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Anthropic, réticent à ouvrir les vannes au Pentagone, pourrait se voir blacklister par l’administration US 🆕

Greg Onizuka

vendredi 27 février à 11:00

Intelligence artificielle

Mise à jour le 27 février — Dans un communiqué, Dario Amodei a confirmé son opposition à l’utilisation des technologies d’Anthropic pour la surveillance intérieure de masse et pour des armes entièrement autonomes. Il rappelle que ces deux usages « n’ont jamais été inclus dans [ses] contrats avec le département de la Guerre » et estime qu’ils ne devraient pas davantage l’être aujourd’hui.

« Nous soutenons l’utilisation de l’IA pour des missions légitimes de renseignement et de contre-espionnage à l’étranger », écrit Dario Amodei, en référence indirecte à l’arrestation de Nicolas Maduro, une opération durant laquelle le Pentagone a utilisé Claude via les outils de Palantir, selon le Wall Street Journal. « Mais l’emploi de ces systèmes pour une surveillance intérieure de masse est incompatible avec les valeurs démocratiques », ajoute-t-il.

Concernant les armes autonomes, il juge que, « sans contrôle adéquat », elles ne peuvent pas faire preuve du même discernement que des humains. « Leur déploiement doit être assorti de garde-fous appropriés, qui n’existent pas à ce stade », précise-t-il.

Le Pentagone pourrait donc considérer Anthropic comme un partenaire peu fiable de sa chaîne d’approvisionnement, ce qui pourrait conduire à l’annulation d’un contrat de 200 millions de dollars signé en juillet 2025.


Article original publié le 26 février — Anthropic, avec son intelligence artificielle Claude, est plutôt bien vue des militaires américains jusqu’à présent : c’est même la seule IA utilisée par le Pentagone sur des documents classifiés. Or, il semble que cette histoire d’amour tourne au vinaigre, l’entreprise ayant demandé des garde-fous stricts et ne souhaitant pas revenir dessus, comme l’indique Axios.

Pete Hegseth, ici prêtant serment, aimerait bien utiliser Claude sans restrictions. Image domaine public.

Il va sans dire que les militaires de tous pays s’intéressent de près à l’intelligence artificielle, tant celle-ci peut permettre d’accélérer le fonctionnement des services de renseignements, et même à terme celui des systèmes d’armes. Cependant, les armées restent frileuses en ce qui concerne le partage de documents classifiés sur des logiciels créés par des entreprises extérieures. Alors quand celui-ci est tellement vaste qu’il est impossible à auditer en temps raisonnable...

C’est pourtant ce qu’a réussi à faire Anthropic, dont les services sont utilisés dans de nombreux domaines par le Pentagone, en partenariat avec Palantir :

  • analyse de masse de données hétérogènes, pour créer des résumés à partir de multiples sources et médias.
  • soutien à la décision opérationnelle, où l’IA permet à l’humain de prendre des décisions plus rapides grâce à des synthèses et check-lists établies par Claude.
  • revue et préparation de documents, automatisant la rédaction de notes, de résumés de briefings.
  • interrogation en langage naturel d’un pool de data classifié, permettant la recherche d’éléments dans une vaste base de données classifiée par un simple chat.
  • scénarios d’exercices et de simulation, permettant la préparation de « wargames » grâce à l’IA.

Seule ombre dans cette idylle, Anthropic a annoncé clairement les limites qu’il souhaitait ne pas dépasser dans ce partenariat : pour l’entreprise d’IA, il est hors de question que Claude soit utilisée pour la surveillance de masse de citoyens US, la création d’armes autonomes, la prise directe de décision létale, et refuse de signer un accord blanc avec l’administration américaine où Anthropic autoriserait « tout usage légal » selon les textes US. Si un tel accord était signé, le Pentagone pourrait faire tout usage estimé nécessaire des technologies d'Anthropic, sans que l'entreprise ait son mot à dire, ni même que celle-ci soit tenue au courant, chose que refuse le créateur de Claude.

Or, le Department of War de Pete Hegseth aimerait voir sauter ces limitations. Celles-ci sont rapportées comme étant irréalistes par le Pentagone, indiquant ne pas vouloir demander l’autorisation pour chaque usage à Anthropic, que ce soit pour des raisons de rapidité d’exécution ou de confidentialité des opérations. Ainsi, l’une des dernières frictions en date porte sur l’opération ayant amené à la capture de Nicolas Maduro, où Anthropic a explicitement demandé au Pentagone si ses solutions avaient été utilisées, braquant ces derniers imaginant que l’entreprise était en désaccord avec une participation à l’opération.

Et Pete Hegseth compte bien faire plier Anthropic, quelle que soit la méthode utilisée pour parvenir à ce but. Dans un premier temps, une analyse va être effectuée sur l’utilisation de Claude dans les différents secteurs de l’Armée, afin d’amener ensuite à faire un choix entre deux possibilités : soit interdire totalement l’usage des solutions d’Anthropic pour l’Armée et ses partenaires, soit utiliser le Defense Production Act afin de faire plier Anthropic aux demandes.

En effet, cette loi permet au Pentagone de forcer une entreprise à produire des solutions sur-mesure à l’Armée américaine, sous peine sinon de se retrouver blacklistée. Si elle devait être mise en action, ce serait la première fois qu'elle serait utilisée afin de faire plier une entreprise technologique américaine de cette taille. Il semble en tout cas que les militaires US aient jeté leur dévolu sur Anthropic, alors que d’autres solutions existent : si OpenAI et Google avouent à demi-mot chercher un partenariat plus profond avec le Pentagone, y compris sur la manipulation de documents classifiés, du fait des mêmes réticences qu’Anthropic, xAI de son côté ne fait aucun mystère de sa volonté de signer un contrat autorisant tout usage à l’armée américaine, et aurait déjà entamé les démarches en ce sens.

Quoi qu’il en soit, la suite des décisions ne devrait pas traîner : le patron d’Anthropic a jusqu’au 27 février 17h01 précises pour faire part de sa réponse.

Fuite chez un éditeur de logiciels médicaux : les données de 11 à 15 millions de personnes compromises

Stéphane Moussie

vendredi 27 février à 10:25

Ailleurs

C’est comme un jour sans fin. Dans le JT du 20 h de jeudi, France 2 a révélé une nouvelle fuite massive de données impliquant cette fois un éditeur de logiciels médicaux. La chaîne a pu consulter une grande base de données qui était disponible « en libre accès » sur un site prisé par les pirates. Elle comprend des informations portant sur 11 à 15 millions de personnes.

Une nouvelle fuite qui pique. Image In An Tran Gia (CC BY).

Mis en cause, l’éditeur Cegedim, spécialisé dans les logiciels pour les professionnels de santé, reconnait dans un communiqué « que des données personnelles de patients du parc logiciel [MonLogicielMedical.com] ont été consultées ou extraites illégalement » à la suite d’une attaque survenue fin 2025. Ce logiciel est utilisé par 3 800 médecins en France, dont 1 500 concernés par cette attaque. Cegedim affirme avoir alerté début janvier tous les professionnels touchés et avoir effectué les démarches réglementaires requises, notamment une notification auprès de la CNIL.

Selon l’éditeur, les données compromises proviennent exclusivement du dossier administratif des patients. Celui-ci comprend le nom, le prénom, le sexe, la date de naissance, le numéro de téléphone, l’adresse postale, l’adresse email, ainsi qu’un champ de commentaires administratifs en texte libre laissé à l’appréciation des médecins. Or, dans ce champ, certains professionnels ont consigné des renseignements intimes, voire inopportuns.

France 2 a ainsi pu lire des annotations comme « porteuse sida !!! !!!! », « serait homosexuelle d'après sa mère », « mère musulmane voilée » ou encore « catholique non pratiquante car ses 2 frères sont suicidés ». La rédaction a contacté plusieurs personnes concernées, qui ont toutes confirmé l’authenticité de ces informations.

Interrogé par la chaîne, le malandrin se présentant comme l’auteur du piratage affirme n’avoir publié qu’une partie de la base et assure avoir signalé la faille à l’entreprise, ce que Cegedim dément formellement. La publication initiale, qui proposait le fichier en accès libre, a été supprimée à la suite de la diffusion du reportage. En revanche, un compte se revendiquant du groupe cybercriminel Dumpsec propose toujours la base de données à la vente.

RAMpocalypse : pourquoi il est (peut-être) urgent d’acheter un Mac aujourd’hui

Christophe Laporte

vendredi 27 février à 09:34

Mac

À trois jours d’un événement Apple — ou d’une « expérience », pour reprendre le jargon marketing en vogue — la prudence est généralement de mise. Le dogme est simple : on ne touche pas à son portefeuille avant que Tim Cook n'ait abattu ses cartes, sous peine de voir son achat frappé d'obsolescence (ou de baisse de prix) en moins de 72 heures.

Pourtant, une fois n'est pas coutume, si vous lorgnez sur une nouvelle machine à court ou moyen terme, avancer votre décision d'achat pourrait s'avérer être un calcul salvateur.

L’implacable loi des marges

Loin de nous l’idée de vous pousser à la consommation de manière irréfléchie. Mais quoi qu’en dise la communication officielle, la « RAMpocalypse » qui couve finira tôt ou tard par se traduire sur l'étiquette. Cupertino n’a jamais été une œuvre de charité et n'a pas pour habitude de rogner sur ses marges pour éponger les crises.

RAMpocalypse : Apple aurait accepté de payer le double pour sa RAM à Samsung

RAMpocalypse : Apple aurait accepté de payer le double pour sa RAM à Samsung

Hausse des matières premières, variations erratiques des taux de change ou pénurie de composants : Apple a toujours fini par refiler la facture au consommateur. Certes, la Pomme tentera probablement de maintenir ses prix d’appel — c'est une question d'image, presque de psychologie. Dans un marché du smartphone de plus en plus tendu, afficher un tarif d'entrée stable est une opportunité de gagner des parts de marché.

L’option, ce levier de compensation

Mais ne vous y trompez pas : si le prix de base ne bouge pas, Apple sait se rattraper ailleurs. Le levier privilégié ? Les options. Ce phénomène pourrait d'ailleurs débuter dès la semaine prochaine. À l’occasion de la traditionnelle fermeture de l’Apple Store qui précède les annonces, Apple pourrait discrètement revoir à la hausse le tarif des options de stockage et de mémoire vive sur l’ensemble de ses configurations. Même celles qui n’ont pas été rafraîchies.

Jusqu

Jusqu'à 220 € d'augmentation sur le prix des options pour Mac

Certes, nous n'avons aucun indice matériel d'une telle hausse pour lundi prochain. Mais le précédent est encore frais : il y a tout juste un an, Apple profitait d'une mise à jour mineure pour gonfler le prix du gigaoctet en option.

Au vu du contexte actuel, il est fort probable que Cupertino réédite l'exercice. Si votre projet porte sur une configuration « musclée », riche en RAM et en stockage SSD, vous auriez tout intérêt à prendre les devants.

L'arbitrage est facile pour une machine d'entrée ou de milieu de gamme comme le Mac mini M4. Mais la question se pose également pour l'achat d'un iPad Pro ou d'un iPhone 17 Pro Max : si vous visez les paliers de stockage supérieurs, la note pourrait grimper sans prévenir.

La réflexion est évidemment plus délicate pour les machines de pointe comme le Mac Studio ou le MacBook Pro M5, mais au moins, vous voilà prévenus : la semaine prochaine, le « prix de l'excellence » pourrait encore monter d'un cran.

Razer lance une housse pour MacBook Pro qui recharge aussi votre iPhone et vos AirPods

Christophe Laporte

vendredi 27 février à 07:14

Matériel

Razer s'éloigne un instant des claviers mécaniques et des souris pour joueurs pour s'intéresser au transport de nos Mac. L'accessoiriste vient de lever le voile sur la Razer Laptop Sleeve 16, une housse de protection pour ordinateurs de 16 pouces qui cache une petite surprise : un double chargeur sans fil intégré.

Une housse qui fait office de tapis de charge

Vendu 139,99 €, cet accessoire ne se contente pas de protéger votre MacBook Pro 16 pouces durant vos déplacements. La partie supérieure de la housse intègre deux zones de charge magnétique compatibles MagSafe. L'idée est simple : une fois arrivé au bureau ou au café, il suffit de poser son iPhone et ses AirPods sur la housse pour refaire le plein d'énergie. Détail malin, les aimants du système de charge servent également de fermoir pour maintenir la housse bien close lorsque vous transportez votre ordinateur.

Un port USB-C pour nourrir le tout

Pour fonctionner, la housse doit évidemment être reliée à une source d'énergie via son port USB-C. Razer recommande l'utilisation d'un adaptateur secteur de 30W ou plus, mais il est tout aussi possible de la brancher directement sur l'un des ports du Mac.

Côté performances, il ne faudra toutefois pas être trop pressé. La puissance est bridée à 15W pour l'iPhone et 5W pour les AirPods (ou un second petit accessoire). Notez qu'avec l'arrivée des nouveaux iPhone supportant la charge sans fil jusqu'à 25W, cette solution Razer reste un peu en retrait en termes de vitesse pure. De plus, les contraintes d'espace et de puissance empêchent la recharge simultanée de deux smartphones.

Une protection sérieuse pour le châssis

Au-delà de l'aspect technologique, Razer n'a pas oublié la fonction première de l'objet : la protection. Le châssis en aluminium de votre Mac est mis à l'abri grâce à une doublure intérieure en tissu pelucheux qui prévient les micro-rayures, tandis que l'extérieur en polyester noir assure une bonne résistance à l'usure et aux averses passagères. Pour parer aux maladresses du quotidien, la housse intègre également un rembourrage dédié et des coins renforcés capables d'absorber les chocs accidentels lors des manipulations.

La Razer Laptop Sleeve 16 est d'ores et déjà disponible sur le site officiel de la marque. Si le tarif de 130 € peut paraître élevé pour une simple protection, sachez que Razr propose pour 89,99 € le même modèle, mais sans les capacités de recharge.

Xcode 26.3 avec le support d’Anthropic et d’OpenAI est disponible au téléchargement 🆕

Félix Cattafesta

vendredi 27 février à 06:35

Logiciels

Mise à jour 27/02 — Xcode 26.3 est désormais finalisé et disponible au téléchargement.

J’ai créé une app iOS sans savoir coder grâce à l’IA, une expérience enivrante

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Xcode pour les nuls (ou presque)

Xcode pour les nuls (ou presque)

Apple étend son intégration de l’IA et vient d’annoncer que Xcode 26.3 allait prendre en charge les agents de code. Autrement dit, il va être possible d’intégrer Claude Agent ou le Codex d’OpenAI directement dans Xcode pour les laisser effectuer certaines actions de manière autonome. Les développeurs peuvent se connecter avec leurs comptes respectifs pour ces plateformes ou entrer une clé d’API.

Image Apple

Claude, ChatGPT et consorts sont disponibles dans Xcode depuis Xcode 26, mais l'IA était jusqu’à présent limitée et incapable de travailler dans son coin. Cette mise à jour va changer la donne, leur permettant d’être beaucoup plus efficaces.

Dans son billet d’annonce, Apple explique que ces agents peuvent désormais être utilisés « tout au long du cycle de développement ». Ils pourront être utilisés pour différentes tâches : gérer des fichiers, examiner la structure du projet, chercher de la documentation, compiler directement un projet et exécuter des tests… Ils pourront également jeter un œil à ce qui se passe en prenant des captures d'écran pour vérifier leur travail.

À quoi cela ressemble en pratique ? Les développeurs peuvent demander à ces agents IA de mener à bien certaines actions, par exemple pour implémenter une nouvelle fonctionnalité dans une application. Xcode va travailler avec l'agent pour décomposer les instructions en petites tâches, que l’on peut suivre dans un onglet latéral. Le développeur garde la main, pouvant annuler une action ou remonter dans le fil avant une certaine manipulation.

La nouveauté en action. Image Apple

Apple a expliqué à TechCrunch avoir travaillé directement avec Anthropic et OpenAI pour configurer leurs agents afin de les intégrer dans Xcode de la manière la plus économe possible. L'ajout d'un agent peut se faire rapidement via les paramètres Xcode, et il est facile de passer d'un agent à l'autre au sein d'un même projet, certains étant mieux adaptés que d’autres à certaines tâches particulières. Un compte Anthropic ou OpenAI sera évidemment nécessaire pour utiliser tout cela.

La nouveauté peut être essayée « à partir d’aujourd'hui » via la version release candidate de Xcode 26.3 disponible à ce lien pour les développeurs. Tout cela semble sous-entendre que les RC des systèmes 26.3 arriveront plus tard dans la soirée.