A voté ! Le programme numérique des candidats à l’élection présidentielle

Mickaël Bazoge |

Ce n’est un scoop pour personne, le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le dimanche 23 avril. Le second tour, qui déterminera notre président(e) pour les cinq années à venir, se tiendra le 7 mai.

Parmi les thèmes qui ont dominé cette campagne inédite, il y a eu bien sûr la probité, l’économie, la sécurité, la lutte contre le terrorisme. Mais le numérique n’a eu droit qu’à la portion congrue. Il est vrai que le sujet recouvre de nombreux domaines qui n’évoquent pas forcément grand-chose au grand public. Néanmoins, ce sont là des pans essentiels de l’économie, de la sécurité publique et de la confidentialité dont il est question.

Qui décrochera la timballe de l'Élysée ? — Cliquer pour agrandir

Les grandes lignes des programmes numériques des candidats que vous trouverez ci-dessous résumées pourront éventuellement vous aider à faire votre choix ; rappelons néanmoins que ces propositions s’intègrent dans des programmes plus vastes qu’il convient de consulter si vous hésitez toujours sur un nom.

Pour éviter les procès d'intention, les candidats sont listés par ordre alphabétique. Merci aussi de rester courtois dans les commentaires…

Nathalie Arthaud

On trouve peu de propositions en lien avec le numérique dans le programme de la candidate de Lutte ouvrière, dont la présence dans la course à la présidentielle est surtout un moyen pour le parti trotskyste de faire connaitre ses idées auprès du plus grand nombre.

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On trouve toutefois une référence au numérique dans le domaine de la culture et singulièrement, pour les bibliothèques de quartier : « l’accès libre aux réseaux d’informations via Internet (…) est primordial ». L’afflux d’utilisateurs désireux de maîtriser l’outil informatique doit pousser l’État à embaucher du personnel dans ces bibliothèques. Les autorités doivent aussi imposer la fixation des tarifs pour les « bouquets numériques fournis par des éditeurs privés » afin de ne pas grever les budgets des médiathèques.

Nathalie Artaud affirme également qu’« une personne sur quatre n’a pas internet », ce qui présente des difficultés pour de nombreuses démarches administratives, même si le chiffre est en fait plus proche d'une personne sur six. La solution est d’investir de nouveau dans les services publics de proximité.

François Asselineau

Le candidat de l’Union populaire républicaine (UPR) entend assurer la neutralité du net, interdire les dispositifs de surveillance des données et le profilage, assurer aux internautes l’anonymat et le définir comme le « propriétaire de ses données ». Toujours dans le domaine du respect de la confidentialité, le programme de l’UPR veut promouvoir les opérateurs et hébergeurs alternatifs.

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Certaines propositions de François Asselineau rejoignent les préoccupations d’autres candidats : promotion de l’interopérabilité des systèmes d’information et utilisation de logiciels libres dans l’administration, pousser à la fin des formats propriétaires et protection des lanceurs d’alerte.

Plus original, le candidat de l’UPR veut mettre en place un « réseau chiffré national » pour assurer le transfert des données de santé, interdire le transfert de données vers d’autres États ou sociétés étrangères, ou encore la création d’un Haut Commissariat du numérique à l’ONU pour regrouper les principaux organismes de gestion d’internet.

Jacques Cheminade

Difficile de repérer au premier coup d’œil les propositions sur le numérique du candidat Cheminade, dans un programme qui fait la part belle à la sortie de l’UE et de l’euro pour la France. Toutefois, en cherchant un peu, on tombe sur quelques mesures comme un « accès universel au numérique » sur tout le territoire piloté par un « grand service public du numérique ». Il aura pour mission de fournir, à des tarifs réglementés, un accès universel au réseau.

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À l’école, Jacques Cheminade veut introduire le plus tôt possible l’apprentissage du code pour « disposer des bases » afin de « résister à l’emprise des nouveaux monstres du numérique ». Le candidat de Solidarité et Progrès est également un adversaire résolu des jeux vidéo, dont il veut interdire les titres les plus violents.

Nicolas Dupont-Aignan

Le candidat de Debout la France ! place la « souveraineté numérique » du pays au premier plan, en déplorant par exemple le partenariat entre la Bibliothèque Nationale de France et Google pour la numérisation de son fonds. Il veut combattre le « contrôle unilatéral » qu’exercent les États-Unis sur la « révolution numérique ».

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Pour ce faire, Nicolas Dupont-Aignan propose de lancer un moteur de recherche made in France et des réseaux sociaux en partenariat avec des pays européens volontaires. L’État, qui redeviendra majoritaire au sein du capital d’Orange, lancera une « OPA amicale » sur « Nokia-Alcatel » afin de créer un « champion numérique » national. Les pépites françaises comme Deezer et Dailymotion seront protégées des raids étrangers. Et pour compléter le tout, le candidat promeut un système d’exploitation tricolore afin d’assurer la souveraineté numérique des données de l’État.

La numérisation des services publics, l’instauration d’un « open data » national, la formation au numérique à l’école sont également au menu et rappellent ce que d’autres candidats ont formulé. Tout comme l’amélioration de la couverture du territoire en fibre optique et Très Haut Débit.

Sur le plan des propositions culturelles, il s’agit d’abroger la loi Hadopi, mettre en place une licence globale et créer une plateforme publique unique de diffusion des contenus culturels, regroupant les fonds de le BnF, du service public de l’audiovisuel, des musées publics, etc.

François Fillon

Le programme « radical » revendiqué par François Fillon ne s’applique pas réellement au numérique : les propositions du candidat issu de la primaire de droite se positionnent plutôt dans la continuité de ce qui a été engagé depuis des années.

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Il propose ainsi d’accélérer le déploiement du Très Haut Débit fixe et mobile d’ici à 2022 en « refinançant » le plan France Très Haut Débit initié en 2013, et qui s’appuie déjà sur une enveloppe de 20 milliards d’euros. François Fillon veut également initier un « plan 5G », une technologie certes testée par les opérateurs, mais dont la définition exacte reste encore à écrire (lire : C’est quoi, la 5G ?).

Le candidat Les Républicains veut appuyer sur le champignon pour la « transformation numérique de l’État », avec un objectif : engager la France dans « l’e-démocratie ». Les procédures administratives devront être complètement dématérialisées d’ici la fin du quinquennat, avec un identifiant numérique unique pour les usagers, le développement des consultations sur internet (télémédecine, e-santé), etc.

Là aussi, le mouvement est déjà engagé avec des formulaires et des « pré-plaintes » à remplir en ligne. C’est également le cas pour l’ouverture à l’open-data des services publics, que le candidat entend généraliser dans l’administration (tout en garantissant la protection des données personnelles), au bénéfice des start-ups françaises.

Dans ce registre, François Fillon joue une petite musique douce à l’oreille des jeunes pousses, avec la mise en place d’états généraux de l’industrie et de l’innovation, qui seront suivis d’un « grand plan de rattrapage et d’accompagnement » visant à faire passer le taux d’accompagnement des PME/PMI du numérique de 10 % à 100 %.

Une des difficultés typiquement françaises, c’est le financement : l’épargne pourra être orientée vers les start-ups pour soutenir leur croissance. Une déduction fiscale de 30 % sur les montants investis dans les start-ups (jusqu’à un million d’euros) est dans les tuyaux, de quoi favoriser l’investissement.

Sur le plan européen, François Fillon fait quelques vœux pieux : le moteur franco-allemand portera « l’ambition de plateformes numériques industrielles et sectorielles » dans le secteur de la voiture autonome par exemple. La défense des libertés publiques et la gestion des données personnelles devra aussi être portée au niveau de l’Europe. Il souhaite « assurer la cybersécurité des citoyens, des entreprises et des institutions » en modifiant le cadre réglementaire et en maîtrisant le logiciel et le matériel.

Dans ce cadre, François Fillon veut faire en sorte que l’Europe reprenne sa « souveraineté numérique » en multipliant les supercalculateurs : il y en a 120 dans l’UE, contre 171 aux États-Unis et en Chine, selon le décompte d’Eric Pilat, un des piliers du programme numérique du candidat. Le TOP500, une liste germano-américaine qui fait figure de référence dans le domaine, place 105 des super-calculateurs les plus puissants en Europe, contre 175 sur le continent américain et 213 en Asie. Le constat n'en est pas moins exact : si la France se place au cinquième rang des nations les plus équipées, derrière le Japon et devant le Royaume-Uni, elle ne place que deux super-calculateurs dans le top 50 mondial et dévisse progressivement.

Enfin, dans l’éducation, François Fillon s’engage à pousser les feux pour généraliser l’enseignement et la formation au numérique, en transformant par exemple le cours de technologie en cours de « culture numérique ». Un effort qui pourrait pousser au recrutement d’enseignants en informatique, ce qui risque de se heurter à la promesse « choc » de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires.

Benoît Hamon

Le candidat du Parti socialiste issu de la primaire de la Belle Alliance Populaire a un mérite : avoir mis sur la table une proposition originale en matière de nouvelles technologies ! Il est le seul en effet à proposer de taxer les robots (toutes ses propositions sont ici).

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La proposition est la suivante : quand un salarié est remplacé par une machine, la richesse créée par cette dernière est taxée pour financer des mesures sociales (ici, le revenu universel, autre proposition du candidat de gauche). Bill Gates lui-même promeut cette idée.

Autre mesure phare du programme numérique du candidat PS : la reconnaissance du droit à la déconnexion pour tous. Ce droit est en vigueur depuis le début de l’année, mais il ne concerne que les entreprises de plus de 50 salariés (lire : Avec le droit à la déconnexion, le travail s’arrête après les heures de bureau). Benoît Hamon veut « de nouvelles règles pour protéger » les employés pour qui les smartphones et ordinateurs sont devenus des « laisses électroniques ».

Le sujet revient fréquemment chez tous les candidats ou presque : l’amélioration de l’accès aux données publiques, l’open-data. Les citoyens auront un « large accès » aux données conservées et traitées par les administrations publiques, promet Benoît Hamon. Les start-ups pourront aussi exploiter une partie de ces informations pour créer des services innovants, tout en évitant leur appropriation par les multinationales.

Les lanceurs d’alerte verront leur statut renforcé. La loi Sapin II protège en partie les Edward Snowden en herbe ; Benoît Hamon estime que la législation est insuffisante, il veut donc la renforcer avec un soutien financier réel, une prise en charge des frais de procédure ainsi qu’une simplification du parcours en trois étapes pour lancer une alerte. Cette course d’obstacles, actuellement lente et complexe, est de nature à décourager les vocations.

Une autre mesure du programme qui risque de faire grincer des dents : Benoît Hamon veut une loi anti-trust limitant la concentration dans les médias. Dans le détail, aucun groupe ne pourra détenir plus de 40 % du capital d’un média quel qu’il soit, ni plus de 20 % des parts dans plus de deux médias. Si elle était appliquée, cette proposition poserait sans doute de sérieux problèmes aux opérateurs et aux FAI, qui achètent actuellement journaux et chaînes télé sans compter pour muscler le contenu offert aux abonnés.

Le candidat du PS veut « combattre la cyber-criminalité » en renforçant les moyens de l’ANSSI, l’agence pour la sécurité des systèmes d’information. Il renforcera également la sécurité informatique en s’appuyant sur une plus grande sensibilisation des pouvoirs publics, et en faisant en sorte de « préparer une nouvelle génération d’ingénieurs spécialisés dans l’analyse et la prévention des cyber attaques ».

Jean Lasalle

Jean Lasalle n’a pas de plan précis pour le numérique, mais quelques propositions sortent du lot. Ainsi, le candidat entend créer une « quatrième armée » (en fait une cinquième force) destinée à la cyber-défense de la France, ce qui coûterait 300 millions d’euros et serait indépendant des sociétés privées. Dans son collimateur également : les opérateurs qui ne font pas suffisamment d’efforts pour la couverture du territoire en haut débit.

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À l’école, les marmots devront apprendre dès le primaire l’informatique et le code. Il faudra que chaque enfant sache se servir d’internet avant d’entrer au collège (il y a des chances que ce soit déjà le cas même sans apprentissage particulier…). Le travail parascolaire devra aussi exploiter le numérique ; le savoir produit par la recherche publique sera accessible en ligne gratuitement.

Enfin, il souhaite étendre les systèmes d’alerte en cas d’urgence à tous les moyens de communication électronique, comme les SMS et les réseaux sociaux.

Marine Le Pen

Dans la longue liste de 144 propositions du programme de Marine Le Pen, plusieurs d’entre elles concernent le numérique, même si le thème n’est pas au cœur des propositions du Front national.

Certains points du programme du FN sont néanmoins très précis : la candidate d’extrême-droite entend ainsi soutenir les start-ups œuvrant à l’amélioration du système de santé, elle veut diriger 2 % de l’assurance-vie vers le capital-risque et les jeunes pousses et recentrer le crédit impôt recherche vers les PME et les jeunes entreprises. En termes d’infrastructures, une présidence Le Pen investira dans le très haut débit et la couverture réseau notamment dans les zones rurales… comme les autres candidats les plus importants.

Au niveau des grandes structures, le FN créera un « secrétariat d’État aux mutations économiques » rattaché à Bercy qui aura la charge d’« anticiper les évolutions des formes de travail liées aux nouvelles technologies ». L’idée ici est de mettre en place des régulations adaptées aux mutations engendrées par l’économie du partage, la numérisation et la robotisation.

La Hadopi est également dans le collimateur de Marine Le Pen, qui veut ouvrir (de nouveau) le chantier de la licence globale. En ce qui concerne les données privées, le FN exigera leur stockage dans des serveurs sur le territoire français.

Le Front national veut inscrire la « liberté d’expression » et les « libertés numériques » dans la Constitution. Une intention louable, même si les principes de la liberté d'expression sont inscrits dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui possède une valeur constitutionnelle. Une intention qui s’accompagne de limites, aussi : le cyber-djihadisme et la pédo-criminalité. La question de la censure est aussi posée, le parti d’extrême-droite ayant l’intention de simplifier les procédures pour faire reconnaître la diffamation ou l’injure.

Plus encore que les autres candidats, il est impossible de dissocier le programme numérique de Marine Le Pen du reste de ses propositions. La volonté du Front national de « retrouver la maîtrise du destin de la France » en divorçant si nécessaire de l’Union européenne, ainsi que le retour au franc (soumis à référendum) pourraient provoquer une situation bien compliquée pour des secteurs où la circulation des personnes et la globalisation sont sources de richesses et d’innovations.

Emmanuel Macron

Le numérique est un pan important du programme d’Emmanuel Macron, qu’il qualifie de « transformation profonde de notre façon (…) de vivre ». Les propositions du candidat d’En Marche !, à consulter ici, recoupent beaucoup le programme numérique de François Fillon.

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Emmanuel Macron veut lui aussi pousser les feux sous le plan Très Haut Débit afin que l’État puisse « garantir le réseau » à tous les territoires et ce, d’ici la fin du quinquennat, en 2022. Les zones blanches seront couvertes en 4G, avec l’aide de « conditions économiques favorables » pour les opérateurs. Et si les objectifs ne sont pas tenus, alors le candidat promet des sanctions financières.

L’administration devra également avoir fait sa révolution numérique : à l’horizon 2022, 100 % des démarches administratives pourront être réalisées depuis internet (sauf première délivrance de documents d’identité officiels). Tout cela passera par un « compte citoyen en ligne » où seront regroupées toutes les informations d’un citoyen (santé, droits civiques, formation, situation fiscale…). Emmanuel Macron veut encourager la télé-médecine et l’e-santé.

Plus original, le candidat d’En Marche ! veut mettre sur pied un « droit à l’expérimentation » afin de déroger aux dispositions en vigueur quand il s’agit de tester de nouvelles technologies. Il prend pour exemple les drones, pour lesquels la France a adopté une réglementation souple pour les expérimentations. Emmanuel Macron a l’intention d’adopter un cadre fiscal incitatif pour l’investissement dans les start-ups et l’innovation, qui passe par le remplacement de l’ISF par un impôt sur la fortune immobilière, et sur un prélèvement forfaitaire unique sur les revenus tirés du capital mobilier.

Plus près de nous, le candidat promet de faire en sorte que chacun puisse savoir ce que deviennent les données qu’il produit (parfois à son corps défendant) sur les différentes plateformes utilisées. Tout en restant assez flou sur les moyens et les outils qu’il compte mettre en œuvre sur le sujet, si ce n’est la création d’une Agence européenne pour la confiance numérique, un organisme en charge de la régulation des plateformes en ligne. Elle contrôlera la loyauté de leur fonctionnement et garantira la protection des données personnelles.

Beaucoup plus polémique, Emmanuel Macron appelle les « grands groupes du numérique » à « livrer les codes ». Si on comprend bien, le candidat exige donc une porte dérobée dans les systèmes d’exploitation et les logiciels, une position combattue par tous les spécialistes de la sécurité informatique pour une bonne raison : s’il existe une porte dérobée, elle sera empruntée par tout le monde, les gentils comme les méchants (une position tempérée depuis par son équipe, qui comprend notamment Mounir Mahjoubi, ancien président du Conseil national du numérique et fervent défenseur du chiffrement).

Sur l’Europe enfin, « l’espace pertinent pour développer le potentiel économique du numérique », Emmanuel Macron veut instaurer un « marché unique du numérique » pour lisser les règles qui s’appliqueront à toutes les entreprises innovantes dans l’Union européenne. Un fonds de financement, doté de 5 milliards d’euros au moins, investira dans les jeunes pousses pour accompagner leur croissance.

Jean-Luc Mélenchon

Au contraire d’autres candidats pour lesquels le programme numérique ressemble à un catalogue d’idées rédigées sur un coin de table, Jean-Luc Mélenchon et son équipe ont réfléchi au sujet. Qu’on soit d’accord ou pas avec la vision du candidat de la France Insoumise est une chose, mais on peut au moins saluer la cohérence de ses mesures numériques, à consulter à cette adresse.

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Une fois au pouvoir, Jean-Luc Mélenchon veut graver le droit d’accès à internet dans le marbre de la Constitution dans l’optique de la 6e République que le candidat appelle de ses vœux. Il entend également faire en sorte de garantir et défendre la neutralité du net, que ce soit à l’échelle nationale, européenne ou mondiale. Le gouvernement du président Mélenchon investira dans les infrastructures physiques détenues par les particuliers pour couper l’herbe sous le pied de la concentration des données par les plateformes.

Si la France Insoumise veut développer les échanges décentralisés et le P2P, ce n’est pas un blanc-seing au piratage tous azimuts : il est aussi question de renforcer l’autorité judiciaire en charge du contrôle des retraits des contenus illégaux, d’améliorer le traitement des signalements et réprimer les plateformes portant « atteinte à la liberté d’expression ».

Jean-Luc Mélenchon et son mouvement veulent lutter contre la « surveillance généralisée » : cela passe par une commission d’enquête parlementaire sur « l’efficacité des solutions utilisées par les services de renseignement », avec la promesse d’abroger les dispositifs « inefficaces, disproportionnés ou contre-productifs ». Dans le même ordre d’idée, le programme interdit le fichage généralisé, supprimera le fichier TES (dit des « gens honnêtes »), et plus globalement, remettra en cause la surveillance de masse sur internet et les réseaux cellulaires, jugée « inefficace et liberticide ».

À l’inverse, la France Insoumise obligera les plateformes et les entreprises d’internet à plus de transparence, en améliorant la lisibilité des conditions générales d’utilisation ou encore permettre à l’utilisateur de refuser son profilage. Le soutien au logiciel libre est aussi à l’ordre du jour, avec sa généralisation dans l’ensemble des administrations et des établissements publics. Notons aussi l’interdiction de la vente liée : « une alternative libre et ouverte doit être proposée ».

En termes d’infrastructures, là aussi on retrouve la volonté de couvrir le territoire en Très Haut Débit à la fin du quinquennat, ainsi qu’une couverture totale en 4G dans les dix ans. La dématérialisation des services publics (tout en maintenant les services physiques), la création de « maisons du numérique » et le soutien à la « culture numérique » figurent également au programme.

Enfin, la suppression d’Hadopi est inscrite dans le programme, ainsi que la mise en place d’une licence globale pour rémunérer la création (via une cotisation prélevée sur l’abonnement internet) et l’interdiction des DRM.

À l’instar des propositions numériques de Marine Le Pen, celles de Jean-Luc Mélenchon ne sauraient être séparées du reste du programme du candidat : sortie de la France des traités européens et sortie de l’euro si l’UE ne parvenait pas à se réformer, des mesures qui risquent de provoquer un certain isolement du pays au sein de l’Europe et réduire ses capacités d’investissement.

Philippe Poutou

Philippe Poutou, le candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), n’est pas spécialement versé dans le numérique. Il a fallu plonger dans son programme pour relever une proposition : l’abrogation immédiate de la loi Hadopi.

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avatar gavroche68 | 

Les "petits" candidats sont "inutiles" car ne seront jamais élus.
Quel est l’intérêt d'aller voter si on ne peut pas voter par conviction ? C'est pas une démocratie ça !

avatar C1rc3@0rc | 

D'autant que ce qui est qualifié de petit candidat c'est une distorsion de la realité qui repose sur la commande et la publication de sondages d'opinions totalement fallacieux.

A rajouter aussi que plus fort sera le score qu'un candidat, plus fort sera son impact sur la gouvernance. Parce que le candidat non elu, meme s'il représente que quelques pourcent de l'electorat au niveau national, cela represente des milliers, voire des millions, de voix, et que le pouvoir doit administrer ces voix et gouverner avec leurs representants...

Et le poids d'un candidat est d'autant plus fort que celui qui sera mis a l'Elysée le sera par defaut, par volonter de faire barrage, par "front republicain". Il n'aura d'autre legitimité que celle-la et sera en fait bien faible et bien contraint de gouverner avec les autres.

avatar Doctomac | 

@florian1003

C'est sûr qu'après des années de libéralisme à outrance et de la toute finance, notre monde et son économie vont très bien.....?

avatar iDav92 | 

@florian1003

Vous avez bien appris votre leçon par cœur.

avatar Philomo | 

L'économie s'écroulerait en 100 jours avec Marine ? affirmation grotesque. Ceux qui propagent cela sont ceux qui se partagent le pouvoir depuis plus de 30 ans et qui nous ont collé 2150 milliards d'euros de dette !!! Plus l'insécurité, plus le chômage, plus la destruction de nos services publics ...
Par contre pendant ce temps le FN a produit nombre d'analyses et de prédictions qui se sont révélés exactes et qui collent à la réalité !
C'est de très bon augure si Marine applique sont programme qui découle de ces analyses.

avatar iDav92 | 

@Philomo

Je pensais que c'était du second degré au début...mais apparemment non.
Le FN est un parti créé par des collabos, qui est malgré la dédiabolisation en cours antisémite, raciste et xénophobe; qui pratique ce qu'il dénonce c'est-à-dire le fameux "tous pourris" et bien loin des mains propres (des élus locaux aux têtes d'affiche, il n'y a pas un jour sans qu'un d'eux trempe dans une affaire de corruption ou autre).
Parti soit disant du peuple mais dirigé depuis des décennies par une dynastie de riches héritiers.
Des amitiés plus que douteuses...
Bon, j'arrête là même si pourrais continuer longtemps, je conserve un peu de batterie de mon iPhone pour des choses plus positives.

avatar BleuRooster | 

@iDav92

Tu confond avec le Parti Socialiste ?

François Mitterrand ?
Robert Jospin ?
Pierre Laval ?

La liste des collabos de gauche est très très longue,14 des 18 ministres du gouvernement de Vichy étaient, ou socialistes, ou communistes, ou issus des syndicats de gauche!

avatar Philomo | 

Le FN a été créé en 1972 par des gens de diverses origines qui se regroupaient autour de l'idée de nation dans un but de réconciliation, 27 ans après la fin de la guerre. Il y avait bien plus de résistants que de collabos ! 72 ans après je ne vois pas l'intérêt de ressortir ces histoires sinon pour diviser les gens et éviter de parler des problèmes politique actuels.
Le FN n'est ni antisémite, ni xénophobe et il ne défend pas la thèse du "tous pourris". Il ne trempe dans aucune affaire de corruption, contrairement aux autres partis.
Vous devriez vous pencher sur ce que dit et propose vraiment le FN au lieu de vous contenter de répéter les habituels mensonges et insultes.

avatar Himeji | 

@Philomo

Le FN trempe dans des affaires d'emploi fictif et de financement illégal de parti politique.
Dans la galaxie FN, gravitent des nostalgiques d'Hitler. Et Marine Le Pen est la fille de celui qui considère les chambres à gaz comme un détail de l'histoire de l'humanité.

avatar Philomo | 

Aucun emploi fictif ni de financement illégal, le FN ne fait rien d'autre que ce que font les autres partis. Ce ne sont que des écrans de fumée qui se dissiperont après les élections, comme à chaque fois.
Il n'y a pas de nostalgiques d'Hitler dans la galaxie FN, dont le programme n'a rien à voir avec celui d'Hitler. Ce n'est pas parce qu'un journaliste infiltré a réussi au bout de deux mois de provocations de faire dire une phrase ambiguë à un gus que cela change quoi que ce soit.
Quant au détail, JMLP s'est largement expliqué, les chambres à gaz sont une partie de l'histoire de la seconde guerre mondiale (expression utilisée alors que le journaliste qui l'interviewait ramenait systématiquement la conversation sur ce sujet comme si c'était le seul).
Et puis on est encore dans une situation de censure de la liberté d'expression ... comme on en trouve dans les dictatures.
Bref, revenir sur ces conneries n'a qu'un but : éviter de parler des problèmes sociaux économiques qui se posent à nous en 2017.

avatar iDav92 | 

@Philomo

La liste est pourtant longue...
Rien qu'aujourd'hui :
http://m.huffingtonpost.fr/2015/09/16/adrien-desport-ancien-cadre-fn-con...

avatar Philomo | 

Il s'agit d'une dérive individuelle. Dans n'importe quelle organisation humaine vous pouvez trouver des brebis galeuses, cela ne permet en aucun cas de juger l'ensemble de cette organisation, surtout si cette dernière fait elle même le ménage chez elle.

avatar iDav92 | 

@Philomo

Parce que bien sûr les militants "brebis galeuses" des autres partis tiennent les mêmes propos que ceux du FN sur les juifs, arabes, homosexuels...

avatar Philomo | 

Le FN ne tient pas du tout ces propos !
Mais allez provoquer les gens dans n'importe quelle réunion, comme le font les extrémistes juifs, et vous en trouverez toujours un ou deux que vous avez réussi à mettre en colère qui vont vos renvoyer la balle avec les insultes qui vont bien.

avatar iDav92 | 

@Philomo

JMLP n'a pas dit que les chambres à gaz étaient une partie de l'histoire de la seconde guerre mondiale mais un détail.

De plus :
https://www.streetpress.com/sujet/1486489336-antisemitisme-fn-lyon

avatar Philomo | 

Forcément ses explication ont été largement censurées.

Avez-vous seulement fait l'effort de consulter vous-même ses explications ou vous contentez-vous des affirmations pré-digérées qu'on vous soumet ?
En voici une partie :

Qu'ai-je donc dit à RTL qui puisse justifier cette véritable chasse à l'homme ? Olivier Mazerolle m'avait posé la question : « Considérez-vous qu'il y a eu un génocide juif dans les chambres à gaz ? » J'ai répondu : « II y a eu beaucoup de morts, des centaines de milliers, peut-être des millions de morts juifs et aussi non-juifs. »

Cette réponse était claire et, pour des gens de bonne foi, ne laissait planer aucun doute sur ce que je pense du martyre du peuple juif d'Europe par les nazis et sur la condamnation que je porte sur ce crime. Négligeant cela, mes ennemis, et avec quelle fureur, m'ont fait grief d'avoir dit que les chambres à gaz étaient un « détail dans l'histoire de la Seconde Guerre mondiale », feignant de croire que ce mot était employé dans une acception péjorative.

Il s'agit là d'un procédé habituel du terrorisme intellectuel qui a cours chez nous.

Dans mon esprit, et d'ailleurs dans les dictionnaires, « détail » signifie « partie d'un tout ».

Or, la Seconde Guerre mondiale dura six ans, elle mit aux prises des centaines de millions d'hommes et fit plus de 50 millions de morts dont 35 millions d'Européens, laissant depuis la moitié de l'Europe sous la botte soviétique.

Chacun de ces éléments, si meurtrier, si atroce, qu'il ait été, fut un élément de cette immense tragédie humaine.

Les camps de concentration où moururent par millions juifs, tziganes, chrétiens et patriotes de toute l'Europe et les méthodes employées pour mettre à mort les détenus : pendaisons, fusillades, piqûres, chambres à gaz, traitements inhumains, privations, constituèrent un chapitre, une partie, un détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, comme en témoignent d'ailleurs tous les ouvrages généraux qui y furent consacrés.

Ai-je dit autre chose et honnêtement, oui honnêtement, cela justifie-t-il le procès de sorcier que l’on me fait dans la presse écrite, parlée, télévisée ? Et qui aura la loyauté et le courage de reconnaître s'être ou avoir été trompé ou avoir trompé les autres ?

Notre siècle a été celui des pires totalitarismes et des plus affreux génocides raciaux, sociaux ou religieux.

Deux idéologies totalitaires et antireligieuses : le communisme et le national-socialisme, d'ailleurs alliés au début de la Seconde Guerre mondiale, ont créé l’abominable système des camps de concentration.

(...)

Assemblée nationale
Paris, le vendredi 18 septembre 1987

Source : Quotidien de Paris du 19-20 septembre 1987, n°2435

avatar Philomo | 

Je m'en moque totalement de ces vieilles histoires, on est en 2017. Maintenant je peux vous donner la liste de la centaine d'anciens résistants qui ont participé aux débuts du FN et qui ont soutenu son actions.
Il me semble que ces gens étaient bien plus légitimes que vous ou moi pour savoir ce qu'il en était à cette époque où le maître mot était réconciliation.

avatar Philomo | 

N'importe qui peut faire un dessin de n'importe quoi, cela n'en fait pas une réalité, surtout quand il ne donne aucun détail sur la réalité des choses (détail ne voulant pas dire sans importance).

avatar Bigdidou | 

@Philomo
"Le FN n'est ni antisémite, ni xénophobe"

C'est sûr qu'en niant l'évidence...
Ou alors vous ne savez pas ce que veut dire xénophobe et vous confondez avec xylophobe ?

avatar Philomo | 

Expliquez en quoi le FN dans ses analyses et le programme qu'il propose serait xénophobe et antisémite.

avatar Bigdidou | 

@Philomo
J'ai écrit xénophobe.
Antisémite, c'est monsieur Le Pen et le reste de la galaxie d'extreme droite, Rivarol, Faurisson et ses potes. Vous voulez des détails ?

1ère colonne :
Xénophobie : http://www.cnrtl.fr/definition/xénophobie
A noter qu"en psychiatrie le suffixe -phobe renvoie à la peur et non à l'hostilité, mais de la peur découle l'hostilité puis la haine et la destruction de l'autre.

2ème colonne : Google/front national immigration
Que de l'amour...

"S'il n'y avait pas ces immigrés qui acceptent ces conditions de travail inacceptables"
C'est juste effarant comme dialectique.
Ils sont en position de faiblesse, immigré ou pas on accepte ce qu'on vous propose : on capitule. C'est le problème général des travailleurs pauvres.
Pourtant, la capitulation, c'est un concept bien connu de l'extreme droite française, me suis-je laissé dire.
Ce qui est injuste c'est l'offre, et reprocher à des gens en position de soumission d'accepter une offre injuste alors que leur survie en dépend, c'est juste ignoble.

Et vous étonnez quand on parle de xénophobie ?
Mais que vous faut-il d'autre ?
Assumez, au moins.

avatar Philomo | 

Il n'y a pas plus d'antisémitisme que de xénophobie au FN.

Concernant la xénophobie, votre argument montre bien que vous n'avez rien compris à la situation !

Ce n'est pas le FN qui justifie la politique d'immigration au motif que les immigrés acceptent des conditions de travail inacceptables ce sont ses adversaires, ce sont ceux qui sont actuellement au pouvoir !
Ce n'est pas le FN qui les met dans ces conditions, ce sont ses adversaires, c'est leur politique, pas celle du FN qui justement la combat.

Le FN ne s'est jamais attaqué aux immigrés en tant que tels, mais à la politique qui conduit à leur exploitation et donc à leur mise dans des situations impossibles qui les conduisent à rejeter notre société.

Les xénophobes, les racistes ne sont pas au FN, mais bien chez ceux qui justifient la politique d'immigration par le fait que les immigrés acceptent des conditions de travail inacceptables pour les Français.

avatar Bigdidou | 

@Philomo
"Concernant la xénophobie, votre argument montre bien que vous n'avez rien compris à la situation !"

Ah, la classe dominante (appelons un chat, un chat) fait d'intéressantes propositions pour un travail donné, mais il y a une surenchère vers le bas venue des "immigrés" pour voler le travail et le pain des français ?
En conséquence de quoi, foutre dehors les 'étrangers", va mathématiquement rehausser la qualité de l'offre de la part de cette classe dominante, spontanément bienveillante dès lors qu'elle s'adresse au bon travailleur national.
Bien dûr.
J'en est foutu en hdt pour moins que ça.

avatar Philomo | 

Qu'est-ce que vous racontez ?
C'est pourtant simple ! des immigrés arrivent, ils cherchent du boulot (pas tous), tombent sur des patrons pas bien honnêtes ou qui n'ont pas d'autre choix à cause de la concurrence, qui leur proposent ces jobs durs et sous payés (souvent dans des conditions illégales). Ils acceptent vu que par comparaison avec leur pays le salaire paraît mirobolant. Malheureusement ils se rendent vite compte de l'arnaque, que leur salaire ne leur permet pas de vivre correctement en france. Mais que faire ? s'ils partent ils sont immédiatement remplacés par d'autres immigrés. C'est comme ça que les salaires sont tirés vers le bas.

Arrêter le flux d'immigrés va forcément conduire ces employeurs à ne plus trouver preneur dans ces conditions. Donc ils vont augmenter les salaires s'ils veulent pouvoir continuer leur activité.

C'est si difficile à comprendre ?

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