Apple s'intéresse aux pico-projecteurs

Arnaud de la Grandière |
Les indices s'accumulent autour d'une technologie de projecteurs dans les laboratoires d'Apple. La firme de Cupertino avait en effet déjà déposé un premier brevet dans ce sens en juin 2009. D'autre part, Digitimes avait cru savoir qu'Apple présenterait un nouveau modèle d'iPhone intégrant un pico-projecteur vers la fin 2009 (lire :Des micro-projecteurs attendus dans les mobiles). Si la prédiction ne s'est pas (encore ?) réalisée, un nouveau brevet d'Apple, déposé le 11 mars, vient apporter un peu d'eau à ce moulin.

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Le brevet porte sur différents moyens d'utiliser un projecteur conjointement aux différents appareils d'Apple. Il est fait mention d'un projecteur "embarqué dans un appareil à écran tactile", pour reprendre la pudique description du brevet, tout comme d'un ordinateur portable, mais il est également question d'un projecteur séparé physiquement, ainsi qu'intégré à un routeur wifi.

Le brevet indique ainsi qu'une version spéciale de Keynote permettrait de piloter à partir d'un iPhone ou d'un iPod touch un pointeur sur l'image projetée. Le brevet fait également mention d'une kyrielle de capteurs différents (couleur, position, profondeur, distance, orientation…), mais il ne pourrait s'agir que d'un moyen d'assurer ses arrières en ratissant large, ce qui est la vocation même d'un brevet. Le document indique que le projecteur pourrait aussi bien se calibrer par lui-même à l'aide d'une caméra embarquée par exemple, que par le biais d'un procédé de calibration auxiliaire externe. Il est également fait mention d'un moyen de communiquer entre un projecteur et plusieurs appareils clients, par le biais de différents types de réseaux.


avatar PA5CAL | 

Je me trompe peut-être, mais il me semblait pourtant que les brevets ne pouvaient concerner que des choses qui n'avaient pas déjà été inventées et dévoilées publiquement. Or, ce qui est présenté là n'a absolument rien de nouveau.

avatar Psylo | 

Tu oses supposer qu'Apple brevette des choses qu'elle n'a pas du tout inventé ? Tu va te faire lyncher !

avatar iZorg | 

@ PA5CAL

La demande de brevet ne porte pas sur les pico-projecteurs, mais, semble-t-il, sur leurs emplois, fonctions et intégrations.

Sinon, dans l'absolu tu as raison, tu ne peux pas breveter la roue, mais peut-être une utilisation nouvelle, et encore, sous certaines conditions...

avatar Hurrican | 

Oui toute cette utilisation a déjà été présentée par un diplômé du MIT, sous le nom de Sixth Sens, et a été mise dans le domaine public par son inventeur. Les démonstrations étaient assez impressionnantes, même si bien entendu fortement optimisées pour le système mis au point.

avatar crx | 

Je sait pas si c'est ce que l'article disait en parlant de calibrations mais on dirai juste un systeme pour garder la projection a un endroit precis quand la source bouge....

avatar gazobu | 
avatar Gr3gZZ | 

l'image est fausse =). un pico, si c'est pas dans le noir, on voit que dalle.

avatar Matcha | 

@all
Que connaissez-vous aux brevets ?

Rien pour sûr.

Psylo qui essaye pour la 20e fois de la journée de faire monter sa mayonnaise, ah c'est sur pas facile de nos jours d'être un troll hahaha

avatar iZorg | 

@ gazobu

Merci pour le lien, vraiment impressionnant. Sacré tête et sacré bonhomme...

avatar HugoHugo | 

Un juriste en propriété intellectuelle peut essayer de vous éclairer :

Premièrement, en matière de brevet, tout est "déposable". L'administration, en France comme aux Etats-Unis, ne procède à aucune recherche d'antériorité. Elle fait office de chambre d'enregistrement et se contente d'un contrôle formel.

Une fois le brevet déposé, s'il est détecté par les services juridique d'un primo-déposant (Vigie couteuse pour être efficace qui ne peut être supportée que par des grosses structures), celui-ci a un recours auprès de l'administration afin de faire échec à la publication du brevet litigieux. Cette procédure est très aléatoire pour deux raisons : il est difficile d'estimer ses chances de succès alors qu'on juge "sur papier", de plus il est souvent impossible de jauger la probabilité qu'un tel dépôt trouve une application industrielle susceptible de faire naitre une nuisance concurrentielle, tant les processus de décision de commercialisation sont complexes et versatiles. Il est donc souvent décidé de laisser courir la publication d'un brevet antériorisé afin de ne pas ne pas s'embarquer dans une procédure couteuse et possiblement inutile.

Pour ces raisons, les contentieux ne naissent souvent que lorsque
la commercialisation d'un produit, issu en tout ou partie d'un brevet antériorisé, est effective.

Dans une immense majorité de cas, les contentieux se soldent par voie transactionnelle. Elle est d'abord bien moins couteuse qu'une procédure judiciaire.
Mais surtout, les contrefacteurs y ont tout intérêt : la transaction a une issue certaine et chiffrable, ce qui évite de plomber ses bilans avec des provisions parfois farfelues, mais elle est surtout secrète, et parce que la brevetabilité se situe au carrefour de la R&D et du commerce, le secret n'a pas de prix, ce que savent les primo-déposants qui le font payer très cher.

Les procès publics que l'on peut suivre parfois sont toujours le fruit de décisions politiques bien éloignées des considérations juridiques.

avatar iBidule | 

@ HugoHugo

Ingénieur brevets depuis bientôt 20 ans, je suis vraiment désolé de contredire le juriste en propriété intellectuelle (vraiment ? débutant alors) : l'explication donnée est particulièrement obscure et fausse.
On peut effectivement tout déposer mais, bien que la recherche d'antériorité ne soit pas faite immédiatement, elle est obligatoire pour que le brevet soit examiné et délivré le cas échéant.
La publication a lieu 18 mois exactement après le premier dépôt (dans le pays d'origine). Il est donc particulièrement absurde d'écrire [i]"s'il est détecté par les services juridique d'un primo-déposant (Vigie couteuse pour être efficace qui ne peut être supportée que par des grosses structures), celui-ci a un recours auprès de l'administration afin de faire échec à la publication du brevet litigieux."[i]

En outre, un brevet n'est pas délivré sur le seul critère de la nouveauté absolue (ce que tout le monde pense), mais aussi sur ce qu'on nomme l'activité inventive ("non évidence pour l'homme du métier ordinaire") et enfin sur le caractère industrialisable de l'invention (ce n'est pas toujours évident et, par exemple aux USA, il faut avoir réalisé l'invention pour prétendre au brevet). Tout ceci résume d'épais volumes qui précisent ces 3 éléments nécessaires à la délivrance d'un brevet.

J'ajoute que le descriptif d'un brevet suit presque toujours le même modèle : état de l'art antérieur, défauts ou problèmes liés à ces inventions passées, description de ce qu'apporte l'invention pour résoudre ces problèmes, détails plus précis des façons de mettre en oeuvre ce qui a été inventé. La meilleure source de renseignements pour connaître l'évolution des techniques.

Enfin, et c'est l'essentiel, le rédacteur du brevet délimite un "territoire" au travers de "revendications". Ce sont ces revendications qui sont examinées, accordées ou pas, contestées parfois, puisqu'elles délimitent la propriété accordée au déposant sur laquelle les actions en contrefaçon sont basées.

avatar HugoHugo | 

Sauf à penser que la recherche documentaire annexée au dépôt est une recherche d'antériorité permettant de faire échec à la publication du brevet, ce qui est effectivement une absurdité, il n'y avait là rien d'obscur et encore moins de faux.

La recherche documentaire est constitutive d'un simple avis consultatif sur la brevetabilité. De très rare cas litigieux sont hiérarchiquement remontés, lorsque celle-ci est caviardée, et en pratique l'administration ne refuse la publication qu'en cas d'évidence flagrante, soit moins de 5 dépôts pour quelques centaines de publications.
La recherche documentaire n'est pas une recherche d'antériorité payée par le contribuable, elle est le résultat d'un lobbying des juges spécialisés qui peuvent désormais se faire une bonne idée l'état de la technique antérieure, à la date de publication, en cas de contentieux. Mais si vous étiez juriste, vous le sauriez.

Ce qui revient à dire que l'administration ne procède qu'à un simple contrôle formel et fait office de chambre d'enregistrement. L'unique moyen de faire échec à une publication est de présenter des observations après la publication du rapport préliminaire ce qui implique, pour les détecter, la mise en place d'une vigie que seules peuvent supporter de grosse structures.

Je ne pense pas plus que votre propos sur les conditions de validité, que l'ont peut retrouver à la virgule près dans tous les manuels sur le sujet, intéresse beaucoup de monde ici. Mais saluons quand même l'effort.

Très Bonne journée.

avatar Smartiiez | 

... effectivement oui...
Sinon... ne serait il pas plus attractive d'installer des pico-projecteurs aux Macbook??
J'imagine bien ma petite pomme lumineuse projeter mes projets keynote, iMovie, etc...

avatar iBidule | 

@ HugoHugo

Je ne vais pas polémiquer très longtemps mais très franchement, vos propos n'honorent pas la profession : vous n'avez aucune rigueur quand vous citez ce que vous croyez connaître "en tant que juriste" et, de toute évidence, vous n'avez aucune idée réelle de ce qu'est un brevet ...

Il est par exemple totalement faux de dire "La recherche documentaire est constitutive d'un simple avis consultatif sur la brevetabilité." Ben voyons, je me demande du coup vraiment d'où proviennent les piles qui s'entassent sur mon bureau et auxquelles je vais répondre aujourd'hui, demain et les autres jours ...

On se croirait aussi au café du commerce lorsque je lis : "De très rares cas litigieux sont hiérarchiquement remontés, lorsque la brevetabilité est caviardée, et en pratique l'administration ne refuse la publication qu'en cas d'évidence flagrante, soit moins de 5 dépôts pour quelques centaines de publications." Parler de censure (pardon, de caviardage ...) dans le domaine des brevets, c'est franchement ne rien savoir à rien des procédures officielles que l'on peut facilement retrouver dans le Code de la propriété intellectuelle ou dans ses équivalents étrangers (les manuels pour vous, c'est sans doute Wikipedia ?).
Allez stoppons là le détail de vos énormités, énoncées dans un jargon qui démontre une maîtrise totalement non juridique du sujet. Les confrères ont en tout cas bien rigolé.
J'interviens très peu sur les forums mais, là, ce serait vraiment ennuyeux de laisser croire les lecteurs à vos divagations.

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