Kevin Lynch : une arrivée contestée chez Apple

Christophe Laporte |
En début de semaine, on apprenait le départ d'Adobe de Kevin Lynch, son directeur technique, pour Apple. L’annonce de cette arrivée a fait beaucoup de vagues notamment auprès de certains spécialistes.



De loin, une telle polémique peut paraitre surprenante. Même si tout n’a pas toujours été rose entre Apple et Adobe, beaucoup d’employés même à haut niveau ont travaillé pour ces deux entreprises. C’est le cas de Phil Schiller en quelque sorte, qui avant de rejoindre Apple, a travaillé pour Macromedia, société qui est tombée dans l’escarcelle d’Adobe en 2005.

L’ambassadeur de Flash sur iPhone


Cette embauche n’aurait sans doute pas fait l’objet d’autant de critiques si l’affaire Flash n’avait pas eu lieu. Dans la bataille qui a opposé pendant des mois Adobe à Apple, Lynch était en première ligne sur le plan médiatique comme on peut le voir dans ce spot parodique réalisé par Adobe.



À plusieurs reprises, l’homme s’en était pris assez violemment à Apple. Estimant par exemple lors de la Web 2.0 Expo en 2010 que Steve Jobs était devenu le Big Brother de nos temps (lire : Apple-Adobe : 1984, mais à l’envers). L’objet de son courroux à l’époque était la clause 3.3.1, qui empêchait les éditeurs d’utiliser d’autres outils que ceux d’Apple pour concevoir des applications iOS. Apple a fini par faire marche arrière sur ce point permettant aux utilisateurs d’Adobe de compiler des apps iPhone à partir de Flash. Et d’ailleurs, sur ce point précis, on ne peut que donner raison à Lynch.



Mais l’épisode Flash, Kevin Lynch le traîne comme un boulet. Pour certains, à commencer par John Gruber, il s’agirait d’un mauvais choix pour Apple. Il n’aurait tout simplement pas la carrure pour occuper le poste de vice president of Technologies, sous la houlette de Bob Mansfield.

Apple, entreprise de niveau "A" se doit de recruter à ses hauts-postes des talents, des "A+" comme Steve Jobs aimait à le dire. Ce dernier n’avait qu’une crainte qu’Apple recrute massivement des personnes de "moindre talent". Jobs avait une expression pour cela "the bozo explosion".



Parole à la défense


D’autres ne partagent pas cet avis concernant Kevin Lynch. C’est le cas de Michael Mace. Ce consultant qui a travaillé par moment pour Adobe et qui a eu l'opportunité de croiser Kevin Lynch, a un avis bien différent sur la question.

Il rappelle qu’Adobe est, quoi qu’on en dise, une société, qui a réalisé des choses extrêmement intéressantes tout au long de son histoire, à commencer le langage PostScript au début des années 80. Celui-ci aurait pu devenir universel si l’éditeur avait pris les bonnes décisions. Le problème avec Flash, tout comme ce fut le cas avec PostScript, est avant tout d'ordre stratégique.

Macromedia avait passé un accord avec l'opérateur japonais NTT DoCoMo pour qu'il équipe ses téléphones de Flash. En échange, l’éditeur touchait plusieurs millions de dollars. Mace explique que Macromedia et Adobe ont très vite apprécié cette source de revenus qui tombait sans trop d’efforts et qu'ils ont décidé de faire de même avec les autres acteurs dans le monde de la téléphonie mobile.

Pour lui, l’erreur majeure d’Adobe vient de là. Il n’est pas possible d’établir un standard et en même temps de maximiser les profits qui en découlent. Il qualifie la décision d’Adobe de stupide et d’arrogante. Dès lors, la bataille de Flash était déjà perdue. À cette époque, l’iPhone n’était alors qu’un marronnier pour la presse spécialisée.

Et pour Michael Mace, Kevin Lynch n’avait rien à voir avec cette décision. Adobe par la suite a loupé de nombreuses opportunités pour se relancer dans ce domaine. L’homme va jusqu’à faire un parallèle un peu osé avec Xerox incapable d’exploiter le potentiel du Xerox PARC, citant notamment Adobe AIR ainsi que les efforts d’Adobe autour du livre électronique.



Mais là encore, Kevin Lynch n’y était pour rien. Il n’a fait qu’agir par la suite comme un "bon petit soldat" pour défendre les intérêts de son employeur, mais il n’était en aucun cas lié à ces décisions.

Le plus grand reproche qu’on pourrait lui faire à l'extrême rigueur, c’est d’être resté si longtemps dans une entreprise qui mettait beaucoup plus d’énergie à soigner ses résultats trimestriels qu’à bâtir une stratégie sur le long terme.

Concernant son embauche chez Apple, tout dépend du rôle qu’il va occuper, explique en substance Michael Mace. Si Apple l’a embauché à des fins marketing ou pour mettre en place une stratégie commerciale, alors là oui, il y a du souci à se faire. Toutefois le fait qu'il soit placé sous les ordres de Bob Mansfield, technicien pur jus, rend ce scénario peu plausible.

Pour Michael Mace, Kevin Lynch a très probablement été embauché en tant que "spécialiste de la technologie". C’est ce qu’indique son titre en tout cas. Et dans ce rôle, l’ancien d’Adobe est une personne extrêmement brillante et avec laquelle il est aisé de travailler. On l’a vu encore dernièrement, ce point peut avoir son importance. Et dans cette optique, Mace estime qu’il peut apporter beaucoup à Apple.

Une nouvelle manière de recruter ?



Le point le plus intéressant peut-être dans cette affaire, c’est qu’Apple paraît changer sa manière de recruter. Longtemps, elle a privilégié les promotions en interne. En attestent toutes les promotions effectuées par Tim Cook lors de sa prise de pouvoir.

Mais il semble qu’Apple ressente également le besoin d’apporter un peu de sang neuf. Alors qu’il y a un ou deux excellents prétendants en interne au poste de responsable des Apple Store, la firme de Cupertino semble insister pour prendre quelqu’un de l'extérieur.



Cependant on rappellera que les dernières embauches de pointures se sont toutes soldées par des échecs. Mark Papermaster que la Pomme a eu toutes les difficultés du monde à arracher à IBM pour s'occuper notamment de l'iPhone, est sorti par la petite porte un an plus tard (lire : iPhone : Mark Papermaster a quitté Apple). Personnage important dans le monde de la distribution, John Browett ne s’est occupé des Apple Store que six mois, juste le temps de semer la zizanie en interne et de partir sans aucun mot de la part de Tim Cook (lire : John Browett : l’éjection d’Apple a été une leçon d’humilité). Espérons concernant Kevin Lynch qu’Apple ne s’est pas trompée cette fois-ci.
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avatar Malvik2 | 
Ça semblait logique, cet homme-là a été un véritable visionnaire cet dernières années… (Humour je précise)
avatar Matlouf | 
Quand j'entends "Flash player", mes babines se retroussent, mon poil se hérisse, la bave me monte à la bouche, je montre les dents, un grondement sourd s'échappe de ma gorge, mes yeux s'injectent de sang... Et entretemps une nouvelle version de Flash player est sortie.
avatar bugman | 
@ Matlouf : Détends toi, va prendre l'AIR. ;)
avatar Orus | 
"certains spécialistes" et qui son ces nuls ? Tiens je vais m’autoproclamer spécialiste d'Apple. Cool.
avatar Anonyme (non vérifié) | 
Aaaah, le We ❤ Apple... Toute une époque. Ma réponse préférée : http://blog.gaborit-d.com/wp-content/uploads/2010/05/Adobe-We-love-Apple-publicite-response.jpg "Apple a fini par faire marche arrière sur ce point permettant aux utilisateurs d’Adobe de compiler des apps iPhone à partir de Flash. Et d’ailleurs, sur ce point précis, on ne peut que donner raison à Lynch. " Bah non. Flash sur iOS c'était pourri, je ne sais pas si ça l'est encore ou si c'est la puissance des appareils iOS qui gomme ses défauts mais les premières applis Flash sur l'App Store se repéraient facilement : elles ramaient ou bouffaient bien plus de puissance que les autres. Ca se voit dans la vidéo "pro Flash" avec l'appli South Park à la fin par exemple. Ca s'est aussi vu avec Machinarium, un jeu d'aventure qui a connu un beau succès, développé en Flash mais qui demandait un iPad 2 alors qu'un iPad 1 aurait largement suffit s'il avait été développé en natif. J'estime que c'était normal de bloquer Flash, y compris sur l'App Store au début. Ca a évité d'avoir des portages pourris à la pelle, ça a laissé le temps de définir un niveau de qualité général plus élevé et ça a évité de ternir l'image de l'iPhone dont l'autonomie aurait été mise à mal avec ces applis gourmandes pour cause de ressources gâchées.
avatar béber1 | 
"L’objet de son courroux à l’époque était la clause 3.3.1, qui empêchait les éditeurs d’utiliser d’autres outils que ceux d’Apple pour concevoir des applications iOS. Apple a fini par faire marche arrière sur ce point permettant aux utilisateurs d’Adobe de compiler des apps iPhone à partir de Flash. Et d’ailleurs, sur ce point précis, on ne peut que donner raison à Lynch." non que ce soit la position de Lynch et plus sûrement de sa direction. C'était la vision d'outils de développements universels ou multi-plateformes où, en prenant opportunément appui sur le marché prospère des App iOS , Adobe proposait des outils pour faire des Apps lensemble des autres mobiles : Android, Rim, etc... Soit de l'uniformité partout. Et pire que tout si iOS pouvait être un des futurs possibles d'OSX, ces outils constituaient de fait un parasitisme qui détournait littéralement tout le travail de défrichement (notamment sur les interactions tactiles), tout l'effort des devs tiers sur les produits Apple (OSX) pour les diffuser uniformément partout, ce qui non seulement évidait la spécificité des iMobiles (puisque les mêmes apps se retrouvaient uniformément partout) mais risquait avec le temps de rendre l'ensemble du développement d'App mobile dépendant des outils et techniques proprios développées par Adobe. Un boulet à la I.E.6 2.0... Outre la protection de son store et de son commerce des apps (ce qui était vrai) c'est pour moi une des raisons majeures de tout cette affaire Apple/Flash
avatar diegue | 
ça m'évoque 2 réflexions : 1. il n' est pas facile de sortir de l'ère d'un leader ultra présent et charismatique (un peu comme l'UMP en ce moment !!) 2. la promotion interne a beaucoup de bon mais on peut arriver à la consanguinité assez rapidement. Il est vital pour une entreprise d'avoir des bouffées d'air externes. Pour ça il faut être clair sur ce que l'on en attend. Il est tout à fait normal que Cook imprime Apple par son management et que les produits Apple que nous aimons aient une suite sans équivoque (on entend trop de : "Apple n'innove plus, etc etc "
avatar papalou | 
Il faudrait savoir quel est est (fut) le rôle exact de Lynch chez Adobe, j'ai l'impression que tout le monde est en train de se focaliser sur flash, or Adobe c'est très très loin de n'être que cela. Si Lynch a eu une influence majeure sur les améliorations récentes pour ce que j'utilise dans la suite Adobe (gestion des GPU, optimisation du code, ergonomie et puissance des logiciels), il a certainement beaucoup de leçons à donner aux gens d'Apple pour leur logiciels professionnels. Vous avec déjà comparé Encore avec DVD Studio Pro, Final Cut avec les toutes dernières versions de Premiere Pro, Media Encoder avec Compressor ? Y'a pas photo...
avatar Irae00 | 
Pour les fans d'iBidule, Adobe est sûrement uniquement synonyme de Flash (et encore, uniquement le lecteur...) Pour d'autres, Adobe est un leader dans le domaine de l'audiovisuel (au sens large), avec une suite de logiciels professionnels et une vraie stratégie de développement de ses outils. Pendant que Adobe poussait l'intégration de ses logicielles au sein de sa suite avec Dynamic Link (permettant d'intégrer facilement des compositions After Effects directement dans Premiere par exemple), Apple n'a eu de cesse de détruire la sienne. Adobe reçoit les bras ouverts tous les déçus d'Apple depuis plus d'un an, avec cette news il faut juste espérer qu'Apple a décidé de faire machine arrière et de s'inspirer de son principal concurrent dans le domaine. Pendant ce temps là, Adobe se rapproche de Maxon, ce qui augure du bon pour l'avenir... EDIT : j'ai posté en même temps que toi papalou, +1 pour ton post ;)
avatar jean_claude_duss | 
"Ça semblait logique, cet homme-là a été un véritable visionnaire cet dernières années… (Humour je précise)" --> t'as pas l'air de comprendre grand chose... je trouve Adobe impressionnant de pragmatisme. contrairement à d'autres, comme apple avec aperture et final cut ou quark qui laissent mourir leur soft en se faisait dévorer par la concurrence et les nouveaux éditeurs, adobe sait se renouveller. ils ont vite abandonné le plugin flash pour mobile, ils ont transformé leur outil air en véritable environnement de dev multiplateforme, il travaillent sur des éditeurs puissants pour faire des trucs évolués en HTML5 simplement.... apple a beaucoup à gagner a s'inspirer de adobe tellement apple est à l'a rue sur presque tout ce qui est logiciel...
avatar marc_os | 
@béber1 : Tu oublies les piètres performances de Flash sur Mac. En 2000 Macromedia a décidé avec Flash 5 de favoriser la plateforme Windows par rapport au Mac dont tout le monde prédisait la mort certaine et assurée. Depuis, les optimisations ont été faites exclusivement pour la version Windows*. Et à l'arrivée de iOS, c'était pire que tout. Adobe a essayé de limiter les dégts concernant la lecture de vidéo, mais c'est tout. Pour qu'un bidule Flash tourne correctement il aurait probablement fallu tout réécrire, chose impossible pour Adobe. Ainsi Steve Jobs a eu bien raison d'interdire cette daube sur des appareils aux ressources limitées par rapport aux ordis. (*) On s'est même retrouvé avec des comportements à la Windows dans l'IDE, avec par exemple plusieurs champs de saisie de texte contenant un curseur qui clignote dans une même fenêtre. Pas moyen de savoir où allait atterrir le texte saisi sauf à cliquer systématiquement sur le champ souhaité avant toute saisie. Juste un exemple. C'est dire que ça allait bien plus loin qu'une non optimisation sous Mac. Et maintenant, prendre comme grand chef technique un gugus qui a permis ça, je doute que ça soit une bonne idée, surtout s'il doit œuvrer dans le domaine technique. Et justement en technique, qu'a fait Monsieur Lunch de bien chez Adobe ?
avatar béber1 | 
marc_os disons que ce que tu dis vient se rajouter à ce je dis. Il faut quand même se rappeler que les choses n'ont pas toujours été aussi tranchées qu'on les a connu par la suite Ainsi, par l'affaire" Walter Luh https://www.macg.co/news/voir/142961/apple-aurait-voulu-flash-sur-iphone on avait appris qu'Apple pensait au tout début à offrir l'experience d'un "vrai" web sur son iPhone, pour être conforme à la logique d'un terminal "tout écran" axé sur l'accès au net, aux infos, multimédia,etc.. dans le prolongement de ce qui se faisait sur les ordis. Et pour ce faire elle avait envoyé plusieurs de ses employés chez Adobe afin de voir si on pouvait -mieux- integrer Flash sur iPhone. Mais ce que relate Luh, c'est que les résultats n'étaient sans doute pas assez probants (problèmes techniques que tu souligne, trop gourmand pour une autonomie décente, etc...) pour donner une expérience utilisateur assez satisfaisante. Enfin, ce qui a dû faire définitivement basculer la balance -qui penchait déjà-, c'est le choix d'une adaptation mobile d'OSX. Il y avait tous les arguments pour aller dans ce sens, et dont celui d'un SDK rapide (XCode était là) pour des Apps natives qui avaient non seulement l'avantage d'être bien plus performantes, mais qui pouvaient en plus ouvrir la voie à un marché d'App Mobiles (iTMS était là) et donc à tout un développement tiers massif qui avait toujours fait défaut sur Mac OS X. Apple tenait enfin là une opportunité historique pour promouvoir sa plateforme de développement OS X, les devs sur iOS pouvant aussi bien développer pour Mac par la suite, etc. À ce moment là, tout tournait autour de la plateforme OS X... iOS pouvant même être une solution au futur d'OSX. Apple ne pouvait stratégiquement pas se permettre de laisser venir d'autres SDK, et surtout celui du Flash d'Adobe qui se voulait être universel -un rêve pour les développeurs- qui aurait été un veritable coucou dans son nid
avatar ovea | 
En même temps qu'Apple travaillait à alléger OSX pour créer iOS et la génération tactile qu'on connaît maintenant, Adobe en rachetant Macromedia et donc Flash, mettant la main sur l'outil de création d'interface graphique le plus abouti de sa génération car basé sur les techniques d'animation avec base temporelle. De quoi irriter les pisseurs de codes séquentiels incapables de synchroniser le déclenchement de plusieurs médias. L'opposition d'Apple ne portait en apparence que sur Flash Player et encore, que sur le format de diffusion vidéos et ses multiples interfaces de lecture programmée en Flash. Mais Adobe n'a rien fait pour que le meilleur de la programmation d'interface graphique par l'interface graphique (Flash) devienne un standard ouvert et non concourant du WEB. De son côté, QuickTime d'Apple servait de modèle au format ouvert de contener vidéo.
avatar gaetanfo | 
Adobe - on l'a rappelé ici - c'est beacoup plus que Flash Player. Et quoi qu'il en coûte à certains de le reconnaître, il devrait apporter beaucoup à Apple. Difficile à admettre pour certains ici.
avatar momo-fr | 
"Le plus grand reproche qu’on pourrait lui faire à l'extrême rigueur, c’est d’être resté si longtemps dans une entreprise qui mettait beaucoup plus d’énergie à soigner ses résultats trimestriels qu’à bâtir une stratégie sur le long terme." Un très bonne image de ce qu'est devenu Adobe, c'est le moment de sortir des produits concurrents à des prix raz du slip, comme ce qu'ils ont fait avec Indesign à une époque face à Xpress… ils vont se faire tailler des croupières les Adobeux.
avatar kaos | 
Apple prends l'eau, les actionnaires et les dirigeants d'abord, les autres n'ont qu'a nager ....
avatar Almux | 
@kaos C'est tout le système qui prend l'eau... La lubie de la croissance perpétuelle en a percé la coque de la proue à la poupe! Ça n'est pas "réparable". Il faudrait drastiquement veiller à diminuer la consommation ET SURTOUT le nombre de consommateurs. Nous ne devrions pas être plus de deux milliards sur cette minuscule planète. Il y a là un gros boulot de planning familial et d'éducation à faire!
avatar spece92 | 

C'est cool de relire les archives : on lit ce qui se disait sur le futur responsable de watchOS ??

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