L’affaire Facebook est-elle une aubaine pour Apple ?

Christophe Laporte |

Facebook a sans doute traversé ces dernières semaines la pire crise de son histoire. Mark Zuckerberg n’a pas dit le contraire, reconnaissant même qu’il faudrait sans doute des années à son groupe pour surmonter la débandade Cambridge Analytica qui s’apparente à une crise d’adolescence.

On le pressentait depuis des mois déjà que la fête concernant les données personnelles touchait à sa fin. Même le grand public, avec ce dicton aussi simpliste qu’expéditif « si c’est gratuit, c’est toi le produit », commençait doucement à s’en rendre compte. L’étendue de l’affaire Cambridge Analytica donne une tout autre ampleur à ce phénomène. Il ne s’agit plus uniquement d’exploitation de données, de matraquage publicitaire et de gros sous, mais du bon fonctionnement de nos démocraties.

Nul doute que dans quelques dizaines ou centaines d’années, on étudiera cette affaire avec intérêt, tant elle montre les enjeux de notre époque. En attendant, pour remettre les choses dans leur contexte, on notera que les déboires de Facebook ont débuté peu de temps avant la mise en place du règlement général sur la protection des données (RGPD). Vue par le prisme d’Apple, cette affaire intervient au moment où les dernières mises à jour de macOS et iOS mettent encore plus en avant sa politique en matière de confidentialité. Cette phrase de Tim Cook résume très bien la position de son groupe : « la vie privée pour nous, c'est un droit de l'Homme, une liberté civile ».

Dans sa communication de crise, Facebook cherche à mouiller ses concurrents en répétant à qui veut l'entendre que ses pratiques sont similaires à celles de Google, Twitter, Amazon ou encore LinkedIn (et donc Microsoft qui en est le propriétaire). Une technique risquée qui n'aura pas pour effet de rassurer le grand public inquiet. Seul Tim Cook a le droit à un traitement de faveur de la part de Mark Zuckerberg, qui pointe du doigt la politique tarifaire d'Apple. Mais à chaque fois, Facebook donne l'impression de taper à côté. Quoi qu’il en soit, les relations entre Apple et Facebook n’ont jamais été simples et cela ne devrait pas contribuer à les améliorer. De manière générale, cette affaire a sans doute dû ajouter un peu de tension entre les stars de la Silicon Valley.

Est-ce qu’au-delà de cette prise de conscience les choses vont réellement changer ? L’avenir nous le dira. Il y a eu le mouvement #deletefacebook.

On trouve d'ailleurs de nombreux guides en ligne pour supprimer son compte Facebook en toute sécurité, comme celui de 1and1 "Supprimer son compte Facebook : définitivement ou temporairement ?". On a également entendu ces derniers jours de pieux discours encourageant les gens à abandonner Google pour d’autres moteurs. Mais qu’en sera-t-il quand le soufflé sera retombé ? En pleine crise de ce type, on promet le pire à l’acteur concerné, mais au final, si tout cela est géré correctement, les choses finissent par entrer dans l’ordre. Le dieselgate n’a pas empêché Volkswagen par exemple d’enregistrer un record de ses ventes en 2017.

Après avoir perdu du terrain en mars, l’action Facebook a commencé à repartir de l’avant depuis quelques semaines.

Ce changement d’ère peut-il profiter à Apple ? Il faut reconnaitre au Californien le fait d’avoir toujours été en pointe en matière de confidentialité des données. Est-ce par calcul politique (quand Google est votre principal concurrent sur le marché des systèmes d’exploitation pour smartphones) ou par choix philosophique ? C’est une autre affaire, même s’il faut reconnaitre qu’Apple n’a que très rarement montré un réel intérêt commercial pour les données. iAd est sans doute la principale exception. Et on ne peut pas dire qu’Apple ait fait part d’un enthousiasme débordant autour de cette activité.

Mais ce positionnement de principe, du moins à court terme, pourrait plus lui coûter que lui rapporter. Car entre le fait qu’Apple se préoccupe de vous en quelque sorte et que Siri est parfois bête comme choux justement à cause des règles drastiques qu’elle s’impose, c’est la deuxième proposition qui pourrait bien faire pencher la balance dans le mauvais sens.

On le voit avec le HomePod par exemple, dont le succès commercial ne serait pas au rendez-vous pour le moment. Et même si Apple peut se targuer d’être le chevalier blanc, le grand public qui aime bien les raccourcis pourrait être tenté de mettre tout le monde dans un même sac et mélanger les polémiques comme celles du respect de la vie privée et de l’optimisation fiscale, qui font de plus en plus fréquemment les choux gras des médias généralistes. Qui aime bien châtie bien. La maxime risque de s’appliquer aux GAFA pendant encore de nombreux mois. Apple y compris.

avatar oomu | 

"L’affaire Facebook est-elle une aubaine pour Apple ?"

Oui.

Autre question ?

avatar guigus31 | 

@oomu

oomu est vivant(e) ! Ça faisait un bail :)

avatar oomu | 

ho quand même, j'ai fait une salve de commentaire (dont du sincères et sérieux) tout récemment.

Même qu'il y a eu quelques réponses outrageusement intéressantes où a ma grande honte j'ai pas pris le temps de répondre encore. (parce que c'est beaucoup plus d'effort qu'un "oui" lapidaire de répondre correctement aux gens, et oui je m'en désole, et plus je me désole, moins je dors bien, et moins je dors, moins j'ai d'énergie, et du coup... bref, c'est le drame :) )

ça va ça vient, selon mes réserves de jus d'orange, l'inspiration et l'envie... mais l'envie de parler Apple des fois, ça ressemble plus à un besoin qu'autre chose.

Qui pourra remplacer le besoin par l'envie ? hoohoOOO

avatar fabsolar | 

@oomu

Haaaaaa enfin de retour 😄

avatar rolmeyer | 

Bof je vois dans mon entourage toujours les gens poster des photos de leurs gamins sur facebook et y faire des rapport détaillés dignes de la STASI de leur vie...

avatar C1rc3@0rc | 

@rolmeyer

+1

STASI, c'est bien le terme qui colle le mieux comme definition de Facebook, au moins la partie renseignement.

Les parties controlantes et repressives en sont encore a se mettre en place, mais nul doute que les liquidateurs des democraties occidentales - mis en place par les electeurs manipulés par des societes comme Cambridge Analytica - ont - depuis 2001 - bien avancé le travail.

Dans quelques centaines d'annees il se pourrait que les historiens etudient la societe occidentale comme un phenomene sporadique et unique - comme l'a ete la societe athénienne - et s'interrogent sur la volonte suicidaire des citoyens qui se sont volontairement alienes a des multinationales comme Facebook pour detruire et succeder a l'internet et de fait replacer leur destins dans les mains de dictatures .

Ce que montre l'episode Cambridge Analytica, c'est que meme confronté a des preuves indubitables de la pure malfaisance d'instruments comme Facebook, la population s'enferme dans le deni et non seulement ne reagi pas mais s'enfonce un peu plus dans la torpeur deletere... Il suffit de voir ce que font passer les gouvernements - notamment en France avec l'HADOPI XXL annoncée et l'instauration d'un etat d'urgence permanent de nature administrative - et que la population ne bouge meme pas un cil...

Peut être finalement que l'humanité a une nature intrinsèque d’inféodés et que son modèle politique idéal est la dictature?

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

Si je me souviens bien, il y a plusieurs années Facebook a fait des expériences avec des populations cibles en choisissant des types d'informations (joyeuses - tristes - violente) pour étudier comment selon les catégories elles étaient influencées.
On peut craindre que cette information qui a fuité ne soit qu'un élément de ce que nous prépare Facebook.

avatar C1rc3@0rc | 

@J'en_crois Pas_mes yeux

En fait tout le fonctionnement de Facebook repose sur le principe du social engineering et sur les etudes en psychologie sociale developpées depuis les annees 40 dans les universités americaines (en particulier dans la sphere de G.Bateson).

Beaucoup des mecanismes a l'oeuvre dans Facebook (heuristiques et algorithmes issus de la theorie des graphes) ont été développé egalement par les societes de marketing qui se sont illustrées dans le developpement des ventes des produits de l'industrie comme celle du tabac.

Une autre source a l'origine des outils de Facebook provient des études militaires de subversions des populations lors des conflits modernes dont celui de la guerre du vietnam. Il y a une platée d’étude sur le sujet ou autant le comportement des combattants des deux camps que les impacts sur les populations civiles ont été étudié...

«On peut craindre que cette information qui a fuité ne soit qu'un élément de ce que nous prépare Facebook.»

Facebook est une entreprise B2B!
Ses premiers clients ne sont pas les annonceurs (arrivés relativement tard) mais bel est bien les sociétés comme Cambridge Analytica, les administrations, les partis politiques, mais aussi les sociétés qui font de l'"intelligence" économique et industrielle, et des hacker bien evidemment qui savent parfaitement utiliser l'outil...

Il faut regarder ensuite comment Facebook a ete financé, et pendant combien d'annees - sans jamais rien rapporter - et cela en développant des infrastructures supérieures a celle d'un État.

L'affaire Cambridge Analytica n'aurait jamais du arriver aux oreilles du public!

Mais en fait Cambridge Analytica n'est qu'une societe de manipulation de l'opinion politique (on dit marketing politique) comme toutes les autres (et il y en a une platée).

La majorité des partis politiques ont recours systematiquement a ces societes depuis les annees 50 (le premier cas reporté c'est l'election d'Eisenhower avec l'aide de l'agence BBDO).

Pour ces societes (Experian, Epsilon,Acxiom, Equifax,...) Facebook a ete un progres aussi important que le passage a la micro-informatique l'a ete pour le secteur tertiaire.

Il faut savoir par exemple qu'aux USA Obama s'est appuyé sur catalist, une base de donnees répertoriant la majorité de la population américaine avec une fiche par personne contenant en moyennes plus de 600 informations: age, sexe, adresse, "race", tendance politique et religieuse, orientation sexuelles, habitude de consommations...

En France, Sarko a ete elu grace au travail de Experian et les 4 principaux candidats de la derniere election (5% d'ecart entre Macron et Melenchon... soit la marge d'erreur statistique!) ont eu recours a des societes similaires et se sont appuyés sur des outils d'analyse statistiques alimentés entre autres par Facebook et Twitter.

avatar françois bayrou | 

+1000

"Dans quelques centaines d'annees il se pourrait que les historiens etudient la societe occidentale comme un phenomene sporadique et unique"

Pas besoin d'attendre, c'est déjà fait : j'ai souvenir d'un article sur le sujet mais je n'ai pas les sources, j'en suis désolé :(
La société occidentale contemporaine est un accident de parcours.

avatar Cockring | 

on s approche déjà du point godwing !!!

avatar malcolmZ07 | 

AMHA les mauvaise ventes supposées du homepod n'ont rien avoir avec Siri.
Et c'est une enceinte capable d'utiliser Siri. Pas un assistant capable de jouer de la musique.
Et il est destiné aux utilisateurs Amusic et de AirPlay

avatar bonnepoire | 

Je pense que tu as raison. Le problème n'est sans doute pas Siri. L'aspect beta du produit et son prix en sont sans doute des facteurs plus sérieux.
Pour le reste, c'est un échec relatif puisqu'ils vendent pratiquement 50% de plus que Sonos. Ce n'est juste pas un raz-de-marée.

avatar Lestat1886 | 

Oui et non en effet.

Oui parce que le public a pris conscience des abus sur les données personnelles, même bien avant ce scandale. Quant à la qualité moindre de Siri, pour le moment c’est pas si pénalisant l’utilisation des assistants intelligents reste assez limité (et pour les taches simples les plus utilisées Siri marche relativement bien)
Mais surtout non parce qu’il y a une tendance à mettre tout le monde dans le même sac, les GAFA n’ayant plus bonne presse. On est passé de l’émerveillement face aux géants de la tech à la méfiance généralisée. Et puis les gens ont la mémoire courte!

avatar melaure | 

Pas faux sur les deux points, l'amalgame est vite fait et on oubli toujours Microsoft dans le mot GAFA, alors que Microsoft est nettement moins clean la dessus, sans compter que la boite fait Open Bar à la NSA depuis le milieu des années 90.

Ceci dit au moins nous consommateurs de la pomme sommes assez serin, car Apple n'a pas joué à cela jusque là. Autant je suis très critique sur le matos où Cook nous prend pour des pigeons, mais sur la sécurité et le traitement des données, c'est plutôt une impression satisfaisante, et depuis longtemps. Espérons ne jamais être déçu.

avatar Sgt. Pepper | 

@melaure

« sur le matos où Cook nous prend pour des pigeons »

Ha bon ? Mais encore ...

avatar melaure | 

C'est exactement ce que je disais, tu confirmes mon dire si tu ne comprends pas ;)

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

Mark Zuckerberg président !
Les media ont bien suggéré que Mark allait se présenter ?
Si un salopard qui "attrape les femmes par leur sexe" a pu être élu
Mark avait toutes ses chances.

Que faut-il pour pouvoir déterminer le comportement des gens ?
1 -Faire que tous les choix deviennent équivalents (Tous pourris)
2 - Profiler l'ensemble des électeurs (connaître les déterminants angoisses phobies désirs phantasmes)
3 - remplacer leur réel par un virtuel créer sur mesure pour les piloter vers l'objectif recherché à travers leurs pulsions et répulsions.

Cockring : Si tu n'as toujours pas compris que l'on peut parler de la stasi, des nazis ou des camps de concentration sans atteindre "le point de godwin"..!
Dieu merci il est parfois pertinent d'appuyer ses raisonnements sur ces moments de l'histoire à bon escient. La plupart du temps les personnes qui agitent le point de godwin réagissent de manière pavlovienne (arc réflexe ne mettant pas en jeu la pensée et donc l'intelligence)

avatar C1rc3@0rc | 

@J'en_crois Pas_mes yeux

«Si un salopard qui "attrape les femmes par leur sexe" a pu être élu
Mark avait toutes ses chances.»

Deja rappelons que 2018 est le 50eme anniversaire de 1968, qui signa une generalisation des mouvements libertaires et egalitaires en occident.

Ces mouvements - qui ont initié de consequentes evolutions sociales - ont ete combattus en agitant 2 epouvantails d'alors:
-l'union sovietique
-la crise economique (2 chocs petroliers... orchestrés).

Aujourd'hui ont a substitué l'islamisme a l'URSS et le la bulle financiere au choc petrolier...

Parmi les combats des 70's celui de la place des femmes dans la societe a ete un des plus visibles, mais il y a aussi l'emergence de l'ecologie et l'evolution du statut du travail.

Aujourd'hui effectivement Trump incarne de maniere spectaculaire - pour ne pas dire monstrueuse - la regression sociale et societale sur tous les plans.

Son comportement envers les femmes est réaffirmation de la tradition du fondamentalisme patriarcal.

On en est meme pas au niveau de la femme-objet (sexuel) mais au niveau du racisme culturel:
- l'homme est la race supérieure,
- la femelle un sous-produit sans droits!
La dimension spenceriste de la societe americaine est le meilleur terreau pour cette conception.

Les attaques de Trump plus ou moins detournées envers la question du genre s'incrit dans cette ligne regressioniste qui a de sales relents eugénistes.

Quant a l'idee du mur c'est autant symboliquement que concrètement le principe de la regression et de l'isolation de la realité!

Trump - ce n'est pas un hasard - refute et combat le principe et la conscience ecologique.

Ceux qui sont attaqués ne sont pas les politiciens adhérant a des ideologies socio-ecologistes, non, ce qu'il attaque c'est la science environnementale, l'education et la recherche, les outils de controle et de conservation ecologiques effectifs, les pouvoirs et responsabilités de l'etat au niveau de la gestion territoriale!

Il ne prone pas le progres et l'evolution vers une economie tirant partie de la gestion environnementale, non, il affirme que la conscience ecologique est une faiblesse qui fait que l'occident s'affaiblit face au péril jaune: la Chine communiste!

Quant au travail, il le place au centre des solutions a tous les problèmes: le travail est tout, la solution a tout et sa preservation justifie absolument toutes les aberrations.

Mais son idee du travail est bien celle combattue dans les annees 70: ce n'est pas l'outil de production qui est defendu, c'est la nature du sujet humain!
Dans cette concpetion l'humain n'est pas citoyen, il n'est pas "humain", ni meme animal... il est travailleur!
Cette identité etablie par son emploi est sa raison d'etre: travailler
Le seul droit et devoir du travailleur c'est de travailler... et rien d'autre!

Le travail n'est pas un outil de productivite, c'est le socle identitaire de la societe: une société inégalitaire, eugéniste, traditionaliste et inamovible ou la hierarchie est celle de l'entreprise!
Il y a ceux qui travaillent a faire travailler les autres et ceux qui travaillent a faire ce que ceux au-dessus estiment nécessaire...

Il est intéressant de s’apercevoir que la position de Trump est similaire a celle de Poutine et d'autres dictateurs.

Zuckerberg lui a construit sa reussite sur l'action scélérate, la sournoiserie, la traîtrise, la perversion, la collaboration avec l'entité anti-démocratique, l'acharnement a effacer Internet pour le remplacer par un outil de la dictature.

Des milliards de personnes dans le monde - dont des citoyens de democraties - payent le salaire de Zuckerberg tous les jours!

Plus qu'un plébiscite, il s'agit d'une aliénation et d'un chèque en blanc renouvelé a chaque connexion.

Pourquoi pas president des USA apres le second mandat de Trump effectivement. Zuckerberg sera entrée alors dans la 40aine, il pourra alors faire son Macron et finir d'enterer l'Etat et la democratie a coups de pelle sous une couche d'administration aliénante au service des firmes internationales.

Reste la question de la societe de l'information dans tout cela.
Aujourd'hui on voit les cabris proférer des "fake news" a tour de bras, sans comprendre le terme, et l'utiliser pour defendre - inronie s'il en est - leur croyance et donc leur ignorance.

Mais de fait si la fakenews n'est qu'un neologisme pour identifier la propagande classique, il dissimule le vrai probleme de fond: la désinformation et surtout l'incapacité des populations a savoir identifier une information d'une données... or des données, il y en a des masses monstrueuses auxquelles les outils informatiques nous exposent a un rythme proprement inhumain.

Le mecanisme de la propagande n'a pas changé, mais la propagande d'aujourd'hui sert l’intérêt mercantile avant même l’intérêt politique ou administratif.

Facebook fait partie des media sociaux, autrement dit des outils de propagande moderne. Mais il est avant tout un outil de surveillance et profilage, avant d'etre un media de propagande...

Les etats ont l'outrecuidance d'afficher une volonté de lutter contre les fakenews: c'est prendre les gens pour des cons, car le premier utilisateur de la propagande c'est l'Etat et il ne va pas s'attaquer a son outil de controle de l"opinion" quand meme!

«Cockring : Si tu n'as toujours pas compris que l'on peut parler de la stasi, des nazis ou des camps de concentration sans atteindre "le point de godwin"..!»

Merci pour ce recadrage.
Le point de Godwin est trop souvent utilisé comme une méthode arbitraire pour tenter d’éviter d'entrer dans un débat car on sait que ses affirmations fallacieuses et sa position absurde ne peuvent survire a ce débat.

La technique a ete bien définie par Schopenhauer, et son utilisation provient évidement de personnes inaptes a suivre dans un débat construit et rationnel.

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

@C1rc3@0rc |
Merci pour la qualité de ta réponse
Une nuance : Facebook est un système de pilotage de chaque individu. Pour piloter une personne, Facebook a besoin de connaître ses déterminants, profiling (pulsions et répulsions) mais aussi de bâtir un environnement virtuel sur mesure correspondant à ce profiling. En modifiant les données de l'environnement virtuel et en lui masquant l'environnement réel, l'individu peut être agi de l'extérieur comme s'il était cablé.

"fakenews (...) dissimule le vrai probleme de fond: la désinformation et surtout l'incapacité des populations a savoir identifier une information d'une données.."

"Facebook (...) est avant tout un outil de surveillance et profilage, avant d'etre un media de propagande..."

Je crois que tu sous-estimes l'importance des "fake-news" il est l'élément le plus important :
La surveillance et le profilage a pour objectif de créer une virtualité la plus adaptée pour correspondre aux désirs de l'individu. On est pas dans un système répressif mais dans un système attentif aux désirs et plaisirs de l'individu.
L'objectif est de bâtir une virtualité que l'individu préfère au réel. Le profiling et surveillance n'est que le moyen de créer ce monde individualisé et "merveilleux".
Une fois les personnes déconnectées du réel deviennent bien entendu totalement pilotables

avatar C1rc3@0rc | 

@J'en_crois Pas_mes yeux

«Une nuance : Facebook est un système de pilotage de chaque individu.»

Facebook est d'abord un outil de profilage avant d'etre un outils de manipulation. La manipulation s'opere avec d'autres media sociaux, mass media classiques, media personnel ciblé...

A ce niveau Facebook n'a pas plus d'efficacité que n'importe quelle autre surface publicitaire/media ciblé (email par exemple, Twitter,..)

«Je crois que tu sous-estimes l'importance des "fake-news" il est l'élément le plus important »

Le terme fakenews comme je le dis n'est que le néologisme désignant la propagande ou plutot un sous ensemble de la propagande.

La propagande n'est pas une phénomène nouveau et tous ses outils et "ficelles" sont connus depuis bien longtemps.

La propagande entre dans le processus de desinformation qui vise a etablir un doute dans l'esprit de la personne en lui proposant une information "émotionnellement" plus facile que la logique et la rationalité (souvent c'est en exploitant la dimension gregaire, la tradition, la superstition, le rappel historique, l'argument d'autorité,...)

Mais la propagande n'est qu'un des elements dans la manipulation mentale. Il y a toute une chaine a mettre en place (dont une partie est bien connue des marketeux et politiciens)

Pourquoi le sous ensemble "fakenews" aujourd'hui focalise l'attention alors que les outils et mécanismes de desinformation sont omnipresents et multiples?

Parce que c'est un mot facile, c'est une mode construite sur un anglicisme, un objet facilement indéfini qui permet de focaliser l'attention sur une choses insignifiante et permettant de masquer le vrai sujet, le vrai probleme.

La strategie est bien connue des mentalistes et illusionnistes.
Surtout lorsqu'il s'agit d' utiliser le principe de résistance...

Pour faire accepter un élément arbitraire décrété (donc ne pas se focaliser sur ce qui se passe et faire appel a la logique et la raison...) le mentaliste comme l'illusionniste vont mettre en evidence un objet attirant l'attention et détournant cette même attention de l'objet occulte.

Aujourd'hui, les gens commencent a se méfier des media.
Alors on leur balance le terme fakenews...

Conséquence: le suspect n'est plus l'ensemble des media, mais un type particulier, un type de sujet a un instant donné, une forme precise, une style de discours par un type de personne precis...
On detourne alors l'esprit critique et l'analyse logique systématiques qui se développent envers la donnée produite par les media, en les substituant par un objet de croyance, une évidence admise sans réflexion... de fait, si une information contredit ce que l'on croit (donc ce que l'on ignore) alors une autorité le qualifie de fakenews et hop, on se rassure de son ignorance (croyance)

Prenons Trump.
- objectif occulte: augmenter la rentabilité des entreprises aux benefices des fond de pensions en allégeant leurs charges des contraintes écologiques.

- objectif décrété: rendre sa grandeur a l'Amerique et redonner sa valeur au travail.

- moyen: faire passer le réchauffement climatique pour une fakenews

Il décrète que la politique environnementale est un outil stratégique d'affaiblissement de l'occident.

Il designe comme promoteur et a la fois bénéficiaires, le chinois, cet etre vil et suspicieux - au demeurant communiste - qui sape l’économie américaine.

Il désigne implicitement le scientifique - "ennuyeux" avec ses etudes, logiques, argumentaires construit - comme agent collaborateur du péril jaune.
Consequence: toute information scientifique corroborant l'impact negatif du réchauffement climatique est désormais une fausse information!
Et tout événement environnemental constatable et faisant l'objet d'une "news" est alors une fakenews.

Second levier: Trump en profite pour geler les budgets de toute recherche (aux USA, le paradoxe n'entre pas en conflit évidement) qui pourrait relever du cadre environnemental... et empêcher les scientifiques travaillant aux USA de publier leurs recherches... ce qui contribue - pour l’américain - a accepter plus facilement que le scientifique environnementaliste est un suppôt du péril jaune (puisque les études publiées ne sont plus américaines...).

Ainsi on(électeur américain) ne se pose plus la question de l'impact du réchauffement climatique sur la dégradation de ses conditions de vie, mais il se pose la question de l'impact de la Chine dans l'effondrement de son pouvoir d'achat et la disparition des emplois.

Le désastre climatique lie au réchauffement climatique n'est donc qu'une fakenews... les ouragans c'est pas nouveaux, les incendies on connaît, la destruction des recoltes - c'est repertorié dans la Bible, que diable! - et puis on voit bien des records de froid, ça prouve bien qu'il n'y a pas de réchauffement climatique...

Ici Facebook n'intervient pas comme media (c'est d'abord Twitter et les mass media) mais comme outil de profilage permettant d'identifier les cibles prioritaires pour faire passer ce message puis le relayer.
On est sur une strategie de desinformation bien connue et efficace...

avatar Sgt. Pepper | 

Cela va pas révolutionner le comportement des gens sur la gestion de leur vie privée...

( Encore ce week-end , un ami qui me dit « OK, mais Gmail est un Service sympa )
Donc libre à chacun de donner sa vie privée contre service ...

Mais , dorénavant, personne de peut nier que ce genre de comportement comporte des risques très Sérieux pour Soi, ses proches, et plus encore 🤷‍♂️

(Et que le surcoût Apple est justifié pour un Service non financé par la Pub ciblée ou pire)

avatar Dwigt | 

Qu'est-ce qui te prend de commenter une analyse plutôt équilibrée publiée ici ?
La vraie actu, c'est qu'Apple va rester dépendant de Samsung pour les écrans OLED des successeurs de l'iPhone X, et que ça aura un impact sur l'égo des dirigeants d'Apple. Parce que, c'est clair, et je sais ça de première main, qu'ils ont en tout et pour tout un seul interlocuteur chez Samsung, un type qui vend aussi les smartphones Samsung à côté des écrans. Et que cela fait hyper-plaisir à ce type de vendre des écrans à Apple, limite encore plus que si les écrans partaient sur des Galaxy où ils se font peut-être plus de fric au final, mais bon, je sais ça presque de première main (je suis expert en égo), et si vous n'êtes pas d'accord, vous êtes étriqué, blessant et idiot.

avatar Applesoft | 

Pour répondre à la question : non je ne pense pas à court - moyen terme. Ce scandale Cambridge Analytica n’a pas de répercussions direct pour un utilisateur Facebook. Zuckerberg est malin comme tout. Il en fait tellement question communication « je suis un gentil démocrate prêt à la candidature suprême des US » que, si l’on met de côté notre naïveté, il est évident que ce n’est que de la communication.

A long terme, je pense que ça menace Facebook. Je crois que nous allons :

- progresser dans notre compréhension des enjeux liés à la confidentialité

- nous habiter à la confidentialité avec le développement du blockchain qui pointe son nez

- bref, nous réveiller doucement mais cela prendra du temps !

avatar Almux | 

Cela n'y changera rien. C'est l'ensemble de nos habitudes qu'il faudrait bousculer... et ça, personne ne voudra en prendre le risque.
Le changement de paradigme serait tellement déstabilisant, que quasiment aucun individu, ni absolument aucun groupe militant, n'auraient une vision globale suffisante pour l’accepter.

avatar C1rc3@0rc | 

@Applesoft

«A long terme, je pense que ça menace Facebook. Je crois que nous allons :

- progresser dans notre compréhension des enjeux liés à la confidentialité

- nous habiter à la confidentialité avec le développement du blockchain qui pointe son nez

- bref, nous réveiller doucement mais cela prendra du temps !»

Les enjeux liés a la confidentialité ici sont en fait ceux liés a la definition du citoyen dans un etat de droit democratique. Ces elements ont ete analysés, repertoriés, synthetisés et il en est ressortie une reference formelle qui a ete publié sous le terme La Déclaration universelle des droits de l'homme publié dans sa forme moderne Le 10 décembre 1948 et adopté par les 58 États Membres de l'ONU.

L’occident s'est doté d'un ensemble d'outils (lois, tribunaux,..) visant a facilité la mise en oeuvre de ces principes au niveau international.

Il n'y a pas de compréhension a developper, d'outil a creer, d'instance a installer: il suffit d'appliquer les droit existant et de recourrir aux institution et outils a disposition. Seulement voila, les Etat, caviardés par les lobbies des multinationales et de la haute finance, gelent les cadres legaux et constitutionnels pour y substituer la procedure administrative autoritaire et sans contre pouvoir.

Je ne vois pas de signe de reveil, au contraire. Le peuple accepte la privation de des droits fondamentaux, passe au dirigeants toutes les abominations anti-democratiques, et plus encore accepte de confier le pouvoir a des cadres de groupes financiers et des parangons de l'entreprise scelerate!!!
Le citoyens n'a plus de droit, mais des devoirs, dont celui de collaborer et de se taire. De voir ses enfants promis a une vie plus rude et incertaines que ses parents. Et de vivre dans un monde progressivement stérilisé ou la nature restante est le produit d'eprouvettes appartenant a des monstre de l'agrochimique...

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