Vie privée : Mark Zuckerberg tacle Tim Cook

Anthony Nelzin-Santos |

« Si un service en ligne est gratuit, vous n’êtes pas le client. Vous êtes le produit. » Tim Cook n’avait peut-être pas besoin de cet adage rebattu et éculé pour défendre la politique de sa société en matière de protection de la vie privée. Une complaisance qui lui vaut les foudres de Mark Zuckerberg, bien qu’il n’était sans doute pas la cible du CEO d’Apple.

Dans une interview accordée à Time, le fondateur de Facebook s’emporte contre Tim Cook : « de plus en plus de gens considèrent qu’un modèle économique fondé sur la publicité ne va pas dans le sens des clients — cela m’agace. » Il poursuit : « je pense que c’est une conception par trop ridicule. Franchement, vous pensez que parce que vous payez Apple, vous allez dans le même sens ? Si vous alliez dans le même sens, leurs produits seraient bien moins chers ! »

La critique est facile, mais l’argument de départ l’était aussi. Payer ne donne pas toujours droit à une cape d’invisibilité, comme le prouve l’exemple… d’Apple, qui collecte elle-même certaines données privées. Pas « au profit des régies publicitaires » certes, mais pour servir son propre intérêt : celui d’« offrir une meilleure expérience utilisateur », qui garantit la fidélité de ses clients.

Quoique, Apple possède aussi une régie publicitaire. Tim Cook a beau jeu de minimiser son importance : si iAd ne représente aujourd’hui « qu’une petite partie » de l’activité de la firme de Cupertino, Steve Jobs avait de grandes ambitions pour elle. Il serait peut-être moins facile de distinguer Apple de Google et de Facebook si iAd n’avait pas été un échec retentissant.

Le client d’Apple n’est donc pas « le produit », mais c’est assurément un objet et une cible. Reste que l’agacement de Mark Zuckerberg montre que Tim Cook a tapé là où ça fait mal. Si Apple pourrait sans doute se passer de régie publicitaire et de collecte de données, Facebook et Google reposent entièrement sur l’exploitation systématique de données autrefois considérées comme privées. Sur ce plan au moins, la différence est claire et nette.

avatar John Maynard Keynes | 

Jolie manière de détourner le sujet, la question n'est bien évidement pas celle des modèles économiques basées sur la publicité, mais celle basé sur la valorisation des activité des utilisateurs.

Le raccourcis : si c'est gratuit, c'est toi le produit, n'est rien éculé, il a juste été intelligemment instrumentalisé par ceux qu'il visait et qui on su en exploiter les faiblesse.

Ce n'est pas la publicité qui pose pb, ni la légende de la vente des données brute qui est une bêtise réductrice servant au final ceux qu'elle prétend viser ...

L'enjeu profond de société, réside bien dans la génialisime révolution que constitue l'accès gratuit à des services, afin de produire une matière première qui une fois transformé par des processus de plus en plus complexe est la source des profits.

Ce n'est pas rien que d'accepter que les vie des individus soit scrutées sans grande limites dans un but mercantile.

Désolé il y a bien une profonde différence entre le modèle économique d'Apple qui appartient à un autre âges et ceux des stars de la nouvelle économie et ce n'est pas iAd qui change quoi que ce soit à cela, son échec provenant justement de la très faible valorisation des activité des utilisateurs qu'il propose à ses clients potentiels.

Je trouve Anthony bien désinvolte sur ces questions ici et fort complaisant avec les propos de Zuckerberg dans sa manière de relier sa propagande :-(

avatar heret | 

Il faut arrêter de prétendre que ce qui est financé par la publicité est gratuit. Non, ce n'est pas gratuit. L'argent des annonceurs vient de nos porte-monnaies. Réfléchissez-y.
Zuckerberg est un tr*u du cul, mais on le savait déjà.

avatar patrick86 | 

@heret :

JMK n'est pas de ceux qui s'époumonent à essayer de faire croire que les services Google ou Facebook seraient réellement gratuits.

avatar Eaglelouk | 

On sent quand même que l'auteur suinte la haine envers Apple, mais on l'aime quand même :p

avatar CorbeilleNews | 

Surtout quand on entend tout le tintouin que l'on nous fait quand on utilise des bloqueurs de pub ou encore l'anti pub de Free directement intégré dans la box ! Si le modèle ne peut plus fonctionner c'est qu'il n'est plus viable (modèle néolibéral d'économie de marché tant vanté par certains tant que cela ne remet pas en cause leur business modèle !), seulement ceux ci s'accrochent à des acquis pas toujours nets !
Que penseriez vous si votre voisin écartait toujours son rideau dès qu'il vous voyait sortir ou faire le moindre geste ?
Au début vous pourriez trouver cela marrant même si c'est pitoyable, mais à la longue pourriez vous jurer que cela ne vous agacerait pas ?
Et si en plus vous appreniez que vous épier lui rapporte de l'argent ? C'est moins drôle là ? Peut être installeriez vous une clôture pour vous sentir un peu plus chez vous non ? C'est même le genre de chose que nombre d'entre nous installons ou apprécions avoir même lors d'une construction : pare vue, rideaux ... Bref quoi de plus normal que de tenir un peu au respect de sa vie privée ?

Si on ne nous laisse pas le choix alors il faut prendre les devants et soit se protéger soit bannir ces sites !

avatar Eurylaime | 

Si iAd avait été un succès, Tim Cook se serait abstenu ^^

avatar John Maynard Keynes | 

@Eurylaime

IAd ne pouvait être un sucés car justement ce n'est en rien comparable aux approche de Google ou de Facebook, Jobs pensait pouvoir s'appuyer simplement sur le pouvoir d'attraction d'Apple pour en faire un canal de diffusion publicitaire finalement très old-school.

Nous sommes indéniablement face à des approches très différentes, Apple ne vie pas de la vente de la valorisation de la vie de ses utilisateurs.

Ce n'est pas même une question de morale, les sociétés issues de "l'ancienne" économie tel Apple ou MS, sont simplement incapable de faire ce que font Facebook ou Google.

avatar bugman | 

@John Maynard Keynes :
"IAd ne pouvait être un sucés"
Apple s'amuse (ou s'occupe) en claquant des dollars dans le vent en fait ?

avatar John Maynard Keynes | 

@bugman

Nullement, mais sur ce qui est de l'ordre de ces approches ils n'ont connus que des échecs et ils sont loin d'être les seuls dans ce cas, parmi les acteurs de la "vieille" économie.

avatar XiliX | 

@bugman :
Ça s'appelle tester un marché

avatar joneskind | 

Pour les annonceurs, la clientèle Apple c'est le Saint Graal, parce qu'elle a généralement les moyens de se faire plaisir.

Le problème c'est qu'Apple ne leurs donne aucune info. Du coup iAd n'intéresse personne.

La seule raison d'être d'iAd, avec son ticket d'entrée à 1 million de dollars, c'était de s'assurer que même les pubs seraient de qualité sur iOS.

Aujourd'hui le ticket d'entrée est moins cher mais la régie ne fonctionne toujours pas et pour les mêmes raisons qu'avant: les annonceurs veulent des infos qu'Apple n'est pas prête à donner.

Par ailleurs, il y a une option dans iOS comme OSX pour ne rien envoyer à Apple (diagnostic et utilisation) et activer le suivi publicitaire limité. Donc je ne comprends pas ce propos de l'auteur.

Pour finir, les scies n'aiment pas les raies. "Si Apple pourrait sans doute..." ça me fait saigner les yeux et les oreilles, et c'est une formule qui revient souvent malheureusement. Par pitié, faites un effort.

avatar John Maynard Keynes | 

@joneskind

iAd est le fruit d'un aveuglement de S Jobs et de sa volonté chimérique de venir marché sur les plate bandes de Google, ce n'est un rien un truc pensé à l'aune des réalité de l'époque.

Jobs a surévalué la force brute d'Apple qu'il pensait pouvoir être un levier suffisant pour attirer des grands comptes avec de la publicité haut de gamme très proche dans son esprit de celle des médias traditionnels.

Nous sommes fort loin de la finesse remarquable de la valorisation faite par google de l'activité de ses utilisateur pour vendre des produits à très haute valeur ajoutées à ses réels clients qui sont des acteurs économique.

Comme je l'ai souvent écrit c'est génialisime et révolutionnaire d'avoir une activité B2C gracieuse permettant de récolter une matière première qui une fois transformée devient la source d'une activité B2B produisant elle les revenus.

Après ce que cela implique d'un point de vu social, politique, éthique et philosophique ... c'est une autre histoire ...

Ce n'est pas pour rien que les marchés survolais tant Google par rapport à Apple, les premiers appartiennent à une nouvelle économie révolutionnaire, les seconds à l'ancien monde.

Et les entreprises de cet ancien monde ne parviendront jamais à se faire une place sérieuse sur ces nouveaux modèles, quelques soit leur force ou leur périmètre.

Apple n'est pas un acteur de cette révolution, pas plus que ne l'est MS :-)

avatar Mme Michu | 

Voici un article bien surprenant :-( (euphémisme)
"Si un service en ligne est gratuit, vous n’êtes pas le client. Vous êtes le produit. » Tim Cook n’avait peut-être pas besoin de cet adage rebattu et éculé"

Rebattu ? pas suffisamment puisque le forfait continu.
éculé ??? J'aimerai bien que ce soit éculé. Malheureusement plus que jamais cette phrase "n'a pas pris une ride" elle est d'actualité. De même qu'il est important de rappeler sur les paquet de tabac "Fumer tue", Il serait normal qu'à chaque fois que nous utilisons des "services GRATUITS", une page d'information obligatoire nous rappelle que "vous n’êtes pas le client. Vous êtes le produit. »"
Encore une fois le problème n'est pas la Pub, mais le vol et recel d'informations personnelles.

avatar John Maynard Keynes | 

@Mme Michu

ebattu ? pas suffisamment puisque le forfait continu.
éculé ??? J'aimerai bien que ce soit éculé.

D'autant plus que ni Google, ni Facebook ne se cachent de cette réalité de leur modèle économique dans leur communication financière vers les marchés.

Ce ne sont en rien des calomnies malveillante, mais le ressort assumé de leur prospérité qu'ils ne cessent justement de mettre en perspective avec les limites des tenant de la vieille économie dont fait partie Apple.

Zuckerberg nous fait un beau numéro de cynisme et de double discours ici.

avatar Akarin | 

Modéré

avatar John Maynard Keynes | 

Modéré

avatar Akarin | 

@John Maynard Keynes :

Ah pardon. Je me suis mal exprimé. Je faisais référence à la complexité pour toi parce qu'il semble que tu aies un peu de mal à t'en sortir côté orthographe et grammaire.

Quand au débat de fond, les piques Apple-Google-Facebook ne représentent rien d'autre qu'une petite guerre entre CEO's telle qu'on peut en voir sur n'importe quel forum. Le fait qu'ils soient à la tête de grosses boîtes n'en font pas des surhommes ou de meilleurs humains. "C'est moi qui ai le meilleur produit, la plus grosse et gnah gnah gnah". Sans intérêt aucun vu qu'au final, le consommateur choisit ce qu'il utilise de lui-même.

avatar John Maynard Keynes | 

@Akarin

Ah pardon. Je me suis mal exprimé. Je faisais référence à la complexité pour toi parce qu'il semble que tu aies un peu de mal à t'en sortir côté orthographe et grammaire.

C'est gentil, mais la source de ma dysorthographie ne tient en rien au niveau de langage utilisé.

Quand au débat de fond, les piques Apple-Google-Facebook ne représentent rien d'autre qu'une petite guerre entre CEO's telle qu'on peut en voir sur n'importe quel forum.

Désolé, mais pour moi nous sommes bien loin de ces simples rivalités commerciales sur ce sujet.

Nous sommes confronté à de véritables enjeux de société, dans l'opposition entre les anciens et les nouveaux modèles économiques.

avatar John Maynard Keynes | 

@Mme Michu

Encore une fois le problème n'est pas la Pub, mais le vol et recel d'informations personnelles.

Attention ce type d'argument un rien caricaturaux est facilement retourné par les thuriféraires de ce type de modèle ;-)

Il n'y a bien évidement pas vol puisque l'utilisateur est censé avoir donné sont consentement et surtout ce ne sont pas les données brutes qui sont revendue.

Les données brute sont la matière première qu'il faut au contraire protéger, ce qui est revendu ce sont des produits transformés à forte valeur ajouté issue de la valorisation de plus en plus sophistiqué de cette matière première.

Un truc remarquable à faire bander Méphistophélès, Machiavel, Clausewitz, Jacob et Sun Tzu :-)

avatar Mme Michu | 

@John Maynard Keynes
"l'utilisateur est censé avoir donné sont consentement"
Il a donné un consentement... éclairé ?
Absolument pas, C'est un contrat faustien dont personne ne connait les tenants et aboutissants. Sans limitation de durée ni limitation d'usage.

"surtout ce ne sont pas les données brutes qui sont revendue."
qu'elles ne soit pas revendues ne change rien au vol et au recel.
Ces informations sont les codes de mon "système d'alarme" et de mon "coffre fort".
Google désactive les alarmes et ouvre le coffre (en gardant la combinaison)
pendant que ses complices nous dévalisent.

Mais je m'exprime maladroitement
"Les données brute sont la matière première qu'il faut au contraire protéger"
et nous sommes bien d'accord

avatar Mme Michu | 

@John Maynard Keynes "ce type d'argument un rien caricaturaux est facilement retourné par les thuriféraires"
Bien sur que le trait est volontairement durci. , mais sur le plan de l'efficacité,la caricature + la répétition de la formule marquent et c'est bien ce qui agace Zuckerberg & Cie.
Et cet énervement de ce triste sire est une maigre consolation.

avatar bibi81 | 

C'est bien connu, le bénévolat n'existe pas. Pas plus que les nombreux logiciels open-source (gratuit et sans pub)...

Bref il faut vraiment arrêter avec cette ânerie.

avatar patrick86 | 

"C'est bien connu, le bénévolat n'existe pas. Pas plus que les nombreux logiciels open-source (gratuit et sans pub)..."

Deux choses.
Premièrement, les logiciels open-source ne sont pas forcément libre et les logiciels libres ne sont pas forcément gratuits. Oui, on peut VENDRE un logiciel Libre.

Deuxièmement, les gens qui fond des choses sur leur temps libre et les proposent sans contre-partie, ça existe. On appelle du bénévolat, ou du travail non-rémunéré. Il y a des gens comme ça dans le logiciel libre, notamment.

L'illusion, c'est de croire que Google et Facebook seraient deux bandes de bisounours bénévoles qui ne chercheraient pas à gagner beaucoup d'argent, mais se contenteraient d'offrir tout plein de services vachement sympas et gratuits.

avatar bibi81 | 

Premièrement, les logiciels open-source ne sont pas forcément libre

Un exemple ?

Oui, on peut VENDRE un logiciel Libre.

Un exemple ?

On appelle du bénévolat, ou du travail non-rémunéré. Il y a des gens comme ça dans le logiciel libre, notamment.

Oui voilà, cessons donc de les accuser de vivre de l'exploitation de la vie privée sous prétexte qu'il y a des sociétés qui le font.

avatar lmouillart | 

"Un exemple ?"
Les licences logiciels Microsoft qui sont sous "Shared Source Initiative".
Par exemple Microsoft Windows Server peut être Open Source (ESLP, OEMSLP) mais n'est pas libre pour autant.

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