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MacBook Neo : même prix que la Surface RT, destin radicalement opposé

Christophe Laporte

samedi 14 mars à 16:41

Mac

Qualité de fabrication irréprochable, puce A18 Pro véloce et autonomie record : à 599 $, le MacBook Neo ne laisse personne indifférent. Pas même Steven Sinofsky. L’ancien patron de la division Windows chez Microsoft voit dans cette machine un « changement de paradigme », tout en ne cachant pas une certaine mélancolie face à ce qui ressemble à la concrétisation de sa propre vision avortée.

Image : MacGeneration

Un prix identique, deux destinées

L'ironie de l'histoire n'a pas échappé à Sinofsky : en 2012, la Surface RT débarquait sur le marché au prix exact de 599 $. Un tarif ambitieux pour l'époque, censé démocratiser une nouvelle vision de l'informatique mobile. Mais là où Microsoft a essuyé un échec cuisant, Apple semble transformer l'essai avec une aisance insolente.

Test de la Microsoft Surface RT

Test de la Microsoft Surface RT

Pour Sinofsky, le MacBook Neo n'est pas qu'un nouvel ordinateur d'entrée de gamme : c'est le remplaçant désigné du MacBook Air. Ce qui l'interpelle, c’est l'usage d'une puce « issue du monde du smartphone » pour propulser un véritable ordinateur. Un concept qui lui rappelle amèrement les débuts de l'architecture ARM chez Windows.

Image : MacGeneration

« Être en avance est souvent indiscernable d'avoir tort », analyse-t-il avec recul. « Le concept était juste, mais la capacité à l'exécuter était mauvaise. »

Le secret est dans le "nettoyage"

Pourquoi Apple réussit-elle là où Microsoft a trébuché ? Selon Sinofsky, la réponse tient à une divergence philosophique profonde sur la gestion du logiciel. Tandis que Windows s'est longtemps enorgueilli de sa rétrocompatibilité totale permettant de faire tourner des versions d'Excel datant de Windows 3.1, Apple a méthodiquement supprimé le vieux code.

Steven Sinofsky, lors d’une conférence Microsoft

L'ancien patron de Windows résume les deux stratégies de manière lapidaire : le secret de Microsoft a toujours été de « tout faire tourner, pour toujours », là où celui d'Apple réside dans une mise à jour constante et sans pitié de l'OS et de son écosystème, des pilotes jusqu'aux frameworks.

Le MacBook Neo en tête des ventes d’ordinateurs portables chez Amazon

Le MacBook Neo en tête des ventes d’ordinateurs portables chez Amazon

En migrant vers de nouvelles API et en rendant les anciennes obsolètes, Apple a créé un parc de machines homogène, sécurisé et économe en énergie. Si l'émulation Rosetta a servi de pont entre les différentes architecture, elle a toujours été pensée comme une solution temporaire. Résultat : aujourd'hui, personne ne se plaint de l'absence de vieilles applications sur le MacBook Neo. « Tout le monde sur Mac est à jour », note Sinofsky. Chaque machine est, par nature, la plus fiable jamais conçue, simplement parce qu'Apple a su dire non au passé.

La loi de Moore comme seule boussole

Vendu 599 $, le MacBook Neo occupe une place unique sur le marché. Pour Sinofsky, les compromis faits par Apple pour atteindre ce tarif sont « totalement acceptables » au regard de l'expérience globale. Il va même plus loin en affirmant que l'appareil n'a pas besoin de chercher à faire la course à l'armement : sa simple excellence actuelle suffit à en faire une référence pour les cinq prochaines années.

MacBook Neo : Apple et les risques de l’entrée de gamme

MacBook Neo : Apple et les risques de l’entrée de gamme

Selon lui, alors que la concurrence peinera à s'aligner sur ce rapport qualité/prix, le Neo restera plus puissant que la majorité des PC portables grâce à l'avance insolente des puces maison. « La loi de Moore est invaincue », rappelle-t-il, soulignant que le prix restera sans doute stable alors que les performances continueront de grimper. Reste à savoir si, piqué au vif, Redmond tentera à nouveau de réinventer sa gamme Surface pour contrer ce petit MacBook qui a déjà tout d'un grand.

Écarté de Microsoft, Steven Sinofsky avait discuté d’un possible rôle chez Apple avec Tim Cook

Écarté de Microsoft, Steven Sinofsky avait discuté d’un possible rôle chez Apple avec Tim Cook

Sortie de veille : pourquoi le MacBook Neo crée la sensation

Stéphane Moussie

samedi 14 mars à 08:00

Podcast

Toutes les semaines, écoutez Sortie de veille, le podcast hebdomadaire de MacGeneration ! On débat de l'actualité Apple et tech des derniers jours en une quinzaine de minutes.

C’est la sensation du moment. Le MacBook Neo est couvert de louanges depuis son lancement ce mercredi. Son prix inédit y est bien sûr pour quelque chose, mais il n’explique pas tout. Alors pourquoi un tel phénomène ? On en discute dans cette émission.

Au programme également, la popularité étonnante du Mac mini, les dernières rumeurs sur l’iPhone Fold et le 50e anniversaire d’Apple qui approche.

Pour écouter Sortie de veille, c'est simple :

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Bonne écoute !

L’iPod et l’aquarium : la fin d’une légende urbaine chez Apple

Christophe Laporte

samedi 14 mars à 07:45

AAPL

C’est sans doute l’une des anecdotes les plus célèbres de l’histoire d’Apple. Un récit souvent cité pour illustrer l’exigence maladive de Steve Jobs en matière de design et sa quête obsessionnelle de la finesse. Une histoire presque trop belle pour être vraie… et qui ne le serait d'ailleurs pas.

Image : Apple

Des bulles d'air et des regrets

Pendant le développement du tout premier iPod, les ingénieurs présentent un prototype très avancé à Steve Jobs pour obtenir son feu vert final. Le patron d'Apple soupèse l'objet, le manipule quelques instants, avant de trancher : « Il est trop gros ».

Steve Jobs noyait les iPod pour les rendre plus petits

Steve Jobs noyait les iPod pour les rendre plus petits

Face à lui, les ingénieurs tentent de se justifier. Ils expliquent avoir repoussé les limites du possible et réinventé leurs processus de fabrication pour atteindre ce format. Selon eux, il est physiquement impossible de réduire davantage l'encombrement de l'appareil.

Jobs reste calme. Il se lève, s'approche d'un aquarium situé au fond de la pièce et y lâche le prototype. Alors que l'iPod coule, de petites bulles d'air s'échappent du boîtier et remontent à la surface. Le verdict tombe, implacable : « Il y a des bulles d’air. Cela signifie qu’il reste de la place à l’intérieur. Refaites-le, en plus petit. »

Entre réalité et folklore

Cette scène fait désormais partie du folklore de la Silicon Valley. Pourtant, David Pogue, journaliste historique de la tech, apporte un sérieux démenti. Actuellement en tournée de promotion pour son livre Apple: The First 50 Years, publié cette semaine, il s'attaque aux mythes qui entourent le cofondateur d'Apple.

Selon lui, cette histoire de l'aquarium est purement apocryphe. Et ce n'est pas la seule. David Pogue cite également la célèbre anecdote de Steve Jobs interpellant un inconnu dans un ascenseur pour lui demander son rôle dans l'entreprise, avant de le licencier sur-le-champ après une réponse jugée insatisfaisante. Là encore, ce serait une invention.

Scott Forstall : sa première rencontre avec Steve Jobs et le coup du poisson de Microsoft

Scott Forstall : sa première rencontre avec Steve Jobs et le coup du poisson de Microsoft

Ces récits ont été répétés tant de fois qu'ils ont fini par acquérir un statut de vérité historique, figurant même dans certains best-sellers récents consacrés à Steve Jobs. S'ils servent parfaitement la narration du génie tyrannique et visionnaire, la réalité semble, comme souvent, un peu moins théâtrale.

Rappelons que nous fêtons également les 50 ans d’Apple à notre manière, en sortant également un livre, de nombreux goodies et en organisant une journée à Lyon le 18 avril. Tous les détails sont sur notre page Ulule.

Source :

Les presses tournent à plein régime : notre livre sur les 50 ans d’Apple arrive bientôt

Christophe Laporte

vendredi 13 mars à 23:30

MacGeneration

On ne vous racontait pas d’histoires : quand on disait avoir retenu les leçons du magazine, on était on ne peut plus sérieux. Et devinez ce qui bout actuellement dans la marmite et s’apprête à débarquer à la rédaction ? Non, il ne s’agit pas du MacBook Neo, ce dernier a déjà pris ses quartiers dans nos bureaux !

De l'écran au papier : les presses s'activent

Comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, notre imprimeur vient de nous faire parvenir quelques vidéos des rotatives en plein travail. En apparence, ce ne sont que des images fugaces, mais elles symbolisent l'aboutissement de longs mois de labeur pour toute l'équipe, et tout particulièrement pour son auteur, Jean-Baptiste Leheup. Notre livre sur les 50 ans d’Apple devrait nous être livré très prochainement.

Voir ce projet prendre vie « en vrai » est toujours un moment particulier, presque émouvant. Dans ce genre d’aventures, c’est souvent un mélange de sentiments contrastés, entre l'angoisse et l’euphorie. L’objet physique sera-t-il à la hauteur de nos attentes ? A-t-on laissé passer, malgré d'innombrables relectures, une immense coquille ? Et surtout, quel accueil allez-vous faire à notre ouvrage ?

C'est précisément pour répondre à ces questions que nous avons maintenant hâte de recevoir les premiers exemplaires physiques, de pouvoir enfin les feuilleter et, bien sûr, de vous les dévoiler sous toutes les coutures.

Pour l'instant, tous les voyants sont au vert : nous maintenons notre objectif pour les premiers envois au début du mois d'avril. C’est également à cette période que nous activerons les accès au Club iGen pour tous ceux ayant opté pour une formule incluant un abonnement.

En ce qui concerne les goodies, ils devraient également arriver prochainement !

Pendant ce temps, notre campagne de financement participatif continue de tracer son petit bonhomme de chemin. Nous approchons désormais de la barre symbolique des 80 000 €. Une fois ce palier franchi, vous aurez la possibilité de choisir un atelier ou une conférence lors de la grande journée MacGeneration, prévue le 18 avril prochain à Lyon. On compte sur vous !

👉 Je soutiens MacGeneration et je précommande le livre des 50 ans d’Apple

Adobe : 150 millions de dollars seulement pour solder des années de process d'abonnement volontairement obscurs

Greg Onizuka

vendredi 13 mars à 21:15

Logiciels

Adobe est passée à l’abonnement exclusif depuis 2013, avec l’abandon petit à petit de la Creative Suite 6, et ce n’était pas une bonne nouvelle pour tout le monde : si les tarifs paraissaient plus faciles à digérer en payant quelques dizaines d’euros par mois plutôt que de lâcher immédiatement plus de 1 000 € dans une suite logicielle, le système d’Adobe est assez complexe et vicieux pour y laisser quelques plumes.

L’une des relations amour-haine les plus célèbres des créatifs...

C’est ce que la justice américaine a reproché à l’entreprise dans une plainte déposée le 17 juin 2024 devant le tribunal de Californie. C’est la FTC (Federal Trade Commission) qui s’est auto-saisie de l’affaire, dans une poursuite frontale envers Adobe et deux de ses dirigeants qui reste assez rare de la part de cette commission.

La justice reproche ainsi à l’entreprise la mise en place de « dark patterns » complexes à l’abonnement, afin de faire en sorte que l’utilisateur ne puisse pas en sortir facilement sans y laisser encore une somme conséquente. La première partie se penche sur le fait que l’abonnement par mensualités n’indique que très discrètement et très tard dans le processus que le client s’engage à payer pour une année complète renouvelable, et que tout désistement avant la date anniversaire reviendra à payer 50 % des sommes totales dues.

Ce principe, qui reste déjà peu fréquent dans les abonnements logiciels, n’est selon la justice américaine pas assez souligné et rappelé au client, que ce soit durant le processus d’abonnement ou après, Adobe se gardant bien de rappeler au client de manière claire et nette sans y être obligée qu’il s’approche de la date anniversaire...

Mais les reproches ne s’arrêtent pas là : la justice a aussi remarqué qu’Adobe fait tout pour retenir le client et l’empêcher de se désabonner, en usant de toutes les manœuvres possibles. L’entreprise oblige ainsi à saisir une raison pour toute demande de désabonnement, n’indique pas clairement que le processus de résiliation n’est pas encore totalement terminé, et quand celui-ci se déroule par téléphone ou par chat avec un agent, l’utilisateur est obligé de passer par de multiples couches d’interlocuteurs... quand ce n’est pas l’appel qui coupe « mystérieusement ». Enfin, comble de l’agacement, certains utilisateurs ont remonté continuer à être prélevés après avoir résilié leur abonnement.

Pour toutes ces raisons, la justice américaine a donc ouvert une enquête puis une procédure contre Adobe... mais nous sommes aux États-Unis d’Amérique, et celle-ci s’est refermée au final par un accord à l’amiable comme le pays en a le secret : l’entreprise a accepté de payer une amende de 75 millions de dollars, et de provisionner 75 autres millions de dollars pour offrir des dédommagements sous la forme de services gratuits aux clients lésés. La firme s’évite ainsi un procès médiatisé, et fait passer discrètement l’affaire sous le tapis, par un simple communiqué qui fleure bon le discours marketing...

La mission d’Adobe est de donner à chacun les moyens de créer. Pour soutenir cette mission, nous nous engageons à proposer les meilleurs produits, associés à des offres flexibles qui répondent à la diversité des besoins de nos clients. Notre modèle d’abonnement a été conçu pour accélérer l’innovation tout en rendant notre technologie plus accessible — ce qui nous permet de fournir des mises à jour continues, des fonctionnalités cloud et de nouveaux services à un prix plus abordable.

Aujourd’hui, Adobe propose une large gamme d’options dans l’ensemble de ses produits afin que les clients puissent choisir la formule qui leur convient le mieux. Nous avons toujours fait en sorte de donner à nos clients la flexibilité de choisir l’offre qui correspond le mieux à leurs besoins, à leur calendrier et à leur budget. Cela inclut la proposition de plusieurs types de formules permettant aux clients d’arbitrer entre un coût initial plus faible et une flexibilité maximale.

Nous sommes transparents sur les conditions de nos contrats d’abonnement, nous offrons un processus de résiliation simple et nous exposons clairement les détails de nos offres, que nous avons soigneusement conçues pour maximiser la valeur et les bénéfices pour nos clients. Ces dernières années, nous avons rendu nos processus d’inscription et de résiliation encore plus fluides et transparents.

Nous avons maintenant finalisé un accord avec le Department of Justice qui mettra fin au litige engagé en juin 2024 concernant nos pratiques d’information et d’annulation d’abonnement. Bien que nous soyons en désaccord avec les allégations du gouvernement et que nous niions toute mauvaise conduite, nous sommes satisfaits de résoudre ce dossier. Nous avons accepté de fournir pour 75 millions de dollars de services gratuits aux clients qui y auront droit. Nous contacterons de manière proactive les clients concernés une fois que les dépôts appropriés auront été effectués auprès de la Cour et approuvés. En outre, nous avons accepté un paiement de 75 millions de dollars au Department of Justice.

Nous sommes impatients de continuer à développer des outils et des plateformes innovants qui libèrent la créativité, la productivité et des expériences client personnalisées. – Adobe