au nom du « principe de neutralité du service public », les sorties scolaires réalisées chez Apple sont interdites, mais aussi toutes les « opérations similaires » d’après la Direction numérique pour l’éducation. Microsoft, par exemple, avait lancé le même concept en 2012 et les « classes immersives Microsoft » sont désormais proscrites.

Apple ne compte pas abandonner le monde de l’éducation pour autant. Même si les sorties scolaires à destination des plus jeunes vont probablement cesser en France, l’entreprise travaille aussi avec des instituts d’étude supérieure, pour promouvoir son langage de développement. Le programme Everyone Can Code est ouvert en Europe depuis le début de l’année, et notamment en France chez SUPINFO, le CESI, l’ESGI et La Sorbonne. Dans ces établissements, un cours mis au point par les enseignants et Apple permet d’apprendre à développer des apps mobiles dans l’univers d’iOS, y compris Swift, le nouveau langage de développement de la firme. Ce programme ouvrira à partir de la rentrée 2018.

Le programme Everyone Can Code, ici à Harlow College, au Royaume-Uni (image Apple).

Ces grandes écoles ne dépendent pas du même ministère et pour l’heure, personne n’a remis en cause l’accord signé avec Apple. Il faut dire que ce n’est pas la première fois qu’un partenariat est signé entre une entreprise privée et une école ou une université. Pour rester chez SUPINFO, l’école a ouvert plusieurs laboratoires, dont un avec Microsoft et un autre avec Cisco.

Du côté de l’Éducation nationale, certains profitent de l’interdiction des sorties scolaires en Apple Store pour remettre à nouveau en cause l’accord signé en 2015 avec Microsoft. Il prévoit notamment une formation des enseignants en utilisant les technologies de l’entreprise de Redmond.


avatar oomu | 

Surtout qu'on pouvait démarrer la journée au starbucks. Mais dites moi, vous êtes accompagnant scolaire ?! Diantre !

avatar DarthThauron | 

L'éducation nationale devrait interdire Microsoft et privilégier le logiciel libre lorsque la solution libre existe. Il faut en finir avec l'intrusion des monopoles commerciaux dans l'enseignement. Les enseignants doivent être formés aux logiciels libres. Il faut en finir avec les partenariats M$/EN. En finir avec les suites office gratuites pour les profs. Cela est anormal que l'on laisse cette gratuité.

avatar huexley | 

Sauf que dans le monde de l'entreprise réelle, de solides connaissances sur les produits Office est plus. Ce qui n'est pas le cas d'Open Office (enfin je me rapelle pas avoir jamais vu passer une offre d'emploi ou libreoffice / OO un prérequise…

avatar oomu | 

c'est un sujet très complexe.

La compétence Office n'est qu'une partie de ce qu'il faut maîtriser pour un emploi. Il s'agit avant tout de maitriser l'usage de logiciel, des interfaces windows et de concepts (fichiers, partage de document, tableaux croisés dynamiques, TABLEAUX CROISES DYNAMIQUES-oups.. traumatisme de support pour secrètaire, etc )

selon l'entreprise et les lubies du jour, on peut se retrouver face à google docs ou office voir du libreoffice.

Mais nous parlons ici d'avantage de métiers de secrétariat que d'informatique.

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Microsoft est omniprésent. Y a t'il donc besoin pour le primaire et collège de perdre du temps à initier à des choses qu'ils verront de toute façon chez eux, archi-documenté par des pubs microsoft et rabaché sans cesse en étude supérieur ? bof.

Le logiciel libre permet d'ouvrir l'horizon et servira de bonne EXCUSE pour ouvrir à des problématiques de notre époque : propriété intellectuelle, la nature du code (sociétal, technique) et de chouettes trucs rigolos pas vu à la maison. De quoi faire un vrai sujet pédagogique en somme.

Tout est dans la manière qu'on présente les choses.

Si vous débarquez en mode idéologue "naon, pas montrer aux zenfants L'Explorateur de fichier de Windows, seulement le républicain-compatible Nautilus sur Debian !" , vous n'aurez absolument aucune écoute et heureusement.

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"Sauf que dans le monde de l'entreprise réelle"

j'ai cherché, j'ai jamais réussi à travailler dans le monde de l'entreprise imaginaire (ou virtuel)... A moins que.. mais oui, le monde de l'entreprise pas réelle, c'est la Mafia ! Alors là, encore moins ! non mais :) #sarcasme #seconddegré #gag #etc

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L'accord cadre Etat français-Microsoft est lui particulièrement violent et polémique.
Il ne consiste pas à montrer windows aux enfants.

Il consiste à fournir à l'ensemble de l'éducation publique (et privée sous contrat) ET les collectivités locales, l'ensemble d'office 365 comme alternative à tout autre solution d'INFOGERANCE, travail collaboratif et bien sur les logiciels de travail Office.

L'infogérance n'est PAS anodine. Du tout. C'est fondamental. C'est ce après quoi Microsoft court. Gestion utilisateur -> gestion des droits -> données et politiques -> facturation et comptabilité -> paie, etc. IBMn 'a qu'à bien se tenir.

L'outil de travail collaboratif est stratégique et pernicieux: l'organisation en deviendra dépendante.

Il devient impossible face à du gratuit (en tant que collectivité ou école, y a pas de coût), standard du marché, de trouver la moindre justification pour une autre solution, dans le cadre d'un marché public. Ou alors faut être particulièrement retors.

Pour torpiller une industrie européenne du logiciel et service, je m'y serais pas pris autrement.
boAAAh, allez, Microsoft laissera la revente et support utilisateur à des petites SSII locales (et une grande, le reste sera vendu par les opérateurs) de franchouilles.

Qui c'est qui est content d'avoir quelques emplois d'intérimaires dépendant d'un grand acteur étranger ? mais oui c'est le franchouille, mais oui c'est le franchouille, tiens susucre.

avatar DarthThauron | 

Oui mais à la sortie du collège et du lycee in ne va pas tout de suite en entreprise à ce que je sache...

avatar huexley | 

Personnellement je préfère apprendre des choses utilses à mes enfants. "Tiens mon fils apprends à utiliser ce programme car dans 3 ans ca te servira à rien et il faudra tout réapprendre…"

Et accessoirement beaucoup de jeune sortent sans diplôme du collège lycée (et j'en fais partie)

avatar DarthThauron | 

Oui l'apprentissage d'office n'est pas sorcier venant de libre office. Il y a la formation du citoyen et l'apprentissage de choses utiles pour son travail. Les deux sont nécessaires. Et faire voir du logiciel libre ouvre l'esprit. En Bretagne, par défaut c'est libre office qui est installée sur les pc en lycee. Les profs l'utilisent couramment. Les élèves l'ont à la maison. Rien ne les empêche d'utiliser office chez eux. Et dans le supérieur il utiliseront ce qui est nécessaire pour leur boulot. Ne passer que par des solution microchiotte conditionne à n'utiliser du microchiotte. On revient de loin en la matière. Il ne faut pas refaire les erreurs du passé. Apres si on ne comprend pas ca, on ne forme pas un citoyen mais un consommateur conditionné

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