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À la Maison Blanche : Foxconn investit, Tim Cook s’insurge, Trump demande de l’aide

Mickaël Bazoge | | 08:23 |  51

C’était la grande nouvelle de la nuit à la Maison Blanche : Foxconn a annoncé son intention de créer une ligne de production d’écrans LCD aux États-Unis. Un investissement massif de 10 milliards de dollars dans l’État du Wisconsin, qui verra l’émergence d’une usine géante dans les trois ans. Au départ, cette ligne va employer 3 000 personnes, mais à terme l’administration Trump espère qu’elle génèrera 13 000 emplois.

Terry Gou, le patron de Foxconn. Image The New York Times. Cliquer pour agrandir

Il s’agira donc de produire des écrans LCD pour Sharp, une propriété de Foxconn. Pour cette installation, le Wisconsin a offert des incitations fiscales à hauteur de 3 milliards de dollars. Hier, Donald Trump a annoncé qu’Apple allait construire trois « grosses, grosses, grosses » usines sur le sol américain.

La Silicon Valley défend les transgenres

Tout à sa volonté de détruire méthodiquement la moindre des avancées sociales décidées par son prédécesseur, Donald Trump a décidé de fermer les portes de l’armée aux transgenres, une ouverture qui avait été décidée en 2016 par Barack Obama. Cette interdiction, qui concerne environ 15 000 personnes sur 1,3 million de militaires, a fait réagir la sphère high tech. Tim Cook a rejoint d’autres dirigeants de la Silicon Valley, dont Mark Zuckerberg, Sundar Pichai ou encore Jack Dorsey (Twitter) pour soutenir la population transgenre désireuse de travailler pour l’armée.

Tim Cook et une grande partie de l’industrie tech américaine se positionnent à l’opposé de l’ultra-conservateur locataire de la Maison Blanche, et il y a fort à parier que d’autres clashs du même genre sur des questions sociétales sont à prévoir.

L’aide des industriels pour l’éducation

Malgré les relations difficiles que l’administration Trump peut entretenir avec la Silicon Valley, les officiels de la Maison Blanche continuent de s’appuyer sur l’industrie pour la modernisation du pays. Une campagne a ainsi été lancée par des proches du président — dont sa fille Ivanka — afin de rechercher des solutions pour le secteur de l’éducation.

Cliquer pour agrandir

Il s’agit de rechercher des leaders des mondes de la technologie, de l’éducation et des affaires pour obtenir leurs expertises sur le financement des programmes STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques). Tim Cook et Laurene Powell Jobs seraient parmi les « cibles » de cette initiative. Le CEO d’Apple fait déjà partie d’un groupe de réflexion rattaché à la Maison Blanche dans le cadre de l’adaptation de l’administration fédérale aux outils numériques (lire : Pour moderniser l'administration US, Tim Cook met en avant la programmation à l'école).

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51 Commentaires Signaler un abus dans les commentaires

avatar r e m y 27/07/2017 - 08:53 via iGeneration pour iOS

J'ai du mal à comprendre comment le Pdt des USA peut de lui-même décider des règles applicables en matière de recrutement de l'armée et acter de la décision d'un simple tweet (3 tweets en l'occurrence, Donald ayant été étonnamment dissert à cette occasion)!

avatar ErGo_404 27/07/2017 - 08:56

Comme en France, le président des états unis est le commandant en chef des forces armées. Evidemment, ce n'est pas le tweet qui officialise cette règle mais probablement un décret qu'il a signé. Décret qui se fera peut être invalidé, comme celui interdisant l'entrée aux ressortissants de certains pays.

avatar Abd Salam 27/07/2017 - 09:05 via iGeneration pour iOS

@ErGo_404

"Être le chef des Armées" implique certaines attributions... et en exclue d'autres.

Le "chef des Armées" peut prendre certaines initiatives ; mais l'organisation des Armées ne fait pas partie du champ des décisions du Président en tant que chef des Armées (comprenez : je prend la décision tout seul comme je veux).



avatar YAZombie 27/07/2017 - 12:06

@Abd Salam: il fallait préciser "en France", parce qu'apparemment aux US ce n'est ainsi que ça se passe.

avatar C1rc3@0rc 28/07/2017 - 00:24

@Abd Salam

En France, le fait de démissionner le chef d’état major des armées ça fait partie des initiatives du chef de l'Etat?

avatar shahtooh 27/07/2017 - 13:31

En tant que tête de l'exécutif, me semble-t-il, puisque l'armée reste une administration parmi d'autres.

avatar Moonwalker 27/07/2017 - 16:34

Obama a beaucoup joué des prérogatives présidentielles pour passer par décret ce qu'il ne voulait ou pouvait pas passer par le Congrès. Mais du coup, il suffit à Trump d'user des mêmes moyens pour défaire ces choses. Welcome in U.S.A.

avatar fte 28/07/2017 - 01:41 via iGeneration pour iOS

@r e m y

Il est le chef des armées, et c’est l’une de ses seules vraies prérogatives.

Sauf que c’est parti pour être franchement anti-constitutionnel.

avatar watatzor 28/07/2017 - 18:47 via iGeneration pour iOS

@fte

La constitution américaine a t elle déjà intégré les trangenres de façon formelle ??

avatar occam 28/07/2017 - 02:59

@r e m y

Typiquement Drumpf : il annonce, mais il ne décide pas. Surtout, il ne formule pas.
Pas au su des militaires qui devraient appliquer cette décision, en tout cas.
Le chef d'état-major (Chairman of the Joint Chiefs of Staff) est formel :

« “There will be no modifications to the current policy until the president's direction has been received by the secretary of defense and the secretary has issued implementation guidance,” General Joe Dunford, chairman of the Joint Chiefs, wrote in a memo. “In the meantime, we will continue to treat all of our personnel with respect.”

Army Chief of Staff General Mark Milley also threw up his hands. “We will work through the implementation guidance when we get it and then we'll move from there,” he said Thursday. Vice Admiral Robert Burke, the chief of naval personnel, said the branch “will not take any personnel actions or change any policy until further guidance from the president is received.” »

Pour plus de détails sur ce nouveau pet foireux du Drumpfenführer, cf. The Atlantic :
https://www.theatlantic.com/politics/archive/2017/07/trump-the-generals-...

avatar PiRMeZuR 27/07/2017 - 08:54 via iGeneration pour iOS

Cette approche (faire appel aux patrons d'industrie pour conseiller l'administration) est pour moi une vraie fausse bonne idée. C'est l'idée très répandue chez certaines personnes qu'une personne passée par le privé a une meilleure expérience doublée de la confiance en un certain patriotisme de la part de ces gens-là.
On a un peu la même chose en France, beaucoup de gens feront systématiquement plus confiance à un député "passé par le privé" parce qu'un homme politique de métier ou un fonctionnaire serait moins proche de leurs préoccupations et moins compétent. Mais il n'y a souvent aucune base rationnelle à ces craintes.

Mais dans le cas de Trump, c'est encore pire puisque ces conseillers ne se préoccupent bien évidemment pas de l'administration qu'ils conseillent ou des services qu'elles rend à la population. Ce qui les intéresse et dirige toutes leurs suggestions est l'intérêt de leur entreprise. Donc ils réclament, au nom d'une prétendue efficacité, de privatiser davantage, et dans le cas des programmes STEM, d'orienter encore un peu plus les programmes vers les matières directement applicables aux métiers dont ils ont besoin aux détriments des sujets liés au "savoir-être".
Et ceux qui pensent que les mettre en "concurrence" dans ce conseil autour de Trump suffit à neutraliser leur lobbyisme en seront pour leurs frais. Les problèmes de concurrence sont à un niveau inégalé depuis l'ère Rockefeller dans la Silicon Valley (lire à ce sujet le très bon article de Wired https://www.wired.com/2017/06/ntitrust-watchdogs-eye-big-techs-monopoly-...).

Bref, pas grand chose de bon à en attendre, et leurs cris d'orfraie ne sont apparemment même pas suffisants pour empêcher la tradition républicaine de passer des petits décrets pour discriminer les minorités et les femmes tout au long du mandat.

avatar byte_order 27/07/2017 - 11:18

> beaucoup de gens feront systématiquement plus confiance à un député
> "passé par le privé" parce qu'un homme politique de métier ou un fonctionnaire
> serait moins proche de leurs préoccupations et moins compétent.
> Mais il n'y a souvent aucune base rationnelle à ces craintes.

C'est surtout la défiance envers les politiques "de carrière" à l'origine de ce biais.
Car rien ne permet en effet de penser que le secteur privé à plus l'intérêt public comme préoccupation : par définition, c'est même le contraire, son intérêt privé primant avant tout chose. Ni qu'il soit plus compétent, les exemples de catastrophes de management d'entreprises privées étant tout autant nombreux que ceux des états.

Le problème c'est qu'une démocratie ne devrait pas reposer sur la "confiance" du peuple envers des personnes, mais sur le "contrôle" du peuple sur ce que font ces personnes.

Mais pour ça, il faut des personnes qui acceptent d'être contrôlés, donc responsables.
Malheureusement, il semblerait qu'on trouve plus de gens qui aspirent au pouvoir de décider qu'à la responsabilité de ses décisions.

Etrangement, les décisionnaires aiment imposer le contrôle sur les autres, mais le rejettent quand cela les concerne.

avatar C1rc3@0rc 28/07/2017 - 01:31

@byte_order

+1

«C'est surtout la défiance envers les politiques "de carrière" à l'origine de ce biais.
Car rien ne permet en effet de penser que le secteur privé à plus l'intérêt public comme préoccupation : par définition, c'est même le contraire»

Effectivement et plus encore sachant que nombre d'acteurs du privés participent a un systeme de lobby visant a affaiblir, decredibiliser et soumettre l'Etat.

«Le problème c'est qu'une démocratie ne devrait pas reposer sur la "confiance" du peuple envers des personnes, mais sur le "contrôle" du peuple sur ce que font ces personnes.»

Effectivement, la confiance est une consequence, un resultat, qui est donnée apres demonstration des raisons de cette confiance. Le politique est par definition un "negotiateur" et un "publicitaire" qui va utiliser des moyens souvent "douteux" pour arriver a la position qu'il vise. Sa competence d'administrateur est donc en partie demontré par rapport a son historique en tant qu'elu.

Le souci c'est que le niveau de pouvoir decisionnel dont on parle ne peut pas reposer sur la confiance, mais doit etre soumis et responsabilisé face a des contre pouvoirs effectifs. Apres qu'il soit institutionnel ou populaire est une question complémentaire.
Normalement, une democratie separe 4 systemes clairement:
- le legislatif
- l'executif
- la Justice
- l'armée
Ainsi l'executif, qui administre la Nation, ne peut agir qu'a partir des lois que le systeme legislatif crée, lui meme sous le controle du peuple (election, referendum d'initiative populaire,...), de la representation constitutionnelle (qui determine si une loi est constitutionnelle) et de la Justice.

Aujourd'hui, on le voit avec la gouvernance par ordonnance, par circulaires, par affaiblissement et contournement des institutions - comme la Justice - la tendance de plusieurs gouvernements (et president) est de confisquer la democratie, ce centraliser et amalgamer legislatif et executif et d'interferer dans le principe militaire. Cela met en evidence les failles des systemes institutionnels qui permettent ces derives gravissimes.

En France on a un exemple actuel monstrueux de la destruction du systeme democratique, a plusieurs niveau, mais prenons l'exemple de l'armée.
Le gouvernement a decidé de decreter l'etat d'urgence, puis l'a prolongé de mois en mois, pour finalement l'integrer comme fonctionnement normal. C'est une abomination democratique.
L'etat d'urgence implique une suspension du fonctionnement démocratique normal face a une situation de danger imminent pour la Nation. Cet etat temporaire a un caractere exceptionnel et il ne peut normalement aboutir qu'a 2 situations a court terme:
-retour a la situation normale si la menace disparait
- ou passage a sous la loi martiale si la menace persiste ou empire.
L'Etat a fait un putsch en pérennisant l'etat d'urgence. Si la menace qui a ete utilisé pour justifier l'etat d'urgence existe réellement et toujours, alors l'Etat devait décréter la loi martial et confier le pouvoir a l’armée. Aujourd'hui l'executif s'arroge des pouvoirs qui sont ceux de l'armée. Cela est normal dans une dictature, pas dans une democratie.

Clairement, aujourd'hui il est nécessaire que les citoyens prennent conscience de cette confiscation de la democratie et votent en conséquence pour mettre au pouvoir des representants capables de reformer les institutions et rétablir la dimension démocratique du systeme institutionnel.
Le probleme c'est que, par un lobbying et des manipulations de com permanente, la population est poussé dans la peur et qu'elle est persuadé que les principaux problemes sont d'ordre financiers et de securité. Mais ces problemes, s'ils sont bien existants, ne sont que les consequence du premier et principal probleme, celui de la confiscation de la democratie.
La confiscation des droits citoyens, l'instauration de l'impunité des administration, l'affaiblissement des processus de gouvernance par un pouvoir centraliste, tout cela conduit a des aberrations economiques et l'etat ne peut plus assurer ses roles fondamentaux. Le vrai et premier danger pour les citoyens c'est bel et bien la confiscation de la democratie et leurs assujetissement a un pouvoir centraliste dependant de la finance et de l'industrie.

avatar zoubi2 27/07/2017 - 12:24

@PiRMeZuR

"Mais dans le cas de Trump, c'est encore pire"

C'est pas le pied c'est sûr, mais "pire" ? N'oubliez pas Dubya - G.W. Bush- et son vice-président Dick Cheney qui était aussi le boss de Halliburton... :-(

Nos petites Fillonnites franchouillardes sont bien minces à côté de ces prédateurs...

avatar victoireviclaux 27/07/2017 - 08:56 via iGeneration pour iOS

Tant que les humains se tapent dessus ou excluent les autres... sous prétexte d'une différence... alors l'humain est bête.

avatar C1rc3@0rc 28/07/2017 - 01:40

@ victoireviclaux

L'humain est biologiquement une bete, qui fonctionne comme une bete, avec des automatismes, des instincts, des conditionnement de toutes autres betes...
C'est juste une bete qui est capable de raison si son éducation lui en donne la conscience, les outils et qu'elle en a la motivation.
L'intelligence c'est un potentiel, qui s'exprime seulement de maniere consciente, volontaire et dans le comportement.
Personne ne se comporte de manière intelligente de façon inconsciente et automatique.
Personne n'"est" intelligent, l'intelligence c'est un comportement conséquent a une volonté consciente...

Donc oui, l'humain est une bete et moins l'humain est eduqué (pour se comporter intelligemment) plus il se confond avec les betes primitives.

avatar Toinewh 27/07/2017 - 09:09 via iGeneration pour iOS

"Avancée sociale"… à chaque fois ça me rappelle que quand on est au bord d'un ravin, il vaut mieux reculer qu'avancer, même sous un bon prétexte…

avatar en ballade 27/07/2017 - 09:17 via iGeneration pour iOS

@Toinewh

😳🙄tu t expliques?

avatar jerome74 27/07/2017 - 09:23

En l'état, deux informations semblent plus qu'étonnantes dans cet article:
- 3 milliards de dollars d'incitations fiscales pour 3 000 emplois, ça fait 1 million par emploi. Même pour 13 000 emplois potentiels, ça fait cher la subvention! Ils doivent attendre d'autres retombées que l'emploi, non?
- 15 000 transgenre sur 1,3 millions de militaires, vraiment? Il y aurait, aujourd'hui, plus de 1% de transgenre dans l'armée US??
Tout ça mériterait un tout petit plus de précisions, je pense.

avatar r e m y 27/07/2017 - 09:29 via iGeneration pour iOS

@jerome74

Pour memoire, l'incitation fiscale obtenue par Apple en Irlande représente 13 milliards d'Euro pour 5000 emplois créés.
Je ne sais pas non plus comment la République d'Irlande peut justifier de tels coûts...

Pour le nombre de transgenres dans l'armée US, je suis tout aussi étonné mais c'est bien le chiffre repris par tous les journaux et les associations LGBT depuis hier et le triple tweet de Donald.

avatar r e m y 27/07/2017 - 11:38 via iGeneration pour iOS

@r e m y

Non finalement, le nombre de transgenres impactés est variable selon les sources... ce qui me semble le plus fiable (s'appuyant sur une étude de 2016) est donné par Reuters:
According to a RAND research study released in 2016, there were estimated to be 1,320 to 6,630 active transgender service members before the ban was lifted last year, and another approximately 1,500 on reserve.

avatar Bigdidou 27/07/2017 - 11:03 via iGeneration pour iOS

@jerome74

Bravo, j’étais en train de faire les calculs aussi qui me stupéfient.
On a très peu de chiffres épidémiologiques sur le transgenre.
Le sentiment d’appartenir à l’autre sexe peut être passager et récurrent ou durable ; par ailleurs, le passage effectif vers l’autre sexe est encore un autre histoire. Ça concerne une personne sur plusieurs milliers au moins.
L’armée américaine serait donc une institution concentrant les transgenres, intuitivement, ça paraît absurde.

Quant aux emplois financés à un million de dollars l’un, c’est sur, on a la solution pour régler le chômage en France.
Il suffit de trouver 3000 milliards d’euros.

avatar Trillot Bernard 27/07/2017 - 11:17

J'ai lu ailleurs qu'il y a environ 1500 à 1700 transgenres dans l'armée US et non pas 15000.

Par ailleurs, L'Irlande fait un tout autre calcul. Il ne s'agit pas de subventions mais d'impôts très faibles qui ont permis de décider depuis des décennies de très nombreuses firmes multinationales à s'installer en Irlande plutôt qu'ailleurs en Europe Communautaire.

avatar r e m y 27/07/2017 - 11:33 via iGeneration pour iOS

@Trillot

Non l'Irlande a bien consenti à quasiment annuler les impôts payés par Apple ce qui represente un cadeau de 13 milliards sur 10 ans par rapport au taux deja très bas pratiqué normalement, pour 5000 emplois créés (chiffres donnés par Tim Cook lui même pour justifier cette politique fiscale avantageuse)

avatar Domsware 27/07/2017 - 12:55 via iGeneration pour iOS

@r e m y

Donc 13 milliards sur 10 ans cela fait 1,3 milliards par an. Divisé par 5000 employés cela fait 260 000 par an et par employé. Hors frais structurels.

Et tout cela pour des emplois directs ? Et pour les retombées indirectes : cela correspond à combien de familles ?

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