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Un bricoleur imagine un lecteur d’empreintes pour Mac sans sacrifier un clavier Apple

Nicolas Furno

vendredi 07 août 2026 à 15:36 • 16

Matériel

Pour une raison qui ne cesse de rester mystérieuse, Apple ne propose aucune autre solution que ses propres claviers externes pour tous ceux qui veulent un bouton Touch ID sur leur bureau. Si le capteur d’empreintes est intégré à tous les Mac portables, il n’est évidemment pas présent dans les Mac Studio et Mac mini, et son accès n’est pas évident si on utilise un MacBook fermé et relié à un moniteur externe. Vous n’aimez pas les claviers d’Apple ? Vous n’aurez pourtant pas le choix pour Touch ID et vous devrez, soit le garder dans un coin du bureau juste pour la lecture d’empreintes, soit le détruire pour en extraire la touche.

On peut obtenir un bouton Touch ID indépendant à partir d’un clavier Apple, la preuve

On peut obtenir un bouton Touch ID indépendant à partir d’un clavier Apple, la preuve

Cette vieille idée n’est toutefois pas très satisfaisante, tant parce qu’elle implique de perdre un clavier pourtant parfaitement fonctionnel, que parce qu’elle est coûteuse. Hors promotion, il faut en effet compter au minimum 169 € pour acheter un Magic Keyboard et récupérer son capteur. Il ne faut pas seulement une touche, il faut aussi toute l’électronique autour pour que la communication se fasse avec le Mac. Bref, ce n’est pas l’idéal et c’est pourquoi un bricoleur a imaginé TinyTouch.

Pour seulement une vingtaine de dollars, ce petit lecteur d’empreintes relié en USB-C à un Mac peut reproduire le fonctionnement du lecteur d’empreintes pommé dans la majorité des cas. Pas tous, car il convient de préciser que ce n’est pas un capteur Touch ID conçu par Apple. Sous le capot, Zimeng Xiong a détourné l’une des fonctionnalités de macOS en transformant son appareil en l’équivalent d’un lecteur de carte à puce. Ce n’est pas l’option la plus connue, mais on peut en effet déverrouiller un Mac en utilisant une carte à puce au lieu de saisir un mot de passe, une possibilité surtout exploitée dans les entreprises.

Du point de vue de macOS, le TinyTouch est ainsi un lecteur de carte à puce et dès que vous posez le doigt sur le capteur intégré, c’est comme si vous aviez posé une carte sur son lecteur. C’est malin et beaucoup moins cher que la solution d’Apple, même s’il y a quelques contreparties à prévoir. Sur le plan pratique, la fonctionnalité est moins universelle dans le système d’Apple, si bien qu’elle ne fonctionne pas partout. En particulier, cela ne fonctionnera pas dans plusieurs apps : Réglages système, Mots de passe et dans les apps qui peuvent se passer de la saisie d’un mot de passe grâce à Touch ID. Restent la connexion à macOS, les commandes sudo dans le terminal ou encore les demandes de sécurité de macOS.

Pour une prise en charge plus complète, l’appareil peut basculer sur un mode différent, où il est vu comme un clavier par macOS et envoie le mot de passe de la session dans les champs de texte. Comme son créateur l’explique sur GitHub, c’est nettement moins sécurisé, même si tout dépend du niveau d’exigence de chaque utilisateur. De toute manière, la communication entre le lecteur d’empreintes et le micro-ordinateur ESP32 intégré se fait grâce à une communication UART non chiffrée et qui pourrait être détournée par un acteur malveillant motivé. Puisque l’appareil doit être ouvert, les risques sont limités en pratique, mais ce n’est probablement pas une bonne solution si vous travaillez sur des documents top secrets au quotidien.

Sur le plan de la sécurité, ces deux câbles qui transmettent les données entre l’ordinateur ESP32 et le lecteur d’empreintes sont le point faible. Il faut toutefois un accès physique pour l’exploiter. Capture vidéo Zimeng Xiong, image MacGeneration.
Sur le plan de la sécurité, ces deux câbles qui transmettent les données entre l’ordinateur ESP32 et le lecteur d’empreintes sont le point faible. Il faut toutefois un accès physique pour l’exploiter. Capture vidéo Zimeng Xiong, image MacGeneration.

Si le principe vous intrigue, son créateur propose deux options : un produit prêt à l’emploi sera bientôt mis en vente pour environ 20 $ et on peut laisser une adresse e-mail sur ce site pour recevoir des informations quand la commercialisation commencera. Tout le projet est toutefois open-source et basé sur des composants que l’on peut acheter librement ou produire grâce à une imprimante 3D. Les sources complètes, du boîtier à la liste de matériaux en passant par le firmware en C et un programme pour macOS en Python, sont distribuées sur GitHub.

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