C’est dimanche, et c’est le moment de se réchauffer... vu les températures qui retombent. Ça tombe bien, il paraît que les isoloirs sont chaleureusement doux ! Loin de tout ça, nous avons Mark Gurman, qui vient nous donner les dernières rumeurs de la sphère Apple... non, il n’est pas encore maire de Cupertino, mais qui sait ?

L’imposture
S’il y a bien une chose sur laquelle Apple est bonne, c’est pour attirer l’attention sur une nouveauté pendant qu’elle planque sous le tapis ses retards sur d’autres domaines... et c’est toute cette science du keynote qu’elle a déployé durant la WWDC 2025 avec la présentation de Liquid Glass. En effet, l’idée principale était simple : l’intelligence artificielle est (encore) en retard... et tout le monde nous attend dessus. Alors qu’est-ce qu’on fait ? Un changement d’interface bien sûr !

Non pas que donner toute la lumière nécessaire à Liquid Glass n’était pas justifié : après tout, cela faisait des années qu’Apple n’avait pas proposé un changement de design logiciel aussi radical... en fait depuis le passage du skeuomorphisme au flat design. Qui plus est, cette nouvelle interface fait enfin le lien entre tous les systèmes de la marque, en unifiant le design entre macOS, iOS, iPadOS, visionOS, et même watchOS ou tvOS, pour la première fois de l’histoire d’Apple.
Liquid Glass : ne vous attendez pas à une révolution !
Reste un petit détail : non seulement cette nouveauté, comme souvent, est loin de faire l’unanimité, mais en plus, le principal instigateur est parti peu de temps après sa mise en place. Alan Dye était vu comme le grand timonier de Liquid Glass, et les détracteurs de ce nouveau langage visuel ont été rapides à dégainer sur le sortant, en soumettant une question simple : maintenant qu’il est parti, et si on dégageait ça ?
Il faut dire que non seulement Alan Dye est parti juste après l’arrivée de Liquid Glass, mais en plus pour aller quasiment « à l’ennemi » : tout droit chez Meta, qui non seulement s’implique de plus en plus dans des produits bien physiques avec les Ray-Ban Meta, mais en plus souhaite directement entrer en concurrence avec Apple. Comble de l’outrecuidance, Alan Dye est parti en emportant avec lui plusieurs designers de Cupertino dont son second, Billy Sorrentino, très impliqué lui aussi dans Liquid Glass !
Toute cette histoire
Alors, au final, on en fait quoi de ce nouveau design ? Au pilori, juste après le départ de son instigateur ? Pas si vite : non seulement ce serait croire qu’Alan Dye a été le seul à valider toute la création de cette nouvelle interface, ce qui serait bien mal connaître Apple sur des décisions aussi cruciales (impossible qu’un tel virage n’ait pas été validé par Tim Cook, mais aussi les autres membres du board de direction), mais en plus elle ne s’est pas créée en quelques semaines, mais plutôt en plusieurs mois et années ! En fait, on peut imaginer sa genèse débuter en même temps que la réflexion sur l’interface de visionOS, dont Liquid Glass est directement inspiré.

Qui plus est, les designers restants chez Apple ne sont pas opposés à Liquid Glass : d’après Mark Gurman, Steve Lemay, l’actuel remplaçant d’Alan Dye, mais aussi Chan Karunamuni, autre designer phare de l’actuelle équipe, ont eux aussi poussé pour la création de cette nouvelle interface. En appui, toute la direction d’Apple fait front commun : Craig Federighi rappelait durant la WWDC que « Liquid Glass a un intérêt pratique quand on en vient aux interfaces utilisateur », quand Greg Joswiak trouve le nouveau langage « super cool », et rappelle que dans l’ensemble les utilisateurs « adorent » Liquid Glass.
L’intranquilité
Cependant, tout ne s’est pas déroulé comme sur des roulettes, et certains détails montrent qu’Apple n’avait pas forcément prévu cette nouvelle interface comme nouveauté majeure de la WWDC 2025, voire qu’elle était prévue tout court pour cette présentation : non seulement de nombreux détails ont été affinés dans les dernières étapes des betas successives, et se sont même encore réglés avec les versions 26.1 et 26.2, mais les autres logiciels d’Apple paraissaient n’être même pas au courant de ce changement. Il aura fallu plusieurs mois d’attente avant de voir la suite iWork et les logiciels professionnels adopter le nouveau langage, ce qui fait un peu tâche pour le souci du design légendaire d’Apple !

Reste qu’il faudra s’y faire, Liquid Glass est là pour durer : non seulement les équipes de design logiciel d’Apple sont plutôt réduites en ce moment du fait des départs récents, mais en plus elles sont occupées à la refonte totale de Siri, qui n’est pas une petite étape pour Cupertino. L’autre priorité étant de stabiliser les fondations des systèmes, là aussi on est loin de penser à repartir à la table à dessin pour encore refaire l’interface. Au final, Liquid Glass devrait encore évoluer par petites touches, comme ce fut le cas pour les itérations suivant iOS 7 : entre autres, l’une des idées serait d’implémenter sur tout le système la personnalisation de l’effet « verre » de l’horloge sur les écrans de veille. De quoi faire changer d’avis les récalcitrants ?
Liquid Glass : pourquoi les apps ne suivent pas ?
Un peu de patience
D’ailleurs en parlant de Siri, c’est toujours pas gagné, et ça commence à se sentir sur d’autres produits. La version boostée aux LLM de l’assistant n’est toujours pas finalisée, et les espoirs de la voir arrivée au moins en beta avec iOS 26.4 ont été douchés jusqu’à présent. Il est maintenant plus probable de le voir sortir avec iOS 27... et encore.

Et ce n’est pas qu’Apple prend son temps : en effet, la « non-sortie » de ce nouveau Siri bloque au portillon de nombreux produits. Déjà, toutes les nouveautés dédiées à la domotique, dont les nouveaux HomePod avec écran ont été repoussées et le seront encore tant que le Siri LLM ne sortira pas. Mais d’autres produits peuvent aussi se retrouver coincer, dont la fameuse Apple TV dont nombre d’entre vous attendent le renouvellement... et Mark Gurman ne semble même pas serein pour une sortie en septembre pour le Siri du renouveau.
Le HomePad pourrait finalement attendre la fin de l’année
Si l’on marchait jusqu’à demain
Au rang des nouveautés, reste le fameux iPhone Fold, prévu pour cet automne selon les fuites. Pour qu’il soit fonctionnel, Apple va devoir revoir une partie de son interface, qui serait bien trop étrange sur un écran de la taille d’un iPad mini.

Au final, iOS 27 devrait apporter pour cette première proposition d’iPhone pliable un dock qui ressemble fortement à celui de l’iPad, et les apps en split screen, une première pour l’iPhone. Ouvert, l’iPhone Fold devrait donc se rapprocher d’un iPad mini, auquel on aurait quand même enlevé quelques fonctions, comme Stage Manager, le multifenêtres, ou d’autres éléments qui resteront la chasse gardée de l’iPad.
iPhone Fold : une interface d’iPad sans en être un
Comme on a dit
Apple suit donc son petit bonhomme de chemin, sans se soucier de l’extérieur, et pour l’instant ça lui réussit plutôt bien : entre l’IA qui rame à sortir de sa bulle de peur qu’elle éclate, et le tour de force de sortir une machine d’entrée de gamme avec le MacBook Neo, au nez et à la barbe de ses concurrents qui préfèreraient la voir rester sur ses machines haut de gamme, contre vents et marées, Cupertino envoie comme toujours valser tous les à priori. Pour combien de temps ?
- Dis Siri, mets-moi du Louise Attaque.
- Allez viens, je t’emmène au vent.
- Mais c’est qu’il prend ses aises le bougre ! On va se calmer hein ?


















