L'iPhone géant de la place des Vosges en sursis

Mickaël Bazoge |

Les parisiens et les touristes en balade du côté de la place des Vosges, dans le IVème arrondissement de Paris, ne peuvent pas la rater. Depuis le mois de décembre 2012, sur la façade de l'hôtel de Laffemas (inscrit aux Monuments historiques), a pris place une immense bâche publicitaire aux couleurs de l'iPhone — actuellement, il s'agit du modèle 5c bleu sur fond rose. Cette bâche de 110 mètres carrés masque les travaux en cours sur le bâtiment, très endommagé après un incendie en mai 2011.

Ce genre de publicité n'est pas nouveau dans le paysage urbain de Paris. Depuis 2007, l'Opéra Garnier, le palais de justice, la Monnaie de Paris et d'autres lieux prestigieux ont été recouverts par des toiles du même type, ce qui permet de financer une partie des travaux. Experion Media, la régie qui s'occupe de ces pubs géantes, explique au Parisien qu'elles apportent aux copropriétaires privés 80% du montant des travaux.

Crédit LP/Julien Duffé

Mais une controverse entoure la bâche d'Apple, sans que la Pomme soit d'ailleurs directement impliquée. Ivan Fouquet, un architecte habitant le quartier, s'est plaint auprès de la ministre de la Culture Aurélie Filipetti qu'aucun travaux n'a eu lieu sur la façade depuis deux ans, tandis qu'il contestait également la légalité de l'autorisation délivrée par la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). Experion Media a expliqué que celle-ci avait été renouvelée jusqu'au 30 juin, avec une demande pour la rallonger jusqu'à la fin de l'été. Quant aux travaux, ils ont bel et bien lieu mais… à l'intérieur du bâtiment. La toile sur la façade n'est là que pour masquer l'échafaudage servant au transport des matériaux.

L'affaire prend tout à trac un tour inattendu, puisque la ministre de la Culture a décidé qu'il fallait retirer la bâche publicitaire dans les plus brefs délais, c'est à dire ce mercredi. Jean-Pascal Lanuit, directeur adjoint des affaires culturelles pour l'Île-de-France, a expliqué que « La ministre s’est penchée sur le dossier et nous a dit : "Il faut la retirer, elle n’est absolument pas nécessaire". La bâche est restée suffisamment longtemps pour financer les travaux qui ont pris du retard ». Il n'y aura donc plus d'iPhone géant au-dessus de la place des Vosges…


avatar Anthanagor | 

J'aimerai savoir pourquoi elle veut absolument retirer cette pub au plus vite alors qu'elle ne fait que cacher un bâtiment qui a cramé...
Rien de mal quoi...
Encore du Apple bashing ? On vous l'a déjà dit Mme Filipetti, c'est pas bien :)

avatar Maclowic | 

Pffff

avatar Kahouane | 

Kikool, DG33, saladisiac, Anthanagor....
C'est tout de même bien triste tout ces gens qui ne comprennent pas ce qu'ils lisent.

avatar Philactere | 

@saladisiac et d'autres :
Cet hôtel particulier est une propriétés privée et n'appartient pas à l'Etat. En conséquent bâche ou pas bâche vos impôts ne financent probablement pas cette restauration. Ou alors via des subventions pour la restauration d'un monument historique. Subventions qui s'additionnent aux revenus de la bâche. Le reste est peut-être payé par des assurances puisqu'il s'agissait d'un sinistre.
En définitive le propriétaire privé a fait une belle affaire avec une affiche particulièrement laide et le contribuable n'y a probablement rien gagné.
Après on peut toujours débattre du bien fondé ou non de ces bâches publicitaires mais l'argument des impôts n'en est pas un.

avatar jazz678 | 

Que fait cette news sur le site macge?

avatar misterbrown | 

Tant mieux!
Quand les citoyens se réveillent, on arrive tout à coup à faire sans ce harcèlement publicitaire.

avatar pnicoulau | 

Je suis sidéré moi aussi !!
Ma remarque s'adresse à l'éditeur de ce site, et à l'auteur de l'article. Il y a des règles de typographies qui ne sont pas respecté "dans le IVème arrondissement".
Il serait préférable d'écrire "dans le IVe arrondissement".
Merci

avatar brenda | 

il faut avoir un peu d'imagination :
je suis une banque, une assurance, un fonds de pension ... voir même un particulier fortuné
je possède un immeuble, abimé, plus aux normes de logements ou de bureaux, peut être même très mal entretenu, donc vide d'occupant
je dépose une demande de permis de construire pour le remettre en état
je demande l'autorisation de mettre une bâche publicitaire sur l'échafaudage qui va être posé
coût des travaux : 2,5 M d'euros, étalés sur 20 mois
la bâche : 100 000 € par mois
mais les travaux prennent du retard : appel d'offre infructueux, entreprises défaillante, manque de personnel ... complexité du chantier, découverte de nouveaux travaux à réaliser pendant la durée du chantier
résultat le coût du chantier augmente et passe à 3M d'€
mais va durer 36 mois ... 48 mois
et j'ai toujours ma bâche en façade, à 100 000 € par mois ...
petite question :
les travaux servent réellement à quelque chose, ou ne sont ils que le pretexte à la bâche ???

PS : chiffres au pif, il est possible que le tarif de l'affichage soit supérieur à celui indiqué ci dessus :)
PS2 : tout ce que je viens d'écrire est issu de mon imagination, dans la vraie vie ça ne se passe jamais comme ça :)

@+

avatar dperetti | 

« aucun travaux »... un des rares cas où « aucun » se met au pluriel. « aucuns travaux » donc.

avatar Yyyes | 

Notre ministre de la culture est décidément à l'image de tout le reste de notre gouvernement, avec 3 priorités :
- prendre des mesurettes insignifiantes mais qui permettent de faire un peu de buzz
- défaire ce qui est
- ne surtout, mais alors surtout pas s'occuper des vrais problèmes liés à son ministère

avatar Photo | 

Aurélie Filipetti a juste demandé que la pub pour l'iPhone soit remplacée par une photo de François Hollande (qui a bien besoin de publicité) et que les propriétaires de l'immeuble soient taxés pour cet affichage au lieu qu'il leur rapporte de quoi payer les travaux !
L'idée de la taxation a été abandonnée, car il s'agit, en fait, de logements sociaux pour les soutiens d'Anne Hidalgo. Il est néanmoins question de reporter la taxe sur le voisinage au prétexte qu'il bénéficiera d'une vue privilégiée sur la face joviale du Président.

Le ministère du redressement productif ayant besoin de quelques rénovations, Arnaud Montebourg a déjà contacté Archos pour les bâches. Ces rénovations seront confiées à une petite entreprise familiale à la peine depuis qu'elle s'est diversifiée dans la téléphonie mobile.

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