Quand Larry Tesler racontait l'aventure du Lisa

Jean-Baptiste Leheup |

Mercredi, nous vous parlions de Larry Tesler, décédé ce 17 février à l'âge de 74 ans. Pour lui rendre hommage, nous nous sommes replongés dans un entretien qu'il avait accordé au tout jeune magazine MacWorld, en septembre 1985.

Le 29 avril 1985, Apple annonçait la fin de la commercialisation du Lisa, rebaptisé Macintosh XL depuis l'année précédente. Une décision accueillie non sans un pincement au cœur par Larry Tesler, qui avait rejoint le groupe Lisa dès 1980. Mais cette tristesse n'effaçait pas une grande satisfaction, celle d'avoir changé la vision que les gens ont de l'ordinateur. Car après le Macintosh, c'est toute l'industrie qui s'était alignée, jusqu'à Microsoft avec Windows.

L'interface du Lisa a inauguré toute une gamme de concepts aujourd'hui largement répandus : de la manière dont on élargit la largeur d'une colonne dans un tableur, jusqu'à la façon dont on affiche un avertissement ou une erreur à l'écran.

Larry Tesler reconnaissait aisément que le Lisa s'était inspiré de bonnes idées venues d'ailleurs, notamment les menus déroulants et les fenêtres de Smalltalk. Mais il l'affirmait :

Le Lisa était le premier ordinateur à proposer une barre des menus, un presse-papier (pour le copier-coller), ou encore une corbeille. Le premier aussi à permettre de déplacer des icônes avec la souris, et de les ouvrir d'un double-clic, avec un effet de zoom reliant l'icône à la fenêtre ouverte.


avatar umrk | 

Oui ... on n'insistera jamais assez sur les prouesses des développeurs à cette époque, confrontés à des contraintes matérielles terribles ..... (non seulement il fallait que ça marche, mais avec un temps de réponse "humainement acceptable" ...).

avatar JokeyezFX | 

@umrk

Et ils avaient tout à inventer

avatar fendtc | 

Sans vouloir ternir les efforts déployés : à l’époque un prototype de souris se faisait à la main avec un fer à souder et une liaison série à 9600 bps... aujourd’hui le moindre développement passe par des composants non soudable à la main, de l’électronique proche ou dépassant le GHz (avec toutes les contraintes de précision qui vont avec!)
Bref c’était encore possible de partir d’une feuille blanche !!! Ils avaient la maîtrise de A à Z de l’ensemble du produit (et donc la totale responsabilité en cas d’échec...)
Un autre temps!

avatar JokeyezFX | 

@fendtc

Complètement, en revanche aujourd’hui on a un nombre incalculable d’outils (hyper) perfectionnés pour aider au développement, que l’on avait pas (forcément) à cette époque.

avatar totoguile | 

@fendtc

C’était vrai il y a quelques années encore, mais avec arduino, raspberry, et autres, on peut de nouveau prototyper et jouer au « lego » électroniques.
C’est un peu la même chose en programmation avec toutes les librairies disponibles. Mais sans ces gens là, nous n’en serions pas arrivés là où nous en sommes :-)

avatar raoolito | 

J’ai encore du mal à comprendre la différence fondamentale entre un Macintosh et un Lisa
C’est deux la continuent à se ressembler comme deux gouttes d’eau à mes yeux

avatar Jean-Baptiste Leheup | 

@raoolito

C’était bien ça le problème... Les spécialistes pourront trouver mille différences entre les deux systèmes (totalement incompatibles à la base), mais pour les clients et les développeurs, c’était deux ordinateurs avec souris de chez Apple.

C’est vraiment comme si le Mac Pro avait un système Mac Pro OS totalement incompatible avec le Mac OS de l’iMac... applications différentes, format de disque différent, documents incompatibles sans un traducteur...

Il faut quand même souligner que c’était moins choquant à l’époque. Il existait des tas de standard d’ordinateurs, qu’on achetait sans trop se soucier de la compatibilité ni de la durabilité. Un peu comme les consoles aujourd’hui. On achetait un produit fini et ses logiciels, et on savait bien que trois ans après tout aurait changé.

avatar umrk | 

Tout à fait. D'autant que, à l'époque, l'importance du logiciel était minimisée ("oh oui, mais ce n'est que du logiciel, donc pas très important" : et c'est comme ça que IBM a stupidement offert à MicroSoft le marché le plus lucratif du monde, à l'origine sur le seul IBM PC, puis sur tous ses clones (qu'IBM pensait impossibles, grâce au verrou du Bios, deuxième erreur ...).

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