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Claude rend sa mémoire gratuite pour récupérer les utilisateurs de ChatGPT

Nicolas Furno

mardi 03 mars à 12:41

Intelligence artificielle

Publicités, usage militaire… Anthropic a le vent en poupe en ce moment et semble gagner du terrain face à OpenAI, en tout cas aux États-Unis. Son app Claude a pris la tête de l’App Store, devançant ChatGPT qui est longtemps restée numéro un au classement des apps gratuites les plus populaires de la boutique. Tout un symbole qui semble coïncider avec un gros afflux de nouveaux utilisateurs, quitte à déstabiliser le service. L’entreprise semble en tout cas bien décidée à profiter de son moment en améliorant son offre gratuite avec l’ajout de la mémoire, réservée jusque-là aux utilisateurs payants.

Image MacGeneration, illustrations de base OpenAI et Anthropic.

Même sans payer, on peut ainsi activer le contexte mémorisé dans Claude et constituer ainsi une base de connaissances personnelles. En la matière, les camps sont divisés et certains utilisateurs veulent systématiquement contrôler le contexte associé à chaque requête envoyée à un grand modèle de langage, tandis que d’autres reposent sur les informations connues pour éviter les répétitions. Si vous êtes dans ce deuxième camp, ChatGPT avait un avantage évident sur son concurrent puisque la fonctionnalité était ouverte à tous. Au contraire, le chatbot d’Anthropic a été en retard dans le domaine, en l’ajoutant seulement à l’automne dernier et en la réservant initialement à ses utilisateurs payants.

Comme ChatGPT, Claude se base sur les conversations précédentes, mais c’est payant pour le moment

Comme ChatGPT, Claude se base sur les conversations précédentes, mais c’est payant pour le moment

Tout le monde peut désormais en bénéficier, à condition de l’activer dans les réglages de Claude (lien direct). Le fonctionnement décrit à cette adresse est très similaire à celui de ChatGPT. Par défaut, le système compile les informations fournies par l’utilisateur jugées importantes et crée une sorte de résumé des données mémorisées, sur lequel les futurs chats peuvent se baser pour répondre plus directement à une requête. L’utilisateur garde le contrôle, à la fois en pouvant créer des chats « incognito » qui ne seront pas liés à la mémoire et en ayant la possibilité de mettre en pause la fonctionnalité, voire de la couper et de supprimer tout l’historique au passage.

L’option pour activer la mémoire de Claude, y compris ici sur un forfait gratuit, et la section dédiée à l’import d’un historique. Image MacGeneration.

Anthropic ne s’est pas arrêtée en si bon chemin. Tant qu’à inciter les utilisateurs de ses concurrents à rejoindre son service, l’entreprise a mis en avant la fonctionnalité d’import de la mémoire. Elle n’est pas nouvelle, elle date de l’automne en même temps que l’ajout de la nouveauté, mais elle est désormais ouverte à tous et a surtout droit à une page dédiée qui détaille le processus. L’import se fait… par une requête en langage naturel (en anglais) adressée à n’importe quel autre grand modèle de langage, ChatGPT n’étant pas le seul à pouvoir exporter un profil de son utilisateur.

Cela fait longtemps que je veux tester le chatbot, alors j’ai saisi le prétexte en utilisant la commande fournie par Anthropic dans ChatGPT et en important ce contenu dans Claude. J’ai utilisé directement le texte obtenu, même si les dates n’ont pas été correctement enregistrées comme cela devait être le cas. J’ai juste pris le soin de vérifier que la liste ne contenait pas d’informations erronées ou dépassées. Pas de vraies surprises, il y a surtout des détails sur mon métier et mon équipement, en particulier informatique et domotique. C’est pour cela que j’utilise ces connaissances : je peux poser une question à propos d’un produit sans signaler que je l’ai connecté à Home Assistant, ou alors explorer un bug lié à macOS sans rappeler que j’ai un Mac Studio avec telle configuration précise.

Import en cours de la mémoire extraite de ChatGPT. Image MacGeneration.
Le résumé généré par Claude à partir de ce que j’ai fourni depuis ChatGPT. Image MacGeneration.

Maintenant que Claude sait tout sur moi, je vais tester ce chatbot dans les jours à venir pour voir ce qu’il apporte face à ChatGPT. Je basculerai certainement sur l’offre « Pro », facturée un peu plus de 20 € par mois, autant parce que je vais certainement vite atteindre la limite de la formule gratuite que pour essayer Claude Code et Claude Cowork. J’utilise en effet de plus en plus Codex, le concurrent chez OpenAI, pour vibe-coder des blueprints et intégrations Home Assistant, notamment. Si le sujet vous intéresse, je pourrai faire un retour plus détaillé sur cette transition dans quelques jours.

Surveillance, armes autonomes : OpenAI signe avec le Pentagone et promet des garde-fous

Félix Cattafesta

mardi 03 mars à 11:13

Intelligence artificielle

Le week-end a été mouvementé du côté d’OpenAI. Sam Altman a annoncé avoir conclu un accord avec le ministère de la Défense américaine seulement quelques jours après que le Pentagone ait cessé sa collaboration avec Anthropic. L’entreprise avait tracé quelques lignes rouges à ne pas dépasser et s’est retrouvée bannie par l’administration Trump. La nouvelle a forcément déplu à de nombreux clients de ChatGPT, ayant annoncé vouloir abandonner le service pour passer sur Claude.

Image Village Global

Anthropic a pendant longtemps été dans les bonnes grâces du gouvernement américain et était d’ailleurs une des rares IA utilisées par le Pentagone sur des documents classifiés. Les choses ont pris une autre tournure vendredi dernier : l’entreprise a refusé de céder à un ultimatum de l’administration Trump exigeant un accès sans restriction au LLM. Anthropic refuse catégoriquement que son système soit utilisé pour la surveillance de masse de citoyens US, la création d’armes autonomes ou la prise directe de décision létale.

Anthropic, réticent à ouvrir les vannes au Pentagone, sommée de sortir des administrations US 🆕x2

Anthropic, réticent à ouvrir les vannes au Pentagone, sommée de sortir des administrations US 🆕x2

Face à ce refus, le contrat entre Anthropic et l’administration Trump a donc été rompu… laissant le champ libre à OpenAI. Sam Altman a rapidement annoncé avoir signé un accord avec le Pentagone, ce qui pose question : la startup serait-elle moins regardante sur les valeurs éthiques ? Le patron a tenu à clarifier la situation sur X. Il annonce avoir refusé toute utilisation à des fins de surveillance des personnes et des ressortissants américains. Cet accord implique la responsabilité humaine dans l'usage de la force, y compris pour les systèmes d'armes autonomes.

Autrement dit, Sam Altman avance les mêmes lignes rouges qu’Anthropic. « Le département [de la Guerre] a également affirmé que nos services ne seraient pas utilisés par les agences de renseignement du département de la Guerre (par exemple, la NSA). Tout service fourni à ces agences nécessiterait une modification ultérieure de notre contrat », ajoute Altman.

Ces arguments n’ont pas empêché l’émergence d’un large mouvement de boycott baptisé QuitGPT, qui a pris racine au début du mois. Sur les réseaux, de nombreux internautes se sont montrés mécontents du fait que le président d’OpenAI Greg Brockman ait fait un don de 25 millions de dollars à un comité d’action politique américain pro-MAGA. Le partenariat d’OpenAI avec le Pentagone a remis de l’huile sur le feu.

Sous Linux, la commande sudo remplace les     par des *** et ça énerve certains barbus

Pierre Dandumont

mardi 03 mars à 11:05

Ailleurs

Depuis des décennies, la commande sudo (aussi disponibles sous macOS) a un comportement atypique, qui a tendance à désorienter les néophytes. Cette commande sert à exécuter une commande avec des privilèges et demande le mot de passe de l'utilisateur, mais n'affiche aucun retour visuel. Quand vous tapez un mot de passe avec sudo, vous obtenez ceci :     (c'est-à-dire rien).

Pas de retour visuel.

Dans la dernière version de la distribution GNU/Linux Ubuntu, l'application sudo a été remplacée par une version moderne, écrite en Rust (un langage de programmation qui amène une gestion de la mémoire plus rigoureuse), sudo-rs. Et cette version change le comportement par défaut : elle affiche des **** quand vous tapez votre mot de passe.

Un tollé chez les utilisateurs

Le changement, assez récent, a amené un rapport de bug un peu énervé, d'un utilisateur que nous pourrions appeler affectueusement un barbu. Les utilisateurs historiques de GNU/Linux sont souvent vus comme des clichés (imaginez Richard Stallman) et le rapport en question manque clairement de subtilité, entre les MAJUSCULES1 et les insultes dans les exemples. La personne se plaint d'un changement après des dizaines d'années, en arguant que c'est une question de sécurité.

Un message tout en finesse.

Il a été indiqué que le « bug » n'allait pas être fixé, avec quelques arguments. Premièrement, l'absence de retour visuel est un problème pour un néophyte… mais aussi pour un utilisateur avancé. Qui n'a jamais pressé la touche d'effacement plusieurs fois en pensant peut-être avoir fait une erreur dans le mot de passe ?

Deuxièmement, l'argument mis en avant qu'une personne pourrait voir la longueur du mot de passe est globalement risible. Le même mot de passe est affiché avec des étoiles sur l'écran de login, il est simple de déterminer la longueur avec le bruit de la frappe et une personne qui serait capable de voir les étoiles qui indiquent la longueur de votre mot de passe pourrait probablement aussi voir ce que vous tapez.

Richard Stallman se demande ce qu'il a créé. Image Anders Brenna, CC BY 3.0.

Troisièmement, même en matière de sécurité, la longueur du mot de passe a globalement peu d'impact. Dans une recherche par force brute simple (c'est-à-dire tester toutes les possibilités séquentiellement), connaître la longueur du mot de passe ne réduit que de 4 % le nombre de possibilités s'il est composé d'une des vingt-six lettres de l'alphabet. En effet, vous ne pouvez exclure que les mots de passe plus courts, et les possibilités sont bien moins nombreuses.

Il est possible de cacher (ou afficher) les étoiles

Pour rappel, si le comportement par défaut (sous macOS et dans de nombreuses distributions) est de ne pas afficher des étoiles, il est possible de le modifier. Il suffit d'ajouter la ligne Defaults pwfeedback pour afficher des *** ou de mettre Defaults !pwfeedback pour ne rien afficher. La modification s'effectue avec la commande sudo visudo dans le terminal.

Sous macOS, par ailleurs, il y a beaucoup plus simple si vous avez un Mac avec Touch ID : il est possible d'employer la biométrie à la place du mot de passe. C'était une modification ponctuelle pendant de longues années, mais depuis macOS Sonoma, la modification est permamente.

macOS Sonoma permet enfin de toujours valider la commande sudo avec Touch ID

macOS Sonoma permet enfin de toujours valider la commande sudo avec Touch ID


  1. Sur Internet, personne ne vous entendra crier.  ↩︎

Livre 50 ans Apple : après les 1 000 précommandes, cap sur l’objectif 65 020 € avec un lot collector

Christophe Laporte

mardi 03 mars à 08:55

MacGeneration

C’est le calme avant la tempête… Les jours qui viennent risquent d’être chargés avec les différentes annonces Apple. Alors, si ce n’est pas déjà fait, pensez à précommander votre exemplaire de notre livre : L’aventure Apple : 50 ans de souvenirs.

En fin de semaine, nous avons franchi un nouveau cap symbolique : celui des 1 000 exemplaires précommandés. Nous sommes impatients que ce livre vous parvienne afin d’avoir vos réactions. J’espère qu’il vous plaira autant qu’il nous plaît. Mille mercis pour votre soutien !

Si tout se passe bien, nous devrions recevoir les premiers exemplaires pendant la seconde quinzaine de mars. Il ne restera plus alors qu’à organiser les expéditions.

Objectif 6502

Le prochain objectif, plus très loin, est fixé à 65 020 €. Alors pourquoi 65 020 ? En référence au processeur 6502 que l’on retrouvait au cœur de l’Apple I et de l’Apple II. Il est toujours fascinant d’évoquer les caractéristiques techniques des puces d’antan. Pensez donc : cette puce 8 bits était cadencée à 1 MHz et pouvait adresser 8 Ko de mémoire vive. Nos complaintes sur l’évolution du prix de la RAM ou le retour d’un Mac avec 8 Go de mémoire paraissent soudainement un brin dérisoires. Lors de la journée de MacGeneration, le 18 avril, nous prévoyons de faire une démo d’un Apple I. Le souci, c’est que si nous avions voulu faire l’acquisition d’un original, il aurait fallu trouver quelques centaines de milliers de dollars. Ce n’est sans doute pas très raisonnable.

Une carte mère restaurée et signée par Steve Wozniak a été vendue 485 000 $ en 2022

À la place, nous allons faire l’acquisition d’une carte mère qui est une réplique fidèle de l’Apple-1. Le prix est nettement plus raisonnable.

La réplique de la carte mère

Si nous franchissons la barre des 65 020 €, nous offrirons à l’un des participants cette réplique pour qu’il puisse se replonger dans le passé à ses heures perdues. Franz Achatz, à qui l’on doit ce petit bijou, a reçu de Steve Wozniak l'autorisation écrite personnelle d'utiliser le code ROM original de l'Apple I. Cela fait de l'A-ONE non seulement une réplique matérielle, mais également un véritable héritier fonctionnel de l'Apple I.

Alors, pour participer à ce petit concours, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

👉 Je précommande mon exemplaire du livre de MacGeneration sur les 50 ans d’Apple

iOS 26.4 : une troisième bêta orpheline de macOS Tahoe

Christophe Laporte

mardi 03 mars à 07:19

macOS

Hier soir, Apple a déployé la troisième bêta de son cycle 26.4 pour l’ensemble de ses systèmes d’exploitation. Une salve presque complète, à une exception notable : macOS Tahoe manque cruellement à l’appel.

iOS, iPadOS, watchOS : une troisième bêta pour les OS 26.4

iOS, iPadOS, watchOS : une troisième bêta pour les OS 26.4

Le mystère de la bêta manquante

À l’heure où nous écrivons ces lignes, les serveurs d’Apple boudent toujours le Mac. Pourquoi ce retard ? Le scénario le plus probable reste celui d’un bug de dernière minute, suffisamment sérieux pour bloquer le déploiement.

Toutefois, une autre hypothèse circule : celle d’une absence volontaire pour protéger les annonces matérielles attendues aujourd’hui ou demain. Apple cherche peut-être à éviter que des lignes de code indiscrètes viennent gâcher la surprise.

macOS 26.4 : la limite de recharge de la batterie arrive enfin sur Mac

macOS 26.4 : la limite de recharge de la batterie arrive enfin sur Mac

La mise à jour macOS 26.4 apporte une nouveauté attendue pour la gestion de l'énergie : l'arrivée de la limite de charge native pour les MacBook. Cette fonction, jusqu’ici réservée aux iPhone et iPad, permet de plafonner manuellement la recharge (entre 80 % et 100 % par paliers de 5 %) afin de limiter l'usure de la batterie sur le long terme, un réglage désormais également pilotable via l'application Raccourcis pour plus d'automatisation. Outre ce gain de longévité, cette version marque le retour de l'affichage compact des onglets dans Safari, introduit une mise en garde sur la fin prochaine du support de Rosetta 2 pour les puces Intel, et propose diverses améliorations dans Apple Music et Podcasts ainsi qu'une nouvelle série d'emojis.

Siri : rendez-vous en mai ?

Sans surprise, le « nouveau Siri » boosté à l'Apple Intelligence brille toujours par son absence. Il devient de plus en plus probable qu'il faudra prendre son mal en patience jusqu'au cycle 26.5, qui devrait sortir en mai.