Tony Fadell : un peu d'Apple chez Google

Mickaël Bazoge |

À la fin des années 90, Tony Fadell avait demandé à un investisseur potentiel de mettre un peu d'argent dans sa start-up Fuse Systems. Son argument était le suivant : « Je suis le gars qui en connait plus que n'importe qui sur les produits mobiles ». Une boutade certes, qui ne lui a d'ailleurs pas rapporté un sou à l'époque, mais qui résume assez bien les compétences du personnage. Dix ans plus tard, il avait dans son portfolio l'iPod qui a révolutionné non seulement l'écoute musicale en mobilité en emboîtant le pas au Walkman de Sony, mais également toute l'industrie de la musique — sans oublier de faire rentrer Apple sur un nouveau marché que l'entreprise dominera dans les années à venir avec l'iPhone, pour lequel Tony Fadell a également eu son mot à dire.

Après avoir quitté Apple en 2008, il passe pratiquement deux années à retaper sa maison de vacances et c'est à cette occasion qu'il se rend compte de la médiocrité des thermostats, contre lesquels il peste régulièrement. L'idée de Nest était née. Fin 2009, il se lance dans un tour de table afin de financer cette nouvelle start-up, pour laquelle il n'a aucun mal à récolter les fonds. Après le lancement du thermostat et d'un détecteur de fumée — qui rencontre quelques soucis de fonctionnement —, l'entreprise est achetée par Google en début de cette année pour 3,2 milliards de dollars.

Tony Fadell, qui fait l'objet d'un long portrait dans Fortune, est un des rares « disciples de Steve Jobs » qui a su trouver sa voie en dehors d'Apple, tout en conservant dans l'ADN de ses produits quelque chose de la Pomme. L'acquisition par Google de Nest, qui sur le papier peut paraitre surévaluée, ne l'est finalement pas tant que ça si on la regarde sous un autre angle : le moteur de recherche s'est offert ici un peu de ce qui a fait le succès d'Apple durant la décennie 2000. Comme le dit Randy Komisar, un des investisseurs qui ont cru à l'aventure Nest, « je pense que Larry [Page] s'est offert le génome d'Apple pour pas cher ». Beaucoup avaient espéré qu'Apple achète Nest : dans un mouvement qui aurait rappelé l'acquisition de NeXT, Tony Fadell, de retour au bercail, avait toutes les capacités pour devenir CEO du constructeur de Cupertino… c'est du moins ce qui se murmurait à l'époque dans la Silicon Valley.

Le Velo sans roues de Philips.

Le natif du Michigan, qui a étudié dans le domaine de l'informatique (comme beaucoup, il a débuté sur un Apple II), a débarqué en Californie en 1991. Il a persuadé Philips de l'embaucher afin de concevoir des produits mobiles basés sur Windows CE. Il a développé deux terminaux, les Velo et Nino, des PDA à la Palm Pilot, qui ont reçu à l'époque des critiques élogieuses. Malheureusement, les commerciaux de Philips à l'époque étaient plus intéressés, financièrement parlant, par les ventes de téléviseurs. Tony Fadell a retiré de cette expérience mi figue, mi raisin qu'un bon produit n'est rien sans le support du marketing, des commerciaux, et de l'équipe dirigeante.

Des rapports houleux entre deux fortes têtes

Quand Steve Jobs et Jon Rubinstein sont venus le trouver pour travailler sur un projet de baladeur musical, cela a fait partie des conditions posées. « J'avais connu une faillite du marketing chez Philips. J'avais construit un produit que nous ne pouvions ni vendre, ni distribuer. Je savais que nous avions besoin du support des dirigeants », explique Fadell. La réponse de Jobs a été sans équivoque : avec l'iPod, « nous nous attaquons à Sony ».

En 2007, la dream team de Steve Jobs : de gauche à droite, Phil Schiller, Tony Fadell, Jony Ive, Scott Forstall, Eddy Cue. Crédit Jonathan Sprague, Redux.

Si Fadell a débuté à Cupertino comme consultant, il est rapidement devenu un salarié à plein temps, malgré un caractère visiblement pas facile : il s'est souvent écharpé avec Rubinstein et Scott Forstall, décrit comme sa « némésis ». Mais c'est avec Steve Jobs que les relations ont été les plus orageuses. La légende veut qu'à plusieurs reprises, le CEO ait viré Fadell. En fait, corrige l'intéressé, c'est lui qui démissionnait… avant évidemment de revenir (au moins deux fois, se rappelle-t-il). Fadell raconte ainsi s'être pris le bec avec Steve Jobs quand Apple a réassigné plusieurs des membres-clé de l'équipe iPod à un autre projet. Devant la démission de Fadell, Jobs lui a simplement dit qu'il « réagissait de manière excessive ». « Je lui ai alors dit, "non, ce n'est pas excessif". Il faut savoir se défendre, personne ne le fera à votre place. »

Steve Jobs « trouvait que je posais trop de questions », ajoute Fadell. « Je n'arrêtais pas de lui demander "Eh bien, qu'est-ce que tu penses de ça ? Et de ça ?", et il répondait "J'en ai assez". Cela le frustrait. Mais quand il me posait des tonnes de questions, cela pouvait me frustrer à mon tour, et je pensais "Steve, laisse moi tranquille" ». Les relations entre les deux personnages ont alterné entre deux archétypes : la relation père/fils et professeur/mauvais garçon.

Il faut dire que Fadell n'a pas arrangé sa réputation lorsqu'il s'est mis en tête de fréquenter Danielle Lambert, une cadre haut placée dans la hiérarchie des Ressources humaines d'Apple. Jobs a surpris les deux tourtereaux dans le lobby du QG d'Apple, alors en plein milieu d'une discussion qui n'avait visiblement aucun rapport avec le travail.

Madame et monsieur.

Malgré tout, Tony Fadell bénéficiait d'une plus grande liberté que d'autres haut responsables d'Apple. Il pouvait ainsi rencontrer des investisseurs, des journalistes, d'autres entrepreneurs… ce qui était pourtant la chasse gardée de Jobs. Fadell et Danielle Lambert se sont mariés alors qu'ils travaillaient encore pour Apple. Ils ont quitté ensemble l'entreprise le même jour de 2008, avant de louer un appartement à Paris.

Pendant cette « retraite » de 18 mois, Fadell est tout de même resté consultant auprès de Steve Jobs. Le CEO d'Apple avait exprimé un certain intérêt pour Nest, notamment ce qui concerne l'aspect « économie d'énergie » du thermostat. Durant l'été 2011, Fadell était prêt à partager plus d'infos avec Jobs, et notamment lui dévoiler son thermostat… malheureusement, c'est aussi l'époque durant laquelle il a vraiment commencé à souffrir de sa maladie. « J'aurais aimé pouvoir lui montrer [le produit], mais ce n'était pas le bon moment ».

Nest, bâti sur l'inertie d'Apple

C'est avec un de ses anciens stagiaires chez Apple, Matt Rogers (qui prit rapidement du grade et fut responsable de l'iPod nano et l'iPod shuffle), que Tony Fadell créa Nest fin 2009. Il demanda également conseil auprès de Bill Campbell, président d'Intuit et membre du conseil d'administration d'Apple.

Il débauche beaucoup à Cupertino : spécialistes des affaires juridiques, ingénieurs, ressources humaines… « Apple est une grande entreprise », raconte Matt Rogers. « L'iPod en particulier n'a plus été une grande priorité d'Apple quand Tony est parti [en 2008], et le marché [des baladeurs numériques] déclinait. Voir partir ces talents pour faire quelque chose d'autre n'a pas déclenché beaucoup d'alarmes » chez Apple. Évidemment, Danielle Lambert a mis la main à la pâte, elle qui connaissait bien les profils pour les avoir embauchés chez Apple (lire : iStart-ups : qui sont les rejetons d'Apple ?).

Crédit Martin E. Klimek, USA TODAY.

Les profils embauchés par les deux fondateurs de l'entreprise, largement issus des rangs d'Apple, ont permis à Nest de bâtir très rapidement une grande crédibilité auprès des fournisseurs. Ainsi, la start-up n'a rencontré aucune difficulté pour rencontrer et travailler avec des sous-traitants, alors qu'habituellement, la relation de confiance est plus difficile et plus longue à bâtir. « Le CEO de Texas Instruments a même visité notre garage », s'amuse Shige Honjo, ex-ingénieur d'Apple spécialisé dans le spectre radio et un des premiers employés de Nest.

Il n'est donc guère étonnant de voir la culture d'entreprise de Nest partager des points communs avec celle d'Apple. Tony Fadell glisse son nez partout et n'hésite jamais, à l'instar de Steve Jobs, à rentrer dans les détails. C'est un boss exigeant qui en demande beaucoup à ses troupes. En revanche, au contraire de la Pomme, les informations ne sont pas cloisonnées et l'organisation en silo d'Apple n'a pas cours chez Nest. Tony Fadell apprécie ce décloisonnement, qui rappelle la culture de Google.

Google par intermittence

En 2009, aux premiers investisseurs, Tony Fadell présente deux produits, un thermostat et un détecteur de fumée. Avec dans les cartons des projets pour réinventer tous les objets ennuyeux de la maison en leur insufflant un peu d'intelligence. Fin 2013, Nest a fait circuler le mot : l'entreprise cherchait à lever un peu d'argent auprès des investisseurs. Google, qui a investi quelques dollars aux débuts de la start-up via Google Ventures, sent l'opportunité et propose de l'acquérir en intégralité pour 3,2 milliards de dollars (1 milliard pour la société, 2 milliards pour Fadell, raconte la légende).

De gauche à droite, Matt Rogers, Larry Page et Tony Fadell.

Nest fonctionne de manière autonome et emploie plus de 460 employés. « On a l'impression qu'on n'a pas vendu la société », explique Rogers, même si Tony Fadell tient Larry Page informé régulièrement (il passe une journée par semaine chez Google). De nombreux observateurs se sont beaucoup interrogés sur le sens de cet achat. « Google est prêt à investir des milliards dans cette entreprise durant les prochaines années », décrypte un investisseur du fonds Kleiner Perkins.

Nest travaille évidemment sur ses prochains produits. La culture du secret (là encore un héritage d'Apple) est de mise, mais Fadell a déjà fait connaitre son intérêt pour les systèmes de surveillance de la maison, la santé, la sécurité, la conservation de l'eau. Nous devrions mieux connaître certaines de ces nouveautés avant Noël… Pour le moment, l'ambition de Tony Fadell reste centrée autour de son protégé, mais il n'est pas interdit de penser qu'un jour, il veuille occuper plus de place au sein de l'organigramme de Google. Ses compétences y seront fort utiles pour hausser le niveau de jeu du moteur de recherche en matière matérielle, un domaine où Google pèche quelque peu (qu'on se rappelle du défunt Pixel Q ou du Chromebook Pixel). Et pourquoi pas, un jour, envisager de s'asseoir sur le siège de CEO de Google ? Voilà qui complèterait l'analogie de l'acquisition de NeXT par Apple…


avatar C2SC3S | 

Félicitations a l'auteur de cet article .

avatar Lestat1886 | 

Je ne comprends pas pourquoi Apple a laissé filer tous ces talents et n'a pas racheté Nest alors qu'ils auraient peut etre pu donner une autre dimension à leur Homekit... Nest semblait pouvoir être un bon complément à Homekit même si personnellement je ne suis pas convaincu du tout connecté et centralisé dans la maison (enfin surtout l'alarme et la sécurité quant au reste pourquoi pas...)

avatar Manu | 

Lestat1886

Je crois que la démarche d'Apple est plus globale que le rachat de Nest. HomeKit est un framework plus général qui permet à des sociétés externes de faire du Nest pour iOS voire plus.
Il me semble aussi que l'intérêt d'une connectivité dans une maison c'est la centralisation. Exemple. A partir de l'écran de son iPad ou de la télé, pouvoir voir ce qui se passe dans la chambre des petits enfants, l'état du gigot dans le four, la porte du garage etc.

Juste pour faire un pied de nez à Fadell qui se dit être Mr Mobile, que Nest est tout sauf un produit mobile :).

avatar Lestat1886 | 

@Manu :
Pas faux!! Merci pour ces precisions ;)

avatar Dark-Vador | 

Un thermostat Nest ça se contrôle depuis une app mobile ! Pas besoin que le thermostat soit mobile !

avatar Vanton | 

@Lestat1886 :
On parle d'un type qui a quitté volontairement Apple. Encore aurait-il fallu qu'il ait envie d'y revenir.

Jobs lui s'était fait virer, et c'était SA boîte. Le rachat de NeXT l'a rapatrié chez lui.

C'est très différent

avatar Lestat1886 | 

@Vanton :
Tu as raison sur ce point!

avatar béber1 | 

Lestat1886
"Je ne comprends pas pourquoi Apple a laissé filer tous ces talents et n'a pas racheté Nest alors qu'ils auraient peut etre pu donner une autre dimension à leur Homekit... Nest semblait pouvoir être un bon complément à Homekit même si personnellement je ne suis pas convaincu du tout connecté et centralisé dans la maison (enfin surtout l'alarme et la sécurité quant au reste pourquoi pas…)"

Pour ma part je pense que si cela ne s'est pas fait avec Apple, c'est surtout à cause d'un problème de calendrier, essentiellement la maladie de Jobs et sa mort.

Fadell est venu à Apple pour son iPod.
Il a surtout déployé ses compétences sur ce baladeur, qui rétrospectivement à servi de labo, de terrain d'expériences sur des petits appareils mobiles et donc de tremplin pour l'iPhone.
Quand Jobs présente son iPhone lors de la Keynote de 2007, il l'appuie sur 3 piliers (en faisant croire au début qu'il sagit de 3 produits différents):
-un iPod
-un telephone
- un butineur internet. (three times)

Le fait qu'il commence par l'iPod est très significatif pour moi dans la chronologie industrielle et ne doit, sur ce plan, rien au hasard. Car si Jobs s'est intéressé au projet de baladeur de Fadell en allouant une equipe d'une trentaine de personnes, c'est parce qu'il visait l'acquisition d'une expérience sur ce type de petit terminal mobile qui lui servirait pour lancer des projets d'iPad et d'iPhone.
Si ma mémoire est bonne, c'est Fadell aussi qui a amené dans ses cartons le projet d'un store de morceaux de musique pour alimenter son iPod. Avec pour conséquences de non seulement créer une manne financière bienvenue, mais aussi une synergie produit-service via iTunes, ultra efficace par sa simplicité et qui donnait une plus value à l'iPod et au Mac qui était au départ le seul micro à pouvoir le synchroniser ( la version itunes windows arrivera plus tard).

Pas étonnant dans ces conditions qu'il ait été un des partisans de l'App Store. C'est même d'une logique confondante.
C'est lui aussi -si mes souvenirs sont exacts- qui, arrivé trop tard sur le projet d'OS mobile sur une base Linux (à la suite de Rubinstein & co, parti ailleurs par la suite pour développer son Web OS..), appuiera la version OS X de Forstall.
Ce qui aura comme conséquences :
le SDK (avec le même XCode que pour Mac OS X, tiens tiens…),
l'abandon des WebApps
et donc le développement du marché de l'AppStore,
qui a entrainé à son tour le clash et la guerre contre Flash et les outils de dev. multi-plateformes d'Adobe, etc...

Tout cela pour dire que T. Fadell est un bonhomme qui a une vraie vision, une vision "produit" (ce qui n'ira pas sans quelques contradictions avec Google) et une vraie cohérence dans ses idées et leurs implications.

Le fait qu'il soit parti pour développer son Nest correspond bien, comme l'évoque Mickaël, à la baisse prévisible du marché des baladeurs, à cause de l'arrivée des terminaux mobiles qui de toute évidence les remplaceront à terme,
et sans doute au fait que Fadell devait avoir d'autres idées, d'autres centres d'intérêts qu'il voulait sans doute explorer et développer hors du cadre assez contraint de Cupertino.
Cela ne voulait pas dire au début que lui et ses collaborateurs se dissociaient définitivement de Apple, mais qu'ils prenaient de la distance pour explorer d'autres domaines qui auraient pu intéresser la Pomme dans le futur.

On connait la suite maintenant, il a voulu présenter son projet à S. Jobs, mais celui-ci étant top malade, la reconnexion avec Apple n'a pu se refaire. Puis il y a sans doute eu des problèmes de "successions" et donc de réorganisation au staff de Cupertino qui ont sans doute incité Fadell a conserver ses distances.
C'est là que Larry Page a dû intervenir et lui faire ses propositions visant à lui assurer une sécurité financière tout en lui garantissant, à lui et à ses équipes, une grande liberté de recherches.
Irresistible.

Mais je vois quand même là une contradiction -et une ambiguité- qui reposent
sur le fait que Google est plus centré logiciels et services internet
alors que Fadell est plus centré sur une vision produit.
On pourrait dire que c'est complémentaire et que ce n'est pas incompatible.
À mon avis cela le restera tant que Nest restera un département "libre" ou une société partenaire qui commercialisera des produits d'avant-garde qui seront des relais démonstratifs des services Google, via Android ou autre.

Mais, vu ce qui s'est passé avec Motorola Mobile et vu la logique de Google visant à diffuser le plus possibles ses solutions logicielles de manière universelle (avec les logiques OEM), on peut guerre imaginer un rapprochement plus important entre Nest & Google.
Il me semble que pour l'instant, Nest est un labo financé par Mountainview, essentiellement pour explorer et diffuser des exemples d'applications matérielles futures, dans le domaine de la maison ou dans d'autres, mais guère plus... même si ce n'est déjà pas rien.

De fait il me semble qu'il y aura toujours plus d'affinités entre Nest et Apple qu'avec Google, ne serait-ce que sur la vision de services numériques incarnés par des produits entièrement conçus et désignés de A à Z en interne

avatar aimstar | 

@béber1 :
Tu t'es trompé de fenetre je crois :) tu as écris un article dans les commentaires ^^

avatar Lestat1886 | 

Très interessant! Merci d'avoir pris le temps d'apporter cet éclairage :)

avatar xx-os | 

Moi je pense surtout qu'Apple n'est pas intéressé par la réalisation et la fabrication de ces produits notamment pour la domotique etc...
Il est admirable de voir combien Google et Apple sont en train de se croiser...
Google veut créer des produits périphériques, tandis qu'Apple est en train de créer un écosystème applicatif pour y accoler nombre de produits tiers, un peu comme le Made for iPod...
On le voit bien avec CarPlay (Apple ne cherche pas à fabriquer de voitures !), avec HomeKit et HealthKit... Apple n'a pas l'intention de fabriquer des thermostats connectés, des frigos connectés, des ampoules (style Hue) connectées, des enceintes connectées (ils se sont cassés les dents avec l'iPod hiFi...) ce sont des domaines trop pointus en dehors de leurs compétences et de leur vocation... Il est désormais assez facile de cloquer un wifi sur un périphérique basique et de le piloter à distance : il n'y a sans doute pas suffisamment de valeurs ajoutées soit trop de compétences qui ne sont pas dans leurs champs d'activité...
C'est sans doute pour cette raison que le rachat de Nest ne les intéressait pas... et en plus allait à l'encontre de leur philosophie de plateforme... et sans doute aussi pourquoi ils tergiversent pour la fameuse et néanmoins hypothétique iTV...
Google risque, dans sa réorientation produits, de faire face au même problème que lors du rachat de Motorola... Ok, on sort un produit de nos labos... que fait-on des produits concurrents qui voient ça d'un mauvais œil... C'est joli le rachat de Nest, mais que fait-on des centaines de produits concurrents qui fleurissent... Google va fabriquer des ampoules connectées... des frigos connectés, des voitures connectées, des interrupteurs connectés, des volets roulants connectés, des cafetières connectées, des machines à laver connectés, des vitres opacifiantes connectés, etc. etc... je leur souhaite bien du courage...

avatar béber1 | 

je te suis quand tu dis que "Apple n'a pas l'intention de fabriquer des thermostats connectés, des frigos connectés… ce sont des domaines trop pointus en dehors de leurs compétences et de leur vocation...

mais je ne pense pas que les 2 entreprises se croisent au point que Google deviennent un fabricant de produits connectés.

C'est l'ambiguité que je relevais dans mon précèdent post concernant son acquisition de Nest, parce qu'à mon avis Google est trop versé dans le logiciel pointant ses services internet… pour devenir dans le futur un industriel, même petit, de produits électroniques. Par contre pour fournir dans le futur des solutions logicielles visant des produits connectés fabriqués par des tiers, oui.

Pour Apple, et concernant Carplay et HomeKit notamment, je ne vois pas les choses comme toi.
Jusqu'à présent Apple fabriquait des produits qui devaient peu aux autres produits, comme des périphériques d'ordinateurs, scanner, imprimantes, etc., qui eux étaient plutôt fabriqués pour être pilotés spécifiquement par un ordinateur, comme un Mac par exemple.
Là, Apple doit investir des domaines qui ont de très grandes spécificités et identités, la voiture, la Maison.. et où il y a des relations sensibles anciennes et bien ancrées
Bref, elle doit composer avec de l'existant déjà bien place.

Dans la voiture ou la maison, on est plus du tout comme dans le domaine de la téléphonie où Apple pouvait encore imposer sa vision avec un terminal qu'elle avait elaboré de A à Z, et qui suffisait de brancher sur des réseaux-tuyaux détenus par des opérateurs, avec lesquels il fallait seulement composer commercialement.
Là,elle ne peut pas arriver avec un appareil qui va forcer à ce que tout tourne autour de lui, même si ce qui est visé au final.

Il faut donc qu'elle y aille progressivement, en tentant d'agréger des industriels avec leurs gammes diverses de produits spécifiques autour ses solutions matérielles (ses divers terminaux bien connus) et ses kit de développement logiciels pour essayer dans un 1er temps de fédérer tout ce monde autour d'un projet commun, qui aura le mérite d'une unification de services pratiques, qui procurera un plus commercial pour tous les produits concernés, et autour duquel tout le monde sera gagnant.

La voiture est vraiment un domaine spécifique, avec des relations H-M bien installées, et des traditions industrielles historiquement bien enracinées.
Apple est en quelque sorte obligée de composer avec ces réalités, et ne peut pas l'aborder en imposant une solution sortie de la cuisse à Jupiter qui serait vécue comme une intrusion agressive ou gênante.

Les Kits de développement et les solutions légères à la Carplay sont une 1ere étape dans une approche progressive, à mon avis, et non pas le signe d'un virage industriel et stratégique, visant à abandonner le matériel par exemple.
Je suis sûr que Apple restera fidèle à sa tradition matérielle.
Le problème pour elle reste de savoir comment intégrer et articuler ses iproduits dans de multiples et nouveaux environnements et contextes d'utilisations

avatar xx-os | 

Oui, quand je dis : se croisent, je dis par là qu'Apple va créer des plate-formes logicielles afin d'y intégrer des produits tiers tandis que google se met à fabriquer ces dits produits, ce qui n'était pas dans leurs habitudes (à l'un comme à l'autre)... et à chaque fois qu'ils s'y sont essayés (Google), ça à foiré... Ce qui n'empêche que chacun garde son cœur de métier... Je pense qu'Apple va rester sur ses iBidules qui deviennent centraux, mais ne s'intéresse pas à la fabrication de moult sous-produits qui en deviendraient dépendants... Google semble prendre la direction inverse avec tous les problèmes concurrentiels inhérents...

avatar Dark-Vador | 

@beber1

C'est beaucoup trop long à lire ! Synthétisez, synthétisez !

avatar patrick86 | 

"C'est beaucoup trop long à lire !"

C'est sérieux ou c'est une blague ?

avatar philoo34 | 

@patrick86

"C'est sérieux ou c'est une blague ?"

et non malheureusement ... :-)

avatar philoo34 | 

@Dark-Vador

"C'est beaucoup trop long à lire ! Synthétisez, synthétisez !"

T'as trop l'habitude de lire Closer ...

avatar Khadgare | 

Superbe article... Très prenant!

Simplement bravo

avatar damiendu83600 | 

Je trouve ça amusant de voir qu'à partir du moment qu'un type est compétent tout le monde le voit CEO ...

avatar Stardustxxx | 

Il n'est pas juste compétent, il a aussi une vision. Il est capable de designer des bons produits : le iPod et Nest en sont 2 exemples.
Un CEO sans vision, ca donne pas grand chose.

avatar spae0899 | 

Tant que tout ceci leur permet de pomper un peu plus la life des gens via leurs habitudes et en tirer un bénéfice conséquent, ils vont pas se gêner.

avatar telephone | 

Excellent article.
C'est pour cette qualité rédactionnelle que je vous suis depuis des années.
Bravo!

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