Pause clavier #1 : Du téléscripteur à la touche « Contrôle »

Jean-Baptiste Leheup |

Un de nos fidèles lecteurs, Marcos Ickx, nous a soufflé l’idée et les premières lignes d’une nouvelle série historique, consacrée à notre bon vieux clavier. Il faut dire que s’il y a bien une partie de nos ordinateurs qui ne surprendrait pas un vétéran de la préhistoire informatique, c’est bien ce petit panneau supportant quelques rangées de touches marquées d’une lettre. Il y aurait sans doute de quoi écrire plusieurs tomes d’une Encyclopédie historique des claviers, mais nous nous contenterons cette fois-ci de quelques pages choisies.

Et nous commençons cette série par un thème qui n’a encore jamais été abordé dans l’histoire de MacGeneration (si, si, on a vérifié) : le concept des caractères de contrôle. Après tout, on est aussi ici pour se cultiver un peu et mieux comprendre d’où l’on vient !

En l’occurrence, on vient de loin : les caractères de contrôle sont aussi vieux que les télécommunications. Si on peut imaginer que ce concept était déjà utilisé au temps des signaux de fumée, on en trouve en tout cas déjà la trace dans le code morse au 19e siècle, avec les « signaux de procédure ». Le principe ? En plus des lettres et des chiffres, le code morse dispose de caractères spéciaux qui permettent de mieux comprendre la communication. Imaginez que vous dialoguez en morse, et que soudain, vous ne receviez plus rien. Impossible de savoir si cette pause dans la transmission signifie que le message est terminé, que l’opérateur est occupé à autre chose, ou que la liaison a simplement été perdue. Pour éviter cette incertitude, par convention, l’opérateur doit prévenir son interlocuteur avant une pause. Il peut annoncer une attente (•–•••), une fin de message (•–•–•) ou une fin de transmission (•••–•–).


avatar Jeamy | 

MacGeneration apprenant : c'est la mode.

Merci

avatar Marcos Ickx | 

Waouw.
Magnifique.
J’en pleure d’émotion.

Merci à Jean-Baptiste Leheup d’avoir donné vie aux quelques lignes que je vous ai transmises.

C’est comme si, sur base d’un petit texte écrit à la va-vite, au dos d’un carton de bière, vous en aviez fait une bande dessinée richement illustrée mettant tout cela en musique.

Je n’ai pas de mots pour vous dire ô combien ça me touche.

Quelle plume !!!

Merci, merci, merci.

avatar Furious Angel | 

« Des trous aux bits, c’était tout naturel »

L’auteur assume-il ? ^^

avatar dodomu | 

@Furious Angel

Pareil, quand j’ai lu ça je me suis dit « nan, ils ont pas osé !? » 😂

avatar Jean-Baptiste Leheup | 

@dodomu

Hé si !

avatar zoubi2 | 

@j-b.leheup

Jean-Baptiste, I love you. 😳

avatar gwen | 

@dodomu

Lol, je n’avais pas capté. Trop pris par la binarité du texte.

Merci, c’est très instructif.

avatar povpom | 

@dodomu

On pourrait pousser à “trous aux bits quand on se touche le clavier”. A creuser ... :D

avatar Napoba12 | 

@Furious Angel

Ouf
Je ne suis pas le seul esprit tordu du groupe 🤪😂😂😂

avatar zoubi2 | 

@Furious Angel

Je me suis dit "je suis sûr qu'il y a des pervers qui auront déjà sauté dessus". Gagné 😁

avatar BLM | 

@Furious Angel
"« Des trous aux bits, c’était tout naturel »
L’auteur assume-il ? ^^ "
Je ne dois pas avoir l’esprit mal tourné… je n’avais pas capté l’astuce
:-)

avatar alouette22 | 

@Furious Angel

Il fallait bien un petit « eye-catcher » pour qu’on se jette sur les commentaires !!
Parce que l’article est super, mais pour y aller de son petit commentaire du même niveau...

avatar fousfous | 

Et c'est pour ça qu'on peut utiliser contrôle et shift en même temps pour avoir encore plus de caractères!
Par contre avec un clavier qui n'indique pas les changements de caractère ça devient compliqué a suivre (vivement les claviers avec un écran sous chaque touche ou un clavier écran).

avatar guigus31 | 

Excellent, j’ai hâte de lire la suite !!
Et un grand merci à Marcos Ickx !

avatar Marcos Ickx | 

@guigus31

C’est surtout Jean-Baptiste Leheup qu’il faut remercier car il est très gentil en disant que je lui ai soufflé l’idée et les grandes lignes.

T’aurais pas aimé lire ce que j’ai envoyé à la rédaction de MacG et JBL.

avatar billyclick | 

Beau sujet!
J’ai hâte de lire la suite 😊
Merci

avatar Polochonappleseed | 

Super article ! 😌

avatar dodomu | 

Excellent article, richement illustré ! 😀

Je me permets deux petits compléments : en hommage à Émile Baudot, une unité fut nommée en son honneur : le Baud (https://fr.wikipedia.org/wiki/Baud_(mesure))
À propos de la seconde note de bas de page : ça dépend des conventions, parfois le bit de plus faible valeur est à droite, parfois à gauche, les deux conventions existent (pour plus d’info voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Boutisme), mais ça ne gêne en rien la compréhension de l’article, c’est pour pinailler...😉

avatar BLM | 

@dodomu
À propos de la 2de note de bas de page: «En binaire, le premier bit est à droite […], le deuxième est à sa gauche […], et ainsi de suite… »
C’est le cas dans tous les systèmes de numération de position : si la quantité que l’on doit écrire est inférieure au nombre de symboles (zéro exclu), un symbole suffit; si elle est plus grande, on est obligé d’ajouter un ou plusieurs symboles que l’on place à sa gauche. En base 10, il y a neuf symboles (plus le zéro qui au départ symbolise l’absence) ; si on veut écrire la quantité cinq, le symbole existe, et on l’écrit seul: "5" ; La quantité immédiatement plus grande que le nombre de symboles s’écrit en créant un paquet – une "dizaine" en base 10 qui comporte neuf symboles plus "l’absence", un "octet" en base 8 – que l’on écrit avec 2 symboles: "0" à droite (puisqu’il ne reste aucune quantité en dehors du paquet qu’on vient de créer), et "1" à sa gauche qui désigne le paquet.
Il n’existe à ma connaissance aucun système de numération (manuscrit) pour lequel les symboles seraient écrits de gauche à droite, avec le nombre d’unités à gauche, le nombre de paquets à droite, le nombre de paquets de paquets encore à droite, etc.

Par contre, le «boutisme» est une "bizarrerie" informatique, dans laquelle les bits à l’intérieur d’un Octet sont toujours écrits de droite à gauche (comme normalement dans un système de numération) mais les octets pouvant être rangés avec les octets représentant les quantités les plus grandes à gauche (comme normalement) dans le système gros-boutiste, les octets représentant les quantités les plus faibles à gauche dans la convention petit-boutiste.
Quand je dis «bizarrerie» ce n’est en fait pas tant une bizarrerie que ça : les octets sont stockés en mémoire ; la mémoire est lue séquentiellement (les emplacements les uns après les autres). En convention gros-boutiste , le premier emplacement lu contient les quantités les plus grandes (Au fond, dans l’ordre dans lequel un humain lit : 1201 signifie mille, avec la précision des centaines, et l’infime variation de l’unité lue en dernier); en convention petit-boutiste , c’est l’inverse : le premier emplacement mémoire lu contient le "détail", le second une quantité plus grande, et ainsi de suite.
Pourquoi deux conventions ? Parce que tout comme un humain commence par la droite lorsqu’il fait la somme de deux quantités même si il a lu chaque nombre en commençant par la gauche, en convention gros-boutiste (qui correspond au sens normal de lecture) il faut commencer la somme par le dernier emplacement mémoire ce qui veut dire inverser les emplacements mémoire quand on veut faire une opération, alors que en convention petit-boutiste on ajoute séquentiellement les quantités lues à mesure qu’on les lit.

avatar Paul Position | 

Et que ne dit-on du "jusqu'au boutisme" ? Pis que pendre.

avatar Lightman | 

@BLM

Merci pour cette explication complémentaire.

avatar foxot | 

Merci MacG pour ce dossier qui à l’air encore une fois très intéressant.

Par contre j’ai rien compris sur la fin de l’article et le passage avec la touche « BELL ». J’veux dire, c’est quoi cette touche ? Elle sert à quoi ? Car bon ça fait un paquet d’années qu’elle n’est plus indiquée sur les clavier et perso je sais pas ce que c’est (enfin si maintenant je sais car j’ai cherché sur Wikipedia, mais c’est dommage de devoir en arriver là.)
Car bon autant aujourd’hui pour afficher l’emote ça a du sens, autant ça m’étonnerait qu’elle ait été conçue comme ça ^^

avatar Marcos Ickx | 

@foxot

« on trouve aussi le caractère ASCII numéroté 7 qui provoque une sonnerie (comme la cloche signalant la fin de ligne, dite bell en anglais) »

avatar jmy2905 | 

Merci pour cet excellent article. Très intéressant.

avatar JLG01 | 

👏🏻

avatar dorninem | 

Très intéressant... Il manque une pique sur Apple qui ne fait pas comme les autres, tous les autres, en ayant des claviers très minimalist es au niveau sérigraphie des touches !!! Ceci de plus avec trois touches de contrôles...
C'est toujours extrêmement pénible de chercher comment saisir des caractères non inscrits sur les touches comme un simple \

avatar koko256 | 

Je me souviens un programme en basic qui avait une chaîne de caractère qui contenait des BEL. Du coup en listant le programme on entendait la sonnerie, qui était forte sur Apple ][ cela faisait un sacré tintamarre.

avatar koko256 | 

Quelqu'un sait pourquoi DEL est séparé des autres caractères de contrôle ? On le voit souvent écrit ^? donc dans ce cas contrôle rempli le premier trou avec un bit.

avatar Hadoque | 

Merci pour cet article très intéressant !

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