Musique : Apple joue un nouveau morceau

Florian Innocente |

« Si j'observe mon quotidien, je ne pourrai pas aller au bout d’un exercice physique sans la musique. Je ne vais pas à la salle de sport juste pour le plaisir. Vous avez besoin de quelque chose qui vous motive et pour moi, c’est la musique. C’est aussi ce qui m’accompagne le soir. Je pense que c’est la meilleure des médecines » déclarait Tim Cook dans une récente interview à Fast Company.

Un médicament qui peut coûter jusqu’à 3 milliards de dollars… soit le montant versé par Apple il y a quatre ans pour s’offrir la marque Beats, ses casques, ses enceintes et son service de streaming ouvert quelques mois plus tôt. « La musique est une part très importante de l'ADN d'Apple et elle le sera toujours » écrivait Eddy Cue pour enfoncer le clou sur le bien-fondé de cette acquisition qui en avait étonné plus d’un.

Au-delà des enthousiasmes de rigueur, on voit qu’Apple continue de placer ses pions sur cet échiquier de la musique. La récente rumeur de la sortie avant la fin de l’année d’un casque marqué d’une Pomme n’en est que le dernier exemple.

On aurait pu croire Apple rassasiée par la collection d’accessoires Beats mais les AirPods, le HomePod et probablement ce casque montrent qu’il n’en est rien. Apple est bien décidée à développer sa propre collection de périphériques et d’accessoires, en parallèle à ceux de sa filiale.

S’agissant du HomePod, dont les premières ébauches remontent à environ six ans, Amazon a pu servir d’aiguillon au vu du succès rencontré par ses Echo… sans pour autant que ce soit la seule raison à l’arrivée d’une enceinte contenant Siri. Ou, dit autrement, Beats avant-hier, les AirPods hier, le HomePod aujourd’hui et d’autres accessoires demain ne sont que le prolongement d’un long sillon qu’Apple creuse, depuis ses origines, dans le champ musical.

Amazon Echo Plus, il est en bêta-test en France

Dans la même interview, Tim Cook fait remonter à 1984-85 l’intérêt d’Apple pour ce domaine. En somme, à la sortie du Mac. Le retour de Steve Jobs a redonné de la voix à cette passion qui s’est d’abord traduite par le logiciel.

L’ère du MP3

Ce regain d’intérêt a toutefois démarré sur un malentendu. À l’automne 1999, les premiers iMac DV (pour Digital Video, leur prise FireWire) tablaient sur l’appétit du grand public pour la vidéo numérique. Ça ne manquait pas de logique puisque les caméscopes numériques devenaient abordables et iMovie allait accompagner ce mouvement. Seulement, un phénomène plus formidable encore bousculait tout : le MP3 popularisé par Napster (lire aussi Les coulisses de la naissance et de la disparition du FireWire). Ces nouveaux iMac n’avaient pas été préparés pour prendre cette vague. Ils étaient dépourvus d’application adéquate et incapables de graver quoi que ce soit.

On connait la suite : Apple a acheté dare-dare SoundJam au début 2000 pour créer iTunes. Un an plus tard, les iMac disposaient enfin de ce nouveau logiciel et d’un lecteur/graveur. Ce qui fut l’occasion du slogan « Rip. Mix. Burn. » (ripper, mixer, graver) 1 La phrase, percutante, martelait la facilité à créer des playlists et des CD MP3 à partir de CD-audio du commerce.

Un slogan ainsi qu’un clip astucieux réalisé avec la caution d’une belle brochette d’artistes qui firent sortir de leurs gonds quelques pontes de l’industrie musicale. Ils y voyaient une incitation à peine voilée au piratage. Début 2002, Michael Eisner, le patron de Disney, s’agaçait qu’elle suggère que les gens « pouvaient commettre un vol s’ils achetaient cet ordinateur ». Il faut dire qu’entre temps l’iPod était arrivé et il acceptait lui-aussi les contenus « ripés », Apple ne se privant pas de le rappeler (et ce n’était pas l’invitation à ne pas pirater, inscrite en tout petit au bas de ces pubs, qui allait changer grand chose).

via : Apple Collateral

Si l’on regarde l’Apple d’aujourd’hui et celle d’hier, ses grandes avancées dans la musique se sont toujours faites par l’addition de matériels, de logiciels et de services qui se sont nourris les uns les autres.

Bien souvent aussi, chaque étape a été franchie grâce à l’achat d’une entreprise qui a apporté les ingrédients indispensables pour créer de nouveaux produits. Il y a eu Casady & Greene pour iTunes, Lala pour iTunes Match et Beats pour Apple Music (sans oublier Emagic pour Logic Pro X). En décembre dernier ce fut le tour de Shazam, qui était déjà utilisé par Siri et qui pourrait jouer un plus grand rôle si Bruxelles ne lui met pas des bâtons entre les roues.

C’est une caractéristique d’Apple : elle peut être lente au démarrage mais sitôt le moteur allumé, elle accélère fort et n’hésite pas à tracer sa propre route. Au début des années 2000, en l’espace de seulement trois ans, Apple est passée d’un stade où elle regardait passer le train du MP3 à celui où elle avait des iMac sachant graver, iTunes comme jukebox, l’iPod en successeur du Walkman et l’iTunes Music Store pour réhabiliter la vente de musique sur internet. Elle pouvait simultanément plaire aux pirates et aux maisons de disques.

Chacun de ces produits a ensuite mis cul par dessus tête son secteur et personne n’a pu leur livrer de véritable concurrence : Sony, Microsoft, RealNetworks, Winamp… tous s’y sont cassés les dents.

L’ère du streaming

Le même scénario s’est présenté 15 ans plus tard, il suffit de remplacer « MP3 » par « streaming ». Pendant que Spotify construisait patiemment une nouvelle relation avec la musique, basée sur la notion de location, Apple restait cramponnée au téléchargement payant et ne s’en écartait que timidement avec iTunes Match.

En 2014, Beats Music n’était pas un concurrent sérieux pour Spotify. Le service de streaming, lancé en janvier de cette année et acheté en mai par Apple, était confiné aux États-Unis et l’on estimait sa clientèle à 250 000 abonnés payants quand le suédois annonçait 10 millions.

En achetant Beats pour la somme record de 3 milliards de dollars (pour NeXT qui a contribué à la sauver de la déroute, Apple avait payé 400 millions), la Pomme remonte son retard sur Spotify et elle est entrée par la même occasion sur le marché lucratif des casques audio. Coup double ! Au moment de l’opération The NDP Group attribuait à Beats Electronis quelques 57 % du marché des casques coûtant plus de 99 dollars (ceux avec lesquels on gagne de l’argent, pour dire les choses autrement).

En mai 2014, Apple achète Beats Music et Beats Electronics

Quatre ans plus tard l’investissement ne provoque plus l’étonnement. Partie de rien dans le streaming audio, Apple s’est installée en deuxième position derrière Spotify. La distance qui les sépare est encore grande puisque le suédois a 159 millions de clients actif par mois dont 71 millions qui payent, alors qu’Apple en a un peu plus de 36 millions (facturés eux-aussi). Un rapport qui va du simple au double mais les plus optimistes affirment qu’au vu de la croissance de chacun, Apple Music pourrait détrôner cet été son adversaire aux États-Unis. Le climat est propice à cette inversion des courbes, il y a un an, le streaming a pour la première fois dépassé le téléchargement payant sur le sol américain. Les États-Unis demeure en outre le premier marché d’Apple pour ses iPhone.

Le piratage est loin d’avoir disparu mais le streaming a partout le vent dans le dos. Dans son rapport 2017 (sur l’activité 2016), la Fédération internationale de l'industrie phonographique (IFPI) mesurait une croissance annuelle de 60 % du chiffre d’affaires du streaming dans le monde et une baisse de 20,5 % du téléchargement [pdf]. Le streaming compte maintenant pour la moitié du chiffre d’affaires de la musique numérique. Une tendance qui peut donner corps à l’idée qu’Apple ne va peut-être pas éternellement proposer du contenu en téléchargement sur iTunes.

Très bonne lorsqu’il s’agit d’actionner des synergies entre ses produits, Apple peut inclure son service sur les quelques millions d’appareils iOS vendus chaque mois. Chacun de leurs utilisateurs peut alors, au minimum, tester gratuitement Apple Music pendant trois mois. Un atout dont est privé Spotify qui ne peut s’appuyer sur son propre matériel (même si cela pourrait évoluer). Pas moyen non plus de crier à la concurrence déloyale puisqu’il est premier du secteur. Sa carotte à lui c’est sa formule gratuite, proposée en échange de publicité. Elle marchera tant que les maisons de disque l’accepteront.

Remise en selle grâce à Beats Music, Apple continue de suivre de près les tendances dans l’écoute de la musique. Lorsqu’elle annonce qu’avec le prochain iOS 11.3 son app Apple Music va permettre de consommer à volonté des clips vidéos en streaming, sans être importuné par la pub, c’est une allusion tout sauf discrète à YouTube.

Contrairement à une croyance solidement établie, YouTube ne sert pas qu’à regarder des chats faire les pitres. D’après l’IFPI, 55 % du temps consacré à écouter de la musique en streaming se fait depuis une plate-forme de vidéo, YouTube pesant pour 46 % de ce total.

Sur un seul mois, ajoute l’IFPI, « 85 % des utilisateurs de YouTube s’en sont servis pour écouter de la musique, soit environ 1,3 milliard d’internautes ». Les 22 et 23 % restants sont respectivement du streaming uniquement audio financé par la pub et de l’audio payant (ces chiffres couvrent les marchés nord-américain, l’Australie, l’Europe de l’ouest, le Japon, la Corée du Sud, le Brésil et le Mexique, soit 85 % du CA mondial de la musique enregistrée).

Source : IFPI

Le poids énorme de YouTube dans l’écoute de musique en streaming s’avère une opportunité pour Apple, puisque les maisons de disques estiment que Google ne les « rémunèrent pas loyalement ». Un producteur gagnerait moins de 1 dollar par an pour chaque utilisateur de YouTube contre 20 fois plus chez Spotify, toujours selon l’IFPI (pdf).

L’histoire peut alors se répéter et après l’iTunes Store contre les MP3 piratés, c’est Apple Music qui peut offrir aux labels une distribution mieux contrôlée et plus rémunératrice de leurs clips.

L’ère de l’intelligence artificielle

A l’instar d’iTunes et de l’iPod, les efforts développés pour contrôler l’accès au contenu via Apple Music se doublent de ceux engagés pour créer du matériel. Le smartphone ayant remplacé le baladeur MP3 c’est ailleurs qu’il faut élargir la gamme, par les accessoires.

L’identité de Beats est à ce point forte qu’Apple peut se permettre de créer sa propre collection d’écouteurs et de casques sans marcher sur les pieds de sa filiale (au bout du compte, que l’on préfère les écouteurs Beats à ceux d’Apple ou vice-versa c’est toujours le directeur financier d’Apple qui se frotte les mains).

Il suffit de regarder les AirPods, les BeatsX ou les PowerBeat3 pour voir que tout les séparent… à l’exception de leur puce Bluetooth W1. C’est là que se révèle une autre force d’Apple : plutôt que de faire du Bluetooth dans le même pot que tout le monde, elle s’ingénie à créer son propre processeur qui rend plus intuitive et robuste la connexion entre l’iPhone et les AirPods.

Autre critère différenciateur : Siri. Ce n’est pas toujours pratique de l’utiliser avec des écouteurs (lorsqu’on est en public et a fortiori quand on n’a plus de réseau) mais cela devient un élément important dans la fiche technique des produits audio. Siri est partout, sur le Mac, l’iPhone, le HomePod et jusque dans vos écouteurs.

On peut moquer son « intelligence » et ses insuffisances, on n’en est qu’aux premiers pas de ces assistants. Siri n’a que 7 ans, chez Apple du moins. On peut juger qu’au vu d’autres évolutions techniques (le premier iPhone comparé à l’iPhone X, Touch ID et Face ID) Siri n’a pas fait de bonds spectaculaires mais c’est aussi une technologies où les prouesses sont les plus compliquées à réaliser, surtout lorsqu’Apple s’attache une main dans le dos en limitant l’utilisation des données personnelles. Ainsi que l’observait le patron de Sonos devant l’arrivée du HomePod, ses concurrents il y a dix ans s’appelaient Sony et Bose. Aujourd’hui ce sont Apple, Amazon et Google.

Ces trois là ont comme point commun de ne pas venir de l’audio mais de l’informatique. Depuis la sortie des Echos d’Amazon on assiste à l’irruption d’enceintes qui sont de petits ordinateurs. Le HomePod a son système d’exploitation et il utilise le processeur d’un iPhone 6, l’A8. Apple et Google ont développé leurs propres systèmes pour analyser automatiquement l’acoustique de la pièce qui accueille leurs enceintes alors que Sonos mobilise l’assistance de l’utilisateur pour faire la même chose.

Une ligne de fracture se dessine entre les produits audio dit « intelligents » et les autres. Pour les premiers, une pièce que l’on a déjà vue et revue est maintenant rejouée. Apple a des produits (iPhone, Apple Watch, AirPods, HomePod) dont elle s’assure la maîtrise d’à peu près tous les organes vitaux.

En face, les autres marques appellent à l’aide Google (ce fut le cas avec Android, puis Android Wear et aujourd’hui avec Assistant) ou Amazon (Alexa) puisqu’elles ne peuvent lutter par leurs propre moyens. Deux exemples parmi (beaucoup) d’autres pour l’illustrer : Sonos a commencé à intégrer Alexa (et il glissera bientôt Google Assistant, il promet même Siri) dans sa One. Cabasse a annoncé que plusieurs de ses enceintes pouvaient être maintenant commandées à la voix au travers des enceintes de Google. « L’ancien monde » se raccroche au « nouveau monde » pour ne pas rester sur la touche.

Le HomePod pourrait être le premier membre d’une toute petite tribu. Apple n’ira pas chasser sur le terrain des enceintes d’entrée de gamme, pas assez qualitatives et rémunératrices. Mais pourquoi ne pas frayer avec du très haut de gamme, une collaboration par exemple avec Devialet dont elle vend déjà les enceintes en Apple Store ? Après tout, Hermès a bien posé sa griffe sur des Apple Watch.

Un concept de petit HomePod

Assise sur du bon matériel, la Pomme, comme ses concurrents, peut faire fonctionner son logiciel à plein régime. Alexa, Google Assistant et Siri sont en train de redéfinir la relation que l’on entretenait jusqu’à présent avec son équipement audio domestique. Ce dernier ne se borne plus à diffuser : il écoute, il est même aux aguets. Le HomePod est étonnant par sa capacité à vous entendre l’appeler dans un environnement pourtant bruyant ou sans que vous n’ayez à élever la voix.

On n’en est qu’aux balbutiements de ce dialogue entre l’utilisateur et ses enceintes. Il influence déjà la manière d’écouter la musique, ou faut-il parler de « consommation » avec ce que cela peut avoir de péjoratif ? C’est le règne des playlists, concoctées par les petites mains d’Apple Music ou de Spotify, quand ce ne sont pas leurs algorithmes qui mâchent vos historiques d’écoute et vos coups de cœur pour en créer sans cesse de nouvelles, sur-mesure.

On interpelle son enceinte pour lui demander de jouer tel album, tel morceau, tel artiste, tel genre… ou plus simplement, on lui demande de jouer de la musique et à elle de se débrouiller avec ce qu’elle sait de vous et de vos goûts. On lui demande même d’allumer la lumière et de baisser les stores.

Plutôt chez Google voire Amazon que chez Apple on pourrait imaginer l’enceinte décider de la musique qu’elle vous jouera après être allée regarder dans votre agenda. Pour voir si votre journée était chargée, donc éreintante et adapter le choix des morceaux en conséquence.

Maintenant que les enceintes deviennent des ordinateurs, qu’elles vous connaissent et qu’elles savent ce que vous faites, les possibilités sont vastes, du moins sur le papier. Les smartphones ont généré quantité de débats sur les notions de vie privée, voilà que ces discussions vont se déplacer vers les enceintes. Des accessoires que l’on se contentait auparavant de placer dans un coin de la pièce pour ne plus y prêter attention ensuite.

crédit : Alphr

Amazon et Google font de leurs enceintes des objets qui ont réponse à tout et cherchent à en savoir le plus possible sur vous. Apple cristallise ses efforts sur l’écoute de la musique, avec un Siri plus spécialisé qu’il ne l’est sur ses autres produits, mâtiné de compétences en domotique.

La musique reste ce fil rouge au long duquel Apple a placé, depuis une quinzaine d’années, des produits et services majeurs qui ont souvent redéfini les usages. C’est maintenant au tour du HomePod de devoir imprimer sa marque et d'ouvrir un autre chapitre.


  1. Julie Gordon, « rédactrice » chez Apple entre 2001 et 2003 (elle écrivait les descriptifs des produits) a imaginé le slogan « Rip. Mix. Burn. ». Elle raconte qu’après d’inombrables itérations, l’avant-dernière version était « Rip. Spin. Mix. Burn » (spin pour tourner) mais Steve Jobs a voulu que ce soit plus incisif et a fait supprimer le « Spin ». ↩︎

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avatar Olivier S | 

Super pub : Mix, Rip & Burn. Je ne la connaissais pas. Avec le grand et talentueux Mister Barry White !

avatar Bobu77 | 

"Gym" se traduit par "salle de sport" en anglais, en fait.

avatar Florian Innocente | 

@Bobu77

Je corrige. A force d'entendre mon collègue franco-canadien dire "gym" aussi, j'en avais oublié la version française…

avatar Mickaël Bazoge | 
Tu vas voir que ça va être de ma faute.
avatar EBLIS | 

Bah oui fallait pas être bilingue :-)

avatar bobibou | 

Superbe article bravo !

avatar tonton69 | 

Comme à ses habitudes, un bien bel article de fond de la part de MacGé ! Super intéressant !Merci Florian !

avatar iBaby | 

“Les smartphones ont généré quantité de débats sur les notions de vie privée, voilà que ces discussions vont se déplacer vers les enceintes. Des accessoires que l’on se contentait auparavant de placer dans un coin de la pièce pour ne plus y prêter attention ensuite.”

That’s the point. And that’s the fail.

avatar C1rc3@0rc | 

@iBaby

Sauf que l'on ne parle pas du tout du bon produit et que que le debat sur le respect de la vie privés et l'intrusion de l'espionnage dans le domicile date deja de plusieurs annees (en fait il a pris une sacrée visibilité conséquent aux smartTV et aux affaires d'espionnage averées aux USA: dernier en date le scandale Visio)

Apple tente de confondre l'enceinte monophonique bluetooth ou encore les machins de Devialet et Cie avec les assistants domestique que sont Amazon Echo et Google Home.

Une enceinte bluetooth, meme si elle represente une risque de piratage ne surveille pas et n'exfiltre pas systematiquement des donnees d'usage et capture audio ou video. Un assistant domestique si, c'est meme son fonctionnement normal.

Le debat concernant la confidentialité a ete lui ouvert lors de la mise en place du cloud. Sans cloud, pas de streaming, pas de streaming, pas de push, et l'utilisateur controle la connexion et les transfert de données. Le danger c'est donc a la base le streaming et donc le cloud.

L'autre element ce sont donc les assistants domestiques. La aussi qui n'existent pas sans le cloud...

Au final, le dernier point qui ajoute sa brique au danger, c'est l'IoT, (dont j'aime le sigle detourne: idIoT)
Asolument tous les appareils commercialisés relevant de l'IoT ont demontré qu'il etaient des chevaux de troie infestés de failles majeures de securité.

Donc Apple arrive sur le secteur apres tous le monde, mais avec les memes tares cumulées et non résolues. Apple rajoute même une couche en associant enceinte (produit musicale) avec streaming (exclusif donc) et assistant domestique (meme pas au point en plus)...

avatar occam | 

Superbe analyse de Florian.

Amazon, Google, Apple : pour entrevoir les lignes de combat futures entre ces géants, il est utile de s'interroger sur leurs sources principales de revenu. Ce sont elles qui vont en partie déterminer leur stratégie. Pour Apple, l'enjeu est le plus gros ; pour Amazon, la rafle.

avatar JOHN³ | 

Certains passages de l’article sont fort d’utopie du fanboy, « tous s’y sont cassé les dents ». Oui et non, que ce soit Apple Music ou iTunes il y a toujours eu une concurrence forte, on va rappeler que le piratage l’a toujours emporté sur les ventes. Apple à vaincu sur le hardware mais pas vraiment sur le software.

Sans être en contradiction sur tout, je vois la direction du propos, il a une certaine part de vrai.

avatar C1rc3@0rc | 

@JOHN³
+1

On va quand même reconnaître que iTunes a quand même remporter la palme dans le secteur du téléchargement commercial et sacrement transformé le système de marché construit par l'industrie du divertissement en cassant la vente au "paquet" imposé par le support physique.

L’idée géniale de Jobs de produire un device de consommation musicale ultra-simple et ultra-dependant du Mac (en fait un périphérique du Mac) avec l'iPod, puis de s'attaquer au modèle de commercialisation des cartels musicaux en permettant d'une part le rippage sur le Mac et l'acces a un site/application de telechargement commercial vendant non pas des album mais des morceaux a été certainement un de ses plus grand coup de genie et son plus beau piratage depuis la bluebox...

Et oui il est amusant de voir que le streaming ne fait que remplacer la radio FM - en accumulant les pertes records - et que toutes les tentatives - hors iTunes - de juguler le sharing échouent lamentablement (le sharing est toujours en croissance) et qu'on l'on commence même a voir du piratage des systèmes de streaming... alors que dans le meme temps l'industrie du divertissement vole de records en records de benefices

Après, l'article oublie monstrueusement de mentionner que le rôle d'Apple dans l'audio, s'il remonte a un sacré moment - en fait l'Apple 2 - c'est dans les outils professionnels de production... La consommation est arrivée très tardivement elle...
Mais bon, il est question d'Apple en 2018, on va pas évoquer les secteurs professionnels et la surtout ceux de la production de contenus :(

avatar Florian Innocente | 

@C1rc3@0rc

Oui j’ai vite sauté sur Logic et tout ce qu’il y a eu avant. Déjà parce que je connais moins et aussi pour rester sur la partie consommation grand public.

D’ailleurs, c’est peut être une question bête, mais si demain Apple laissait tomber Logic est-ce que ce serait un drame pour elle ? Est-ce ça l’handicaperait de quelque manière ?

avatar C1rc3@0rc | 

@Florian Innocente

Ben Logic c'est pas un produit phare sur iPhone, les benefices depuis 5 ans chez Apple c'est 70% iPhone...
Je crois que la réponse est la.

Mais on ne peut pas evoquer l'historicité d'Apple dans le secteur musical sans parler de sa place comme outil de production. Ce serait comme ignorer l'iPod et parler juste de l'iPhone.

Apres on peut se poser la question pour les producteurs et artistes, mais ils doit en etre de meme que dans le secteur de l'edition / prepresse/ infographie / video / etc, la migration vers Windows et Linux accélère chaque jour.

Reste que l'iPad est encore un produit beaucoup utilisé dans le secteur. Si Apple lache complètement la production, ça va faire une clientele en moins pour l'iPad aussi...

avatar Florian Innocente | 

@JOHN³

Si l’on parle d’avant la période streaming il y avait effectivement un tas de services de téléchargement mais dans les légaux aucun n’a tenu et pris le poids d’iTunes.

Je crois me souvenir que les labels avaient même lancé deux plateformes concurrentes l’une avec l’antre et qui se sont complètement cassées la gueule. C’était n’importe quoi. Mais je n’arrive plus à me souvenir leur nom.

avatar C1rc3@0rc | 

@Florian Innocente

Il me semble aussi me souvenir que Sony s’était lancé la dedans.
Un autre petit acteur du secteur a avoir tenté le coup c’était... Microsoft. Le Zune n’était pas qu'un baladeur concurrent de l'iPod...
Et puis il y a Roxio qui a essaye de se rattraper aux branches en faisant l'acquisition de Napster, qui a ensuite ete racheté par Bestbuy...

avatar k2r | 

Excellent article ! Merci !

avatar françois bayrou | 

"Si j'observe mon quotidien, je ne pourrai pas aller au bout d’un exercice physique sans la musique. Je ne vais pas à la salle de sport juste pour le plaisir. Vous avez besoin de quelque chose qui vous motive et pour moi, c’est la musique. C’est aussi ce qui m’accompagne le soir. Je pense que c’est la meilleure des médecines"

( version Tim Cook )

"Si j'observe mon quotidien, je ne pourrai pas aller au bout d’un exercice physique sans le poireau. Je ne vais pas à la salle de sport juste pour le plaisir. Vous avez besoin de quelque chose qui vous motive et pour moi, c’est le poireau. C’est aussi ce qui m’accompagne le soir. Je pense que c’est la meilleure des médecines"

( version mec qui a des poireaux à vendre )

avatar bunam | 

oui pas mal ;)
Pour moi, Tim Cook c'est le consensus d'abord, aussi je trouve qu'il devient aussi froid que Jonny Ive.

Pas mal l'article, ça fait un bon rappel des forces en présence. Et maintenant " fight " et que les meilleurs gagnent. Je crois que ce coup-ci il n'y aura pas un seul gagnant, voici mon tiercé dans l'ordre :
Apple
Amazon
Google

avatar pagaupa | 

Apple a fait un don?

avatar françois bayrou | 

Le poireau existe depuis des années. Mais ce poireau que vous voyez, vous voyez, nous travaillons dessus depuis 20 ans. c'est un produit que nous sommes fiers de vous présenter. ll est incroyable, il va révolutionner le domaine du poireau. Nous l'avons appelé, le Magic Poireau.
Consommable uniquement avec la fourchette PoireauByPoireau, cuisinable uniquement dans la casserole PoireauByPoireau, la meilleure casserole du monde, elle est formidable, elle s'appelle la Magic Casserole, on peut y faire cuire des Magic Poireaux, et aussi des Magic Haricots et des Magic Patates, vous voyez qu'elle est géniale cette casserole.
Consultez notre catalogue sur Magic.com, créez votre compte saisissez votre numéro de CB,
vous ne serez pas déçus m'sieurs dames

avatar Malum | 

Ça se veut drôle mais c’est complètement con. Aux USA la musique a une importance majeure et ce que dit Cook ne correspond qu’à un comportement classique. Je ne sais quelle est votre culture, je vous conseille de lire quelques romans américains et vous y verriez que la musique y est omniprésente. Aux USA beaucoup jouent d’un instrument ou chante ou danse. Si c’est faux on l’encourage. En France peu jouent et si c’est faux on le massacre.

avatar françois bayrou | 

C'est ce que tu dis qui est con.
"ce que dit Cook ne correspond qu’à un comportement classique. "

Oui : Tim Cook est un vendeur, et il a un truc à vendre.

Si il avait un nouvel iPhone à vendre, le top du top serait un truc genre l'AR, ca serait selon lui un gros-gros enjeu et rien d'autre ne compterait pour lui ( octobre 2017 )
http://www.independent.co.uk/life-style/gadgets-and-tech/features/apple-...

Si il avait une Apple Watch à vendre, l'Apple watch serait par contre en train de lui sauver la vie ( mai 2017 )
http://www.businessinsider.fr/us/apple-ceo-tim-cook-says-the-apple-watch...

Sauf que là, en février 2018, il a une enceinte à vendre. Alors forcément la musique c'est le top du top.

Si tu n'as toujours pas compris ( le 2nd degré et l'ironie c'est pas ton truc j'ai l'impression. T'est plus 1er degré ) : tu viens de lire l'interview d'un VRP qui a un nouveau produit à vendre, c'est tout ce que je voulais souligner. Rien à voir avec la musique, ni ici ni là bas, ni avec l'intérêt réel que peut avoir ce personnage pour la musique.
Ils sont beaux mes poireaux !

avatar C1rc3@0rc | 

@françois bayrou

Excellent le coup des poireaux ;)
Maintenant on peut le rapprocher de celui de la tocante, puisqu'il en est question dans l'article et la aussi on voit l'exercice de com et de girouette entrepris par Cook.

Il faut quand meme revenir la dessus aussi:
«Après tout, Hermès a bien posé sa griffe sur des Apple Watch.»

Et oui, et même Karl Lagerfeld a arboré une tocante pommée a son poignet pour une soirée... et sans oublier le lancement dans la boutique Colette, summum du ridicule et du deplacé!

Seulement combien Apple a payé pour ces "collaborations"... une fortune a n'en pas douter. Mais passons sur l'echec de l'Apple Watch et la ridiculisation absolue malgré sa machine de guerre marketing...

Aujourd'hui l'Apple Watch c'est un produit qui s'est recyclé dans les gadgets de santé (indispensable comme pour faire du sport, sport précédente tentative de récupération de la tocante d'ailleurs... vla que c'est la musique qui prend la place, pauv tocante quand meme) et qui s'adresse a des populations de personnes âgées, de malades, de personnes a risques et d'inquiets pathologiques pour leurs santé... bien loin des fashionistas de la version céramique a particules d'or de la tocante...

Quand on a plus de poireaux a vendre mais de l'huile de foie de morue on change discours.

«Mais pourquoi ne pas frayer avec du très haut de gamme, une collaboration par exemple avec Devialet dont elle vend déjà les enceintes en Apple Store ?»

Apple rachètera Devialet mais ne fera pas de partenariat.
Pour la simple raison qu'Apple a les moyens d'etre concurrent de Devialet.
C'est quoi une enceinte Devialet: un bidule monophonique hors de prix qui se positionne comme "premium" envers une population aisée qui n'est pas audiophile.
Positionnement exact du HomePod (enfin la version hors de prix c'est la v2, la c'est juste trop cher pour ce que c'est mais dans le bas de la marge habituelle d'Apple)

L'achat de Beats c'est tout autre chose. Beats disposait de 3 valeurs:
- une image de marque forte capable de vendre n'importe quoi comme l'est Nike
- une ossature de streaming et d'encloudage qu'Apple etait incapable de construire seule
- une equipe de requins a l'aise dans les eaux saumâtres de l'industrie du divertissement depuis tres longtemps

Beats faisait des ventes énormes avant de tomber dans le giron d'Apple, c'est donc sans surprise que Beats fait la croissance des bénéfices de la section "autres" d'Apple. Les chiffres sont la, incontestables et prévisibles...
On se demande d'ailleurs pourquoi Apple classe Beats dans cette activité "autres" au lieu de faire comme pour tous les groupes qui publient les chiffres de leurs filiales, surtout après un tel paquet sorti pour l'acquisition.

Par contre malgré l'argent d'Apple et le talent - et connaissances et dossiers - de Iovine, Apple Music c'est pas folichon...
Vendu sur chaque iPhone, donc au bas mot 200 millions par ans(plus les iPad et les Mac...), une interface qui le rend quai inévitable, pouf, Apple a toujours quasi 5 fois moins d'utilisateurs que Spotify, Spotify qui est quand meme la bete noire de l'industrie du divertissement...

Et ou en est la production musicale qu'Apple évoquait il y a quelques années? Iovine c'est bien un producteur, comme Dr Dre, non?

Et ou en sont les outils de production musicaux chez Apple - a part Garageband, excellent mais pas réellement outil de production professionnel - quand même qui était un des gros secteur professionnel historique d'Apple?

avatar e2x | 

@C1rc3@0rc
+1
franchement, les outils combinés Garageband ios / GarageBand macOs permettent de passer de « mobile home studio » à vrai studio de prod (Logic X sur des bases communes de bibliothèque) d’une façon hors du commun.
J’espère quand même qu’ils réalisent chez Apple l’importance de leurs apps Professionnelles ...elles qui amènent à la consommation de leurs produits ! ??

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