WWDC 1997 : lorsque Steve Jobs donnait son avis sur Apple

Florian Innocente |

« Je suis juste venu discuter, de ce que vous voulez, j'ai un avis sur à peu près tout mais posez n'importe quelle question ». Ce vendredi 16 mai, habillé d'un jean grossièrement rapiécé et d'un polo noir, Steve Jobs vient taper le bout de gras pendant 90 minutes avec des développeurs, à l'issue de la WWDC 1997 de San Jose.

Il commence par les faire rire, renouvelera l'exercice à plusieurs reprises, mais jamais il ne mâchera ses mots. Comme lorsqu'il déclare que telle ou telle techno, après lesquelles certaines personnes de l'assistance ont sué sang et eau, étaient des erreurs majeures d'Apple et qu'il faut passer à autre chose. Ce qui n'était qu'une petite discussion de fin de semaine aurait pu servir de keynote d'ouverture.

Six mois plus tôt, le cofondateur d'Apple avait vendu NeXT à une Apple en recherche désespérée d'un nouveau système d'exploitation pour le Mac. Jobs l'avait emporté devant SUN et Be. Le futur du Mac allait en passer par Rhapsody, un OS érigé sur les fondations bâties chez NeXT. Un système capable de tourner aussi bien sur des processeurs PowerPC que sur ceux d'Intel. Finalement, la compatibilité Intel sera abandonnée, avant de faire son grand retour comme on le sait.

Jobs conseille mais ne dirige pas

Lorsque Steve Jobs prend les questions ce jour là, il le fait en tant que conseiller de Gil Amelio, alors patron d'Apple. Jobs a bien placé quelques-uns de ses lieutenants à des postes stratégiques, au logiciel avec Avie Tenavian et au matériel avec Jon Rubinstein (Tim Cook sera embauché l'année suivante). Cependant, l'équipe dirigeante d'Apple reste de nature hybride, avec des proches d'Amelio à la technique, au marketing et à la finance (la plupart ne feront pas long feu).

Jobs n'est pas le patron d'Apple, pas même un salarié, mais il dit constamment "nous" en parlant de ce qui devrait être fait pour sauver Apple. Lorsqu'il livre son opinion, il souligne à plusieurs reprises que ce n'est pas lui qui tient la barre. « Je ne prends pas les décisions », lorsqu'un développeur l'interroge sur l'avenir du Newton (qu'il abhorre). « Je suis dans la minorité », quand il explique par quels moyens Apple devrait communiquer pour l'année à venir.

Il n'est pas le chef mais il a les idées claires, des opinions tranchées, il réfléchit longuement avant de répondre et il parle avec l'aura que lui confèrent son expérience et sa notoriété.

Apple est meurtrie, le chantier de son futur système est encore à ciel ouvert mais Jobs explique que la stratégie doit tourner autour d'une seule « notion fondamentale : faire de très bons produits ». Il est convaincu qu'Apple a encore une carte à jouer dans le monde Wintel, celui de Dell ou de Compaq « Je suis absolument convaincu qu'il y a encore un marché significatif pour d'excellents produits. Il y a un espace vierge, immense, que l'on peut occuper avec votre aide ».

Rhapsody montré à la WWDC 1997. Le futur Mac OS X mélange à l'écran les principes d'interface d'Apple et de NeXT Cliquer pour agrandir

Apple doit se recentrer

Une autre règle d'or de Jobs, qu'il va appliquer tout au long de son second mandat et que ses successeurs répètent encore aujourd'hui, est annoncée : Apple doit rester concentrée, ne pas s'éparpiller. « Rester concentré c'est savoir dire "non" » martèle-t-il lorsqu'on lui demande pourquoi il a poussé à l'abandon d'OpenDoc. Il juge sévèrement la précédente organisation de l'entreprise « Apple a souffert pendant des années du fait d'un management technique médiocre… de bons ingénieurs mais un piètre encadrement, des projets qui partaient dans tous les sens ». Il compare cette Apple à une ferme avec toutes sortes d'animaux de partout « Le tout était inférieur à la somme des parties ».

Il exprime le même sentiment à propos du Newton, l'une de ses premières victimes lorsqu'il prendra la direction d'Apple. Il considère qu'il est déjà difficile pour une entreprise de gérer un seul système d'exploitation. Deux systèmes, c'est presque impossible mais il est persuadé qu'Apple va y arriver, avec Mac OS qui doit finir sa vie pendant que la relève se prépare avec Rhaspsody. Mais trois systèmes — dans le cas présent, avec Newton OS en plus — alors là Jobs balaie l'idée d'un revers de la main « Je n'y crois pas un seul instant ». Aujourd'hui Apple parvient à développer quatre systèmes de front… mais tous sont issus de la même fondation. Un avantage appréciable.

Il fustige l'obsession d'Apple de n'utiliser que des technologies propriétaires, sous prétexte que si elles ne sortent pas de ses rangs alors elles ne valent pas tripette. Apple doit cesser de vouloir réinventer la roue, sauf si c'est absolument nécessaire. Elle doit se demander « Quels sont les 10, 20 ou 30 % de choses maximum que l'on doit inventer nous-même et le reste que l'on peut utiliser parmi ce qui existe déjà. ».

Ce credo est toujours d'actualité 20 ans plus tard. Si une technologie ou un composant s'avèrent essentiels pour ses produits, Apple peut décider de s'en occuper plus ou moins seule. À ce titre, sa collection de processeurs et de composants spécialisés ne cesse de grandir.

À l'heure d'un internet qui développe en direction du grand public, à cause de ce refus d'embrasser des standards le Mac a pris un retard considérable sur ses possibilités de communication réseau, assène Steve Jobs. « Cette politique nous a fait du mal ».

Il se fait le chantre d'un fonctionnement avec des postes informatiques branchés sur des serveurs (on ne dit pas encore nuage), comme le promeut son meilleur ami Larry Ellison avec son Network Computer. Jobs décrit ses ordinateurs chez lui, chez Apple et chez NeXT qui vont tous chercher et synchroniser leurs données sur un serveur. Une ubiquité qui a deux avantages, lance Jobs « Zéro plantages, zéro pertes de données depuis des années ». L'arrivée de l'Ethernet Gigabit va démocratiser ce principe, augure-t-il.

Jobs invite à un autre changement de mentalité « Apple peut gagner sans qu'il soit nécessaire que Microsoft perde ». La même phrase qu'il utilisera, quelques semaines plus tard, lors de la signature de l'accord avec Bill Gates. Microsoft est là, « il est comme l'air que l'on respire » dit Jobs en plaisantant. Le gouvernement fédéral, en pleine enquête pour abus de position dominante de l'éditeur, ne changera rien à cet état de fait.

Plutôt que de chercher vainement à combattre frontalement Microsoft, Apple doit d'abord s'intéresser à ses propres clients. « Microsoft, au fil du temps, va se rendre compte qu'Apple peut représenter une part intéressante de son business, se lancer dans une guerre sainte serait une vraie mauvaise chose » poursuit Jobs.

Steve Jobs dressait un constat pragmatique : Apple n'était plus en mesure d'ébranler la domination de Windows. Il n'imaginait certainement pas à quel point l'avenir lui donnerait raison, grâce à la conjonction des errements de Microsoft sur Vista qui l'ont empêché de prêter assez d'attention à l'avènement du smartphone moderne et au travail de fond réalisé sur Mac OS X qui allait infuser dans presque tous les futurs hits de la Pomme.

En 2017, Apple et Microsoft sont toujours adversaires, Microsoft ne se prive pas de confronter ses nouveaux matériels à ceux d'Apple. Cependant le rapport de force a complètement changé. Apple a retrouvé ses clients, multiplié leur nombre comme des petits pains. L'éditeur de Redmond est resté sur Mac, il a pris acte de son échec dans le mobile et il livre quantité d'applications sur iOS, parfois en primeur face à Android. Comme le préconisait Jobs, si l'on fait de très bons produits, les clients viendront et le reste suivra.

Face à des développeurs inquiets à l'époque par la couverture négative des médias à l'égard d'Apple, Jobs relativise. Il explique que les journaux décrivent les choses telles qu'elles étaient il y a 18 mois, loupant les transformations en cours, au lieu de se projeter dans l'avenir « Ne vous préoccupez pas de la presse, si le matin elle dit du mal d'Apple, eh bien achetez des actions ».

Il parle des clones qui existaient alors. Il n'a rien contre eux mais considère que le contrat de licence et de royalties a été mal négocié. Ce n'est pas sur le matériel qu'ils doivent payer des royalties mais sur le logiciel qu'Apple développe et dans lequel elle investit lourdement. À son retour aux commandes, Jobs finira par stopper ce programme de licences.

Autre question, comment Apple devrait-elle communiquer pour améliorer son image ? Pas à la télévision, c'est trop tôt estime Jobs. Il préfèrerait que les informations soit véhiculées par la presse papier, par les communiqués de presse et surtout, par le « retour à la rentabilité » qui sera le meilleur message possible vers l'extérieur et vers les clients. Durant cette WWDC, Amelio annonçait qu'Apple disposait de 1,4 milliard de dollars en cash après l'achat de NeXT (2,7 milliards en 2017 avec l'inflation). La rentabilité s'est améliorée dans des proportions inimaginables en 1997. Ce trésor de guerre a été multiplié par 100, il atteignait 256 milliards début mai grâce au succès des produits… et d'une optimisation fiscale décomplexée.

Lorsqu'on lui demande ce qu'il pense du Newton (lancé par John Sculley qui organisa sa mise à pied d'Apple), Steve Jobs ne retient aucun coup. Aucun des Newton qu'il a essayés n'a trouvé grâce à ses yeux, tous sont « mauvais ». Il trouve absurde d'avoir à rédiger des textes au stylet au lieu d'utiliser un clavier : « Je ne veux pas d'un machin sur lequel on griffonne ». Grotesque aussi la connexion du Newton au Mac par infra-rouge pour transférer des données. Il veut un produit mobile qui offre une vraie connectivité réseau. L'iPhone exaucera son vœu 10 ans plus tard. Enfin, à propos de son rôle à venir chez Apple, Jobs parle des conseils qu'il distille à Gil Amelio pour améliorer le fonctionnement de l'entreprise. Il l'a poussé à réorganiser Apple d'une manière plus fonctionnelle, avec des divisions matériel, logiciel, finance, marketing qui supervisent tous les produits. Apple doit moins parler et exécuter le plan mis en place : « Les choses vont s'éclaircir vers la fin de l'année » promet-il aux développeurs en les enjoignant de sauter sur l'opportunité offerte par Rhapsody.

En cette journée de mai, Steve Jobs avait effectivement un avis sur tout. En juillet il fera débarquer Amelio, il renouvellera le conseil d'administration et pourra lui-même, avec les coudées franches, mettre en œuvre sa nouvelle vision pour Apple.

Les slides de la WWDC 1997 Brendan Shanks a publié les diapositives utilisées lors des différentes présentations techniques de la WWDC 1997. Derrière une esthétique très datée (avec des effets de styles graphiques bien pesants, réalisés sur Adobe Persuasion) Apple déroulait son plan d'attaque pour le Mac.

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On croise les noms de Craig Federighi, pas encore patron du logiciel, qui discutait de WebObjects. Scott Forstall, qui serait en pointe du développement d'iPhone OS et des interfaces, parmi d'autres faits d'armes, s'occupait de Java. Jon Rubinstein et Phil Schiller déroulaient les projets sur la gamme des PowerBook.
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C'était aussi l'époque des technologies QuickDraw 3D, QuickTime VR, Game Sprockets. On savait aussi se satisfaire de choses qui paraissent bien anodines aujourd'hui, comme le Sélecteur de couleurs passant en version 2.

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avatar Powerdom | 

La bonne époque des Apple expo Parisienne que je ne manquais sous aucun prétexte 😎

avatar XiliX | 

@Powerdom

Moi c'est l'AES aka Apple Expo Sauvage qui me manque avec les MacGéiens 🤓

avatar flux_capacitor | 

Idem, j'aimais beaucoup les keynotes de Jobs et l'ambiance sur le salon. Jusqu'à l'Apple Expo 2000. L'édition 2001 fut annulée au dernier moment à cause du 11 Septembre, et les suivantes ne furent plus jamais pareilles jusqu'à l'annulation pure et simple. Une autre époque…

avatar fousfous | 

Au final l'Apple d'aujourd'hui fonctionne comme le voulais jobs, malgré ce qui râlent en disant que c'était mieux avant.

avatar reborn | 

@fousfous

+1
Et j'ajoute que Jobs était donc pour le tout cloud, un idéal pour lui.

Je n'approuve pas spécialement, mais ce sont des faits que beaucoup ici ne veulent pas accepter.

avatar stemou75 | 

@fousfous

Difficile de savoir ce que Jobs aurait pensé de la voiture électrique chez Apple, du haut parleur SIRI ou de l'Apple Watch.....

avatar reborn | 

@stemou75

Jobs voulait un device pour la santé, et une icar.

L'haut parleur siri par contre aucune idée de ce qu'il en aurait pensé.

avatar C1rc3@0rc | 

@stemou75

En effet, il est difficile de savoir ce que Jobs aurait pensé du principe. Par contre au niveau de la realisation des produits depuis 2012, je pense qu'on peut supposer assez justement une longue et puissante bordée d'injures fleuries et un ton des plus véhéments, avec a la clé pas mal de personnes "steved"!

Le cas de l'Apple Watch est un peu plus clair, car la bagnole a part la rumeur d'une postition en echec et un recent remaniement de fond , on en sait pas grand chose.

Pour l'Apple Watch, il est assez evident que c'est un produit totalement non Apple (en terme de pertinence, d'experience, de qualité,...): la seule chose qui le rattache a Apple c'est le delire sur le tarif.

Sinon, il est vrai que Jobs cherchait des outils pouvant servir la santé, comme le divertissement. Seulement, voila, la tocante n'est pas un outil de santé et n'a jamais ete conçu comme tel.
L'aspect santé n'est que la derniere branche morte a laquelle les marketeux d'Apple tentent de raccrocher le gadget en plein gadin. La tocante a ete conçu avant tout par le marketing et le graphiste en chef... comme une montre de luxe.
Ça a fait un flop memorable.
La premiere tentative de recuperation a ete: le sport... reflop.
Reste plus que la santé donc, sachant que les bases de la tocantes sont totalement inadaptées pour en faire un "tracker" de santé.

Pour se donner une idée du sort de la tocante et de ceux qui en sont responsables, il faut se souvenir de l'anecdote de la creation de l'iPod, appareil remarquable autant dans l'evidence de son usage que sa qualité de realisation: pour demontrer aux ingenieur qu'ils pouvaient le rendre encore plus compact, Jobs mis le prototype dans un aquarium. Les bulles d'air s'echapant du protoype immergé demontrait qu'il y avait encore de l'espace en trop dans l'appareil...
La premiere question que l'on se pose face a l'Apple Watch c'est "a quoi ça peut bien servir". La seconde, pour ceux qui ont acheté sans repondre a la premiere question, c'est " mais elle est dans quel tiroir? ". Tout l'inverse d'un produit Apple donc.

Pas tres difficile donc d'imaginer la reaction de Jobs face a l'Apple Watch ou le Mac pro poubelle...

avatar David1er | 

"Faire de très bons produits" malheureusement je n'ai pas l'impression que ce soit le cas. De bon produits oui mais le pc et android font aussi de belle choses et parfois mieux. On est dans le bon c'est sur mais plus dans l'excellence. J'espère quand même avoir de bonne surprises dans les jours qui viennent.

avatar reborn | 

@David1er

Peut être que la concurrence à rattraper son retard ?

L'expérience utilisateur et design n'était pas au centre de tout il y a 10 ans.

avatar C1rc3@0rc | 

Chez Apple, si, l'experience utilisateur etait bien le centre de la conception. Le design s'incorporait dans cette experience.

En terme de qualité d'ingenierie, c'est certain que lorsqu'on voit le haut de gamme Android, on voit qu'Apple a ete rattrapé et meme depassé. En terme d'ergonomie, y a encore du travail, celle de l'iPhone qui date de 2007 a encore de l'avance malgré les inepties de Ive. Par contre a comparer un Mac et un Lenovo, Lenovo est largement devant.

C'est d'ailleurs ce que l'on remarque en premier avec les produit de l'ere Ive: un design qui prevaut sur l'ergonomie, la fonctionnalité et la qualité d’ingénierie... Le Mac Pro poubelle en est le pire exemple.

Ceci dit, il y a une chose a rappeler. Si NeXT etait remarquable en terme d'innovation, d'experience utilisateur, de concept et de realisation, c'est quand meme un flop commercial majeur.

Jobs avait a l'epoque encore des problemes a comprendre le marketing et le positionnement des produits. Les machines ne satisfaisaient pas le secteur des stations de travail, et le tarif des NeXT (cad de station de travail), dissuadait les autres clients.
Seules quelques niches, notamment dans la recherche, pouvaient exploiter pleinement les qualités de l'OS et la machine.

C'est au point quand meme que NeXT, apres avoir abandonné les machines, se retranchait dans l'edition logicielle et tentait de porter NeXT Step, par morceaux, sur diverses architectures (jusqu'a integrer des OS complets...) et allait meme, etape visionnaire, sur infrastructure logicielle internet (on rappellera Webobject).

Amelio a racheté un navire en train de sombrer pour renflouer une epave qui avait touché le fond. Ça a fonctionné car les causes des 2 echecs etaient totalement opposées: NeXT etait un echec commercial, Apple etait un echec sur tout le reste sauf le marketing!

L'article le dit sans le souligner assez, si Jobs est venu avec ses ingenieurs, les commerciaux d'Apple eux sont restés et Jobs avait bien appris la leçon... la preuve, il a engagé Cook, qui a ete l'architecte de la réussite commerciale d'Apple (c'est lui le responsable de la croissance de la marge!) et a laissé Oppenheimer s'occuper des finances d'Apple.

avatar Moonwalker | 

NeXT computer a été un four commercial mais NeXT Software était loin d'être un échec. Il avait de nombreux clients institutionnels comme l'US Air Force, la N.S.A., etc, et pas mal de grandes entreprises. NeXTStep devenu OpenStep en collaboration avec SUN n'était pas un OS grand public mais un outil de travail. Il y avait une base assez conséquente de développeurs. C'est d'ailleurs un des points qui ont décidé Amelio à choisir NeXT plutôt que Be.

La promesse de Jobs à ces développeurs au moment du "merge" était de leur donner accès à une nouvelle plateforme. Il allait porter OpenStep sur Macintosh. Promesse qu'il n'a pas tenue car si Rapsody/Mac OS X Server 1.0 étaient bien ce portage, Mac OS X, le vrai, fut totalement autre chose. Ainsi les développeurs NeXTStep ont été abandonnés sans le moindre scrupule.

avatar guigus31 | 

@David1er

C'est à dire que le niveau général s'est sacrément rehaussé ! Jobs à quand même transformé cette industrie: Presque plus personne ne sort un produit sans un design épuré.

avatar C1rc3@0rc | 

Le travail sur l'apparence et l'esthetique industrielle a certes vu un developpement massif, et le nombre d'eleves des ecoles d'arts appliqués ont trouvé ces dernieres annees du boulot dans l'industrie tech et electo-menager.

Est ce par contre a mettre au benefice d'Apple?
Rien n'est moins certain.
Il faut quand meme rappeler que les architectes et designer vedettes et qui ont induit la tendance n'ont jamais travaillé pour, ni avec, Apple.

On citera Stark qui est certainement un des plus populaires et un de ceux qui ont investit les secteurs de l'electronique et l'electromenager avec un succes remarquable.
Et ce discours a ete present bien avant celui de Ive, qui est resté longtemps dans l'ombre.

Dans les marques leader, on citera B&O, Loewe, Braun, Phillips, Sony ou encore une mention special a Dyson.

Apres la distinction par l'apparence date d'encore plus longtemps dans le secteur de la bagnole, ou sans le designer, la machine se resume a des boulons et de la tole animés par un moteur dont la technologie date de plus de 100 ans... Et ici, l'apparence est presque contemporaine au moteur lui meme.

On peut aussi citer Charles Edouard Jeanneret - dit le Corbusier - qui dans le discours sur l'apparence definissait l'utilisabilité et la pertinence fonctionnelle.

Meme dans la micro-informatique, la question de l'apparence apparait avant Apple et se poursuit en parallèle: on peut citer SUN ou SGI dans le secteur pro, ou Sony dans le GP.

Jobs etait lui un esthete en plus d'un visionnaire. Il croyait qu'un produit "bon" devait transpirer une esthetique, jusque dans sa partie invisible. Son niveau d'exigence fleurtait avec la maniaquerie, mais il ne definnissait pas l'apparence comme une finalité mais une consequence.
On est tres loin de l'ineptie que sont les machines de l'ere Ive, ou l'aspect prime sur la fonctionnalité et l'ergonomie.

avatar fepalcho | 

@David1er

Qu'est qui ne faut pas entendre ...

avatar Feflefoo | 

C'était quand même gonflé de venir balancer tout ça dans un pantalon Windows.

avatar ijimax | 

@Feflefoo

Exact. Et vu son état, le pantalon a de l'XP.

avatar debione | 

Je dirais même qu'il devait dater du temps ou Levi Strauss était encore en vie, c'est à dire en 98 voir 95 (de 1800 évidement)

avatar fousfous | 

Bah étant donné que le haut parleur Siri n'est pas présenté encore on va peut-être attendre avant de le descendre.

avatar debione | 

On peut quand même déjà ce poser la question de la pertinence d'un tel objet avec ce que l'on possède déjà... Que l'on soit pour ou contre...

avatar oomu | 

"Aujourd'hui Apple parvient à développer quatre systèmes de front… mais tous sont issus de la même fondation. Un avantage appréciable."

en fait, Apple n'arrive pas à mener plusieurs systèmes de front.

Déjà, comme vous le rappelez, macOs, ios (iphone et ipad), tvOs et watchOs sont la même chose : même noyau et toute la couche au dessus + outils de développements

mais surtout, pour les interfaces et apps ont voit bien qu'Apple est LEEEEEEENTE.

L'ipad pro reste encore un iphone géant (son interface), tvOs évolue rarement.

et vient alors la question de Siri. Par bien des aspects on pourrait penser Siri comme une interface supplémentaire, mais aussi une plateforme (une api, des services, etc). Et Siri évolue leEEEentement elle aussi.

Apple effectivement ne peut pas tout mener de front, et un seul noyau avec plusieurs interfaces c'est déjà trop de travail.

alors deux...

"On savait aussi se satisfaire de choses qui paraissent bien anodines aujourd'hui, comme le Sélecteur de couleurs passant en version 2."

vous n'avez pas idée combien ma vie tourne autour des Selecteurs de Couleurs. J'adore les sélecteurs de couleurs : cercle chromatique, sélecteur par tonalité et saturation, triangle, RGB, cmyk, pantone, etc.
Prendre une couleur de l'écran, archiver ses couleurs, créer des palettes de couleurs, sauvegarder par apps, documents, et système, et j'en passe !

Quand je repasse sur windows et que je tombe sur une app utilisant le sélecteur de couleur système je pleure.

En comparaison, macOS a un excellent sélecteur de couleur système.
Enfin, cela n'empêche Affinity d'aller encore plus loin (et bien sur Adobe) :)

Bref, c'est très important les sélecteurs de couleurs, plus que tous les politiciens de la planète.

avatar occam | 

@oomu

Vous avez vraiment envie de vous faire crucifier ?
Ce sont des choses que l'on pense, in petto, mais qu'on ne dit pas.
Pas ici.

« Le premier qui dit, se trouve toujours sacrifié
D'abord on le tue, puis on s'habitue
On lui coupe la langue, on le dit fou à lier
Après sans problème, parle le deuxième
Le premier qui dit la vérité
Il doit être exécuté »

avatar oomu | 

heu... j'adore Apple (son coté 'rien à foutre' et ses produits en général, du moins la mission qu'elle se donne) et je le dis, donc peut être que ça donne une sorte d'illusion que je ne critique jamais et donc ça surprend ?

Mais en fait, sur MacG, j'ai régulièrement était décrié comme un troll, un fanboyZ, un dingo, un sage (!), etc. Dépend de qui je froisse et de l'humeur du jour je suppose.

Ainsi: j'ai toujours dit que l'Apple TV était un produit anachronique et presqu'inutile en France (trop fermé, trop volontairement restreint, pour être utile, trop tard trop peu pour ceux qui ont une box internet et un ordi), que l'interface d'ios 7 était une Abomination que les versions suivantes ont essayé de remettre dans sa cage, etc.

Et quand je dis qu'apple est leEEEEEnte et se laisse débordée sur ses interfaces, voir manque carrément d'ambitions vis à vis de l'ipad et consorts, je fais que rejoindre un propos qu'on trouve de plus en plus souvent sur des sites tels AppleInsider et même DaringFireball. Ce qui est un peu inquiétant si vous connaissez ces sites.

Quand à être crucifié, j'ai été banni de macB y a 10 ans, donc bon, ça va, je m'en suis remis (enfin presque, des fois la nuit j'y repense...).

avatar C1rc3@0rc | 

@oomu

Tu as raison dans beaucoup de points que tu met en avant.
Mais je tiens a souligner une chose: l'interface est ce qui a le plus (mal) evolué, surtout depuis 2012.

On assiste d'ailleurs plus a une deconstruction qui s'eloigne des fondations érigées par l'Apple des les annees 70 ou NeXT dans les annees 80/90.

Certes ces fondations sont resistantes et Ive doit vraiment taper fort pour les ébrécher, mais si on considere le "flat design", il suit les inspirations qui ont presidé a la creation de l'interface Metro de Windows 8... a l'opposée totale donc de l'interface de MacOS (d'avant OS X donc...)

On peut aussi reprocher beaucoup de chose a l'interface d'iOS, mais la conception a l'origine pilotée par Scott Forstall est un parangon du genre et son efficacité est en grande partie responsable du succés de l'iPhone et des premiers iPad.

Ce que l'on observe surtout c'est que l'interface iOS exprime la decoherence, pour ne pas dire l'incoherence, qui depuis 6 ans s'acharne sur les concepts fondateurs d'Apple.

Si on prend les critiques d'iOS sur iPad, c'est justement dans l'iPad pro. Le manque de multifenetrage moderne, le selecteur d'applications qui est une horreur soit pour passer de l'une a l'autre soit pour le splitscreen, l'absence de prise en compte de la souris ou la pauvreté de l'integration du clavier...

Oui, cela ramene a une experience inferieure a celle que pouvait avoir un utilisateur de Mac 128 sur son ecran monohrome de 9"....

Ben oui, iOS a une interface conçue pour le tactile en mobilité, pas pour un PC recent avec un ecran de 30" et un clavier de plus de 100 touches...

La connerie c'est d'avoir apposé le suffixe "pro" sur l'iPad et d'avoir voulu le transformer en PC.

Microsoft a fait la meme connerie de fond avec Windows 8... un device est un device, un complement aux PC, un outil limité de consultation en mobilité. Son interface doit s'adapter a ces limitations et rendre les fonctions minimalistes les plus evidentes, ergonomiques et directes possible.
Sur un PC avoir 3 niveau pour atteindre une fonction c'est deja repoussant. Sur un device c'est une ineptie. Et pourtant a cause des fonctions "pro" iOS arrive a 5, voire peut etre meme plus, niveaux de selection, avec des choses de plus en plus cachées, des "gestes" compliqués pour remplacer les raccourcis claviers "multi-digitaux" a la Windows (a quand le pendant du mystique raccourçi necessitant 11 doigts)

Epurer ça va quand c'est dans le sens de simplifier. Quand c'est dans le sens de dessin au trait, a l’aplat, au symbolisme cryptique a apprendre,... c'est pas de l'epuration, c'est de la degeneration.

Alors heureusement que ça avance pas plus vite, sinon, Apple n'aurait aucun avantage sur Android ni Windows.

avatar oomu | 

je partage la critique de fond de ios 7 et le manque d'ambition de l'ipad pro.

Le Flat Design va bien plus loin que faire des icônes moches. En effet il s'agit d'épurer tellement de tout ce qui sert et est clair qu'on obtient des interfaces non conviviales. C'est un mouvement très profond, très geek, qui à mon sens est destructeur de sens et de facilité. Il y a beaucoup à écrire dessus.

Par contre, je ne vois aucune raison de brider les 'tablettes" (ou ce que vous nommez "device") à être que de la consultation. Ce sont des vues de l'esprit.

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"pro", cette appellation, je vis avec, mais oui, c'est un mot arbitraire comme l'industrie adore en coller (cloud, moultimédieux heu.. multimedia, open, virtual, etc).

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Peut être bien qu'il y a un manque d'imagination actuellement. Vivement donc que nos générations (nous et la suivante) soient virées et remplacées par la suivante de la suivante (ceux et celles de 6 mois actuellement, y a ptet de l'espoir en eux, sont pas encore zombifiés, dronifiés !)

"Alors heureusement que ça avance pas plus vite, sinon, Apple n'aurait aucun avantage sur Android ni Windows."

Allons allons, le Désespoir vous submerge là. Tenez bon, le Néant ne gagnera pas !

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