Siri AI est capable d’accéder à internet pour générer ses réponses, c’est une fonctionnalité courante pour tous les chatbots basés sur un grand modèle de langage. Néanmoins, il n’est pas aussi bon que ses concurrents dans cet exercice, et c’est largement volontaire. En lui demandant le dernier article publié ici même, l’IA d’Apple commence par faire preuve d’une extrême prudence, exigeant une confirmation de ma part. Même une fois celle-ci accordée, sa réponse montre un retard important, comme si l’assistant était bloqué plusieurs semaines en arrière.
Si Apple a créé ses nouveaux modèles en partenariat avec Google, la firme de Cupertino a bien insisté sur le fait qu’il s’agit de ses propres LLM et non d’une intégration de Gemini au cœur de ses systèmes d’exploitation. Les bases techniques d’Apple Intelligence, et par extension de Siri AI, sont propres à la Pomme. Même si les détails techniques sont restés flous, on sait que les résultats seront différents par rapport à ceux fournis par le géant de la recherche.
Comment Apple Intelligence et Siri AI ont franchi un cap avec l’aide de Google
Ce choix pleinement assumé par Apple s’étend jusqu’à la « connaissance du monde », ce que l’on pourrait résumer à l’accès à internet de Siri AI. Les modèles sous-jacents ont été entraînés avec des données qui fournissent un socle d’informations, mais si vous interrogez un chatbot sur un élément inconnu, il doit être capable de faire une recherche dans ce corpus de connaissances. Gemini excelle évidemment dans ce domaine, c’est le métier de base de Google après tout, mais Apple a tenu à créer sa propre version… et cela se voit.
Comme l’a repéré Dan Moren, on ne peut pas interroger l’IA sur une URL qui n’a pas encore été indexée par Apple. Pour MacGeneration, la limite semble tourner autour du mois de mai. Pour une publication plus confidentielle, comme mon blog personnel, c’est encore plus ancien : autour du printemps d’après ce que j’ai pu estimer dans mon cas. Siri AI ne donnera aucune information au-delà de ces dates, mais plus gênant, l’assistant refuse de récupérer le contenu d’une page web, même si vous lui fournissez l’adresse. Si la connaissance du monde d’Apple contient l’information, alors le chatbot pourra vous aider. Sinon, vous devrez coller le contenu de la page web pour qu’il puisse travailler dessus.
Ce n’est manifestement pas une erreur liée aux débuts. La deuxième bêta des OS 27 contient ainsi cette nouvelle instruction dénichée par 9to5 Mac :
Tu ne peux pas accéder au contenu d’une URL : lorsqu’un utilisateur fournit une URL et demande d’en résumer, d’en lire ou d’en extraire le contenu, informe-le que tu ne peux pas accéder aux pages web. Ne propose ni suggestion complémentaire ni solution de contournement.
Cette prudence face au web est d’autant plus étonnante que l’entreprise travaille sur l’équivalent d’un moteur de recherche depuis plusieurs années. C’est lui qui alimente Spotlight et les suggestions de Siri, et il est bien plus au courant des dernières publications que Siri AI. En 2026, ce n’est peut-être pas le choix le plus avisé si Apple espère concurrencer ChatGPT.
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