FBI : l'union sacrée de la Silicon Valley derrière Apple

Florian Innocente |

La vague de soutiens pour Apple dans l’affaire de l’iPhone de San Bernardino a pris une ampleur considérable depuis hier, lorsqu’elle avait commencé à publier les premiers amicus briefs en sa faveur. Le FBI n’est pas resté les bras croisés, il commence aussi à étoffer ses lignes arrières.

Union sacrée

La liste des soutiens d’Apple compte maintenant tout le ban et l’arrière ban de la Silicon Valley. Amis et adversaires, issus de tous les domaines, serrent les coudes pour défendre des intérêts communs. Il y a ainsi Amazon, Box, Cisco, Dropbox, Evernote, Facebook, Google, Intel, Microsoft, Mozilla, Nest, Pinterest, Slack, Snapchat, WhatsApp, Yahoo, Airbnb, Atlassian, Automattic (WordPress), CloudFlare, eBay, GitHub, Kickstarter, LinkedIn, Mapbox, Medium, Meetup, Reddit, Square, Squarespace et Twilio.

Chez les opérateurs téléphoniques il n’y a qu’AT&T mais son principal adversaire Verizon avait précédemment appuyé le choix d’Apple. Même démarche de la part de Samsung qui a rappelé l’importance à ses yeux du chiffrement des données sur les smartphones mais qui, hier, n’avait pas décidé s’il rejoindrait formellement cette liste.

Des organisations sont là, comme l’Electronic Frontier Foundation, la Business Software Association mais aussi des personnes civiles. 32 professeurs spécialisés en droit, quelques experts en sécurité réputés : Charlie Miller, Jonathan Zdziarski ou encore Bruce Schneier et Dino Dai Zovi.

Les arguments développés tournent essentiellement autour de deux notions déjà émises par Apple. D’une part, la loi sur laquelle s’appuie le FBI pour obtenir satisfaction est d’un autre siècle — au sens littéral du terme (1789) — et elle ne peut être utilisée pour dénouer un problème porteur de telles implications au niveau national mais aussi international. Cela créerait un dangereux précédent pour quantité d’autres affaires du même ordre mais aussi plus anodines (pourquoi ne pas demander demain à déchiffrer le contenu du téléphone d’un mari volage).

D’autre part, forcer une entreprise à contourner ses propres dispositifs de sécurité est aberrant, cela a toutes les chances de saper la confiance des utilisateurs et de fragiliser les fondations de cette économie du logiciel et de l’internet. En outre, la création même de cet iOS taillé sur mesure pour le FBI peut être la source de failles de sécurité inédites.

Extraits de quelques unes de ces déclarations, avec par exemple Microsoft qui se positionne bien plus clairement que son ancien patron Bill Gates sur le sujet. Microsoft assure de son soutien les forces de l'ordre lorsque c'est nécessaire — Brad Smith, le responsable des affaires juridiques évoque brièvement les derniers attentats à Paris comme preuve de la coopération de son groupe — mais dans le cas d'Apple, une ligne rouge risque d'être franchie :

Nous sommes arrivés à une période charnière où une nouvelle génération de technologies mobiles et basées sur le cloud ont largement dépassé les lois qui assurent notre sécurité et préservent nos droits fondamentaux et intemporels. En nous tenant aux côtés d'Apple, nous sommes aux côtés des clients qui comptent sur nous pour pour garder confidentielles et en sécurité leurs informations les plus privées.

WhatsApp :

Demander à une seule entreprise d'affaiblir la sécurité de son produit pour une enquête fait courir un risque pour la sécurité de chacun d'entre nous.

SnapChat :

Il y a une grande différence entre donner au gouvernement une information que nous avons et être obligés de revoir nos produits pour autoriser un accès dont personne ne dispose aujourd'hui. Si un juge peut forcer Apple à créer une porte dérobée dans son téléphone, un autre juge pourrait nous demander aussi une entrée dans notre système de protection de données.

Google et 10 autres entreprises (pdf) refusent de voir le gouvernement s’immiscer dans la manière dont sont conçus leurs produits :

Le gouvernement ne réclame pas une assistance technique ; il cherche la possibilité d'obliger les entreprises technologiques à modifier les caractéristiques de leurs produits, sur directives techniques, pour le FBI, d'une manière qui est contraire à leurs valeurs fondamentales.

Des spécialistes en sécurité tirent une autre sonnette d’alarme sur les risques encore inconnus qu’entrainerait la création de “GovtOS”, surnom de cette version d’iOS pour le FBI [pdf].

L'ordonnance part du principe qu'Apple va créer un code sur mesure dépourvu de toute vulnérabilité au moment de sa fabrication. Les failles sont courantes dans le code informatique, même dans iOS et en dépit des efforts prodigués par Apple. Le gouvernement sous-estime les efforts nécessaires pour réaliser et tenir à jour ce code particulier […]. Créer un logiciel (et notamment de sécurité) est compliqué et le développement informatique impose des tests rigoureux.

Ces experts font valoir que même aujourd’hui et en dépit de tous les dispositifs mis en place par Apple au fil des années, iOS 9 a pu être jailbreaké. Selon eux, il y a toutes les chances de redouter que ce “GovtOS”, mis au point en vase clos et sans l’armada de testeurs dont profitent les versions standard d’iOS, contienne des bugs et des failles offrant de nouvelles opportunités pour les hackers.

Pire, si le FBI gagne son ordonnance, d’autres agences se mettront en rang pour obtenir une faveur similaire, obligeant Apple à mettre à jour son système pour d’autres modèles d’iPhone actuellement en attente d’un ouvre-boite. Ce logiciel ne sera plus confiné à un usage pour un seul iPhone, mais à tous.

Ses concepteurs chez Apple ainsi que les techniciens du gouvernement chargés de l’utiliser seront l’objet de toutes les attentions criminelles et autres tentatives de corruption. Dès lors qu’il ne sera pas détruit, “GovtOS” va aiguiser l’appétit de voleurs ou de gouvernements étrangers : « Les régimes autoritaires seront les clients les plus enthousiastes pour ce code […] le logiciel sera utilisé en Chine, Russie, Turquie, dans les Emirats arabe unis et d’autres gouvernements peu soucieux des Droits de l’homme et où l’on vend des iPhone. »

Les pro-FBI

L’agence fédérale n’a pas réuni un tel aréopage de soutiens mais elle compte sur l’appui de quelques personnes appartenant aux familles des victimes. Six d’entre elles se rangent derrière sa démarche et seront représentées par un avocat. Hier, l’époux de l’une des personnes sérieusement blessée à San Bernardino avait au contraire pris le parti d’Apple, après mûre réflexion.

Le QG du FBI - fbi.gov

Stephen Larson, l’avocat commissionné par les procureurs de San Bernardino pour défendre les intérêt de ces victimes, réfute l’argument selon lequel ouvrir la porte de cet iPhone reviendrait à jeter un passe-partout dans la nature :

Pour lui, il s’agit de faire avec ce téléphone ce que n’importe quel SAV informatique fait tous les jours avec ses clients (les spécialistes en techniques de chiffrement et de déchiffrement apprécieront).

Une fois que l'on a évacué les exagérations d'Apple sur les intentions malignes du gouvernement, cette affaire s'assimile presque à l'identique au cas de l'utilisateur d'un ordinateur qui a perdu son mot de passe système et qui appelle le service technique pour obtenir un changement du mot de passe ou une réinstallation du système d'exploitation. Alors que Microsoft et Apple aident quotidiennement des utilisateurs confrontés à ces situations on ne peut plus banales, Apple refuse de faire la même chose dans un dossier qui a des implication pour la sécurité nationale.

Deux autres motifs pour obtenir le contenu de cet iPhone 5c ont été avancés par le procureur du comté de San Bernardino, Michael Ramos [pdf]. D’abord, il s’agit de vérifier s’il ne contient pas des informations quant à l’implication d’un troisième individu dans la fusillade. Deux appels aux services de police le jour des événements avaient évoqué la présence de trois personnes. Mais il n’a jamais été prouvé à ce jour que le couple de terroristes abattus avait bel et bien un complice.

Ensuite, le procureur suggère que ce téléphone aurait pu servir de vecteur pour diffuser un « cyber agent infectieux dormant » dans le réseau du comté, puisque son propriétaire travaillait pour la ville et que cette dernière lui avait fourni ce téléphone à usage professionnel.

Des propos et une terminologie qui ont laissé bouche bée Jonathan Zdziarski. Ce chercheur en sécurité soutient Apple et s’est fait une spécialité dans les techniques pour fouiller dans les entrailles de smartphones, et former les autorités sur les méthodes à employer. Interrogé par Ars Tecnica, il déclare :

Cela peut se lire comme un amicus élaboré pour induire en erreur les tribunaux, pour qu'ils agissent d'une manière irrationnelle, et manipuler en leur faveur la décision à l'égard du FBI. Aucune preuve d'aucune sorte n'est fournie pour dire que l'appareil contient ou pourrait contenir un malware. Il n'avance aucune preuve que leur réseau a été pénétré. Ce qu'ils disent en somme c'est qu'il y a peut être une licorne magique dans ce téléphone.

Le prochain grand rendez-vous est pour le 22 mars, les deux parties se retrouveront devant un juge qui devra décider ultérieurement si Apple doit se plier à l’ordonnance du FBI ou si ce dernier est débouté. Ces témoignages, d’un côté comme de l’autre, sont là pour venir en renfort des protagonistes, avec l’espoir pour leurs auteurs de peser sur la décision de la juge Sheri Pym.

NB : Dans le concert harmonieux des soutiens à Apple, la position d'Amazon en particulier est équivoque. Il y a d'un côté ses services dans le nuage qui sont d'une taille colossale et sont utilisés par quantité d'entreprises de premier plan. Pour cette raison, Amazon a tout intérêt à voir Apple l'emporter. De l'autre, il y a Amazon qui supprime l'option de chiffrement dans Fire OS, le système de ses tablettes (màj : Amazon remettra l'option de chiffrement dans les tablettes Fire).

image de une : Kārlis Dambrāns CC BY


avatar azer0147 | 

Je crois que l'argument de snapchat va parler à une bonne partie de la population !^^

avatar Thib-76 | 

@azer0147 :
Merci d'avoir égayé ma journée ahah

Darkorange : +1

avatar Florian Innocente | 
L'ONU on en a parlé hier, avec un autre représentant.
avatar Samus | 

A mon avis c est dans la poche pour Apple, je ne vois pas la cours supreme arbitrer en faveur du fbi, ca a trop d implication au niveau mondial, cette histoire

avatar JLG01 | 

@Samus :
En effet, même les téléphones du FBI ne seraient plus en sécurité.

avatar C1rc3@0rc | 

Ben si, il s'agit d'une loi d'exception, c'est a dire qu'elle ne s'appliquera pas a tous les citoyens de manière égale: le principe est antidémocratique, les agences gouvernementales non militaires relevant du droit administratif auront a disposition des moyens de chiffrements, pas le civil ni les entreprises.

Ce type de loi pourra s'appliquer a géométrie variable, puisqu'il n'est pas constitutionnel!

L'égalité devant la loi n'existe plus, tout comme la presomption d'innocence, de fait il sera créé des catégories de citoyens: les supérieurs travaillant dans l'administration, les inférieurs constitué du secteur privé et non actif (donc les retraités, étudiants, familles, chômeurs,...) Apres ils pourront créer des sous catégories, avec des critères raciaux, médicaux, physiologiques, ethniques, communautaires, politiques, éducatifs, ... et moraux!

Faut rappeler qu'aux USA les traitements d'exceptions ont ete maintes fois appliqués depuis la guerre de Sécession. Inutile d'évoquer le traitement des minorités latino, amérindiennes et afro-américaines ou les exactions dont sont victimes les LGBT mais il est utile de rappeler que les américains d'origines japonaise ont ete déporté dans des camps et que les sympathisants communistes, revendiqués ou suspectés, ont été arrêté arbitrairement.

2 poids, 2 mesures!

Il est a noter que dans une affaire en cours, le FBI a été reconnu d'utiliser un système de piratage du réseau TOR. Afin de déterminer si les preuves ont été légalement obtenu et de juger de leur recevabilité, le FBI doit présenter son système au juge et a la défense, ce que le FBI refuse catégoriquement...

avatar rikki finefleur | 

Samus
Dans la poche, pour Apple ou pour les escrocs, mafieux et autres gens violents envers la population ?
La république doit elle se coucher face aux bons vouloir de ces multinationales, quitte a mettre en défaut sa politique d'ordre public, sa justice et laisser ainsi des zones de non-droit ?
Voilà bien des questions.

Quand a whatapp, excusez moi, on peut leur retourner leur phrase

"Demander à une nation d'affaiblir la sécurité de son territoire, pour le business de Whatapp fait courir un risque pour la sécurité de chacun d'entre nous."

avatar en ballade | 

@rikki finefleur :
L'histoire peut te donner des éléments de réponses. Comme la France sous Vichy ou l.ex bloc de l est.

avatar MaTMaC | 

Donc tu penses qu'avoir accès aux iPhone résoudra tous les problème de sécurité dans le monde ?
Tu ne penses pas qu'une fois les iPhone accessibles par n'importe qui, d'autres logiciels de sécurité/chiffrement seront utilisés ?
Ce qui est d'ailleurs déjà le cas (cf. Daech)

Le chiffrement n'est pas une création d'Apple, loin s'en faut !

avatar codeX | 

Velu, le troll.

avatar mac_adam | 

@rikki lalourdeur :
Chaque jour tu ressors ton argument qui veut que le cryptage fait les affaires des truands.
Alors pour les petits truands : http://www.tomsguide.fr/actualite/nokia-8210-dealer-drogue-telephone,46331.html
Pour les mafieux : http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2013/11/13/banderas-les-cartels-mexicains-semparent-des-reseaux-sociaux-pour-vanter-leurs-actions/

avatar mac_adam | 

Et si, après cette lecture, tu n'as toujours pas compris que ce seront seulement les gens honnêtes qui pâtiront d'un affaiblissement de la sécurité de nos outils informatiques (attention, âmes sensibles s'abstenir) : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/05/23/pour-les-narcotrafiquants-la-terreur-passe-aussi-par-le-web_1705277_3222.html

avatar JLG01 | 

Il faut alors pousser le raisonnement jusqu'au bout.
Si ja justice peu voir dans nos données, elle se donne aussi le droit d'ouvrir nos lettres.
Ensuite, ce ne sont pas les constructeurs qui codent les données, mais les utilisateurs, et donc eux seuls disposent des clés pour décoder.

avatar occam | 

Allons vraiment jusqu'au bout du raisonnement : les données ne sont jamais que les résultats des pensées. Pour garantir la sécurité publique, seul le contrôle absolu et illimité de la pensée peut suffire.

Voilà le but ultime que les organes de sécurité se doivent d'atteindre.

Et si l'on veut croire que c'est de la fiction, il suffit de voir à quoi peut bien servir le All Writs Act de 1789 ou le 2e amendement de la constitution US. Ce genre de porte, une fois ouverte, ne se referme plus jamais.

avatar C1rc3@0rc | 

@occam
+1

Hum le principe s'apple le camp de reeducation et de maniere preventive l'education nationale et civile. On ne peut controler la pensée qu'en la formant, et on la forme par l'education. C'est le principe du révisionnisme, de l'endoctrinement, de la repetition religieuse et sectaire...

Faudrait repasser plus souvent les images des gardes rouges de Mao... tenant d'une main Le Petit Livre rouge et de l'autre pointant l'index vers le ciel (ce qui pour des communistes...).
Y a aussi quelques gravures du 13eme siecle ou est representé le "saint inquisiteur" toujours pointant l'index vers le ciel alors que l'on étripe littéralement le mécréant. Ou encore de cette image absurde du "maitre d'ecole, regle a la main, faisant repeter "nos ancetres les Gaulois" a sa classe de petits africains", ...

Faut aussi rappeler qu'il est très facile de confisquer un droit du fait qu'il n'est pas revendiqué et peu utilisé...: " personne ne l'utilise ce droit, autant le supprimer" et son inverse "bah cette peine n'est pas appliquée autant la garder, ça fait de mal a personne", deux classiques du guide du bon dictateur.

avatar occam | 

+10

avatar DG33 | 

"Ensuite, le procureur suggère que ce téléphone aurait pu servir de vecteur pour diffuser un « cyber agent infectieux dormant » dans le réseau du comté"

Ce que ne dit ps le procureur c'est qu'on peut aussi supposer que le terroriste a pu attribuer une sonnerie particulière à un contact qui appellera à un moment donné (proche) et dont la sonnerie pourrait avoir une résonance spécifique qui permettrait de libérer quelques grammes d'une substance bactériologico chimico létale qu'il aura planquée dans le téléphone à côté du vibreur.
Et pire encore l'EI pourrait avoir maîtrisé avant tout le monde LA technologie permettant de reconstituer cette matière par une sorte de génération spontanée dans les smartphone Android des opposants à l'EI (puisque selon le FBI l'iPhone est le smartphone des terroristes, les Android sont donc les smartphones des opposants...). Ainsi son smartphone une fois rallumé et débloqué pourrait recevoir cet appel et tuer instantanément les personnes autour, et l'ensemble des détenteurs de smartphones Android par un simple SMS piégé envoyé à un numéro aléatoire de tel Android (avec la complicité passive des opérateurs infiltrés par l'EI), puis opération en chaîne vers 10, 100, 1000 contacts etc en quelques secondes.
Ça fonctionnera car la montée en charge du traitement des SMS faite à chaque Nouvel An est un test grandeur nature calé sur ce calendrier Grégorien impie établi depuis des siècles par les loges judéo-chrétiennes après les Croisades (et un point Godwin).
Nota : resteront quelques Blackberry et Windows phone etc qui se sentiront bien seuls.
Et voici comment Apple pourra augmenter significativement ses pdm, mais ça le FBI et le procureur ne le savent pas. Chut !

avatar harisson | 

Cette histoire prend des proportions de dingue, le FBI s'est mis dans une panade monstre.

avatar C1rc3@0rc | 

Sauf que c'est pas le FBI tout seul.

Le FBI est un service administratif dependant de l'etat federal americain, il agit donc sur ordre administratif et sous le controle de l'administration.

Le FBI avait de plus la possibilité d'invoquer a n'importe quel moment le Patriot Act et donc de faire casser le chiffrement des smartphones par la NSA ou l'armée. Cela n'est pas fait, pourquoi?

On voit surtout qu'il s'agit d'une manoeuvre politique telle que celle qui a conduit Colin Powell a sa représentation honteuse et pitoyable devant le conseil de sécurité de l'ONU.
Il faut aussi remarquer et rappeler que l'action du FBI succède a des mois de plans com internationaux dans lesquels ministres et responsables d'agences d'espionnage des civils ont martelé le même message a la lettre: il faut imposer des backdoor et interdire le chiffrement incassable!

L'erreur des "spin doctor" derrière cette manipulation detestable c'est d'avoir lancé la representation du FBI trop tot alors que l'opinion n'etait pas encore prete a rendre les armes.

avatar perlaurent | 

Protéger les données privées c'est bien . Il y a aussi les entreprises ..

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Utah_Data_Center

avatar DarKOrange | 

Il est évident au vu de leurs arguments que ceux qui soutiennent le développement de govtIOS ne savent pas de quoi ils parlent et n'ont aucune notion des retombée

avatar demenla971 | 

@DarKOrange :
Il faut les laisser quand ils se retrouveront avec un gouvernement de type Africain Kabila Mougoutou ou autre sanguinaire et qu'il n'y aura plus d'opposants politiques ils iront au camp. En Arabie Saoudite des gens se font emprisonner parce qu'ils ne croient pas en Dieu, d'autres se font assassiner en Egypte que dis je exécuter parce qu'ils sont homo, dans les démocraties sanguinaires d'Afrique d'autres se font exécutés parce qu'ils sont de simples opposants politiques. Si l'homme commençait par se respecter et mettre en cause ses décisions et respecter les libertés et croyance de chacun nous n'aurions besoin ni d'armes ni d'espionnage. Mais il est tellement facile de faire souffrir les autres que certains veulent faire sauter le monde entier et d'autres veulent l'asservir pour assouvir leur domination.

avatar 6120 | 

Comme dans toutes les batailles et les guerres il y a les résistants (aux motivations variées,) et les collabos.
Choisissez votre camp.

avatar patrick86 | 

"Comme dans toutes les batailles et les guerres il y a les résistants (aux motivations variées,) et les collabos"

D'ailleurs, sous le 3e Reich et Vichy, les résistants étaient désignés comme "terroristes". En espérant que ça aide certains à réfléchir…

avatar C1rc3@0rc | 

- Tenzin Gyatso, dalai-lama et Liu Xiaobo, sont des terroristes internationaux ultra dangereux pour le grouvernement chinois!

- Nelson Mandela: dangereux terroriste, conspirationiste, arreté avec l'aide de la CIA a ete detenu pendant 27 ans.

-Kim Dae-jung, architecte de la transition democratique de la Coree du Sud, dangereux terroriste que le KCIA e bien failli tuer.

-Aung San Suu Kyi etait une dangereuse conspirationiste placée en detention par le gouvernement birman.

-Salman Rushdie est un dangereux criminel condamné a la peine de mort.

-Joseph Rotblat, lanceur d'alerte, et dangereux espion pour l'armée et le renseignement américain échappe a la prison de peu - et l'execution en s'enfuyant des USA en 1946: nobel en 1995!

-Lech Wałęsa: dangereux terroriste pour le gouvernement soviétique, il devient president de la pologne en 1990!

-Andreï Sakharov, assigné a residence par le gouvernement sovietique car critiquant la collusion entre l'administrtion et le complexe militaro-industriel... sovietique.

-Carl von Ossietzky, lanceur d'alerte executé en 1938 pour haute trahison.

-Elie Wiesel, deporté depuis la Transilvanie parce que sa famille est d'origine juive roumaine. Dangereux agent theoricien terroriste etranger pour le gouvernement sovietique.

- René Cassin, condamné a la decheance de nationalité et a la peine de mort pour haute trahison par le regime de Vichy: auteurs de la déclaration universelle des droits de l'homme en 1948, vice-président du Conseil d’État de 1944 à 1959, et président de la Cour européenne des droits de l'homme de 1965 à 1968. En 1968, il reçoit à la fois le prix Nobel de la paix et le prix des droits de l'homme des Nations unies.

A part Salman Rushdie, qui, espérons-le, obtiendra ce titre un jour, tous sont des prix nobel de la paix...

avatar lolo-69 | 

Oooups!
Je trouve que vous y allez un peu fort, (peut-être est-ce nécessaire?) mais je suis d'accord avec vous pour la cause défendue.

avatar hamahiru | 

Cette affaire, surtout une grosse pub pour Apple à peu de frais !

avatar Florian Innocente | 

@ hamahiru : cette affaire, surtout une grosse pub pour Apple à peu de frais !

On entend régulièrement ce raisonnement. Mais jamais celui qui dit que les gens (très nombreux si l'on en croit les sondages US) qui sont d'accord avec le FBI pourrait justement vouloir boycotter Apple…

Donc moins de ventes à la clef.

Pourquoi ça ne marcherait que dans un seul sens ? Ou alors, si dans les faits c'est le cas et que ça lui fait de la bonne pub, alors c'est que les gens se préoccupent de cette question jugent avec leur portefeuille que la position d'Apple leur convient.

avatar harisson | 

@Innocente :

A mon avis, la majorité des gens ne comprennent pas les enjeux qui se jouent, notamment la position d'Apple (technologie : chiffrement, backdoorOS vs "monde réel" : fbi, terrorisme) et donc ils se reposeront sur l'avis d'organisations tel que celui du fbi.

avatar DG33 | 

@innocente :
Bah ceux qui sont d'accord avec le FBI peuvent toujours acheter un iPhone et l'utiliser sans aucun code, non ?

avatar Florian Innocente | 

Oui en effet,mais enfin bon, si tu es d'accord avec le FBI dans le cas présent c'est que tu considères qu'Apple fait obstruction à une enquête terroriste.

Du coup, si ta seule réprobation de l'attitude d'Apple c'est de continuer à acheter ses téléphones mais les utiliser sans code, c'est un peu mou comme boycott. :-)

avatar Kito2 | 

@innocente :

Bonne pub parce que dans la high-tech californienne (et généralement les geeks) les positions libertaires et autogestionnaires ont plus le vent en poupe que la logique de respect des organes de contrôle et de sécurité qui sont systématiquement assimilés à d'horribles fachos, collabos, etc ...

C'est en Californie que les thèses antiétatiques se développent le plus aujourd'hui.

Apple surf là-dessus.
Et elle sait que cette opposition, qui l'affaiblirait aussi technologiquement, lui donnera l'occasion de redorer un peu son blason et l'image Cool qu'elle a un peu perdue depuis quelques années ...

Il est vrai que l'histoire du FBI ne parle pas en sa faveur (JEH) mais est-ce une bonne raison de rejeter toutes les forces de l'ordre et la logique qui veut que l'intérêt général prévaut sur l'intérêt particulier ?

Est-ce que nos institutions, et donc toutes les forces de l'ordre sans distinguo, défendent l'intérêt général ?

Est-ce que Apple ( et ses amis) défend l'intérêt général ou un intérêt particulier ?

La démocratie et notre sécurité sont-elles mieux défendues par nos institutions ou par les sociétés comme Apple ?

Qui a le plus d'arrières pensées ?
Qui défend un intérêt strictement économique ?
Qui se souvient du comportement d'Apple face aux problématiques de gestion de ses salariés ?
Face aux Impots ?

Bon.
Je sais je vais encore soulever une tempête libertaire ...

avatar occam | 

Toutes, absolument toutes vos affirmations appellent la contradiction. Mais ce serait poursuivre un débat aussi long que stérile.

Je relève simplement deux questions.

1. « Est-ce que nos institutions, et donc toutes les forces de l'ordre sans distinguo, défendent l'intérêt général ? »
Non, de toute évidence. L'énoncé même de votre question implique cette réponse.

2. « La démocratie et notre sécurité sont-elles mieux défendues par nos institutions ou par les sociétés comme Apple ? »
Pour répondre à cette question, il faudrait d'abord commencer par demander si nos institutions défendent motu proprio la démocratie et notre sécurité.
L'histoire montre que ce n'est pas le cas.

En bonne logique, il faudrait scinder la question : est-ce que la démocratie et la sécurité sont congruentes ?

Dans un sens absolu, non.

La vie publique est toujours faite d'un compromis entre ces deux attracteurs; on privilégie l'un toujours au détriment de l'autre. C'est un choix qu'il faut faire périodiquement, sinon perpétuellement.

avatar lolo-69 | 

@F.innocente :

"On entend régulièrement ce raisonnement. Mais jamais celui qui dit que les gens (très nombreux si l'on en croit les sondages US) qui sont d'accord avec le FBI pourrait justement vouloir boycotter Apple…"

Les gens ont perdu leur libre-arbitre, un bon conditionnement médiatique suffit à faire le reste pour leur faire gober la chose et orienter leur "opinion" dans le sens voulu.
Un coup de fil aux potes de Fox News et le tour est joué.
Ces gnous grégaires seraient prêts à accepter des caméras dans leur SdB ou leurs WC si on les y poussait.
Alors les sondages...

avatar Pas-un-philosophe | 

Daesh gagne entre 1-5 milliards avec la vente du pétrole, et les trafics en tout genre, autant dire que ce sera loin d'être un problème pour elle de créer un outil de communication chiffré, sous la forme d'une application Android, en s'inspirant des applis de messageries professionnelles, chiffrées elle aussi. Surtout qu'elle n'aura pas à respecter les lois sur la rétro ingénierie. Outil qu'elle pourra mettre à disposition de ses "filiales"

avatar tbr | 

Si 1984 n'a pas été 1984 (selon la pub Apple), le FBI (et toute la clique des agences qui doivent téléguider cette magouille) risque bien de faire que 2016 le devienne, indubitablement.

Et il y en a qui ne s'en rendent pas compte, ici ! N'est-ce pas Riki Finefleur ?

avatar P'tit Suisse | 

D'un autre côté, on a quand même affaire à des gars capables de réaliser leur rêve de faire péter une bombe sale (radioactive) chez les incroyants et bien contents de pouvoir échafauder leurs projets d'attentats en douce grâce aux technologies occidentales, notamment de cryptage.

Garderiez-vous la même opinion – sur le cryptage en général; Apple n'étant guère utilisé par les djihadistes – en cas d'attentat chimique, biologique ou nucléaire ?

“ Il peut y avoir aussi le risque d’armes chimiques ou bactériologiques ». Wolfgang Rudischhauser, directeur du Centre de non-prolifération des ADM (armes de destruction massive) à l’OTAN a déclaré au printemps 2015 : « Des informations précises révèlent que l’EIIL a en réalité déjà acquis les connaissances et, dans certains cas, le savoir-faire [le know-how] qui lui permettraient d’utiliser des agents CBRN comme ‘armes de terreur’ » (23). On peut rappeler que nombre d’anciens cadres « baathistes » du régime de Saddam Hussein renversé par les Etats-Unis en 2003 ont, depuis, rejoint les rangs de Daesh, dont des scientifiques ayant travaillé dans le vaste programme d’armes de destruction massive de type NRBC (nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique) développé précisément du temps de Saddam Hussein. Mais l’argent (24) dont dispose Daesh lui permet également de recruter des scientifiques à l’étranger (25). Un rapport inquiétant présenté au Parlement européen fin 2015 estime que Daesh aurait peut-être déjà réussi à faire entrer des matériaux (26) NRBC en Europe (27). Une nouvelle étape serait alors franchie dans la stratégie apocalyptique de Daesh.

Source :
http://www.lesclesdumoyenorient.com/La-situation-de-l-Etat-islamique-ou-Daesh-entre-la-proclamation-du-Califat-en.html

sur les technos utilisés par l'Etat Islamique :
http://www.silicon.fr/chiffrement-cocommunications-132307.html

avatar JoTaPé | 

Apple n'est pas obligé de donner une backdoor au FBI mais, sur une requête de la justice, Apple se doit de donner toute info susceptible d'aider la justice. Dans le cas contraire, comme pour tout citoyen, cela s'appelle entrave à la justice et est passible de poursuites pénales.

Supposons qu'un jour Apple soit hacké à partir d'un iPhone. Que fait Apple ?

Par ailleurs, le message est clair, si on suit cette défense de la vie privée, plutôt comique dans notre monde actuel où toute une économie est justement basée sur les données soit disant "privées", si je suis membre de je ne sais quelle mafia, d'Al Qaida et associés ou de Daesh, je jette mon Blackberry pour un iPhone.
iPhones, kalachnikov et camionnettes Toyota vont être les équipements de base de toute rébellion.

avatar narugi | 

@JoTaPé :
Complètement d'accord avec toi. Dans le pire des cas Apple ne délivre pas le programme aux autorités mais le fait directement dans Cupertino et envoie les données déchiffrées.

Comme ça cela reste à la main de Apple et la Justice peut faire son travail.

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