Apple : la dictature du cool

Christophe Laporte |

Entre iOS 9, OS X El Capitan, watchOS 2.0 et même un Apple Music en guise de one more thing, le keynote de la WWDC a été particulièrement long (près de 2h30) et par conséquent riche en annonces. Toutefois, la rumeur avait bien balisé les nouveautés ; de fait, pas de surprises ou de révélations fracassantes, mais Apple avance sereinement ses pions et prépare l’avenir, avec par exemple Swift qui évolue jusqu'à passer en open source.

Si le fond du keynote ne pose pas de problème, il y a par contre beaucoup à redire sur la forme. Les grand-messes médiatiques d’Apple ont énormément évolué ces dernières années.

Toujours plus de spectacle dans les keynotes

Il a fallu faire sans Steve Jobs, qui était un présentateur hors pair. Jobs avait presque tout pour lui : du charisme, la vision, une certaine éloquence, un caractère bien trempé… Bref, tout ce qu’il faut pour tenir le public en haleine, même lorsque les annonces n’avaient rien d’enthousiasmant — car cela arrivait, même si le champ de distorsion de la réalité qui entourait le fondateur d'Apple a toujours produit ses effets euphorisants.

À côté, il faut le reconnaitre, Tim Cook fait pâle figure, même si le patron d’Apple a réalisé de réels progrès ces dernières années. Bien conscient de ses lacunes dans ce domaine, Tim Cook a toutefois fait évoluer cet exercice : il délègue beaucoup plus que Steve Jobs à la grande époque, se transformant dans le meilleur des cas en chef d'orchestre d'une partition bien huilée, ou dans le pire… en simple passe-plats.

Si Tim Cook a été comme toujours le maître de cérémonie de cette WWDC 2015, le taulier, c’est Craig Federighi. Heureusement pour Apple d’ailleurs, c’est avec Phil Schiller (au temps de présence réduit à la portion congrue cette fois-ci) les deux seules personnes dans les hautes sphères d’Apple qui ont un certain talent dans l’exercice.

Ce qui est frappant dans les derniers keynotes d’Apple, c’est la peur terrible des dirigeants d'Apple que le spectateur s’ennuie. Alors, l'équipe de Tim Cook met le paquet sur la forme. On serait ainsi curieux de connaître le coût des différentes vidéos diffusées durant la conférence, et qui malheureusement n’ont pas toujours beaucoup de sens — leur objectif est tout autre : il faut en mettre plein la vue. Et on a l’impression que c’est bien cela le plus important. En matière de surenchère, Google a également fait fort fin mai lors de sa conférence Google I/O qui se déroulait dans la même salle.

L’autre stratagème pour masquer l'impression de vacuité, c’est de jouer la carte de l’humour. On a le droit à des gags récurrents, comme le fil rouge de l'invraisemblable karaoké, ou encore le brainstorming interne d’Apple pour trouver le nom de la prochaine version d’OS X.

Les équipes marketing en plein brainstorming
Les équipes marketing en plein brainstorming.

Le keynote s’est même ouvert sur une séquence humoristique sans queue ni tête convoquant un ancien du Saturday Night Live jouant le rôle d’un réalisateur de conférences à grand spectacle.

Attention, même l'Apple de l’époque Steve Jobs utilisait ces subterfuges - on se souvient du saut de Phil Schiller pour montrer les bienfaits du Wi-Fi - mais c’était avec parcimonie.

Tout cela donne le sentiment qu’Apple cherche absolument à tenir le spectateur en haleine, comme si les annonces ne se suffisaient pas à elles-mêmes.

Un message qui a de plus en plus de mal à passer

Qu’Apple fasse des blagues dans ses keynotes, pourquoi pas après tout. C’est peut-être une manière (inconsciente ?) de la part de Tim Cook de rendre son entreprise plus humaine et de faire oublier qu’il s’agit d’une des sociétés les plus puissantes au monde… et la puissance peut inspirer la peur.

Mais ce qui est vraiment dommage dans cette affaire, c’est que la qualité du message émis est en franche baisse depuis quelque temps. L’exemple le plus éloquent, c’est sans doute la présentation d’Apple Music. On a eu le droit à un déluge de moyens avec de nombreux clips à la clé et d’intervenants sur scène. À l'issue de ce défilé, qui a vraiment compris ce qu’était Apple Music au bout de quinze laborieuses minutes d’explications (le pompon ayant sans doute été atteint avec l'intervention brouillonne de Drake) ? Le concept, n’en déplaise à ses promoteurs, n’a pourtant rien de radical.

Le plus étonnant dans cette histoire d’Apple Music, c’est que le brouillage du message se poursuit après la présentation. Eddy Cue a ainsi fait doctement savoir, dans une interview post-keynote, que le service musical n’entretenait que peu de rapport avec le streaming (lire : Eddy Cue : « Nous ne sommes pas un service de streaming »). Mais alors, qu’est-ce que c’est ? Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, pour reprendre la citation de Nicolas Boileau.

Le phénomène n’est pas nouveau : Apple a également eu toutes les peines du monde à expliquer ce qu’était l’Apple Watch, alors que la montre a eu droit à non pas un, mais deux special events ! Mais le sait-elle vraiment aujourd'hui encore ? On peut tempérer la critique en admettant que l'avenir réservé à ce type d'objet est encore délicat à formaliser, bien plus que pour un téléphone ou une tablette.

On a souvent comparé les présentations de l'iPhone et de l'Apple Watch. Là où Steve Jobs avait une idée très précise de l'objet qu'il était « en train de vendre », Tim Cook a été incapable de l'exprimer précisément. Il est malaisé de faire parler les morts (qui peut dire ce qu’aurait fait Steve Jobs dans telle ou telle situation ?), mais le blogueur Jong-Moon Kim avait imaginé en septembre dernier comment l’ancien PDG d’Apple aurait pu présenter l’Apple Watch, et l’exercice était convaincant (lire : Comment Steve Jobs aurait présenté l'Apple Watch). Au lieu de ça, Tim Cook s’est contenté de lever les bras au ciel, en laissant le transfuge d’Adobe Kevin Lynch ânonner sans charisme les fonctions du produit.

On a franchi le sommet du malaise lors de la seconde présentation de l'Apple Watch, en mars dernier. Tim Cook s’est mué l’espace de quelques minutes en monsieur Loyal interviewant Christy Turlington, ancienne mannequin, dont le hobby dans la vie consiste à faire des marathons aux quatre coins de la planète pour la bonne cause. Je caricature, mais à peine : les billets de son blog sur le site de l'Apple Watch ont provoqué chez nous (et sans doute chez une bonne partie d'entre vous) un joyeux concours de facepalm. La montre connectée n'avait sans doute pas besoin de cette communication ratée supplémentaire.

Tim Cook : le nouveau messie

Il y a quelque chose qui dépasse le cadre des keynotes, mais qui se voit également bien lors de ces événements organisés par Apple, c’est la manière dont Tim Cook personnifie désormais l’entreprise. Et c’est probablement là où on attendait le moins le successeur de Steve Jobs. Tim Cook incarne à sa manière Apple comme Steve Jobs la personnifiait il y a dix ans, si ce n’est plus. C’est d’ailleurs, nous a-t-on dit sous couvert d’anonymat, un sujet de crispation en interne. Du moins, certains employés ont parfois du mal à se reconnaitre dans la nouvelle image du groupe façonnée par le CEO.

Il faut pourtant reconnaître à Tim Cook une chose : en occupant la place laissée vacante par Steve Jobs, il a su faire bouger les lignes grâce à un discours rafraîchissant. Voir le patron d’Apple s’exprimer de manière ouverte sur les problématiques sociales de sa société (et de la société en général) était quelque chose auquel on n’était franchement pas habitué.

Le voir prendre à bras le corps certains sujets comme la question des sous-traitants était indispensable. Et là encore, il a sans aucun doute très bien fait. Même chose pour l'environnement et les questions de protection des données privés, puisque ces thématiques découlent de l'activité quotidienne d'Apple et de l'usage que l'on fait de ses produits. Ce qui est plus gênant par contre, c’est l’importance grandissante prise par ces questions dans son discours.

Lors des sessions de la WWDC, les responsables d'Apple citent du Tim Cook.

Cette volonté d’améliorer le monde est louable, surtout venant d’un des patrons les plus importants au monde. Mais Tim Cook en fait beaucoup sur le sujet, au risque d’en faire trop. Chacune de ses interventions publiques évoque longuement ces sujets ou y est tout simplement consacrée. Il est bon qu’un capitaine d’industrie se saisisse de thématiques sociales et politiques, mais quand cela devient la seule histoire racontée, le risque est de lasser, désintéresser, voire pousser des utilisateurs normalement acquis à la marque à aller voir ailleurs où on leur parlera d’abord d’eux et de leurs besoins.

Entendons-nous bien. Qu’Apple s’engage pour la diversité, contre l’homophobie, c’est très bien et c’est même très courageux. Le souci c’est que ces luttes deviennent omniprésentes. À l’époque de Steve Jobs, Apple défendait déjà nombre de ces valeurs, mais ce n’était pas un instrument politique. Tim Cook donne cette impression d’être constamment en campagne présidentielle ou de représenter la société civile.

Cela transpire même dans la manière dont la société se présente désormais. Apple a revu sa « signature » dans les communiqués de presse :

Apple revolutionized personal technology with the introduction of the Macintosh in 1984. Today, Apple leads the world in innovation with iPhone, iPad, the Mac and Apple Watch. Apple’s three software platforms — iOS, OS X and watchOS — provide seamless experiences across all Apple devices and empower people with breakthrough services including the App Store, Apple Music, Apple Pay and iCloud. Apple’s 100,000 employees are dedicated to making the best products on earth, and to leaving the world better than we found it.

Le changement majeur se situe dans la dernière phrase : « Les 100 000 employés d’Apple s’attachent à réaliser les meilleurs produits sur terre, et laisser le monde dans un meilleur état que nous l’avons trouvé ». La modestie et l’humilité ne font pas partie de l’ADN d’Apple ! Alors que tout ce qu'on lui demande, c'est de concevoir des produits beaux, simples, et si possible pas trop chers — au vu du lancement des derniers Mac, on en est malheureusement loin.

Apple cherche maintenant, à tout prix, à laver plus blanc que blanc. Et cela en devient fatigant, et parfois risible. Depuis quelques mois, les sociétés high-tech sont attaquées (à juste titre) parce que les femmes sont sous-représentées ? Tim Cook se mue en féministe convaincu et fait apparaître deux employées d’Apple sur la scène du keynote.

Cette quête incessante du « paraître cool », bien pensante, et irréprochable, devient exaspérante. Elle provoque ricanements et haussements d'épaules, allant à l'envers des principes défendus (avec raison) par Tim Cook. Plus que jamais sur le devant de la scène, Apple se doit de faire attention et de montrer l’exemple, c'est entendu. Mais à force d’en faire trop, cela pourrait se retourner contre elle. La société perçue comme si différente pourrait finalement apparaitre comme terriblement conformiste.


avatar Ipader | 

@Lestat1886 :
C'est mon ressenti avec ce que j'observe.

avatar Lestat1886 | 

@Ipader :
Bon "ridicule " c'est un peu fort je m'excuse :)

On verra dans quelques années si ton ressenti se vérifie ;)

avatar Doctomac | 

Rien n'est satisfaisant, rien de va, tout est sujet à critique, la moindre position n'est pas la bonne. Après une WWDC franchement réussie (en comparaison du dernier event de Google assez pâle), MacG est en encore foutu de pondre un article négatif, pessimiste et imbibé d'une nostalgie d'un temps qui n'a jamais existé.

Première remarque, si vous ne comprenez un message délivré par Apple, posez-vous peut-être déjà la question si l'incompréhension ne provient pas de...vous. Car, perso j'ai compris ce qu'est l'Apple Watch et j'ai compris ce qu'est Apple Music. En d'autres termes, le fait que vous ne comprenez pas un message ne veut pas dire que la majorité des autres ne le comprennent pas.

Par ailleurs, est-ce que steve Jobs avait expliqué de manière scolaire ce qu'est l'iPad à sa sortie. Non je ne crois pas. Je me rappelle une de ses phrases qui disait que pour prendre mesure des capacités de l'iPad il fallait le prendre en main et l'essayer. Apple n'a jamais tartiner pour expliquer un produit car le faire c'est avoir un doute sur son utilité. Quand Cook lève les bras, c'est pout montrer l'Apple Watch. De la même manière, Jobs pouvait simplement montrer le nouvel objet sans dire un mot.

Ensuite, l'humour. C'est fou, on reproche aux mecs d'Apple de faire de l'humour. C'est surréaliste de lire de telles bêtises. Steve Jobs aimait faire de l'humour à chacune de ses keynote sous différentes formes. Maintenant l'humour est faite (un peu) différemment avec les prestations de Graig mais c'est toujours Apple. Justement, on retrouve le côté cool des keynotes d'Apple qui est aussi un marqueur historique de la compagnie.

avatar adixya | 

Suis d'accord, cet article est un peu vain. On monte en épingle des choses d'une gravité tout à fait anecdotique.

A la rigueur, le seul truc que je vois a reprocher à TC, c'est si jamais il laisse ses préoccupations sociales prendre le pas sur la qualité de ce qui est délivré. La dessus, j'ai un doute.

Maintenant, je n'aime pas ce genre d'articles à charge, ou on peut prendre n'importe quel micro détail et le retourner dans le sens qui nous convient (faire de l'humour, c'est pas bien, en faire trop c'est pas bien, en faire pas assez c'est pas bien, être trop vague c'est pas bien, être trop précis c'est ennuyer les gens etc etc.). Tout le monde peut faire ce genre d'exercice qui n'a rien d'une réelle analyse, mais d'un passage en revue de tout ce qu'on peut retourner contre une personne.

Heureusement que c'est gratuit, macgé, dites donc !

avatar Salomoon | 

*Insert thank you GIF here*

Je ne comprends pas non plus cet article à charge. Certes le message sur Apple Music était un chouilla confus et longuet, mais globalement cette keynote d'ouverture du WWDC 2015 était un très bon cru et l'humour de Craig est toujours aussi rafraichissant !

Concernant les prises de positions de Cook, je trouve justement que c'est une excellente chose !
Apple est devenue tellement importante dans l'industrie qu'il est intéressant je trouve qu'elle apporte sa pierre à l'édifice pour faire avancer ces thématiques sociétales dans le bon sens et faire reculer l'obscurantisme sur certains sujets.
Ce d'autant plus que Tim est loin de faire la une de tous les magazines en gueulant pour la défense des droits des LGBT... faut pas tout exagérer non plus !
Vu la culture du secret concernant les futurs produits chez Apple, il ne peut en fin de compte que parler du présent et des positions de l'entreprise sur différentes questions, dont celles là mais cela ne constitue pas le coeur de son message je trouve que cela reste mesuré.

avatar Oxynos | 

J'hallucine en lisant cet article et les prises de position de MacG, MacG n'est pas la pour dicter la politique d'Apple ou pour faire remonter les critiques des gens qui travaillent pour Apple et qui sont pas contents.

Je ne voit pas ou est le trop quand on défend des causes comme LGBT. Moi même étant gay je pense que y'a jamais assez de personnes qui sont la pour faire comprendre qu'on est comme les autres. Le jour ou tout ira bien nous ne serons plus là pour faire parler de nous car nous serons considéré comme égaux. Ce n'est pas le cas aujourd'hui dans une grande partie du monde alors MERCI Tim Cook pour nous permettre de faire connaître notre cause aux yeux du monde <3

avatar reborn | 

bien sur c'est ce que je disais, prendre position pour l'environnement et la vie privée c'est bien (surtout à l'heure actuelle) mais défendre le droit des gay non c'est pas bien ?

Après je suis pas naïf pour autant, dans ces prises de positions une il a une mécanique de com bien rodé. Mais il vaut mieux ça que rien :)

avatar Chanteloux | 

@Oxynos :
Vous ne faites en fait que souhaiter un changement dans les normes. Le rejet des homos transfiguré en acceptation obligatoire. D'une norme à l'autre! Moi j'ai hâte qu'on nous foute la paix avec ces questions-là, qu'on nous laisse libre d'aimer les homos, ou de les rejeter, de l'être ou de ne pas l'être. Chaque dénonciation d'un "politicaillerie correct" s'accompagne de son inverse! Ras le bol des normes, d'un bord comme de l'autre.

avatar Chanteloux | 

@reborn :
Oui c'est très bien!

Mais c'est pas le rôle d'Apple, de défendre le droit des gais, des mères monoparentales, des sero-positifs, des itinérants, des immigrés clandestins, des Noirs, des nés-sous-X, etc. Bla-bla-bla. Apple doit rester Apple. C'est plein d'organismes spécialisés et compétents. On ne reconnaît plus rien!

avatar SugarWater | 

Article très intéressant. Mais chercher à être cool, s'accrocher aux branches en parlant de tout c'est la meilleure démonstration qu'on ne sait pas ce qui est important et au final qu'on n'est plus cool. Tim Cook se prend pour la mère Bono et profite d'impulsion très puissante laissée par Steve.
Mais au fond est ce que une société comme Apple peut encore être cool? L'image d'Apple désormais dans le luxe dont l'humour maladroit est celle d'un père qui essaie gentiment de plaire à ses enfants ado est plus stérile et c'est normal. Apple va aller dans le médical, la maison et peut être même dans la voiture : peut on être cool quand on est presque omniprésent et si sérieux ?
Ils veulent être cool? Il embauche Tony Stark :)

avatar Lestat1886 | 

@SugarWater :
Tu tegardes trop de films toi :)

avatar darklinux | 

Ou lire des comics ...

avatar Doctomac | 

Autre point surréaliste, les positions de Cook. Là encore Cook s'affirme sur des points que l'on critiquait pour Jobs, à savoir par exemple son mutisme sur les conditions de travail des sous-traitants. Donc Apple, fait quoi, ils parlent ou ils se taisent ? Cook affirme ses positions sur des sujets sociétaux, donc c'est un instrument politique. Quand bien même, en quoi ce serait gênant ? Cook affirme ce qu'Apple a toujours été, Apple a toujours eu une aura politique.

Qu'il y ait des accroches dans la communication, bien sûr, il y en a toujours eu même avec Jobs. Mais quand même, pondre un ersatz d'article qui finalement repose sur des impressions personnelles abracadabrantesques pour dénoncer ce qui a toujours été Apple, le cool, c'est dire à quel point ce site est maintenant complètement à côté de la plaque.

avatar Totophe | 

Merci pour cette analyse.que je partage.

avatar MacSedik | 

Excellent article Christophe Laporte !! et c'est un lecteur depuis 2006 qui le dit ^^
Sérieusement, rien à ajouter je pense que vous résumez très l'impression qu'on à (je parle des aficionados d'Apple qui ont connu notamment l'époque PowerPC). Apple en fait trop sur ces thématiques sociales (pourtant louables) on a l'impression qu'Apple est devenue à chaque WWDC une pâle copie du "Ice Bucket Challenge" : le commercial déguisé en baba-cool... Steve Jobs avait ce don de nous parler de ce que nous avions besoin, alors que Cook nous donne l'impression avec ses intervention qu'en fait on a besoin de rien du tout, que tout ce qu'ils sortent est superflu (Apple Watch, AppleMusic...).

avatar reborn | 

Jobs qui abandonne les mac pro c'est ce dont on à besoin ?
Jobs qui refuse les puces nvidia dans les macbook à cause de son ego c'est ce dont on a besoin ? Jobs qui t'explique comment tenir ton iPhone (antennagate)
Jobs qui présente iCloud en 2011 est qui jusqu'a peu etait bien inutile ( à part pour les sauvegardes itunes)

Jobs qui etait contre les applications tierces pour ioS ? il poussait à la creation de simple webapps..

avatar Doctomac | 

Mais en quoi Apple en fait trop sur ses thématiques sociales ? Ce n'est pas comme si Apple en parlait tous les jours. Quand Steve Jobs parlait des efforts d'Apple dans l'environnement à lancement de produit, il en faisait trop sur ces questions ?

Là encore, quand l'iPad est sorti sous Jobs, on disait la même chose, il est superflu. Le sentiment de superflu est très personnel. Ce n'est pas un sentiment universel et ce qui est considéré superflu pour certains ne l'est pas pour d'autres. Dans tout ce blabla, il n'y a que du subjectif mais aucun argument objectif est avancé.

avatar Lestat1886 | 

@MacSedik :
Jobs avait surtout le don de créer des besoins ;)

avatar RoboisDesBins (non vérifié) | 

C'est parce que SJ était un geek, donc il avait des idées de geeks qui débouchaient de questions telles que "qu'est ce qu'il me manque dans ma vie quotidienne, qu'est ce qui est chiant à faire et qui pourrait être amélioré par la technologie ?", bref il résonnait technique, passionné qu'il était de technique (cela n'empêche pas d'aimer le fric aussi) alors que Cook est un business man et les questions qui l'animent sont "que pourrait on créer pour augmenter le CA d'Apple ?"
Alors évidemment cela ne donne pas le même ressenti à l'arrivée. Pour SJ, en majorité des cas cela donne "Whao", pour Cook "oui, ok et cela sert à quoi ?"
SJ façonnait le monde technologique, Cook habille sa vacuité.

avatar steph0678 | 

@RoboisDesBins :
Wow quelle analyse factuelle !

avatar Lestat1886 | 

@RoboisDesBins :
Je pense que Jobs aussi voulait augmenter le CA faut pas croire qu'il etait robin des bois non plus ;)

avatar RoboisDesBins (non vérifié) | 

@Lestat1886
Qui parle de caractéristiques mutuellement exclusives ? Toi. C'est dans ta tête tout cela, pas dans la mienne, d'ailleurs je l'ai dit.

avatar Lestat1886 | 

@RoboisDesBins :
Alors pourquoi cracher sur l'un et pas l'autre? :)

avatar RoboisDesBins (non vérifié) | 

@Lestat1886
Parce que quand même, l'un est magicien, l'autre boutiquier. Je préfère les magiciens : ils me font rêver.

avatar Doctomac | 

Ce n'est pas un peu caricatural ? Jobs était aussi un business man avisé mais c'est vrai que Cook (c'est comme ça, les deux hommes n'ont pas le même parcours) n'est pas un homme de technique.

Mais bon, ce n'est pas grave. Ma foi, Ive, Graig, etc. sont des hommes de technique. Il faut arrêter de penser qu'Apple ou une entreprise en général c'est un seul homme, maintenant ou à l'époque de Jobs.

avatar RoboisDesBins (non vérifié) | 

@Doctomac
Il y a eu de nombreux musiciens depuis la mort de Mozart, Chopin et Bach, n'empêche qu'il n'y en a aucun parmi eux qui a le génie de Mozart, Chopin ou Bach.
Alors évidemment, je ne compare pas SJ à ces génies, mais transposé au monde de l'entreprise, c'est pareil. Certaines entreprises meurent à la mort de leur fondateur parce que c'est lui qui leur insufflait son "génie". Chez Apple, je persiste et signe, personne n'arrive à l'épaule d'un SJ. Le même problème s'est posé pour Microsoft quand BG est parti (on connait la suite....)
D'ailleurs Apple avait viré SJ pendant un moment, on a vu ce que cela à donné (et pourtant il y avait plein de techniciens, etc..) : l'entreprise a failli péricliter et n' refait surface que lorsqu'elle a réintégré SJ qui a sorti les iMacs basés sur un design Rowenta....

avatar Salomoon | 

Oui enfin là depuis que Steve est parti le CA annuel a quadruplé voire plus, de même que les bénéfices.
Meme si ce succès se base évidemment sur l'héritage de SJ, il ne lui revient pas non plus entièrement... et on est loin de la banqueroute avec près de 200 milliards en banque...
Apple peut se permettre beaucoup de choses aujourd'hui, y compris rater complètement un produit (y compris une génération d'iPhone), ce qui tu seras d'accord avec moi n'est pas vraiment non plus d'actualité (sauf le dernier modèle d'iMac Retina entrée de gamme, mais ce n'est qu'une configuration parmi d'autres, il suffit de choisir la bonne).
Et non, l'Apple Watch n'est pas un produit raté, l'ADN d'Apple y est profondément ancré, quand on la voit et qu'on l'essaye, c'est une évidence. Apres qu'on adhère ou pas au concept, c'est une autre histoire!

avatar Ipader | 

@RoboisDesBins :
On est bien d'accord ;)

avatar Chanteloux | 

@RoboisDesBins :
Oh que c'est bien dit! Que ça montre bien la différence fondamentale entre SJ et TC, et comment ça explique l''évolution-régression d'Apple! Merci pour cette synthèse.

avatar Dwigt | 

Il y a pas mal de points très justes dans cette analyse, mais j'ai deux trois réserves à faire, ou plutôt des explications, parce que ce sont des différences culturelles avec les USA.

Aux USA, les lobbys sont bien plus actifs sur les questions de société, et des organisations religieuses comme les Mormons ou "religieuses" comme la Scientologie avaient mené une campagne importante contre le mariage gay en Californie, sans parler de chefs d'entreprise qui financent des cabinets ou des groupes de réflexion pour des études niant le réchauffement climatique humain. Cook considère qu'Apple doit aussi prendre position sur ces sujets par rapport à ce qui se passerait si les autres étaient les seuls à agir.

De même, la question de la sous-représentation des femmes dans plusieurs industries est devenue cruciale chez beaucoup de libéraux depuis deux ou trois ans quand, après des années passées à pourfendre les conservateurs pour leurs discriminations, on leur a fait constater qu'il n'y avait pratiquement pas de femmes chez eux à des postes de responsabilité. D'où la discrimination positive qui semble avoir lieu, ou le nombre de chroniques rendant compte de l'évolution du statut des femmes. Cook a en fait corrigé de façon très ostentatoire un truc qui était qu'Apple n'a pratiquement jamais mis de femmes dans les intervenants de la WWDC et des keynotes. On en a compté six jusqu'à cette semaine... Les deux qui ont pris la parole lundi n'ont pourtant pas démérité par rapport à leurs collègues hommes. Mais si on ne leur donne pas des occasions comme celles-ci pour s'exprimer, elles restent dans l'ombre et elles ne font pas figures de candidates sérieuses pour des postes de plus haute responsabilité. Donc il va falloir passer par là avant que les vieux préjugés soient abandonnés.

avatar PierreBondurant | 

Sur l'Apple watch, je trouve aussi que c'est flou: on sait pas trop si c'est une trieuse de notifications au poignet, une montre, un bracelet fitness, un iPod wireless...

On a un peu l'impression que c'est à chacun de se faire son idée et que chez Apple y savent pas trop eux mêmes.
C'était peut être plus clair pour le lancement de l'iPhone car il y avait le Blackberry que l'iPhone se proposait de remplacer par une proposition très différente.

avatar Doctomac | 

"on sait pas trop si c'est une trieuse de notifications au poignet, une montre, un bracelet fitness, un iPod wireless..."

C'est tout ça en même temps. En tout cas une montre, ça c'est sûr....

C'est comme dire en 2007, je ne sais pas ce que c'est l'iPhone, un téléphone, un iPod ou un une sorte de PDA.

avatar reborn | 

Je te comprend pas, l'iphone c'est quoi au final ? un téléphone ? un ordinateur ? un ipod ? Aujourd'hui tu peux absolument tout faire avec.

L'Apple watch est un ordinateur à ton poignet qui te permet de faire diverse chose, plus ou moins utile.

Après si tu peux pas te faire ta propre idée sur un produit c'est que t'en as pas besoin...

avatar Silverscreen | 

Si le fonds de l'article (comment paraitre cool quand on est l'entreprise la plus rentable au monde ? En le martelant) est juste, c'est vachement délayé et basé sur des observations plus ou moins pertinentes : la surenchère de clips et d'intervenants n'est pas pour paraitre cool mais juste pour affronter un auditoire de hipsters blasé, auprès duquel être simplement clair, concis et avoir une bonne élocution ne suffit pas...

Si il y a du juste dans l'article, je trouve qu'il fait très (trop) click bait...

avatar PierreBurgi | 

Un dernier mot à dire : regardez de ce qu'est fait le monde : plus de la moitié sont modestes moyens pauvres.

L'avenir, avec l'état de pollution actuel sur toute la planète (air, eau, terre) réside dans la pauvreté, l'amenuisement, la modération, la modestie, l'humilité, la compréhension, et la recherche d'une source et cause de la richesse autre que celle de la finance et du mépris.

La source de richesse de notre avenir est l'efficience de tous les concepts matériels du monde. Vous pensez que la surconsommation et la dépense intensive allait durer une éternité ? Non.

Chaque cycle de l'histoire nous décrit une phase de richesse et d'applaudissement.
Le travail orienté sur soi et les autres est infiniment plus riche que toute la somme des richesses matérielles. Nous avons connu une ère d'abondance là où nous connaîtrons une ère de modération.

Le choix d'un monde plus ou moins efficient conduit l'humanité à encore vivre 500 ans ou 50 ans. Avis aux gens qui sont complètement intoxiqués ou inconscients à cause des modes de vie de la société actuelle, qui doivent lutter pour une monde sain.

avatar PierreBurgi | 

*d'appauvrissement ;-)

avatar Bigdidou | 

Le mot "dictature" paraît un peu fort, effectivement. Mais c'est une expression courante, alors bon, ok.

En ce qui concerne les changement de stratégie de communication depuis l'arrivée de Tim Cook, il y a un truc pas très vieux ici : http://www.atlantico.fr/decryptage/tous-secrets-strategie-draconienne-apple-pour-controler-image-aupres-medias-1741497.html.
A vous lire, le départ de Katie Cotton n'a donc pas fait que du bien, et entraîné un flou certain. C'est peut-être juste une phase de transition, histoire que son successeur s'installe et s'affirme.
Après ce serait amusant de trouver à propos d'Apple un de ces sondages comme on en voit parfois concernant l'image de telle ou telle entreprise dans le grand public afin de voir s'il n'existe pas un certain décalage entre la vision que peuvent avoir des gens, disons, assez investis et le grand public qui se passionne moins et constituent quand même le gros de la clientèle. Ou : est-ce qu'il ne faut pas en faire beaucoup pour qu'il en reste un peu auprès de madame Michu (qu'est-elle devenue au fait) ?

avatar Doctomac | 

À mon avis c'était juste pour se démarquer de ce qui a été fait avant :

http://www.arte.tv/guide/fr/044462-000/apple-la-tyrannie-du-cool

avatar Chanteloux | 

@Bigdidou :
Excellente idée, ce sondage. Comment les citoyens ordinaires, ceux qui en fait font la fortune d 'Apple, voient la compagnie, le produit, etc... C'est vrai que Macgé, ses groupes et participants, c'est un petit groupe fermé, ça finit par manquer d'air (mais macgé fait tout pour remettre de l'air à sa façon, je les en remercie).

avatar reborn | 

Il faut prendre en compte aussi que le monde n'est plus le même qu'en 2007. L'on part d'un monde ou la course à l'innovation n’était pas cruciale, à aujourd'hui ou c'est le seul mot que l'on entend.

Apple à poussé toute l'industrie de la high-tech à revoir ses strategies de conception des produits et ses stratégies de communication.

Aujourd'hui tout le monde fait du marketing de émerveillement/émotion. C’était très loin d'être le cas en 2007...

avatar oomu | 

pas faux.

avatar RoboisDesBins (non vérifié) | 

@reborn
C'est marrant comme la plupart des gens ont tendance à réécrire l'histoire ou à penser que le monde était sans intérêt avant leur propre naissance :-)
J'ai personnellement participé au lancement de Windows NT/System Management Server (SMS) par Microsoft en ....1991 et c'était un immense show tout comme on en voit maintenant. Même en interne chez Microsoft il y avait ce genre de shows grandioses (Bill Gates apparaissant sur scène dans un éclair et de la fumée, etc.) ...pour les réunions internes, alors pour les clients....
Le marketing n'est pas né en 2007 :-)

avatar umrk | 

La présentation était trop longue, tout simplement. Maintenant, elle s'adressait surtout à un public de développeurs .... C'est peut être là où Apple devrait mieux cibler ses annonces, en fonction du type d'évènement.

avatar reborn | 

cela fait plus de 20 ans que la wwdc existe, Aujourd'hui on en entend parler dans la presse, alors qu'avant l'iphone cela ne serait passer inaperçue.

Apple qui présente un service de musique à une wwdc en 2005 cela n'aurait choqué personne.

avatar iBaby | 

Quelle rhétorique ! MacG surfe sur la colère et la frustration des Apple fanboys. Un très mauvais papier. On peut vous retourner l'argument contre ces tirades à l'emporte-pièces. On vante vos « analyses ». Ce n'est même plus du prêt-à-penser, c'en est la mauvaise caricature.

avatar oomu | 

depuis 6 ou 8 mois, MacG est devenu + aigri, + agressif.

je ne suis pas persuadé que ça soit de bonne foi.

Mais peut être est-ce l'air du temps.

avatar Chanteloux | 

@oomu :
Oui, je partage votre opinion: l'attitude de Macgé a un peu changé. Je dirais pas nécessairement plus agressif, mais certainement plus critique. Je les aime beaucoup plus comme ça.

avatar Grizzzly | 

Interessant article qui résonne par rapport à mon ressenti pendant le keynote. Je me souviens m'etre dit que lynch faisait du bien, une sobriété salvatrice au milieu de ce dégoulinement de cool pompeux.

avatar oomu | 

ben y a eu quand même deux artistes.. lâchés devant des ingénieurs..

avatar machin44 | 

Enfin un peu de subversion chez MacG.
Merci

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