Témoignage : un mois sous Linux, après des années sur Mac

Nicolas Furno |

Benjamin, notre développeur iOS, n’avait jamais connu que des Mac. Ses parents avaient déjà un Macintosh Plus et il n’a toujours utilisé que des ordinateurs conçus par Apple… sauf contraint et forcé pour ses études. Une fidélité de plusieurs années qui n’est plus d’actualité aujourd'hui : depuis un petit peu plus d’un mois, son Mac personnel ne tourne plus sous OS X Yosemite, mais sous Linux.

« Utilisez un système qui fonctionne : utilisez Linux »

Bien sûr, ce n’est qu’un témoignage, mais un témoignage intéressant : pourquoi un utilisateur de longue date de Mac et d’OS X voudrait changer en 2014 ? Qu’est-ce qui a motivé le changement ? Que peut-on faire sous Linux et qu’est-ce qui manque par rapport au système d’Apple ? On fait le point…

Pourquoi abandonner OS X ?

Il y a plusieurs raisons, évidemment, mais quand on lui pose la question, notre développeur s’arrête surtout sur un problème qui l’a poussé à aller voir ailleurs. Apple a changé le rythme de sorties de son système d’exploitation et depuis quelques années, une mise à jour majeure sort tous les ans. OS X s’est calé sur le rythme de sortie d’iOS, si bien que l’on a tous les ans une nouvelle version.

L’époque des (grosses) boîtes pour OS X est révolue… désormais, tout se fait via le Mac app Store.

Ce rythme annuel est une bonne chose sur le papier. Tous les ans, on a de nouvelles fonctions et OS X a été rapidement enrichi depuis OS X Lion. Sauvegarde automatique, mode plein écran, LaunchPad et plus récemment Handoff et les autres fonctions de Continuité : Apple gâte ses utilisateurs. Mais il y a un revers de la médaille : à sortir une nouvelle version tous les ans, Apple introduit plus de fonctions, mais aussi plus de bugs qui ne sont pas toujours corrigés d’une année sur l’autre.

Ce sont ces bugs qui ont parfois tendance à s’accumuler qui ont fini par exaspérer Benjamin. Et si on lui demande un exemple, la réponse fuse : OS X Mavericks a introduit plusieurs bugs liés à la gestion des images. De fait, Aperçu avait souvent besoin de quelques secondes pour afficher les photos les plus grosses, la fonction Coup d’œil, si pratique en temps normale, était devenue inutile à être aussi lente… Et puis le module pour Coup d’œil, qlImageSize (qui affiche les dimensions et le poids des images), développé également par Benjamin, ne fonctionnait plus avec ce système et n’a pas fonctionné pendant un an.

Heureusement, ce bug a été corrigé avec Yosemite, mais notre développeur n’a pas du tout apprécié la nouvelle interface du dernier système d’exploitation d’Apple. Son avis est, pour le moins, tranché, puisqu’il n’hésite pas à parler de « daube immonde » : les effets de transparence, le choix de Helvetica Neue en guise de police… Les griefs ne manquent pas et la lassitude aidant, il s’est mis en tête d’aller voir ce qui se passait ailleurs. Et puisqu’un système UNIX était une condition sine qua non, c’est du côté de Linux qu’il est allé voir.

Quelle distribution choisir ?

Depuis des années, les soutiens de Linux l’affirment : le temps de Linux est arrivé pour le grand public. C’est souvent l’occasion de moqueries de la part des détracteurs de ce système d’exploitation, ou plutôt de ces systèmes d’exploitation. Même si les distributions Linux évoluent d’une année sur l’autre, même si certaines sont simplifiées au maximum pour convaincre les utilisateurs les moins technophiles, « passer à Linux » est forcément plus complexe que chez Apple ou Microsoft. Et pour cause : il faut d’abord choisir sa distribution.

Des dizaines de CD désormais inutiles… (image automaciej)

Benjamin a opté pour Fedora, une distribution très populaire qui a été dérivée de Red Hat. Ce n’est pas un choix évident, d’ailleurs il le dit lui-même, il aurait très bien pu choisir Ubuntu ou bien encore Linux Mint qui est dérivée de celle-ci. Ce choix est important, car il détermine beaucoup de choses ensuite, tant côté interface que du côté des fonctions. En amont, le choix est aussi essentiel pour ne pas avoir de problème avec le matériel choisi : les distributions Linux ne sont pas conçues spécifiquement pour les Mac et si on en choisit une peu utilisée, on risque d’avoir des problèmes de compatibilités.

Dans ce contexte, le choix de Fedora est une bonne solution : par défaut, quasiment tout fonctionne et Benjamin n’a eu qu’à installer manuellement les pilotes de la carte Wi-Fi après installation (instructions). Certes, c’est un peu contraignant puisqu’il faut être connecté à internet pour le faire, mais c’est très simple et rapide. Bien entendu, il ne faut pas avoir peur du terminal, mais autant le dire d’emblée : même si les distributions ont été simplifiées, les lignes de commande restent souvent un passage obligé.

À part pour le Wi-Fi, l’installation de Fedora s’est faite sans problème sur le MacBook Air de 2013 utilisé par notre développeur. La distribution gère même, sans effort supplémentaire, les touches de fonctions du Mac pour augmenter/diminuer la luminosité de l’écran, du rétroéclairage du clavier et du son. En installant un lecteur musical, on peut aussi contrôler la musique avec les touches dédiées : c’est agréable qu’il n’y ait rien à faire de plus.

Fedora prend en charge les touches de contrôle pour la luminosité de l’écran, du clavier ou encore le volume sonore. Les touches de contrôle pour la lecture fonctionnent elles aussi parfaitement.

Pour ne pas perdre ses habitudes par rapport au Mac, il faut en revanche choisir la bonne configuration de clavier et bien opter pour la disposition des Mac. Par défaut, c’est un clavier PC qui est choisi, ce qui signifie par exemple que le @ n’est pas au-dessus de la tabulation, ou que les tirets se confondent avec les touches dédiées aux chiffres. Restaurer le bon clavier est assez facile toutefois : basé sur Gnome, Fedora dispose d’une application équivalente aux Préférences Système d’OS X. La disposition par panneaux est la même et en quelques clics, on trouve ce que l’on veut.

Les Préférences Système de Fedora

Malgré tout, il y a une différence qui n’a pas trop gêné Benjamin, mais qui déstabilisera sans aucun doute les utilisateurs de Mac : la distribution se cale sur Windows et utilise ctrl au lieu de la touche . Pour fermer une fenêtre, copier un fichier, mettre du texte en gras ou encore pour imprimer, il faut penser à changer ses habitudes, d’autant qu’il n’y a pas de manière simple de modifier ce comportement.

En contrepartie, la touche active une fonction très pratique avec Gnome, le bureau par défaut de Fedora. En apparence, il ne s’agit que d’un Mission Control revisité, puisque cette interface affiche toutes les fenêtres actuellement ouvertes et permet ainsi de passer d’un logiciel à l’autre. Mais cette vue en fait beaucoup plus : sur le côté gauche, on a une sorte de Dock, avec les logiciels ouverts et les plus utilisés ; sur la droite, on a les bureaux virtuels. Mais le plus intéressant dans cette vue, c’est le champ de recherche en haut qui reproduit le fonctionnement de Spotlight.

Le Mission Control de Gnome : en plus des fenêtres ouvertes actuellement au milieu, on a un Dock à gauche, des bureaux virtuels à droite (on les devine à peine) et surtout un champ de recherche en haut qui fonctionne un peu comme Spotlight. Cliquer pour agrandir

Notre développeur a très rapidement pris l’habitude et il faut reconnaître que c’est d’une efficacité redoutable : on appuie une fois sur la touche et on peut immédiatement taper les premières lettres d’un logiciel. Pas de quoi s’émerveiller face à Spotlight ? En un sens, c’est vrai, mais cette fonction de Fedora est rapide, vraiment très rapide. Et on prend vite l’habitude de lancer quelque chose en une seconde ou deux ; comparativement, la fonction d’OS X est d’une lenteur qui paraît infinie.

Cette recherche n’égale pas Spotlight sur le nombre de fonctions toutefois. Gnome est capable de chercher moins de choses et l’écart s’est encore creusé avec OS X Yosemite qui est capable de chercher des informations directement sur internet. Benjamin aurait bien aimé une redirection vers Google, mais ce n’est pas fait par défaut (on imagine que c’est possible de le faire d’une manière ou d’une autre…).

La recherche de Gnome, d’une efficacité assez redoutable. Cliquer pour agrandir

En 2014, on peut donc installer Linux sur son Mac et avoir une machine toujours aussi fonctionnelle. Pour ce MacBook Air par exemple, la machine entre et sort de veille comme il faut, le ventilateur ne s’active bien que lorsque c’est nécessaire et on peut très bien brancher un deuxième écran sur le connecteur Thunderbolt. Malgré tout, il reste quelques défauts qui pourront gêner : par exemple, le trackpad est bien pris en charge, mais a minima. On peut défiler à deux doigts, faire un clic secondaire à deux doigts, mais c’est tout.

Les gestes multitouch ne sont pas pris en compte et potentiellement plus gênant, on ne peut pas laisser un doigt sur le trackpad sans perturber l’utilisation. Si vous avez l’habitude, comme l’auteur de cet article, de laisser le pouce en permanence sur le trackpad, vous verrez vite le problème. Au lieu d’ignorer ce doigt comme OS X, Fedora agit comme si vous aviez vraiment deux doigts en action, ce qui a pour effet de sélectionner du texte, par exemple.

Comme OS X, Gnome affiche quelques informations sur le matériel dans la barre du haut, sur la droite.

Quels logiciels pour remplacer ceux d’OS X ?

Passer sur Linux, c’est bien, mais pour quoi faire ? La question se pose vite, car la majorité des logiciels disponibles sur Mac n’existent pas sur Linux et si vous décidez, vous aussi, de franchir le pas, il faudra changer vos habitudes et en prendre de nouvelles. Naturellement, la question des logiciels et des habitudes se posera différemment selon vos besoins et on évoquera ici ceux de Benjamin, notre développeur iOS et OS X.

Son MacBook Air étant une machine personnelle, ce n’est pas avec cet ordinateur qu’il développe les applications pour MacGeneration. Cela tombe bien, car Xcode n’est disponible que sur OS X, ce qui empêche tout « switch » vers Linux. Sur cet ordinateur, une bonne partie de l’utilisation consiste donc à naviguer sur internet sur ce point, le changement se fera très simplement. Benjamin utilisait Chrome sur Mac, une fois Linux installé, il n’a eu qu’à télécharger le navigateur de Google, se connecter et tous ses signets et tous ses paramètres étaient immédiatement disponibles. S’il utilisait Safari, il aurait fallu préalablement importer ces données dans Chrome ou encore dans Firefox avant la transition, mais cela reste assez simple.

Chrome est aussi disponible sur Linux et vous retrouverez immédiatement tous vos paramètres, les signets, les extensions et même les mots de passe des sites. Cliquer pour agrandir

Les logiciels multiplateformes compatibles également avec Linux ne sont pas les plus nombreux, mais il y en a malgré tout un bon nombre. Dropbox, par exemple, est aussi présent et on peut ainsi retrouver tous ses dossiers dans le navigateur de fichiers de Gnome. Benjamin a toujours un client IRC sous la main et il utilise XChat, que ce soit sur Mac ou sur son MacBook Air sous Fedora. Pour mettre en ligne des fichiers, c’est FileZilla qui a ses faveurs, là encore sur les deux systèmes. Et même s’il regrette son interface d’un autre temps (c’est un euphémisme), il le trouve aussi extrêmement efficace par rapport aux logiciels qui ne sont disponibles que sur Mac.

Parfois, le logiciel qui avait ses faveurs sur Mac n’existe pas sous Linux et dans ce cas, il faut trouver un équivalent. Souvent, c’est facile : pour écrire ou coder, Sublime Text a remplacé BBEdit et TextMate. Pour modifier une image, la recadrer le plus souvent, Gimp remplace Aperçu et cela lui suffit, mais il reconnaît que ses besoins en la matière sont extrêmement limités.

Gimp — Cliquer pour agrandir

Ce n’est pas toujours aussi facile toutefois et notre développeur a vite été confronté à un vieux problème du côté de Linux : les logiciels sont souvent moins ergonomiques, ou moins bien pensés que sur Mac. Pour le mail par exemple, il utilise Thunderbird, mais tout en regrettant son interface triste et son manque de fonctions de base (une extension est nécessaire pour gérer les conversations). Pour les flux RSS et pour Twitter, le choix est encore plus restreint et il est obligé de passer par le navigateur, faute de clients aussi bons que côté OS X (où il utilisait Reeder, notamment).

Même si Benjamin essaie depuis quelques années de ne pas trop dépendre d’Apple et de ses services, il reste quelques éléments bloquants. Par exemple, pour la musique, il n’a pas trouvé d’équivalent à iTunes, qu'il n'apprécie pas forcément, mais qu'il juge « moins mauvais » dans la catégorie. Sur Gnome, on peut installer Clementine (qui est aussi disponible sur Windows et OS X, d’ailleurs), mais on est loin des fonctions proposées par iTunes. Par défaut, une sorte d’iPhoto est installé (Shotwell), mais ne comptez pas sur une transition facile d’un gestionnaire de photos à un autre.

Shotwell, le gestionnaire de photos de Gnome. Cliquer pour agrandir

Benjamin ne joue pas, et c’est tant mieux car le catalogue de jeux compatibles avec Linux est encore plus rachitique que sur Mac. Et puis il n’a pas besoin de monter des vidéos et il ne dépend d’aucun logiciel spécifique à OS X, du moins si l’on excepte Xcode. En faisant la transition d’un système à l’autre, il faut accepter de changer ses habitudes, ce qui implique parfois de ne plus utiliser des logiciels pourtant très pratiques.

De manière générale, Linux reste en retrait sur ce point : ce n’est pas nécessairement qu’il y a moins de logiciels disponibles, mais plutôt que les logiciels qui sont proposés sont souvent moins agréables à utiliser ou moins complets. Par ailleurs, si les distributions grand public, comme Fedora, ont fait des progrès pour chercher et installer de nouveaux logiciels, on reste aussi loin de la simplicité d’Apple. Benjamin a beau se plaindre du Mac App Store et de la politique imposée par Apple, notamment en matière de sandboxing, le logiciel de Fedora qui permet de trouver et installer des applications est nettement en retrait.

L’équivalent du Mac App Store, mais pour Fedora. Cliquer pour agrandir

En apparence, c’est la même chose : on peut chercher des logiciels et les installer en quelques clics, et on peut ensuite les mettre à jour dans une section dédiée. Mais cette « boutique » (où l’on ne peut rien acheter) est bien vide. La plupart du temps, il faudra passer par le site de l’éditeur pour télécharger un logiciel, ou alors utiliser le gestionnaire de paquet de Fedora, yum. Et dans ce cas, il faut ouvrir le terminal et connaître les commandes nécessaires : ce n’est pas difficile, mais tout le monde n’a pas envie de passer son temps dans un terminal…

Puisque l’on parle de logiciels, notons au passage que Gnome dispose d’une fonction à la LaunchPad que Benjamin n’utilise jamais, mais qui rassurera les débutants. Les distributions Linux ont encore des progrès à faire toutefois, même s’il faut noter que certaines sont spécifiquement conçues pour les néophytes. On évoquait dernièrement une distribution basée sur Ubuntu, mais simplifiée en suivant le modèle d’OS X : Elementary OS. C’est sans doute une piste à envisager si on veut abandonner OS X.

Le LaunchPad de Gnome. Cliquer pour agrandir

Pour conclure

Quand on lui demande s’il est satisfait de son passage à Linux, Benjamin n’hésite pas longtemps : il ne regrette pas du tout son infidélité à OS X et compte bien laisser Fedora en place sur son MacBook Air. Du moins, tant que les choses n’évoluent pas du côté d’Apple : on n’efface pas des années passées avec un système d’exploitation et Linux reste en retrait sur quelques points.

Malgré tout, il se demande désormais s’il a encore intérêt à acheter des Mac à l’avenir. C’est bien la preuve que ce que propose Apple ne lui convient plus… et il est le premier à le regretter.


avatar Jef-67 | 

Il est clair que se creuse un écart fondamental entre les utilisateurs pros et amateurs. Les bugs et choix stupides d'Apple font que cet environnement devient de plus en plus difficile à exploiter en entreprise. Je prends l'exemple des graphistes, le choix dans l'interface d'une police aussi utilisée que l'Helvetica Neue est source d'emmerdes pour ceux qui utilisait la version OpenType ou Postscript dans leur documents depuis des années, et qui était géré par un Suitcase ou Unversal Type Server par exemple. L'autre souci, c'est qu'avant Maverick, nous n’avions en réseau hétérogène aucun souci, je faisais cohabiter Mac OS X, Windows, NAS, Linux sans problème. Le protocole SMB sur Maverick, et je n'ose tester sur Yosemite, est une véritable daube.
La façon dont Apple se comporte est détestable, et à contrario, je peux comprendre ceux qui défendent Apple, j'utilise toujours Mac OS X, mais comme le développeur de MacG, je songe sérieusement à migrer sur Linux. Mes XServes, qui supportaient mes serveurs de mails, web, et Applicatif SaaS, vont être remplacé fin d'année par un cluster sous Linux. Même mon Server de sauvegarde CrashPlan ProE va passer sous Linux. J'ai été très longtemps, un défenseur de la Pomme, mais là, ils nous ont trop pris pour des poires.

avatar John Maynard Keynes | 

@Jef-67

Les bugs et choix stupides d'Apple font que cet environnement devient de plus en plus difficile à exploiter en entreprise.

Et étrangement il n'y a jamais eu autant de Mac en entreprise qu'aujourd'hui ... vas comprendre :-)

Mes XServes, qui supportaient mes serveurs de mails, web, et Applicatif SaaS, vont être remplacé fin d'année par un cluster sous Linux. Même mon Server de sauvegarde CrashPlan ProE va passer sous Linux.

Choix on ne peut plus rationnel, quelle idée d'avoir fait reposer son infrastructure serveur sur des solutions Apple quand même :-)

avatar Jef-67 | 

Les Macs ont continués leurs progressions en entreprise et ce depuis Snow Leopard. De plus, il m'arrive souvent de vendre des macs sous Windows 7, ce qui va certainement changé vu la politique d'Apple en terme de matériels (Verrouillage matériels).
Quand aux XServes, ils ont été installés avec une certaine logique. A l'époque, Apple promettait ZFS notamment. Apple nous tenait un discours pro et affichait des ambitions, et ce fût un coup de massue quand Steve Jobs ( Le vénéré, mais aussi le mec qui comprenait rien à l'entreprise ) annonça l'abandon des XServes ...

avatar John Maynard Keynes | 

@Jef-67

C'est facile de se donner le "beau rôle" aujourd'hui mais je n'ai jamais cru à l'avenir des velléités d'Apple de percer sur les infrastructures serveurs, ne voyant absolument pas où pouvait se trouver leur avantage concurrentiel par rapport aux offres existantes.

Mais, je ne te jette absolument pas la pierre d'avoir cru aux promesses de la marque ;-)

avatar Jef-67 | 

Je dirais que cela m'oblige juste à changer de fusil d'épaule. Mes XServes 3.1 ont tenus et tiennent encore la charge et ce depuis 5 ans, machine solide.
Bien entendu, j'y suis allé pas uniquement sur les promesses d'Apple mais plutôt par "facilité" aussi.
J'attends de voir ce que va donner mon cluster ...

avatar John Maynard Keynes | 

@Jef-67

Si tu as les bonnes ressources cela ne devrait pas être trop douloureux ;-)

Bon courage en tout cas.

avatar zorg2000 | 

J'était admin serveur sur base oracle et machines compaq à l'époque des premiers Xserv.
On a put lire els tests de la presse pro de l'époque, celle qui n'a pas de compassion pour autre chose que les performance, ce que tu peux vendre a ton DSI et à ton comptable pour qu'il paie la douloureuse facture de tes besoins.

Bref, sur des requetets SQL les serveurs Xserv était 40 fois moins performants qu'AIX (un unix) et 20 fois moins performants qu'un NT4.0 serveur.

Sa disparition est sans doute au fait qu'ils ne les vendaient pas beaucoup, dans une salle serveur cadenassée et interdite au public le design ne sert à rien.

sans compter que Compaq et HP après faisait un SAV en 2H (2h pour un retour en production).
Actuellement un des macpro de la boite a laché, réponse d'apple, passez nous voir pour le changer, pas de retour via poste ou constructeur, il y a un apple center dans la vile voisine.

Chez dell, HP ou lenovo on nous dit, "on vous envois quelqu'un réparer dans les 24H).

La boite n'a jamais été pro.

avatar Jef-67 | 

Apple n'a jamais été ni business ni pro mais à l'époque nous étions là pour ça. Et aujourd'hui nous le somme toujours. Les tests qui ont été faits, ne l'était pas par des experts Apple, donc quid de la validité des tests. Mais j'avoue que l'on trouvait plus performans. Ce faisant en parlant de productivité, la maintenance (software) sur Xserve était telle, et aujourd'hui encore, que nous avions une réactivité sans pareille. Coté hardware, je me suis toujours obligé à avoir du spare pour avoir une réactivité équivalente. Et je défie quiconque de transférer une machine sur une autre aussi vite que sur Mac ...

avatar Jef-67 | 

Apple n'a jamais été ni business ni pro mais à l'époque nous étions là pour ça. Et aujourd'hui nous le somme toujours. Les tests qui ont été faits, ne l'était pas par des experts Apple, donc quid de la validité des tests. Mais j'avoue que l'on trouvait plus performans. Ce faisant en parlant de productivité, la maintenance (software) sur Xserve était telle, et aujourd'hui encore, que nous avions une réactivité sans pareille. Coté hardware, je me suis toujours obligé à avoir du spare pour avoir une réactivité équivalente. Et je défie quiconque de transférer une machine sur une autre aussi vite que sur Mac ...

avatar Shralldam | 

Il y en a qui se plaignent de l'article et son contenu. Soit.

Mais lire les commentaires est dix fois pire.

avatar ckermo80Dqy | 

Facile d'y remédier… tu me suis ?

avatar andr3 | 

Bonjour,

Article très intéressant qui pose les bonnes questions sur le choix d'un OS.

A chaque OS son utilisation et ses caractéristiques.

J'ai quitté Windows courant 2011 pour mon premier Mac (MBA 13") et actuellement j'ai un mid-2011. Tous les eeux sont des machines utilisées comme machines professionnelles connectées pour le 1er MBA dans un domaine Windows et ce sans aucun problème. Mon 2ème MBA me permet de passer d'un environnement Windows Entreprise à des serveurs tournant sous Linux (CentOS) et Mac OS X pour tout le reste (messagerie, textes, développement, ...).

Je ne pourrais pas, à l'heure actuelle avec l'orientation prise par Windows, retourner sur une machine Windows.

J'utilise Linux (Ubuntu et CentOS) pour mes serveurs.

Alors oui, peut être que OS X Yosemite (pas encore migré vers celui-ci) est "plat" et que la police par défaut n'est pas parfaite mais selon mon expérience, le Mac BookAir avec OS X est la machine la plus stable et la plus robuste que je connaisse.

L'année prochaine verra un Mac Book Pro Retina arriver ...

my 2 cents ;-)

avatar N1kod | 

Dmg de catégoriser fedora ubuntu selon l'interface.
L'interface de l'un peut très bien être installée sur l'autre et inversement.

Fedora est loin d'être la distrib la plus populaire avec le plus de paquets disponibles.

Perso j ai Ubuntu 14.04 lts avec 5 ans de supports.
En 2016 il y aura une nouvelle lts avec de nouveau 5 ans de supports.
Le seul truc qui me manque c est de pouvoir jouer à battlefield 4.
Je ne fais pas de retouche mais il faut chercher les logiciels. Voir peut être ubuntu studio.
Steam dev son catalogue pour linux.
Libre office pour de la bureautique.
Thunderbird c est bien mais il y a des tas de clients mails sous linux.
Idem pour les lecteurs de flux rss pas bien comprit ce point!
Keepass handbreak logiciel de sauvegarde etc, Tout existe..
Les lecteurs de musiques sous linux. Il y en a beaucoup.
Mais a vouloir retrouver itunes, on râlera forcement..

Au pire, il y a tjrs la possibilité d installer des machines virtuelles si il y a vraiment un besoin bloquant.
Ca se fait tout seul avec virtual box par exemple et sans ligne de commande.
Comme parallèle desktop ou vmware sous osx.

avatar TrolloIol | 

N1kod
"Mais a vouloir retrouver itunes, on râlera forcement.. "

C'est même juste à cause de ça que les députés ont remigrer de linux vers windows, parce qu'il n'y avait pas itunes pour synchro les ipods/iphones...

avatar Ptimouss | 

Linux, le killer d'OS qu'on nous promets depuis des décennies ? Mouai... j'ai déjà donné et arrêté de croire au Père Noël (encore que lui, au moins, il passe vraiment tous les ans :-)). Comme d'autres, pour Benjamin, j'ai l'impression que c'est plus un caprice de ras-le-bol qu'un choix vraiment réfléchit.

Compréhensible vus certains choix d'Apple ces dernières années, mais on en reparlera dans 6 mois, quand il en aura marre de ne pas avoir le support complet (je dis bien complet) de toutes les fonctions d'un périphérique ou d'un autre matériel parfaitement supporté par OSX ou Windows. Hélas, encore aujourd'hui, on ne peut pas acheter n'importe quel matos pour linux, il faut bien se renseigner avant pour savoir quelles fonctions vont être supportées ou non: au mieux il y a un pilote linux inclu dans le noyau, le moins mal, le constructeur en fourni un, et au pire, il n'y a pas de pilote et votre matos est inutilisable.

Il se plaint de l'interface de Yosemite ? A lui la joie des applis KDE sur Gnome ou l'inverse, là il va comprendre sa douleur. Mais c'est vrai, la personnalisation des environnements de bureau est juste incroyable sous linux, on peut vraiment faire quasiment tout ce qu'on veut.

Pour un usage internet (web, mails, messagerie instantanée...) et bureautique basique, linux convient très bien, mais pour un usage plus multimédia (musique, photo, vidéos), c'est encore un peu trop "bancal", surtout en vidéo: quel logiciel aussi simple et convivial pour remplacer iMovie ? Il y des gestionnaires de photos mais les distrib' ont tendances à changer celui par défaut trop souvent, pas bien grave mais chiant quand on a configuré le sien aux petits oignons et qu'un maj vient en substituer un nouveau.

Linux est évidemment parfait pour tout ce qui est serveur, monde dans lequel il est très présent depuis sa création.

je ne parle même pas de l'utilisation du terminal encore trop souvent nécessaire pour résoudre des problèmes. On peut s'en passer tant qu'on reste dans les clous, mais il devient quand même vite indispensable d'en connaître quelques commandes pour vraiment s'en sortir en cas de pépins. Ceci dit, c'est très formateur et ça aide bien le futur switcheur vers OSX. J'ai utilisé linux en dual-boot avec windows et l'apprentissage de linux (arborescence, terminal...) m'a bien aidé lors de mon switch sur Mac.

Bref, si vous êtes un particulier qui aimez perdre votre temps en parcourant les forums jusqu'à pas d'heures pour faire fonctionner un truc qui marche tout seul et en 2s sous OSX ou windows, linux est pour vous. Linux a fait de très gros progrès ces dernières années, mais certains de ses fondements l'empêchent de se hisser au niveau de MacOSX ou Windows pour rivaliser avec eux, à commencer par le premier d'entre eux: l'open-source (sa grande force et sa grande faiblesse).

Reste l'avantage du prix et la possibilité d'installer linux sur beaucoup de PC et de Mac, même assez vieux, ce qui n'est pas négligeable il faut le reconnaître.

avatar Mark Twang | 

Je suis d'accord avec toi sur toute la ligne. Mais je crois encore que Linux reste le noyau de quelque chose à venir, notamment grâce aux nano ordinateurs vendus en barebone qui se développement à toute vitesse (Raspberry Pi, Beaglebone, etc.)

avatar Cap.Achab | 

Y'a quelques approximations dans cet article qui peuvent faire tiquer les libristes ou amateurs de distributions Linux.

D'abord, "passer sous Linux" ou "utiliser linux", ça ne veut rien dire. Linux c'est le noyau, le système en entier est composé du noyau de Torvalds, agrémenté d'un système GNU. On parle de système GNU/Linux. De la même manière que l'on n'utilise pas "darwin", ou "XNU", mais Mac OS X, on utilise "une distribution Linux", ou "GNU/Linux".

Ensuite, Fedora n'est pas basé sur Gnome. Ca ne veut rien dire. Fedora propose un système basé surGNU/ Linux avec ses propres outils d'administration, et met à disposition (= a les packages) l'environnement Gnome.

Fedora n'est pas une dérivée de Red Hat, mais plutôt de FedoraCore. C'est au contraire la Red Hat qui est une dérivée de Fedora : cette dernière sert de "labo" communautaire, où c'est la communauté qui intègre, développe et teste, chapeauté par Red Hat, pour ensuite donner la version payante mais stabilisée au chapeau rouge.

Enfin, GNU/Linux n'est pas un système UNIX, mais POSIX. C'est sensiblement différent. Pour faire simple, ça reproduit le comportement d'un UNIX, mais ça reste "un émulateur de UNIX", et c'est exactement en ces terme que Linus torvalds a développé son noyau.

avatar John Maynard Keynes | 

@Cap.Achab

Enfin, GNU/Linux n'est pas un système UNIX, mais POSIX. C'est sensiblement différent. Pour faire simple, ça reproduit le comportement d'un UNIX, mais ça reste "un émulateur de UNIX"

Si tu veux être rigoureux tu as intérêt à ré-écrire cette partie de ton propos, qui est plus que discutable ;-)

Particulièrement en ce qui concerne ta vision de ce qu'est POSIX ;-)

avatar Mark Twang | 

En plus, il me semble que le coût de la certification POSIX a dissuadé la plupart des distributions, non ?

avatar John Maynard Keynes | 

@Mark Twang

Yep ;-)

avatar Cap.Achab | 

J'ai écrit "pour faire simple" et "sensiblement différent".
En gros, pour faire moins simple mais peut-être plus juste, c'est pas un UNIX au sens premier du terme (ce n'est pas un *BSD, un Solaris, etc...), contrairement à OS X qui vient de FreeBSD, mais une "implantation libre" (dixit Wikipedia) d'un système UNIX ("Minix", précisément, Torvalds a en gros écrit un émulateur de Minix qui a donné naissance à Linux) qui respecte la norme POSIX. Un système de type UNIX, en fait.

avatar Ptimouss | 

Oui mais au final on s'en fout, et l'utilisateur lambda encore plus. Tout ça est très intéressant philosophiquement parlant (sans ironie vraiment), mais le résultat pour Mme Michu (la fameuse) qui veut juste brancher son caméscope, monter et envoyer sa vidéo à la famille est le même: galère sous linux, fait en quelques clics sous OSX.
36000 distrib', KDE, Gnome, xfce... des clients mails, web, musiques, photos à foison... c'est justement là le problème: trop de choix tue le choix. La force de l'open-source est aussi sa faiblesse: la dispersion des ressources (humaines, financières...). Les forks, c'est bien, sauf quand ils se tirent dans les pattes... ;-) Sans parler des pilotes encore trop problématiques (pour cause justement de licence open-source).

avatar John Maynard Keynes | 

@Ptimouss

La force de l'open-source est aussi sa faiblesse:

Sur ce point je te rejoins pleinement et je l'avais évoqué plus haut.

L'anarchie (Sans connotation péjorative) a ses limite quand il s'agit de proposer un produit attractif qui se doit d'être issue d'une vision au final assez dictatoriale.

Nous touchons les imites d'une absence de patron :-)

avatar Cap.Achab | 

"Nous touchons les imites d'une absence de patron :-)"
Là je ne suis pas d'accord.
Y'a des tas de projets qui n'en rien à envier à une entreprise. Debian a une hiérarchie de dingue, un système quasiment républicain avec des élections, des feuilles de route et des représentativités, Ubuntu fonctionne avant tout sur le seule base de Mark Shuttleworth et son soi-disant charisme, à la manière d'Apple des belles années, Fedora est chapeauté et dirigé par la giga-entreprise Red Hat, sans parler de la main mise d'Oracle sur certains des plus gros projets...
Chaque projet a son patron à sa manière, que ce soit un petit programme qui ne mobilise qu'une personne, ou un gros bousin qui a son équipe et son chef.
Linux lui-même (le noyau) a son équipe avec son patron, Torvalds, nommé "dictateur bienveillant à vie", qui a mine de rien un droit de vie ou de mort sur chaque module intégré.

A côté de ça, je suis entièrement d'accord avec le commentaire de Ptimouss. Ce qui tue le libre, c'est l'abondance. Mais ça n'a rien à voir avec les causes que tu avances.
Moi-même, libriste convaincu, je souffre de cette maladie appelée "distro-hopping". Je n'arrive pas à me poser sur un système, ou sur un environnement. J'attends toujours plus ou moins de chose d'un système, je lorgne ailleurs, et ça me fatigue. Au final je pose souvent mes valises sur un système peut-être plus fermé, restreint, mais du coup moins "éparpillé", moins dissipateur.

avatar John Maynard Keynes | 

@Cap.Achab

Là je ne suis pas d'accord.

C'est plus que normal car nous ne parlons pas de la même chose et c'est de ma faute car ma formulation était ambiguë ;-)

A côté de ça, je suis entièrement d'accord avec le commentaire de Ptimouss. Ce qui tue le libre, c'est l'abondance. Mais ça n'a rien à voir avec les causes que tu avances.

Si,si mais elle était fort mal avancée ;-)

Je ne vais pas reformuler car je suis en accord avec les grandes lignes de tes propos ;-)

avatar John Maynard Keynes | 

@Cap.Achab

C'est déjà mieux, l'histoire d'Unix et de ces diverses branches (BSD, System V ...) est assez complexe, s'ajoute à cela le projet GNU (Gnu's Not Unix), puis le noyau Linux ...

C'est ta vision de ce qu'est POSIX, qui me posait pb.

Posix est le fruit d'une volonté de normalisation portée par l'IEEE, spécifiant entre autre des API. Ce n'est pas une famille d'OS en soit, ce n'est pas une émulation d'Unix ...

Un OS peut respecter les spécification Posix sans être un Unix ...

Avancer, comme tu l'a fait, que GNU/Linux n'est pas un Unix mais un Posix n'a en fait pas de sens ;-)

GNU/Linux est un Unix-Like (c-à-d non SUS, tout comme BSD) en grande partie en accord avec la norme POSIX.

En prime un petit graphique pour visualiser la complexité de l'histoire d'Unix (Et encore il n'est pas exhaustif ) :

http://en.wikipedia.org/wiki/Unix-like#mediaviewer/File:Unix_history-simple.svg

avatar Cap.Achab | 

"GNU/Linux est un Unix-Like (c-à-d non SUS, tout comme BSD) en grande partie en accord avec la norme POSIX."
Bah au final on est d'accord, j'ai pu mal m'exprimer ou prendre un raccourci, mais on est d'accord. ;)

avatar John Maynard Keynes | 

@Cap.Achab

No problemo

Il ne s'agissait pas de faire débat, juste de clarifier les choses et d'éviter les ambiguïtés ;-)

La raccourcis sont hélas souvent périlleux ;-)

avatar Boboss29 | 

Pour avoir testé divers OS, je trouve que Linux est tout de même assez complexe pour les novices. J'ai essayé de l'installer chez des gens qui en avaient assez des problèmes de windows mais ne voulaient pas changer de machines, et à chaque fois c'était des soucis : Heu et comment je fait un montage vidéo, mon imprimante marche pas, etc... Il faut obligatoirement utiliser le terminal pour des actions hyper simple, farfouiller sur des forums, etc.. Je trouve qu'au contraire OSX fait oublier l'informatique en ne se consacrant que sur l'usage. J'entend pour des particuliers, après pour des serveurs, etc... je ne sais pas. Ma dernière mésaventure Linux, la personne ne pouvaient plus faire de mise à jour, car son OS n'avais pas été mis à jour depuis 1 an (c'était linux mint 15 je crois et ils en étaient à la 17), et bien hyper galère pour faire la mise à jour 15 à 17... Bref, je trouve que cet OS est trop complexe pour le commun des mortels. OSX à ses inconvénients, certes, mais pour avoir utiliser le trio WIndows, Linux OSX, je préfère largement la solution Apple.

avatar Mark Twang | 

Je me répète, mais pour moi, choisir Linux est un choix avant tout philosophico-politique, ce qui d'ailleurs est peut-être le plus noble type de choix, mais très éloigné du pragmatisme de la majorité de nos choix.

Quand il s'agit de travailler confortablement tous les jours, lorsque l'ordinateur n'est qu'outil de production de documents et de consommation de contenus, je n'ai rien trouvé de mieux qu'OS X. Pourtant, les raisons de m'énerver s'accroissent depuis Lion. Mavericks a un peu corrigé le tir mais je ne me sens pas du tout attiré par Yosemite et je vais faire durer Mavericks le plus longtemps possible sur mon iMac.

avatar John Maynard Keynes | 

@Mark Twang

Je me répète, mais pour moi, choisir Linux est un choix avant tout philosophico-politique, ce qui d'ailleurs est peut-être le plus noble type de choix

Sur le poste client c'est une évidence et elle est plus que défendable.

Par contre cela demande des efforts dont fort peu sont capable.

Richard Stallman a rasion sur bien de ses vus mais le publique est très loin d'être prés.

Quand on voit ce qu'il est capable d'accepter de Google en échange de quelques services de qualité gracieux ...

J'ai le plus grand respect pour la position cohérente des geek canal historique.

Par contre les néo-geek qui veulent : le beurre, l'argent du beurre et le cul de la crémière ...

avatar Mark Twang | 

"Par contre cela demande des efforts dont fort peu sont capable.
Richard Stallman a rasion sur bien de ses vus mais le publique est très loin d'être prés."

Je ne vais pas installer Linux sur le poste de mes parents. Ils ont leurs habitude et ils n'inventeront pas de nouveaux usages. Moi j'ai eu la chance de découvrir l'informatique avec la génération Z80, lorsqu'il fallait saisir le programme, taper des commandes pour la moindre opération. Du coup, j'ai toujours eu une certaine conscience de la nature de l'outil informatique.

GNU/Linux, est parfait pour les adolescents qui ont envie de découvrir l'informatique ; il est à mon avis nécessaire de ne pas s'en remettre aux tablettes à l'école* et de faire des clubs informatiques dans les collèges et de travailler sur Rapsberry Pi, Beaglebone, etc., des outils à leur dimension. C'est justement un domaine où GNU/Linux est le maître absolu.

* les tablettes peuvent avoir leur utilité si elles remplacent les manuels pour alléger les sacs, mais je ne crois pas du tout à leur utilité en tant qu'outil de découverte/formation à l'informatique.

avatar John Maynard Keynes | 

Au passage, il me semble possible aujourd’hui d’avoir suffisamment de recul sur l’épopée de GNU/Linux pour en tirer quelques enseignements.

Un des plus intéressant, de mon point de vu, réside dans l’implication de nombre des majors de l’industrie sur cette opportunité.

Beaucoup aveuglé par l’aspect gratuit de GNU/Linux ne voient pas à quel point ce produit est une source de business florissant et oublis que le développement de l’offre repose en très grande partie sur des investissements très conséquents des majors de l’industrie.

Le mythe d’un produit reposant sur la générosité de beaux esprit faisant gracieusement dont de leur temps et de leur énergies n’est qu’un fantasme médiatique, nullement une réalité.

Il est intéressant de constater que ces majors se sont très rapidement focalisé sur la part serveur des usages de GNU/Linux au détriment des fantasmes de solutions pouvant bouter Windows des postes clients.

La principale raison de ce fait provient d’un constat très pragmatique : bouter de manière conséquente Windows des postes clients relève du fantasme et présente fort peu d’intérêt économique.

C’était clairement un combat d’arrière garde où il y avait peu à gagner et qui a donc été abandonné par les majors pour le laisser à des opérateurs de moindre importances.

Même s’il existe des marchés de niche ici et là, même si les pays émergeants sont un peu plus porteurs sur ce front, la bataille du poste client est en grandes parties abandonnées.

D’autant plus que le secteur porteur d’avenir c’est fortement déplacé sur les terminaux mobile où MS est en relatif échec face à deux OS basés sur des dérivés d’Unix : iOS et Android.

Il n’est que la remise au goût du jour du mantra de John Cage chez Sun (The Network Is the Computer) par, entre autre Google avec les Chrome Book, qui pourrait à moyen terme faire évoluer sérieusement la donne.

avatar Mark Twang | 

Ce que tu dis est parfaitement exact. Mais c'est aussi un peu fataliste. Certes, la logique économique guide ce choix de réserver Linux au monde des serveurs. Mais le principe de GNU est de ne pas réduire l'informatique à la logique économique. Je pense qu'il y a encore beaucoup d'évolutions possibles de GNU en liaison avec des propositions économico-sociales alternatives. Mais comme tu le dis, ça ne se joue plus vraiment sur le champ des postes clients. GNU/Linux, c'est aussi l'informatique de l'utopie, et j'espère bien que l'utopie ne sera jamais totalement morte.

avatar John Maynard Keynes | 

@Mark Twang

L'économie reste le nerf de la guerre.

Bien évidement qu'il y a des marges de progressions, mais nous sommes, pour moi sur un combat d'arrière garde, qui n'intéresse plus qu'un microcosmes.

Les enjeux de l'époque ne sont plus là.

GNU/Linux, c'est aussi l'informatique de l'utopie, et j'espère bien que l'utopie ne sera jamais totalement morte.

T'inquiètes, je n'augure nullement cette mort :-)

GNU/Linux se portent fort bien, longue vie à lui.

Cela reste un des mouvements les plus important de l'histoire de l'informatique qui a fait bouger beaucoup de foncier, qui a connu des succès et des échecs ... mais qui reste remarquablement actif.

Après j'appel de mes voeux une remise à plat des paradigmes des OS qui en grande part commencent à être sacrément daté. Rien de conceptuellement renversant à se mettre sous al dent depuis fort longtemps.

avatar Mark Twang | 

@ JMK

"L'économie reste le nerf de la guerre."

Oui... mais "ce n'est pas ma guerre".

avatar John Maynard Keynes | 

@Mark Twang

ça c'est une illusion ;-)

nous sommes tous des rouages du système.

Même en ce qui concerne GNU/Linux, il ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui s'il n'avait pas était la source d'un business florissant attirant les majors de l'industrie ;-)

avatar Mark Twang | 

Ce n'est pas MA guerre parce que je ne me bats pas sur CE terrain.

Je dois toujours me répéter, mais je précise à nouveau que
- je suis un usager d'OS X et de Windows.
- je ne crois pas qu'il faille chercher à imposer GNU/Linux auprès de l'utilisateur final à cause des problèmes inhérents au modèle de développement de l'OS Libre.

Pour moi, le point fort de GNU/Linux est d'être un environnement de découverte de l'informatique et de prospective pour la conception de produits nouveaux, notamment pour l'informatique embarquée dans des projets innovants (robotique, drones, appareils connectés, etc.)

Ce qui m'intéresse, c'est d'ouvrir des horizons à d'éventuels futurs ingénieurs, développeurs ou que sais-je d'autre qui auront à un moment besoin d'avoir recours à un système informatique complet et souple pour leurs besoins. Il y a un combat derrière qui m'intéresse beaucoup plus que celui de la conquête des marchés existants. C'est celui de l'émergence d'une nouvelle société post-capitaliste, utopique certes mais matrice de changements que beaucoup appellent de leurs vœux et que Jeremy Rifkin tente d'analyser dans ses ouvrages. J'ai juste envie de planter des graines. Je n'attends rien pour moi.

"en ce qui concerne GNU/Linux, il ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui s'il n'avait pas était la source d'un business florissant attirant les majors de l'industrie"

Ton argument repose sur une confusion gênante entre le Libre (aspect philosophique de GNU) et l'OpenSource (modèle de développement de Linux). Oui, l'OpenSource est intégré au système. Non, cette intégration n'est pas l'âme du Libre.

avatar John Maynard Keynes | 

@Mark Twang

Ce n'est pas MA guerre parce que je ne me bats pas sur CE terrain.

Avec cette mise en perspective c'est plus claire sur ce point ;-)

Le propos précédent laissait place à l'interprétation.

Ton argument repose sur une confusion gênante entre le Libre (aspect philosophique de GNU) et l'OpenSource (modèle de développement de Linux). Oui, l'OpenSource est intégré au système. Non, cette intégration n'est pas l'âme du Libre.

Je ne crois pas qu'il y est confusion quand j'affirme qu'en ce qui concerne GNU/Linux, il ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui s'il n'avait pas était la source d'un business florissant attirant les majors de l'industrie ;-)

Par contre ta séparation entre Libre et OpenSource mes gène, les deux sont aussi des visions de portée politique et philosophique même si l'un ne peut être réduit à l'autre.

Et ces deux aspects font parti des moteurs du sucés économique de ce type d'offre.

Nos "désaccords" ne sont qu'à la marge et sont surtout le fruit des difficultés de formulation d'un forum ;-)

avatar Mark Twang | 

@JMK

Par contre ta séparation entre Libre et OpenSource me gène, les deux sont aussi des visions de portée politique et philosophique même si l'un ne peut être réduit à l'autre.
Et ces deux aspects font parti des moteurs du sucés économique de ce type d'offre.

Pourtant je persiste : le libre n'a pas de modèle économique. Ce n'est pas son propos. L'OpenSource si. L'OpenSource est un produit dérivé du libre à vocation commerciale. C'est la vision pragmatique de Linus Torvalds, qui y voit un modèle de développement efficace, contre celle philosophique et éthique, de Stallman, qui y voit une nécessité morale.

Le Libre, c'est l'affirmation que l'informatique est un domaine d'expression qui ne doit pas être entravé par des considérations économiques. Le but du Libre est de ne pas reposer sur la génération de profits mais sur la possibilité pour chacun d'apporter sa pierre à la réalisations d'oeuvres ou de solutions pratiques. Le cœur du Libre, c'est la licence GPL GNU, pas le noyau Linux. Le Libre, c'est de l'utopie en pratique, avec toutes ses limites et ses défauts.

avatar John Maynard Keynes | 

@Mark Twang

Là nous rentrons dans un intéressant débat d'idée.

Ton assertion Le Libre, c'est l'affirmation que l'informatique est un domaine d'expression qui ne doit pas être entravé par des considérations économiques. n'est pas dans les credo de la FSF et de Richard Stallman .

Comme le restant d'ailleurs.

Cette vision "socialisante" du concept ne représente que celle d'une fraction des thuriféraires de l'approche mais n'est en rien son dogme fondateur.

La dimension économique n'a jamais été oubliée par Stallman, qui c'est toujours défendu d'avoir une vision radicale par trop difficile à tenir aux US.

La vision de la FSF repose en bonne partie sur le fait de considérer que le modèle n'est en rien antinomique avec une croissance économique, c'était même un de ses paris, fort discuté et pourtant réussi ;-)

On peut faire du business très profitable, sans pour autant être obligé d'entraver le logiciel, c'est la grande révolution de la FSF.

avatar Mark Twang | 

@ JMK

Ton assertion Le Libre, c'est l'affirmation que l'informatique est un domaine d'expression qui ne doit pas être entravé par des considérations économiques. n'est pas dans les credo de la FSF et de Richard Stallman .

Hem... je t'encourage à suivre l'épisode mémorable du GNU/Linux Action Show avec Richard Stallman.

"Richard Stallman joins us to celebrate our 200th episode, and we ask him about his hard stance on proprietary software and the unethical people who make a living from it."

Accroche-toi à tes chaussettes : Bryan Lunduke, grand thuriféraire de l'Open Source, n'en revient pas.

https://www.youtube.com/watch?v=radmjL5OIaA

Sinon, je suis entièrement d'accord avec toi : la FSF a toujours dit que cette vision du logiciel libre n'était pas incompatible avec la croissance économique. Simplement, pour elle la vision éthique du libre l'emporte toujours sur sa concrétisation financière éventuelle. C'est le contraire de la vision OpenSource qui voit dans son modèle le meilleur modèle économique possible, étant en surplus compatible avec la liberté des utilisateurs.

avatar John Maynard Keynes | 

@Mark Twang

Merci de partager ce moment, que je connaissais.

Là nous sommes dans une phase du combat qui n'est plus celle du départ, c'est après la victoire de la démonstration que c'était possible.

Pour avoir connu les premier pas de GNU, je peux te garantir que le discours était bien plus modéré alors quand à ces aspects ;-)

Sauf erreur la position officielle de la FSF reste toujours assez mesurée sur ces questions.

Nous sommes dans le débat de détail, mais la vision initiale ne fait pas abstraction des enjeux économiques, elles comptent au contraire les révolutionner.

Toujours intéressant de discuter de l'histoire en fait ;-)

avatar Mark Twang | 

En parlant d'histoire, nous sommes à un de ses tournants avec la question de plus en plus préoccupante de la domination de systèmes propriétaires ouverts à l'espionnage par les services américains, révélé/confirmé par wikileaks. Il devient dorénavant crucial de pousser des modèles alternatifs car la sécurité nationale est en jeu, ainsi que celle des entreprises. La Chine, la Russie, l'Inde... et même dans une certaine mesure la France (circulaire Ayrault : http://circulaire.legifrance.gouv.fr/pdf/2012/09/cir_35837.pdf) en ont bien pris conscience. Après, c'est comme pour la question de l'environnement, savoir n'est pas toujours vouloir et vouloir n'est pas toujours pouvoir.

avatar John Maynard Keynes | 

@Mark Twang

Les questions de la sécurité, de la confidentialité, de la monétisation de la vie privée sont effectivement aux coeur des enjeux de l'époque.

Et cela ne concerne évidement pas que la question de l'ingérence des états.

L'édifice actuel des infrastructures est un colosse aux pieds d'argiles.

Les citoyens (moi compris) acceptent de vendre leurs âmes en échange de quelques conforts.

Les lois, la fiscalité et les pratiquent sont très loin d'être adapté aux révolutions que nous avons vécu.

...

Nous vivons sur le principe du "jusqu'ici ça va" de l'homme en chute libre :-(

avatar Mark Twang | 

@JMK
L'édifice actuel des infrastructures est un colosse aux pieds d'argiles.
Les citoyens (moi compris) acceptent de vendre leurs âmes en échange de quelques conforts.
Les lois, la fiscalité et les pratiquent sont très loin d'être adapté aux révolutions que nous avons vécu.
Nous vivons sur le principe du "jusqu'ici ça va" de l'homme en chute libre :-(

Voilà, nous nous rejoignons.

Le libre n'est pas une solution pratique... du moins pas encore. Mais c'est un chemin dont le but est de nous éloigner du bord du précipice.

avatar BeePotato | 

@ Mark Twang : « L'OpenSource est un produit dérivé du libre à vocation commerciale. »

Hé ! Ne renversons pas les choses, merci : c'est le « libre » qui est un produit dérivé de l'opensource (à vocation idéologique).

avatar Mark Twang | 

Les deux meilleures raisons de choisir Linux sont l'éthique (librisme) et la technique (open source). Pour ces deux raisons, GNU est le projet informatique qui m'excite le plus en tant que champ d'exploration de la nature de l'informatique.

Pour éviter la maladie du distro-hopping, tout en essayant de coller au plus près à la philosophie de GNU (mais sans tomber dans les excès de la Free Software Foundation), je colle à Debian. Seul un petit projet sous Arch me ferait faire une infidélité.

Pour arriver un jour à une expérience utilisateur à la hauteur des standards modernes, j'espère sincèrement un aboutissement du projet Gnome, qui souffre d'une certaine instabilité dans son mode de développement qui a découragé plus d'un développeur de bonne volonté à ce jour. Mais bon sang, il y a vraiment de belles et bonnes idées dans ce shell.

avatar rikki finefleur | 

@mark twan
Je te suis tout a fait de ton avis sur l'adoption des raspberry pi et autres qui vont permettre de découvrir une autre informatique. Tu es un vrai message d'espoir.

Et question desktop, il faut le rappeler, la première des libertés est de ne pas se faire imposer un achat de matériel du constructeur pour faire tourner son OS.
Un boulet de la vieille informatique que certains constructeurs essayent de ressusciter ou continuent à vendre. On les comprend , mais ce n'est pas vraiment une liberté. Loin de là.

avatar John Maynard Keynes | 

@rikki finefleur

Je te suis tout a fait de ton avis sur l'adoption des raspberry pi et autres qui vont permettre de découvrir une autre informatique. Tu es un vrai message d'espoir.

Effectivement se type d'approche est en train de bouleverser la donne du marché de l'informatique et de faire bouger les frontières comme jamais au paravant :-)

Que ne faut-il pas lire, nous avons là une micro-niche fort sympathique et intéressante, mais nullement les précise d'une révolution pouvant porter je ne sais quel message d'espoir, répondant à je ne sais d'ailleurs quel désespoir.

Pages

CONNEXION UTILISATEUR