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Sony abandonne les enregistreurs de Blu-ray

Pierre Dandumont

jeudi 12 février à 11:55

Ailleurs

Après avoir annoncé la fin des Blu-ray enregistrables il y a un an, Sony a annoncé la fin des enregistreurs de Blu-ray. Nous ne parlons pas ici des graveurs pour les ordinateurs (Sony a quitté ce marché il y a de nombreuses années) mais bien de celui des enregistreurs de salon. C'est un appareil qui n'a jamais eu un grand succès en occident, mais qui avait trouvé sa place à une époque au Japon, notamment.

Le dernier enregistreur Sony. Image Sony.

Les enregistreurs de Blu-ray sont l'équivalent des magnétoscopes d'antan, ou des enregistreurs de DVD : ils permettent de stocker des vidéos enregistrées à la télévision (n'espérez pas en profiter pour enregistrer Netflix ou d'autres services de streaming) sur des disques onéreux et pas nécessairement fiables dans le temps. Car il faut bien l'avouer, l'intérêt reste assez faible, ce qui explique le peu de succès de ces appareils dans nos contrées. Les enregistreurs de DVD (puis de Blu-ray) ont été remplacés assez rapidement par des appareils qui intégraient un disque dur, puis par le cloud et les services de replay des différentes chaînes. En 2026, l'enregistrement sur un support physique n'est plus vraiment à la mode.

Sony abandonne les Blu-ray enregistrables, les MiniDisc Data et les cassettes MiniDV (oui, ils étaient encore produits)

Sony abandonne les Blu-ray enregistrables, les MiniDisc Data et les cassettes MiniDV (oui, ils étaient encore produits)

Dans la pratique, du côté de Sony, les ventes étaient assez faibles : elles sont passées d'environ 6,4 millions d'enregistreurs en 2011 au Japon (toutes marques confondues) à 620 000 en 2025. Le BDZ-ZW1900 (sorti en 2024) et les BDZ-FBT4200, FBT2200 et FBW2200 (qui datent de 2023) seront donc les derniers enregistreurs de Sony. Les derniers modèles seront produits ce mois-ci. Pour vous donner une idée, le dernier modèle en date était compatible BD-XL (des disques qui peuvent stocker 100 Go dans cette variante enregistrable), intégrait un disque dur de 1 To et proposait deux tuners numériques. Le prix japonais est de l'ordre de 85 000 ¥, soit un peu plus de 450 €.

Et les lecteurs ?

Soyons clairs sur un point, pour terminer : l'annonce de Sony se limite aux enregistreurs de Blu-ray de salon. Les lecteurs de Blu-ray sont encore produits, et Sony ne propose plus directement de lecteurs ou de graveurs pour le monde informatique. Si vous avez l'habitude d'encore acheter des films en Blu-ray (ou en Blu-ray Ultra HD), il ne faut pas paniquer pour le moment : les principaux constructeurs continuent à vendre des platines. Et Sony a par exemple dévoilé un nouveau modèle en 2025, le BDP-X700.

Un lecteur de Blu-ray Ultra HD. Image Sony.

Tempête Nils : Free signale des perturbations réseau, des pannes chez les 4 opérateurs

Félix Cattafesta

jeudi 12 février à 11:48

Services

Une tempête frappe durement le Sud de la France en ce 12 février. Une trentaine de départements ont été classés en vigilance orange par Météo-France, et 5 sont en vigilance rouge. Les vents violents et les crues compliquent la vie des opérateurs : Free a fait savoir que son réseau était perturbé.

Carte Météo France

« Vents violents, fortes pluies, risques de crues peuvent affecter la majeure partie du Sud de la France », a rappelé l’opérateur. « Nos équipements sont fortement impactés et les services se trouvent perturbés », ajoute-t-il dans un communiqué sur X. L’opérateur affirme travailler avec ses fournisseurs d’énergie pour assurer le suivi.

Le site ZoneADSL recense 149 pannes mobiles et 713 pannes internet sur le réseau fixe de Free dans l’Hexagone. Les soucis ont visiblement commencé vers 9 h. L'opérateur de Xavier Niel n’est pas le seul étant donné que l’on observe également une nette hausse des signalements chez SFR, et de manière un peu plus modérée chez Bouygues.

Image ZoneADSL

La casse semble plus limitée chez Orange, mais des pannes restent présentes. Au total, 508 pannes mobile et 1810 pannes fixe ont été signalées aujourd'hui chez les 4 principaux opérateurs. Environ 900 000 foyers étaient privés d'électricité ce matin, dont près de 500 000 en Nouvelle-Aquitaine.

Pour rappel, les cinq départements en vigilance rouge sont la Gironde et le Lot-et-Garonne, l’Aude, les Pyrénées-Orientales et la Savoie pour les avalanches. Les personnes habitant les zones touchées sont invitées à rester chez elles et à limiter leurs déplacements en voiture. Un conducteur de poids lourd est mort ce matin vers Dax suite à la chute d’une branche d’arbre sur son véhicule, tandis qu’un agent de la voirie a été blessé par un arbre dans le Tarn-et-Garonne.

Anna’s Archive commence à publier des millions de titres siphonnés sur Spotify

Félix Cattafesta

jeudi 12 février à 10:58

Services

En décembre dernier, Spotify recevait un bien mauvais cadeau de Noël : le groupe de pirates Anna’s Archive annonçait avoir siphonné 300 To de données comprenant pas moins de 256 millions d’entrées. Les malandrins affirmaient chercher à créer la première « archive de préservation » musicale, et expliquaient que le paquet serait mis en ligne au compte-gouttes. Le site spécialisé TorrentFreak rapporte que c’est désormais chose faite avec la mise en ligne de dizaines de nouveaux torrents contenant environ 2,8 millions de pistes pour un total d'environ 6 To de données audio.

Image Spotify

Anna’s Archive était jusqu’à présent connu comme une bibliothèque pirate centrée sur les livres. Ses gérants ont décidé de changer de registre en s’attaquant à l’audio et ont massivement copié des fichiers allant de 2007 jusqu’à juillet 2025. Ils expliquaient alors vouloir publier les différents types de fichiers par vagues, en commençant par les métadonnées et promettant les pistes pour plus tard.

La base de données de Spotify aspirée par des pirates, 300 To de musique dans la nature

La base de données de Spotify aspirée par des pirates, 300 To de musique dans la nature

Les pirates ont commencé à diffuser ces fichiers sans faire d’annonce officielle. Cette nouvelle fournée ajoutée le 8 février comporte 47 torrents musicaux. On y trouve à chaque fois 60 000 fichiers (à l'exception d'un lot plus petit) portant le total à environ 2,8 millions de pistes. Anna's Archive avait précédemment déclaré en avoir archivé environ 86 millions pour un total d’environ 300 To, laissant présager d'autres ajouts à venir.

Les dossiers partagés contiennent bien des fichiers musicaux, allant de quelques centaines de kilo-octets à plusieurs Mo. Anna’s Archive avait fait part de sa volonté de proposer une archive « brute » visant la préservation et ne permettant pas de télécharger des pistes individuellement. Les noms de fichiers font référence à ce qui ressemble à des identifiants de pistes semblant correspondre au format de cache interne de Spotify.

Évidemment, une telle action a suscité l’ire de Spotify et des ayants droit. Un juge a signé une injonction préliminaire le mois dernier interdisant explicitement à Anna's Archive d'héberger, de créer des liens ou de distribuer les œuvres protégées par le droit d'auteur. Si les pirates ont donné l’impression de coopérer dans un premier temps en supprimant quelques mentions de leur site, ils sont visiblement revenus à leur plan initial. Les maisons de disques vont sans doute faire leur possible pour limiter la diffusion des fichiers, mais il sera bien difficile de faire rentrer le génie dans sa lampe une fois l’intégralité des fichiers en ligne.

Exode fiscal : pourquoi la Silicon Valley regarde vers Miami

Christophe Laporte

jeudi 12 février à 09:19

Ailleurs

Ce n’est un secret pour personne : la Floride a la cote. Mais si les plages de Miami attirent depuis longtemps les retraités et les touristes, elles sont devenues le nouveau point de chute d'une migration d'un tout autre genre : celle des ultra-riches de la Silicon Valley. Et contrairement aux apparences, ce n'est pas tant le climat politique ou la proximité avec Mar-a-Lago qui motive ce mouvement, mais bien une équation comptable implacable face aux velléités fiscales de Sacramento.

Mark Zuckerberg s’installe au « Bunker »

Dernier mouvement d’ampleur en date : celui de Mark Zuckerberg. Selon le Wall Street Journal, le patron de Meta vient de poser ses valises à Indian Creek, cette île ultra-sécurisée de Miami que l’on surnomme désormais le « bunker des milliardaires ».

Image :  Zoshua Colah - Unsplah

L’opération immobilière, estimée entre 150 et 200 millions de dollars, concerne une villa de 8 000 m² fraîchement sortie de terre. Le couple Zuckerberg-Chan devrait y emménager d'ici avril. Le patron de Meta y retrouvera un voisinage bien connu de la côte Ouest, à commencer par Jeff Bezos, déjà résident depuis 2024.

L’invasion des géants de Mountain View

Mais l'exode est plus profond. Les fondateurs de Google ne sont pas en reste : Larry Page a déjà investi près de 190 millions de dollars dans plusieurs propriétés du quartier de Coconut Grove, tandis que Sergey Brin prospecterait activement du côté de Miami Beach pour un ticket d'entrée à 50 millions. Peter Thiel, habitué de la région, a lui aussi consolidé ses actifs locaux. En quelques mois, le centre de gravité de la tech semble avoir glissé des bords de la Baie de San Francisco vers la baie de Biscayne.

Mark Zuckerberg. Crédits : Anthony Quintano (CC BY 2.0)

Le spectre de la taxe à 5 %

Au cœur de cette migration soudaine : la « 2026 Billionaire Tax Act ». Ce projet de loi californien propose d'instaurer une taxe exceptionnelle de 5 % sur la fortune nette des milliardaires. Si la Floride affiche un insolent 0 % d'impôt sur le revenu, la Californie cherche à renflouer ses caisses après les coupes budgétaires fédérales.

Le timing n'est pas anodin : pour être soumis au vote en novembre prochain, le texte doit encore recueillir 875 000 signatures. Mais le simple fait que la mesure puisse être rétroactive au 1er janvier 2026 a provoqué une accélération des départs en fin d'année dernière.

La France est moins riche que la Californie

La France est moins riche que la Californie

Un pari risqué pour la Californie

Le Bureau de l’analyste législatif de l'État a pourtant tiré la sonnette d’alarme. Si la taxe pourrait rapporter des dizaines de milliards à court terme, la perte des autres recettes fiscales liées au départ de ces contribuables hors normes pourrait s'avérer catastrophique. La Californie abrite encore 255 milliardaires, mais la menace d'une fuite des capitaux est prise très au sérieux par le gouverneur Gavin Newsom, qui s'oppose fermement au projet porté par les syndicats de la santé.

Jensen Huang, cofondateur et CEO de Nvidia, en 2023. Image Taiwan Presidential Office (CC BY).

Tout le monde ne fuit pas pour autant. Jensen Huang, l'emblématique patron de Nvidia dont la fortune flirte avec les 165 milliards de dollars, a déjà fait savoir qu'il ne bougerait pas : « Je n'y ai même pas pensé une seule fois », a-t-il tranché, rappelant son attachement viscéral à la Silicon Valley, quelles que soient les futures contraintes fiscales.

Les OS 26.3 corrigent une vulnérabilité bas niveau exploitée pour des attaques très sophistiquées

Nicolas Furno

jeudi 12 février à 08:45

macOS

Comme à chaque mise à jour, la version 26.3 finalisée hier soir corrige de multiples bugs et des failles de sécurité. La majorité du temps, ces vulnérabilités sont repérées par des chercheurs en sécurité et corrigées avant toute exploitation connue. Ce n’est pas le cas cette fois : la faille dénichée par le groupe spécialisé de Google était utilisée dans des attaques très sophistiquées. Si son exploitation restait suffisamment complexe pour ne pas la retrouver dans le premier malware venu, mieux vaut malgré tout installer les mises à jour dès que vous le pouvez.

Image MacGeneration.

Comme toutes les failles de sécurité, celle-ci porte un numéro, en l’occurrence CVE-2026-20700. La description de son impact donnée par Apple est toutefois bien plus parlante :

Un attaquant disposant de capacités d’écriture en mémoire pouvait être en mesure d’exécuter du code arbitraire. Apple a connaissance d’une information indiquant que cette vulnérabilité a pu être exploitée dans le cadre d’une attaque extrêmement sophistiquée visant des personnes spécifiquement ciblées sur des versions d’iOS antérieures à iOS 26.

Deux éléments clés ressortent de ce petit paragraphe fourni par l’entreprise de Tim Cook. D’une part, l’attaque semble difficile à mettre en œuvre et c’est pour cette raison qu’elle paraît n’avoir été utilisée que lors d’attaques ciblées et non pas contre le grand public. On parle ici le plus souvent d’opposants ou de journalistes visés directement et non d’un dispositif malveillant largement distribué. À défaut de détails précis sur l’attaque, Apple indique qu’elle concerne dyld, pour dynamic linker.

Cette brique bas niveau charge en mémoire toutes les bibliothèques dynamiques indispensables au bon fonctionnement d’une app, comme les frameworks du système ou d’autres briques logicielles. Au passage, ce n’est pas la première fois que son nom ressort en lien avec une faille de sécurité, c’était aussi le cas avec une vulnérabilité corrigée par OS X 10.10.5, en août 2015.

Faille dyld : Apple livrera un correctif avec OS X 10.10.5

Faille dyld : Apple livrera un correctif avec OS X 10.10.5

D’autre part, la faille ne se limite pas à iOS 26, puisque les exploitations connues concernent des versions antérieures. D’ailleurs, le correctif est également fourni pour iOS et iPadOS 18.7.5, en plus de tous les OS 26.3. Tous les iPhone depuis le 11, les iPad depuis 2018 et les Mac compatibles avec Tahoe pouvaient être attaqués par ce biais.

Deux autres failles de sécurité en lien avec celle-ci sont par ailleurs référencées, toutes deux liées à un navigateur web et comblées depuis le mois de décembre 2025. CVE-2025-43529 a été corrigée avec les OS 26.2 et elle concernait Safari tandis que CVE-2025-14174 touchait Chrome et a été gérée par Google. Tout porte à croire que la porte d’entrée était le navigateur web, un vecteur courant d’attaques. C’est logique quand on pense que c’est une app universelle, très facile à cibler (un site web suffit) et suffisamment complexe pour cacher de multiples failles potentielles.