Sur décision de la justice française, Twitter va devoir dévoiler un de ses secrets les mieux gardés : les moyens mis en œuvre pour modérer les contenus haineux. Plusieurs associations de lutte contre le racisme et l'homophobie ont obtenu du juge des référés que le réseau social divulgue un ensemble d'informations très complètes sur ses efforts de modération.

Parmi les documents que devra produire Twitter dans les deux mois, se trouvent la liste des moyens humains et matériels pour lutter contre « la diffusion des infractions d’apologie de crimes contre l’humanité, l’incitation à la haine raciale, à la haine à l’égard de personnes à raison de leur sexe, de leur orientation ou identité sexuelle, l’incitation à la violence, notamment l’incitation aux violences sexuelles et sexistes, ainsi que des atteintes à la dignité humaine ».
Twitter devra également faire connaitre le nombre, la nationalité et la langue des personnes en charge du traitement des signalements provenant des utilisateurs de la plateforme en France. Et ce n'est pas tout, le réseau social donnera aussi le nombre de signalements liés à l'apologie des crimes contre l'humanité et l'incitation à la haine raciale, ainsi que les critères et le nombre des retraits.
Les associations à l'origine de ce coup d'éclat (l'UEJF, SOS Racisme, la Licra, SOS Homophobie, J'Accuse et le Mrap) avaient organisé un « testing » l'an dernier pour dénoncer les « manquements terribles de la plateforme dans la modération des contenus en ligne »1, puis assigné l'entreprise en mai 2020. Se félicitant que le réseau social « ne [peut] plus imposer [sa] propre loi », elles pointent toutefois du doigt la responsabilité des « individus qui se pensent anonymes ».
« Twitter ne pourra plus impunément laisser la haine se déverser sur sa plateforme », assurent encore les instigateurs de cette action en justice. La plateforme est souvent au centre des accusations pour sa modération des contenus haineux jugée incohérente et sa mollesse vis à vis des cas de cyberharcèlement.
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12% seulement du millier de signalements envoyés par ces associations à Twitter ont été modérés par la plateforme alors qu'il s'agissait de messages racistes, antisémites ou homophobes ne laissant aucune place à l'interprétation. ↩︎













