Fermer le menu
 

Online va concurrencer les serveurs virtuels avec de l’ARM

Nicolas Furno | | 11:00 |  31

Traditionnellement, l’hébergement de sites web se découpait en deux grandes catégories. Il y avait d’un côté les hébergeurs mutualisés, où un même serveur était partagé entre un grand nombre d’utilisateurs avec des accès limités aux ressources matérielles. L’autre solution, beaucoup plus coûteuse, consistait à utiliser un serveur dédié, c'est-à-dire une seule machine avec un accès complet aux ressources matérielles. Depuis quelques années, une troisième voie est apparue et elle est vite devenue très populaire : le « cloud hosting ».

Une armoire de serveurs

Derrière ce nom très à la mode, une idée au fond assez simple : ce type d’hébergement ne dépend pas directement d’un matériel, mais vous utilisez des ressources en fonction de vos besoins. D’un clic, on peut augmenter les ressources de son site et ainsi répondre à une demande plus élevée, sans pour autant payer un serveur supplémentaire. En général, ces offres reposent sur des VPS, c'est-à-dire des serveurs dédiés virtuels. Il s’agit en fait de machines virtuelles installées sur un serveur, avec des ressources garanties en théorie, mais partagées dans les faits.

Parmi toutes les offres basées sur ce modèle, celles de Digital Ocean ont particulièrement la cote. Il faut dire qu’avec ses offres qui commencent à 5 $ par mois et qui sont largement suffisantes pour un petit site dynamique, voire un gros site statique, l’entreprise est très intéressante face à la concurrence des hébergeurs traditionnels. Ces derniers s’adaptent toutefois, y compris en France : OVH a lancé plusieurs offres dans le nuage, dont RunAbove, une offre qui vient concurrencer directement celle de son concurrent américain.

Dix huit serveurs se cachent sur cette image !

De son côté, Online, l’hébergeur de Free, prépare depuis quelques mois une offre sensiblement différente, malgré l’objectif commun. Online Labs (du moins, c’est son nom provisoire) propose un hébergement de type cloud, mais avec des serveurs physiques et dédiés. Comme chez Digital Ocean, on peut créer une instance en quelques secondes et on peut payer pour quelques heures d’utilisation sans avoir à s’engager ne serait-ce que sur un mois. La différence toutefois, c’est que vous n’avez pas un serveur virtuel (VPS), mais un vrai serveur physique.

Pour parvenir à un tel résultat, Online n’a pas utilisé les technologies déjà disponibles, car il fallait une plateforme matérielle plus souple et surtout meilleur marché. L’entreprise française s’est tournée vers les architectures ARM pour y parvenir et le résultat est un serveur de toute petite taille, puisqu’il est aussi gros qu’une carte de visite. Dans un « rack » , Online case pas moins de 912 serveurs, à raison de 18 par plaques. Une densité extraordinaire et un tout petit prix qui permettent à l’entreprise de déployer un nombre très important de serveurs dans ses datacenters.

La technologie ARM, connue jusque-là surtout pour alimenter nos appareils mobiles, a le vent en poupe aussi dans le monde des serveurs. On parlait déjà en 2010 de processeurs ARM pensés pour les serveurs et depuis les plus grosses entreprises se sont tournées vers cette technologie pour créer leurs serveurs. Il faut dire qu’elle ne manque pas d’avantages : les serveurs consomment beaucoup moins d’électricité et ils chauffent également moins, tout en coûtant beaucoup moins cher que les modèles avec processeurs x86.

Et côté performances, les processeurs ARM n’ont pas à rougir. Le modèle conçu par Online par exemple tourne avec un SoC ARMv7 fourni par Marvell qui dispose de 4 cœurs à 1,3 GHz. Avec ses 2 Go de mémoire vive et ses 20 Go de SSD associés, on peut compter sur des performances tout à fait correctes et largement suffisantes pour la majorité des sites ou services web (CPUMark annoncé de 12K). Et si cela ne suffit pas, cloud oblige, vous pourrez très rapidement ajouter un deuxième serveur pour augmenter la puissance de votre installation.

En conception depuis deux ans, Online Labs n’est pas encore lancé, mais on peut l’essayer en bêta dès aujourd'hui. C’est sur invitation seulement et vous pouvez en demander une sur le site officiel ou, plus efficace, sur Twitter (suivez le compte @online_en et demandez une invitation). Pour l’heure, tout est gratuit et le prix du service finalisé reste encore la grande inconnue, mais on imagine que l’entreprise de Xavier Niel s’alignera sur ses concurrents, avec un prix d’appel autour de 5 $ par mois.

Par rapport à Digital Ocean, cette nouvelle offre promet d’être beaucoup plus souple : on peut, par exemple, ajouter autant de stockage que l’on veut, en SSD ou en disque dur. Autre particularité, une adresse IP qui n’est pas fixe par défaut (une nouvelle est assignée à son serveur à chaque démarrage), mais on pourra « réserver » une IP, sans doute en payant un supplément. En revanche, on retrouve la même souplesse que toutes les autres offres de cloud, notamment en matière de sauvegarde : vous pouvez créer une image à tout moment et la dupliquer sur un autre serveur, ou la restaurer en cas de besoin, par exemple.

Online Labs n’est pas un hébergement adapté aux débutants, ne serait-ce qu’en raison de la première étape qui nécessite de générer une clé SSH sur son ordinateur. Toutefois, à condition de ne pas avoir peur du terminal, on peut s’en sortir rapidement et l’entreprise a même prévu des installations clé en main. La création d’un blog WordPress est d’une simplicité désarmante par exemple et on peut apprécier les choix techniques modernes, parfaitement adaptés au serveur ARM moins puissant (nginx et php-fm plutôt que le gourmand Apache). De fait, l’installation de base est solide et, sans aucun module de cache, le blog est très rapide (exemple).

En attendant d’en savoir plus, vous pouvez aussi essayer le service gratuitement et sans invitation en utilisant ce lien. Vous aurez alors accès, pendant 15 minutes, à l’un des serveurs mis en place par l’entreprise, via une console dans le navigateur. Ce n’est pas aussi intuitif qu’un contrôle graphique à la CPanel, mais c’est plus puissant : en agissant via un terminal, on a un contrôle complet sur le serveur, comme avec un vrai serveur dédié. Online Labs propose par ailleurs une API qui permettra d’automatiser la gestion de ses serveurs.

Ce nouveau service ajoute un peu de nouveauté dans le monde de l’hébergement, et c’est une excellente nouvelle. En faisant le pari de serveurs physiques plutôt que de la virtualisation, Online est aussi le premier hébergeur à démocratiser les serveurs ARM dans ce domaine. Est-ce que le Français sera suivi par les poids-lourds du marché ? Cela dépendra probablement du succès de cette première offre, mais la bêta est incontestablement encourageante.

Catégories: 

Les derniers dossiers

Ailleurs sur le Web


31 Commentaires

avatar fornorst 01/01/2015 - 11:26 via iGeneration pour iOS

Oui extrêmement intéressant en complément d'autres solutions. Ca peut être sympa pour déployer des clusters hadoop de faible puissance à des fins de test (cluster) ou pour mettre une sonde externe pour du monitoring de site (single server). Bravo pour l'initiative en tout cas !

avatar Weetabix40 01/01/2015 - 11:29 via iGeneration pour iOS

Des informations sur les Linux qui vont tourner dessus ?

avatar Nicolas Furno macG 01/01/2015 - 12:10

@ Weetabix40 : pour le moment, voici la liste des distributions proposées. Mais le service est encore en bêta, cela pourra évoluer d'ici la sortie et j'imagine que ça évoluera ensuite avec le temps… http://cl.ly/image/3G011S443H28/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202015-01-01%20a%CC%80%2012.09.14.png


avatar Weetabix40 01/01/2015 - 12:47 via iGeneration pour iOS

@nicolasf :
Du coup, c'est dommage qu'ils n'intègrent pas une distri maison dessus.
Une petite distri orientée web avec nginx, mariadb aurait été le top. Ubuntu reste très (trop) gourmand : 2G RAM + 20G stockage... de quoi se retrouver rapidement à l'étroit (je pense).

avatar flagos 01/01/2015 - 16:00

En mode headless (sans affichage graphique), un ubuntu ou une debian reste assez leger. A priori ca devrait bien tourner sur ces configurations.

avatar broc_058 01/01/2015 - 22:16 via iGeneration pour iOS

@nicolasf :
Aucune distribution professionnelle.
Une pétarade mouillée de l entreprise Niel.
C est le Tapie des années 2000. Il vous vend du vent et on applaudit. Free pas cher mais très cher car les services ne sont pas la. Pas de service après vente, réseaux 4g pourri oui inexistant. Si on était aux US, il aurait plein de class action. Je pourrais croire aux serveurs Arm le jour ou SUN présente une solution ou une distribution comme redhat, une utilisation par les grands de l informatique. ( Google par exemple) On va me parler de fedora mais on est loin d un RHEL.
Un sytème de serveur doit être stable, fiable et supporter les standards.

avatar JLG01 02/01/2015 - 07:53 via iGeneration pour iOS

@broc_058 :
Troll
Il faut savoir avant d'écrire.
Pour des individus comme vous, si c'est français c'est de la merde.
Cela définit parfaitement votre niveau de compréhension.

avatar broc_058 02/01/2015 - 16:55 via iGeneration pour iOS

@JLG01 :
Dire une pure vérité sur Free, semble vous déranger.
Les SSII comme ATOS n ont rien à envier aux sociétés US. De toute façon, la france ne veut plus rien dire. La plupart des groupes qui affiche des réussites sont européens.
En terme de qualité, on doit encore des efforts. Je ne pense que la techno Arm soit française.
Nous avons de très bonnes écoles d ingénieurs ( politec, centrale, Arts et métiers, supelec, etc.) existe il encore un constructeur français en informatique ?
On vend des services et des logiciels.

avatar fornorst 01/01/2015 - 11:32 via iGeneration pour iOS

La majorité des distribs Linux sont aujourd'hui pleinement compatible ARM. Pas trop d'inquiétude là dessus je pense. Par contre toutes les applis ne sont pas proposés dans des paquets compatibles ARM. Il faudra passer par des installs via les sources de temps en temps je pense.

avatar Weetabix40 01/01/2015 - 11:38 via iGeneration pour iOS

@fornorst :
D'où ma question ;)

A mon avis ça sent la distribution maison et optimisée pour de l'hébergement à la sauce freenas ou synology... Et donc ultra intéressante si disponible en open source ;)

avatar Darth Philou (non vérifié) 01/01/2015 - 12:28 via iGeneration pour iOS

Sauf erreur de ma part, ce ne seront pas les premiers à proposer du provisionning sur machines physiques : IBM SoftLayer se différencie entre autre justement de ses concurrents par ce type d'offres.

avatar Giloup92 01/01/2015 - 14:36 via iGeneration pour iPad

Pour ma gouverne, quelqu'un peut-il expliquer ce qu'est un "petit site dynamique" et "un gros site statique"? Merci

avatar Weetabix40 01/01/2015 - 23:33 via iGeneration pour iOS

@Giloup92 :
Petit site dynamique : wordpress, dru pal...
Gros sites statiques : 99% des sites réalisés avant l'arrivée des CMS et qui ressemblent à des usines à gaz, tant sur le côté graphique que sur le côté contenu.

avatar Yelrac 02/01/2015 - 01:44 (edité)

N'importe quoi.

Un site statique, contrairement à un site dynamique, a un contenu fixe qui ne bouge pas dans le temps tant que l'on ne va pas modifier ses fichiers.

Un site dynamique lui va afficher du contenu stocker ailleurs que des ses fichiers, chaque page vu est ainsi "généré" pour chaque visiteur. Le contenu est stocké ailleur.

La différence est importante ici car les ressources demandées sont différentes. L'un va demander simplement un serveur HTTP classique pour ne servir que des fichiers, l'autre va nécessiter qu'un ou plusieurs processus plus ou moins gourmands tournent en plus.

avatar Weetabix40 02/01/2015 - 08:26 via iGeneration pour iOS

@Yelrac :
Oui, c'est ce que j'ai dit au dessus... Pas besoin de monter en pression. (Non mais alo quoi, n'importe quoi, WTF @#!##%$?!...)

Recopier une définition Wikipedia ne va pas donner d'explication concrète à la personne qui pose la question, étant donné qu'il y a de fortes chances pour que cette même personne ai lu cette définition sur Wikipedia.

avatar Yelrac 02/01/2015 - 12:28

@Weetabix40

1. Aucune pression ici, je qualifie juste votre commentaire qui est toujours, n'importe quoi.

2. Non, ce n'est pas ce que vous avez dit. Vous comparez des solutions complètes à de simples fichiers html par exemple, alors que leur but n'est absolument pas le même. Pourquoi parler d'usine à gaz alors ?

3. Ce n'est pas la définition de Wikipédia, mais celle que je me fait. Elle me semble bien plus appropriée à la question de @Giloup92 que la votre qui n'éclaire rien du tout.
Mais vouus avez raison, vous auriez du commencer par là avant de lui répondre vous aussi, tenez, c'est juste là : http://fr.wikipedia.org/wiki/Page_web_statique

avatar Weetabix40 02/01/2015 - 13:04

@Yelrac

Dans ce cas, je crois que l'on ne se comprends pas...

J'ai beau relire 2/3 fois ton commentaire, et je confirme ce que j'ai dis plus haut revient exactement à ce que tu dis.

Je parle d'usine à gaz pour les vieux sites .html réalisés avant l'arrivé des CMS car les codes sont dans la majorité des cas organisés de manière complètement aléatoire et farfelue. On en arrive souvent à se demander comment les navigateurs arrivent a interpréter ces raccommodages et bouts de codes.

Je préfère avoir un petit site dynamique sur wordpress, même un peu plus lourd et moins réactif, qu'un site édité par des logiciels style Kompozer, iWeb ou encore Word (si si, ça existe).
J'ai même des clients qui se disent webmaster en faisant enregistrer sous .html depuis word... avec des typo farfelues qu'eux seul voient et des CSS partout sur les pages.

On est d'accord sur le fait qu'il n'a pas fallu attendre les CMS pour créer des sites dynamiques PHP propres, mais que aujourd'hui, les CMS représentent la presque totalités des sites dynamiques (peut être sur ce point que l'on ne se comprend pas ?).

avatar Yelrac 02/01/2015 - 13:57 (edité)

@Weetabix40

Effectivement alors, nous ne nous étions pas compris.

Pour info, il existe des manières bien plus élégante de faire des sites statiques. Je l'ai vu cité plus haut, il existe par exemple Jekyll, on encore Middleman. Une très bonne liste est d'ailleurs dispo ici : http://www.modernstatic.com/

L'avantage ici c'est qu'un tout petit server ARM comme on en parle ici, couplé à un CDN peut faire tourner un blog à fort traffic :)

avatar Weetabix40 02/01/2015 - 14:35 (edité)

@Yelrac

"Pour info, il existe des manières bien plus élégante de faire des sites statiques"

Oui, tout comme Muse, Pagewiz et co qui intègrent naturellement des standards HTML5, bootstrap et autres...

L'avantage est la gestion de "LandingPage", d'un référencement ciblé et pointu sur un code propre, mais on reste vite sur sa faim (selon moi).

avatar iapx 01/01/2015 - 15:18 (edité)

Pour RunAbove d'OVH, un hébergeur dont le site web de gestion présente une vulnérabilité immédiatement visible, le TLS 1.0, alors qu'elle est connue, ne devrait tout simplement pas exister.

Je déconseille de travailler avec ces broches à foins, tout simplement!

Pour les hébergeurs pour ARM, ils ne s'adressent qu'à ceux qui utilisent des framework légers ou des sites statiques (ça se faisait il y a 20ans! lol). En effet, les ARM sont très loin des actuels x86 en terme de performance par thread, ça signifie que les temps de réponses vont être 2X à 4X plus élevés sur une architecture ARM (peu importe le nombre de coeur tant que la machine est pas saturée), et par exemple sur un site construit avec Drupal vous allez rapidement être au-dessus d'une seconde en temps de réponse. Inacceptable.

avatar Nicolas Furno macG 01/01/2015 - 15:23

@ iapx : je ne peux pas vraiment en juger, mais le blog WordPress que j'ai créé avec leur outil est très réactif, en tout cas côté interface d'administration. Pour les visiteurs, si tout est caché, on s'en fiche, non ?

avatar fornorst 01/01/2015 - 15:36 via iGeneration pour iOS

@iapx : les sites statiques reviennent de plus en plus à la mode avec des outils type Jekyll par exemple. Pour héberger ce type de site, ces micro hébergement sont vraiment tops !

avatar Ambobo25000 01/01/2015 - 16:02 via iGeneration pour iOS

Pas d'IP fixe par défaut ? Quel est l'intérêt pour un serveur ? Je ne trouve les offres de Digital Océan pas forcément plus avantageuses qu'un VPS cloud de chez OVH.

avatar Nicolas Furno macG 01/01/2015 - 18:31

@ Ambobo25000 : comme le dit fornost, certains serveurs n'ont pas à être accessibles autrement que par son utilisateur, et dans ce cas, il suffit de se connecter avec la bonne URL en SSH par exemple. À part ça, le service permettra de réserver une IP et donc d'avoir une IP fixe. Ou bien, on peut toujours utiliser un service qui envoie au démarrage la nouvelle IP à un service qui fait le lien (DynDNS ?).

avatar bitonio 01/01/2015 - 21:44 via iGeneration pour iOS

@nicolasf :
Dyndns sur un serveur, mouais, autant faire du hosting chez soit à ce niveau! Pour faire des sondes pourquoi pas, mais franchement je vois pas l'intérêt du truc. Je trouve les idées comme Docker au final bcp plus intelligente pour optimiser des ressources.

Pages