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Le secret de polichinelle de l'optimisation fiscale d'Apple

Anthony Nelzin-... | | 20:00 |  68
De tout temps, les grandes sociétés ont cherché à profiter de failles ou de leviers dans les législations pour payer moins d'impôts, notamment les multinationales, qui peuvent profiter de leur structure pour alléger leur charge fiscale. Personne n'ignore tout à fait l'existence de ces montages complexes de filiales et de holdings se transférant des actifs par le biais de pays à la fiscalité particulièrement basse, faisant disparaître autant d'impôts et autres charges. Le New York Times a néanmoins surpris en consacrant un épais dossier à la question par le prisme de la seule Apple, quelques semaines à peine après avoir attaqué la firme de Cupertino sur la question des conditions de travail de ses sous-traitants en Chine.

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Breaburn Capital : une pomme au parfum des billets verts
À quatre heures de Cupertino, le lac Tahoe fait partie des villégiatures favorites des cadres d'Apple : la société n'a aucun bureau dans la région, aucun entrepôt, aucun labo, pas même le moindre sous-traitant, et le cadre est idyllique. À 70 km de là pourtant est situé le centre névralgique de la comptabilité : le bureau de sa filiale Braeburn Capital, au fond d'un couloir d'un immeuble anonyme de Reno. Cupertino, Californie, 8,84 % d'impôt sur les sociétés. Reno, Nevada, 0 % d'impôt sur les sociétés.

L'existence de Braeburn Capital n'est un secret pour aucun observateur d'Apple : cette filiale qui porte le nom d'une pomme acidulée très populaire a été créée en avril 2006, au moment où Apple a commencé sa formidable ascension boursière et financière. Elle est gérée par deux personnes, un cadre junior et un cadre senior, qui répondent directement à Peter Oppenheimer, le directeur financier d'Apple — ce n'est en fait rien d'autre qu'une coquille vide montée à des fins de tax avoidance, un évitement licite de l'impôt qualifié par certains d'optimisation fiscale, par d'autres d'évasion fiscale.

Le principe est simple, connu, et répandu, notamment dans l'industrie informatique : lorsqu'un produit d'une société est acheté sur le sol américain, une partie du produit de la vente est reversé à une filiale domiciliée dans un état à la fiscalité avantageuse, versant ainsi moins d'impôts que prévu. Dans le cas d'Apple, le gain est double : l'argent transféré à Braeburn n'est pas imposé au Nevada (alors qu'il le serait à 8,84 % en Californie), et Apple investit cet argent en actions, bons et produits financiers dont les plus-values ne sont pas non plus imposées à Reno. Il est même triple : par le biais de diverses législations, la présence d'un bureau d'Apple dans le Nevada réduit son imposition dans plusieurs états américains, dont certains de ses plus gros marchés comme la Floride ou le New Jersey.

L'ensemble de ces leviers permet à Apple d'économiser plusieurs milliards de dollars d'impôts par an. De nombreuses sociétés utilisent les mêmes mécanismes : comme des milliers d'entreprises, Facebook est domiciliée dans le Delaware, état à l'imposition réduite, alors que ses bureaux sont en Californie. Microsoft utilise une structure très similaire à celle d'Apple et facture via une société dans le Nevada alors que son campus est dans l'état de Washington. Des dizaines de milliards de dollars échappent ainsi aux états chaque année, et pas uniquement dans le domaine des hautes technologies.

iTunes S.à.r.l. : une coquille vide qui rapporte
À cette « optimisation » à l'échelle nationale en répond une autre à l'échelle internationale : Apple maintient des bureaux au Luxembourg ou à Singapour pour procéder de la même manière en Europe et en Asie. Les Européens sont ainsi sans doute plus familiers d'iTunes S.à.r.l., la filiale d'Apple qui leur facture depuis 2004 tous leurs achats sur l'iTunes Store, qu'ils soient effectués depuis un ordinateur localisé en France, en Belgique, en Espagne où ailleurs dans l'espace communautaire.

On parle là encore d'une coquille vide : les bureaux du 8 rue Heinrich Heine accueillent moins de cinquante employés et ne se signalent au monde que par le biais d'une boîte à lettres discrète. Apple profite ici du caractère dématérialisé d'iTunes pour appliquer strictement le droit européen : tant que les transactions transitent par le Luxembourg, elles sont imposées dans le Grand Duché, peu importe leur origine. Or le Luxembourg propose un des taux de TVA parmi les plus faibles du continent, 15 %.

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La boîte à lettres d'iTunes S.à.r.l. (source : Owni)


Vendeur en ligne, Amazon utilise aussi le Luxembourg comme plaque tournante de sa facturation européenne, notamment pour les livres électroniques. Dans ce domaine d'ailleurs, on touche à l'hypocrisie du système : alors qu'on aurait tôt fait de faire des états les victimes de cette grande évasion, ils en sont bien partie prenante. De la même manière que les états américains font les yeux doux aux entreprises en leur accordant des cadeaux fiscaux, les gouvernements européens se sont lancés dans une course à l'échalote pour accueillir les géants de la Silicon Valley.

La France veut baisser la TVA sur le livre numérique à 7 %, moins que le Luxembourg ? Le Grand Duché répond en baissant la sienne à 3 % — mieux vaut toucher moins que rien. On peut sans aucun doute critiquer l'éthique très refoulée des multinationales, mais on ne peut le faire sans remarquer le cynisme absolu des états qui les accueillent. Un aspect totalement oublié par le dossier du New York Times, voire renversé.

Un sandwich hollandais et un double irish : le menu des comptables
Ces systèmes restent cependant bien simplistes face aux véritables montages que sont le « double irish » et le « sandwich hollandais », des recettes de comptables pour perdre quelques points d'imposition. Comme l'expliquait Écrans fin 2010, Google est le spécialiste de ces pratiques, aussi utilisées par Microsoft, Facebook, et donc Apple.

Le premier volet est le montage d'un « double irish », une structure de deux sociétés domiciliées en Irlande qui vont se transférer des actifs tangibles et intangibles. La première est une filiale d'une holding domiciliée dans un paradis fiscal comme les Bermudes : la maison-mère lui reverse l'intégralité de ses actifs intangibles, comme ses brevets et ses marques. La deuxième est une filiale géographique aux frontières étendues qui concentre ainsi l'essentiel des revenus de la maison-mère hors des États-Unis : elle reverse une grande partie de ces revenus à la holding des Bermudes sous forme de royalties au titre de l'exploitation des brevets. Le deuxième volet est le montage d'un « sandwich hollandais » : si ce paiement passe d'abord par une société intermédiaire dans un pays comme les Pays-Bas, la transaction est exemptée de prélèvements, en vertu de la législation irlandaise.

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Double irish et sandwich hollandais chez Google (source : Écrans).


Apple procède d'une manière similaire, quoique moins sophistiquée : elle accueille deux sociétés sur son campus de Cork, Apple Operations International et Apple Sales International. Elles servent d'abord à transférer des brevets depuis la Californie, et ce afin que leurs royalties soient imposées à 12,5 %, le taux irlandais, plutôt qu'à 35 %. Elles servent aussi à collecter les revenus de la zone Europe-Moyen-Orient-Afrique de la société, là encore pour les soumettre à une imposition plus faible que dans les différents pays de cette zone (lire : Les Anglais aimeraient qu'Apple paie plus d'impôts). Elles sont enfin contrôlées en partie par une filiale domiciliée comme on s'y attend dans un paradis fiscal, ici les Îles Vierges britanniques, Baldwin Holdings. Une autre filiale au nom de pomme — et une qui supporte bien le transport, les avocats d'Apple ont le sens de l'humour — qui n'est soumise à aucune imposition et travaille en dollars.

On aurait néanmoins tort de considérer que l'implantation d'Apple en Irlande n'est motivée que par des intérêts fiscaux. Il faut là encore mettre les états dans la balance : comme le rappelle Owni, la structure du marché de l'emploi favorisait l'implantation des géants de la Silicon Valley. Installée à Cork depuis septembre 1980, Apple a converti son usine en centre logistique (la plateforme d'appels d'AppleCare pour l'Europe y est hébergée), et elle devrait recruter 500 employés supplémentaires pour un total de 3 300, après 350 embauches en 2011. La firme de Cupertino fait donc d'une pierre deux coups.

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Le site d'Apple à Cork.


Un lobbying intense pour favoriser le statu quo
Grâce à cette toile de près de 400 sociétés imbriquées, Apple est au final imposée à moins de 5 % à l'échelle mondiale — c'est très peu, mais des sociétés entièrement dématérialisées comme Google parviennent à faire encore mieux. Comme le précise le New York Times, les entreprises informatiques ont là un véritable avantage par rapport aux sociétés d'autres secteurs : les 71 entreprises du monde technologique comprises dans l'indice S&P sont soumises à des taux d'imposition un tiers inférieur à ceux des autres entreprises du même indice. Il n'est donc pas étonnant qu'Apple, Google, Microsoft et leurs camarades soient en pointe d'un lobbying visant à préserver le statu quo.

Ces trois sociétés sont ainsi à la tête d'une coalition visant à obtenir du Sénat américain une vacance fiscale leur permettant de rapatrier leurs réserves de cash de l'étranger vers les États-Unis. On touche là à toute l'ironie de la chose : si 75 des 110 milliards de dollars de liquidités d'Apple sont en dehors du sol américain, c'est précisément parce que la stratégie d'« optimisation fiscale » de la société marche à fond ! Plus de 40 % des bénéfices d'Apple devraient être hébergés aux États-Unis. Le législateur américain ne s'est pas encore prononcé définitivement sur la question — mais est pour le moment plutôt opposé, et pour cause : cette mesure permettrait certes de faire rentrer de l'argent dans le pays et de favoriser des investissements, mais 8 milliards de dollars annuels échapperaient au gouvernement fédéral.

À l'article du New York Times, Apple a répondu comme toutes les sociétés répondent sur le sujet, en mentionnant leur contribution à l'économie de manière directe et indirecte. La firme de Cupertino a ainsi rappelé qu'elle payait cinq milliards de dollars d'impôts à l'échelle fédérale et des états — un montant qui inclut les impôts… des employés ! Elle s'est aussi fendue d'une nouvelle leçon sur sa contribution à l'« app economy », 500 000 emplois qui n'existaient pas avant 2007 et la présentation de l'iPhone — là encore avec un raccourci énorme, puisque ce demi-million de personnes n'est pas employé par Apple. De mauvaises réponses donc, mais la question elle-même n'était peut-être pas la bonne.

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« Et si je mettais "Apple" à la place de "multinationales" ? Stoppez les rotatives ! » (source : Joy of tech)


L'« optimisation » fiscale n'est pas un secret, et Apple ne serait jamais devenue la première société du monde en termes financiers sans une solide connaissance de tous les leviers du système capitaliste. Illégal ? Absolument pas, les états eux-mêmes en profitent. Immoral ? Sans doute, et d'un cynisme absolu. Reste qu'en traitant le sujet par le seul prisme d'Apple, le New York Times fait preuve d'un excès de facilité, comme il l'avait fait en abordant les conditions de travail chez les sous-traitants chinois des sociétés informatiques : Apple est aujourd'hui le fil conducteur d'une narration journalistique extrêmement et grossièrement simplifiée.
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68 Commentaires Signaler un abus dans les commentaires

avatar Orus 01/05/2012 - 10:22

En résumé : tu es un salarié, tu payes tes impôt comme l'esclave que tu es. Tu es un capitaliste ou une grosse entreprise, tu as tout les moyens et astuces pour en payer le moins possible; et par la même tu méprise ton pays. Et après on se demande pourquoi le système ne fonctionne plus. Ceux que cela ne choque pas sont directement responsables de cette dérive qui conduis le monde à sa perte. Honte à vous.

avatar PiRMeZuR 01/05/2012 - 11:04

Très bon article ! J'ai cependant du mal à comprendre quel est l'intérêt du Nevada à ne pas imposer du tout les sociétés (0% dit l'article). Autant le faire à 1 ou 2%, non ? Ils n'ont pas de revenus indirects puisque les bureaux d'Apple font 3 pièces et emploient 2 employés.

avatar ThurstonMoore 01/05/2012 - 11:04

[/quote]En résumé : tu es un salarié, tu payes tes impôt comme l'esclave que tu es. Tu es un capitaliste ou une grosse entreprise, tu as tout les moyens et astuces pour en payer le moins possible; et par la même tu méprise ton pays.[/quote] Alors déjà il y à un premier truc qui ne va pas dans ce raisonnement : l'opposition ouvrier/capitaliste ne tient pas étant donné qu'un ouvrier est aussi un capitaliste comme chaque être humain. Renvoyons à la définition de capitaliser : "Accumuler des biens, des connaissances, etc. afin d'en tirer profit par la suite", bref fonctionnement complètement normal d'homo sapiens (et certainement même avant) lié à plusieurs chose dont l'instinct de survie, l'inventivité et l'incertitude de l'avenir (l'humain est aussi un spéculateur par essence puisqu'il ne peut pas connaître l'avenir). Concernant le mépris du pays c'est encore plus comique. Qui méprise le plus le pays entre ceux qui pillent constamment les forces vives (ouvriers, entrepreneurs etc etc), prennent des crédits sur leur dos, dévaluent l'épargne (punissent donc le choix du futur au dépend du présent) et ceux qui, bon an mal an, essayent de faire prospérer leur entreprise (ce qui permet de mieux payer les gens d'améliorer les conditions de travail etc)?? Certainement pas les premiers. Je finirais sur une citation de Coluche : "La grande différence qu'il y a entre les oiseaux et les hommes politiques, c'est que, de temps en temps, les oiseaux s'arrêtent de voler."


avatar Hasgarn 01/05/2012 - 11:06

Encore un article qui envoie du poney. Merci MacG !

avatar rom54 01/05/2012 - 11:39

Très bon article, instructif et didactique. Il met bien en évidence la véritable économie basée sur les paradis fiscaux anglo-saxons et son développement actuel. Il aurait aussi été interressant d'ajouter quelques explications sur la guerre economico-politique que les USA mènent contre les places financières européennes stratégiques afin de renforcer leurs positions. Ecore un petit élément: le territoire américain compte bien de véritables paradis fiscaux (reno et le delaware parmi les plus celebres) qui sont tout autant opaques et impénétrables que ceux situés dans les caraïbes... Et il aurait été aussi ben de mentionner que la City de Londres est le plus important paradis fiscal de la planète, échappant a toutes les lois internationales! Permettant en plus a des non résidants d'échapper totalement a la fiscalité. Sinon il est fait mention d'évasion fiscale. Si ce terme a été médiatise ces dernier temps il est inapproprié et fait partie d'une campagne de communication orientée. Le fait qu'une société delocalise une parsie de son activité afin d'être moins imposée n'est pas de l'évasion fiscale. Le fait qu'une personne émigre et s'établisse dans un pays fiscalement interressant n'est pas de l'évasion fiscale. L'evasion fiscale consiste a dissimuler des revenus au fisc en les plaçants dans des paradis fiscaux offshore, alors que la personne morale ou physique continu de résider dans son pays. C'est de la fraude. Et plus encore, lorsque la personne emmigre dans un troisième pays tout en gardant ses comptes dans des paradis fiscaux. Ce type de services est une specialite des caraibes mais est aussi la spécialité du royaume unis, avec encore une fois la City et ses multiples produits adaptés a cette activité! @pirmezur L'interet du Etat d'avoir un taux d'imposition de 0%? Attirer les sociétés et leurs argents. Si la société ne paye pas d'impôt elle va tout de même devoir payer des taxes, des loyers... mais surtout, les fonds présents dans l'état permettent un travail financier qui lui rapporte énormément, sans parler du poids décisionnel que cela confère a cet Etat. Il faut bien comprendre ce qu'est une banque: la principale activité d'une banque c'est de vendre et d'acheter du crédit (ou de la dette, tout dépend du point de vue), pour cela elle a besoin de fonds résidants (virtuellement) dans ses coffres. Quand tu vas dans une banque pour prendre un crédit, la banque te prête de l'argent a un taux (fixe ou variable). Tu va donc rembourser a terme plus que ce que tu as emprunté. En dépensant de l'argent, en le prêtant, la banque va récupérer plus que ce qu'elle dépense. Et le plus fort c'est qu'une banque n'a pas besoin de plus que 3% de valeurs des prêts qu'elles fait, les emprunteurs finançant les autres... Donc si une société disposant de milliards de dollars vient s'installer dans une région, les banques de cette région vont faire fortune. Et ces banques payent des impôts, versent des salaires,....

avatar WilnocK 01/05/2012 - 12:13

Article sympatoche, ce n'est ni plus ni moins que la re-ecriture avec synthese des travaux d'Ecrans.fr, Owni.fr et le dernier dossier du NYT. La synthetisation est pratique pour sensibiliser les personnes qui n'avaient toujours pas attraper le train en marche. Dommage par contre de ne pas avoir citer d'autres noms comme Spotify, Paypal, Yahoo, RIM... A toujours cite les noms communs, on oublie de donner de la voix aux autres. A note enfin qu'aux US l'article du NYT a fait pshhht, la ou l'article sur le bootlegger de 92 ans a fais beaucoup mieux...

avatar ThurstonMoore 01/05/2012 - 12:13

[quote= philhifi]- les marché financiers ne font qu'exercer une liberté fondamentale : échanger des biens, des marchandises, des créances et des titres propriétés (relisez la déclaration des droits de l'homme c'est écrit en toute lettre). Je ne vois pas en quoi ils dominent le monde : ce sont des propriétaire qui échanges de la valeur. Cette valeur, ils ne l'ont pas volé et je ne vois pas au nom de quel principe, je ne pourrai pas vendre un bien honnêtement acquis grâce à mon travail (c'est bien pour ça heureusement que les états démocratique ne peuvent pas empêcher les marché de fonctionne[/quote] Très bonne remarque mais il eut été utile de préciser que les marchés financiers tout le monde en fait partie , les épargnants les premiers. Le politiciens étatistes et collectivistes voulant conserver les privilèges et ceux de leur affidés utilisent volontairement cette réthorique séparant les marchés financiers de la société civile afin de justifier leur pillage constant des populations. Ils vont même plus loins dans la perfidie lorsqu'ils mettent l'économie en dehors de la société (quand ils parlent de remettre de l'argent dans l'économie). Lorsqu'ils dénoncent les attaques des marchés financier vis à vis de la dette c'est un peu comme si au restaurant, le tenancier se plaignai qu'un client eut protesté car on lui a servi de la viande avariée. Ca suggère quand même quelque chose d'assez terrible qui est qu'un citoyen doit se tenir à carreau et qu'il ne doit rien dire si les hommes de l'Etat gaspillent son argent. Car bien que l'Etat ne soit pas le peuple (comme l'avait très bien fait remarquer Nietzsche) il faut rappeller que c'est le peuple (entier hein pas la pseudo définition marxiste biaisée) qui nourri l'Etat et que si l'Etat s'endette c'est le peuple qui est du coup endetté.

avatar Le principe ignoto 01/05/2012 - 12:48

@ philhifi : Et si tu respectais un peu plus la syntaxe et l'orthographe ? Ça ne rendrait pas forcément ton argumentation plus juste, mais la lecture en serait facilitée... Mais c'est vrai, selon ton point de vue, l'instruction gratuite pour tous, c'est le mal, alors tu fais bien de boycotter son enseignement !

avatar ThurstonMoore 01/05/2012 - 13:36

[quote = Le principe ignoto]l'instruction gratuite pour tous, c'est le mal, alors tu fais bien de boycotter son enseignement ![/quote] L'instruction gratuite pour tous c'est surtout un mythe. Et au passage vu la qualité d'instruction que vous, bande de pédants qui prenez les pauvres pour des faibles, vous targuez de donner (ou de vouloir donner) je ne la ramènerai pas.

avatar ThurstonMoore 01/05/2012 - 13:44

Au passage Anthony Nelzin devrait revoir la notion de moralité.

avatar Manueel 01/05/2012 - 14:30

@ThurstonMoore "un capitaliste comme chaque être humain" La définition du capitalisme que tu nous propose est amusante. Elle t'appartient, mais elle a le mauvais goût dans le dérapage sémantique que tu fais d'inclure la totalité de l'humanité; Ce faisant la catégorie que tu crées perd toute pertinence comme outil pour analyser et décrire la société. A l'image de ce premier dérapage, tu continues avec "les marchés financiers tout le monde en fait partie" Et encore une fois tu as raison, dans ton Univers Symbolique tout le monde fait partie du marché financier - soit en tant que marchandises soit en tant qu'acteurs du marché Toutes les églises seront d'accord avec toi : Rien n'échappe au Dieu et nous en faisons tous partie de son Infini Tu questionnes la moralité d'Anthony... Intéressant : comment construis tu la morale ?? Ce serait bien si tu te cantonnais à 1 seul concept à la fois Parce que à travers tes interventions tu donnes des coups à droite à gauche mais il est bien difficile de comprendre ta colère... Tu crains (avec philhifi) que de nos propos hérétiques, l'on fâche les dieux ?

avatar drkiriko 01/05/2012 - 16:34

Bonjour et au revoir à tous les fans sincères de Macgen Je peux me le permettre, étant retraité ou presque, mais fidèle aux Mac car émerveillé par bien des aspects, encore qu'ayant acheté beaucoup d'appareils d'occasion quand faire ce pouvait, mais la mesure est comble. Apple a sué (enfin ses ingénieurs…), rebondi et, sans doute, mérité de réussir, mais voir son PDG actuel (l'ancien? je ne sais) payé l'équivalent de x milliers de travailleurs, etc etc, et la boîte profiter des “failles du droit” pour engranger… Lundi prochain, je lui propose un bon avocat d'affaires: NOTRE PRESIDENT FRANÇAIS ACTUEL. Quoi qu'il en soit, je laisse tomber. Avec des regrets, certes, pour ces merveilleuses machines qui ont fait rêver et succomber depuis bien des années (et aidé à travailler avec - en amateur, tant étaient/et sont vastes leurs capacités, je l'avoue -) le profane que j'étais. Mais trop c'est trop

avatar Yarel 01/05/2012 - 16:45

@Manueel Ouh là là, c'est compliqué, ce que tu écris, là, @Manueel :-)))

avatar Manueel 01/05/2012 - 16:46

@drkiriko D'accord, mais... Ce qu'il faut : c'est changer les lois. La mauvaise money chasse la bonne Et si une entreprise est vertueuse dans un monde sans moral, elle disparaîtra. Nous ne sommes pas des consommateurs mais des citoyens qui devont donner un cadre juridique qui permettent/obligent les Cie à avoir un comportement éthique. Cela passe par le politique. Bien sur tu peux toujours tenter de ne pas utiliser de pétrole, de banques, Google, Microsoft, etc. de toutes ces Ste amorales qui détruisent nos civilisations mais c'est impossible. Ce n'est pas aux consommateurs mais aux citoyens dans des actes politiques de forger notre société. Vive la politique :-)

avatar Yarel 01/05/2012 - 17:13

@drkiriko C'est un point de vue qui se comprend, le boycott ! Mais @Manueel a raison. Il faut changer les comportements et seule la politique le peut. Il paraît évident que ce capitalisme ultra-libéral est bien ancré dans les têtes et qu'actuellement on nous sert essentiellement des dogmes bien sentis en guise d'éléments de réflexion. Il faut à nouveau se rappeler qu'avant d'être des consommateurs, nous sommes des citoyens capables d'agir, d'influencer... Cela demandera beaucoup de temps et plus encore de pédagogie et de patience pour changer les mentalités. Mais vous pouvez continuer à acheter les produits d'Apple et, dans le même temps, œuvrer politiquement pour changer leur façon d'agir. Vive la politique... Car tout est politique ! :-)

avatar Manueel 01/05/2012 - 17:19

"Car tout est politique ! " LoL :-)) merci Yarel pour le clin d'oeil

avatar iJack 02/05/2012 - 02:16

@Nihondjin "Bon, j'me dématérialise..." Lol :) Adopté illico dans mon jargon courant ;) J'adooore :) Très bon article, comme d'hab chez MacGé. Je ne sais pas si les entreprises françaises jouent à ces jeux fiscaux, la cour est plus petite...

avatar Stanley Lubrik 02/05/2012 - 11:09

Article qui agit en démonstration utile de la nécessité des peuples à reprendre en mains leur destin alors que l' ultra libéralisme fait tout pour "optimiser" leur appauvrissement avec la belle complicité d'une belle brochette d' élus, et d'états voyous (votre démonstration sur la TVA du livre avec le Luxembourg). Et il faudra de grands efforts de nettoyage et de recalibrage de l' Europe économique et politique pour la faire coïncider avec l' éthique de son concept originel. Merci de m'aider à déculpabiliser ! Je croyais qu'avec l'usage d'outils légaux comme Ad-block (qui masquent la publicité) je pourrais participer à l' évasion de revenus utiles à la consolidation du modèle économique des sites web et aux emplois, mais que moins douloureusement, je ne ferais qu'"optimiser" mon confort de lecture et que j'aurais tord de me gêner. Les formules qui excusent le n' importe quoi sont bien pratiques. Du coup, quand je concourerai à masquer les pubs des sociétés les plus cyniques, j'aurais désormais l'impression de faire œuvre de citoyenneté ! Et puisqu'un lecteur y faisait référence - et comme l'avait parfaitement démontré "le dessous des cartes" sur Arte - il n'y a pas eu le moindre gommage des paradis fiscaux comme un certain candidat à la fonction suprême nous l'a vendu à l'aune de ses belles réussites. J'attends avec impatience le duel de ce soir pour enfin avoir la liste de ces paradis perdus. Je serais même preneur comme ici de la mise en perspective de ces infectes parties de Monopoly européennes et planétaire. Un débat "optimisé" ? Je dois être trop "optimiste".

avatar JPTK 02/05/2012 - 12:21

[b]En tout cas c'est Ive qui a designé la boite à lettre itunes...[/b]

avatar XiliX 02/05/2012 - 15:55

@drkiriko Je suppose par là que tu n'acheteras plus aucun ordinateur, ni de télé, ni... Même si tu veux monter ton ordinateur toi même, tu seras obligé d'utiliser les procos Intel ou AMD. Dont les dirigeants gagnent aussi x miliers de travailleurs, et dont la société profite comme tu dis des "failles du droit". Soyons réaliste... et comme je dis toujours, la solution parfaite n'existe pas, mais la solution idéale si. C'est la meilleure des solutions. Elle n'est pas parfaite, mais c'est la meilleure. Certes elle est totalement subjectif. Pour moi, je préfère un CEO payé des millions, mais en contre partie, il permet à la société de créer de dizaines de milliers d'emplois directs et des centaines de milliers d'emplois indirects. De payer des impôts aux états concernés. Même si ces impôts sont imputés par des "astuces" politiques.

avatar Anonyme (non vérifié) 04/05/2012 - 15:31

@ le principe ignoto et tous les autres rouges Rien n'est gratuit vous payez tous avec vos impots... Et tres cher... La pseudo gatuité introduit un biai car au fond vous ne connaissez pas le cout exact des services rendus par l 'Etat... Vous connaissez seulement le resultat : des regimes de sante et de retraite et un deficit public structurel depuis 30 ans ! Nous avons consomme ce que nous gagnons plus ce que nous empruntions, demain nous consommerons ce que nous gagnons moins ce que nous rembourserons.... Le retour a la realite va être brutal pour vous (demandez aux grecs, espagnols & co ce qu'ils pensent de leur situation). Les marches (cad les epargnants que nous sommes tous a des degres divers) arreterons un jour d'acheter de la dette francaise, pas besoin de speculer pour stopper la machine etatique infernale. Votre anti capitalisme decoule de votre ignorance du fonctionnement d'une economie et de l'origine du progres. Le collectivisme n'a jamais abouti a quoi que ce soit de bon pour l'homme contrairement au capitalisme et a l'initiative privee qui est imparfait a l'image de lhomme mais seul source de progres.

avatar Mecky 08/05/2012 - 22:16

Très bon article et très bonnes réactions de Manueel que je félicite et remercie (motivation première de ma présente réaction). Et pour une fois, moins de participants "simplistes". Bon y en a bien eu deux (qui ne sont pas près de comprendre et donc encore moins se remettre en question) mais ils auront eu le mérite de stimuler les réactions constructives et argumentées. Mais peut-être était-ce voulu ? Bien joué ! ;^)

avatar zennnn 09/05/2012 - 18:06

Payer des impôts c’est participer à la collectivité. Eluder l’impôt c’est profiter des autres (même si c’est par une astuce financière totalement légale). Mais qui peut se permettre d’avoir des états d’âme lorsqu’il y a moyen de gagner plus ? Tout cela finira droit dans le mur, lorsque les soulèvements populaires crieront leur dégout de ce système injuste. Mais en attendant, les milliards s’amassent et s’amasseront encore car il n’y a pas encore assez de misère pour que l’étincelle de révolte nous réveille. Nous voyons la débâcle de certains pays européens et pourtant nous continuons comme si de rien n’était.

avatar whitechapelization 30/04/2012 - 20:23

Superbe article ! On comprend un peu mieux les dessous des jeux de levier financiers et des aberrations capitalistiques du système. Mais bon qui peut rétorquer pouvoir s'en plaindre alors que l'on est bien content d'acheter Apple ensuite...

avatar tartampion 30/04/2012 - 20:26

Au lieu de pointer les entreprises du doigt, on ferait mieux de regarder nos dirigeants qui votent ces lois. Apple ne fait que tirer parti des aberrations de notre système. Dans l'histoire, c'est qui les idiots ?

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