C’est en toute fin d’année dernière que Meta annonçait son acquisition de Manus. Cet agent IA avait été lancé au printemps 2025 par une société basée à Singapour et fondée par Xiao Hong et Ji Yichao, deux citoyens chinois. L’accord trouvé entre les deux entreprises s’établissait à plus de deux milliards de dollars et la start-up annonce toujours sur son site « rejoindre Meta pour une nouvelle ère d’innovation ». L’affaire semblait pliée, sauf que le gouvernement chinois ne l’a pas entendu de cette manière et a annoncé le lundi 27 avril son intention de bloquer et même d’annuler l’opération.
Manus s’est fait connaître pour ses capacités « agentiques »? C’est une intelligence artificielle générative qui ne se contente pas de produire du texte : elle peut aussi manipuler les données et même des ordinateurs. Si ce n’est pas le premier du genre, l’outil s’est positionné directement auprès du grand public et l’entreprise a connu un joli succès depuis sa création, au point de donner envie à Meta. La firme de Mark Zuckerberg espérait ainsi récupérer non seulement un agent IA, mais aussi une base d’utilisateurs et un produit fonctionnel.
Manus ajoute un agent IA à votre Mac grâce à My Computer, une alternative à OpenClaw
Hélas pour le milliardaire, la Chine a jugé que Manus ne devait pas fusionner avec une entreprise américaine. Comme le rapporte Le Monde, l’agence chinoise en charge de la planification économique a « rendu une décision d’interdiction d’investissement concernant l’acquisition du projet Manus par des investisseurs étrangers » et « exige des parties concernées qu’elles annulent cette opération d’acquisition ». D’après Reuters, une enquête avait débuté en janvier dernier et les deux cofondateurs de la start-up ont été interdits de quitter le territoire chinois avant même cette décision. L’acquisition doit maintenant être annulée, ce qui implique d’inverser les transferts qui auraient pu être déjà réalisés.
Manus étant techniquement singapourienne, l’État chinois n’a théoriquement pas le pouvoir nécessaire pour empêcher Meta d’acheter Manus. Néanmoins, le pays a bien d’autres leviers à sa disposition, sachant qu’une partie de ses actifs, de ses équipes et de ses technologies reste liée à la Chine. Ce protectionnisme est commun dans l’autre sens, on entend souvent parler d’acquisitions par des acteurs chinois qui sont bloquées en Europe ou en Amérique du Nord. L’intervention du gouvernement de Xi Jinping symbolise bien l’inversion des rapports de force.



















