Steve Jobs : anecdotes et extraits de sa biographie

Florian Innocente |
biojobs
Les extraits de la biographie de Steve Jobs continuent de sortir peu à peu. Bonne nouvelle, on y apprend aussi des choses sur Apple et ses coulisses (lire aussi Steve Jobs : son biographe raconte son rapport à la maladie [MàJ]). L'Associated Press et The Huffington Post et le New York Times ont publié quelques passages ou relevé des anecdotes.

Android
D'après l'AP, Walter Isaacson raconte que Jobs est devenu livide en janvier 2010 lorsqu'HTC dévoila son premier téléphone Android avec des fonctions ressemblant à celles de l'iPhone. Apple se lança dans un procès et le patron d'Apple confia à son biographe que les actions de Google étaient assimilables à du «grand banditisme».

Jamais Walter Isaacson n'avait vu Jobs dans une telle colère, à l'occasion d'une conversation sur les plaintes déposée autour d'Android. «Notre plainte dit ceci : 'Google, vous avez pillé l'iPhone, vous nous avez complètement pillés'» ('Google you fucking ripped off the iPhone, wholesale ripped us off').

«J'y consacrerai jusqu'à mon dernier souffle si nécessaire, et je dépenserai jusqu'au dernier cents des 40 milliards de dollars qu'Apple a en banque pour régler ça. Je vais détruire Android, parce que c'est un produit volé. Je suis prêt à aller jusqu'à une guerre thermonucléaire».

Android encore, mais aussi Google Docs eut droit à une bordée de jurons «En dehors du moteur de recherche, les produits de Google - Android, Google Docs - sont de la merde». Jobs expliqua à Isaacson que la manière de procéder d'Apple - un écosystème "fermé" par opposition à celui d'Android - découlait d'une volonté de «faire de bons produits, pas de la merde comme Android».

Jobs, à l'occasion d'un rendez-vous avec Eric Schmidt, dit au patron de Google qu'il n'était pas intéressé par trouver un arrangement pour mettre un terme aux actions en justice «Je ne veux pas de ton argent. Même si tu me donnais 5 milliards de dollars, je n'en voudrai pas. J'ai déjà plein d'argent. Je veux que tu arrêtes d'utiliser nos idées dans Android, c'est tout ce que je veux.» Jobs aurait aussi proposé à Google de ne pas se lancer dans les OS mobiles en échange d'une place de choix sur son iPhone.

Les apps
Au départ, Jobs était opposé à l'idée de proposer des applications sur l'iPhone. L'un des membres du conseil d'administration d'Apple - Art Levinson - raconte qu'il a appelé Jobs une douzaine de fois pour le convaincre du potentiel de ces petites applications. «Au premier abord, Jobs a repoussé cette idée, en partie parce qu'il pressentait que son équipe n'avait pas la compétence nécessaire pour évaluer toutes les implications d'une politique de validation des apps de tierces-parties». Ce qui donne un autre éclairage sur la suprise affichée par les dirigeants d'Apple après l'annonce des premiers chiffres de ventes. On peut penser qu'elle était tout à fait sinçère, et ne procédait pas des habituelles techniques de com'.

iPad
Jobs aurait reçu quelques 800 mails d'utilisateurs après le lancement de l'iPad, accueilli avec une certaine tiédeur. Il en était «ennuyé et déprimé». Ce qu'il aurait confié à Isaacson le lendemain de la présentation de la tablette «Je suis un peu déprimé aujourd'hui. Quelque part ça vous donne un coup».

HP
Certains membres du conseil d'administration d'Apple auraient manifesté leur satisfaction à l'annonce d'HP d'arrêter le développement de tablettes. Un avis que ne partageait pas Jobs «Hewlett et Packard ont construit une formidable entreprise, et ils pensaient l'avoir confiée entre de bonnes mains. Mais elle est maintenant démantelée et détruite. J'espère que j'ai laissé un héritage suffisament solide pour que ça n'arrive pas à Apple».

Le nom Apple
Le choix de ce nom est arrivé à une époque où Jobs essayait différents types de régimes et à un moment, un autre basé sur la consommation de fruits. De retour d'un verger il eut cette idée d'utiliser le nom d'une pomme qu'il trouvait «amusant, évocateur et rassurant».

Jonathan Ive
Le patron du design d'Apple est décrit par Jobs comme un «partenaire spirituel, un homme qui a eu un rôle opérationnel plus important que n'importe qui d'autre chez Apple, hormis Steve Jobs lui-même. Personne chez Apple n'avait le droit de dire à Ive ce qu'il devait faire, “C'est de cette manière que j'ai prévu les choses» explique Jobs.

Tim Cook
Jobs n'a pas demandé à Tim Cook s'il accepterait de devenir son numéro 2 en prenant le titre de Directeur exécutif (Chief Operating Officer). Il l'en a simplement informé durant un vol en direction du Japon “J'ai décidé de te nommer COO». Autre appréciation de Jobs sur Cook «Je suis un bon négociateur, mais il est probablement meilleur que moi parce qu'il est un client sympa».

Barack Obama et la politique
Jobs rencontra le président américain à l'automne 2010, dans un aéroport de San Francisco. Cette entrevue avait précédemment donné lieu à une sorte de jeu du chat et de la souris. Obama était furieusement désireux de rencontrer Jobs, mais ce dernier insistait pour recevoir une invitation personnelle en bonne et due forme. Cela dura cinq jours avant que Jobs ne finisse par y aller.

Jobs fut apparemment fidèle à sa réputation : direct. «Vous êtes parti pour ne faire qu'un seul mandat». Le patron d'Apple a expliqué au président que l'administration démocrate devait être plus ouverte aux entreprises. Jobs a par exemple pointé le fait qu'il était plus facile de construire des usines en Chine qu'aux Etats-unis «la réglementation et des charges inutiles» rendent les choses difficiles (lire aussi Obama vient chercher des jobs en Californie) jugeait Jobs.

Critiques aussi sur le système éducatif américain «paralysé par les accords syndicaux […] tant que les syndicats d'enseignants ne seront pas brisés, il n'y aura aucun espoir de réforme dans l'Education». Proposition de Jobs : embaucher ou licencier les professeurs sur la base du mérite, que les écoles fonctionnent jusqu'à 18 heures et qu'elles soient ouvertes 11 mois par an. Laurene Powell Jobs et son époux étaient engagés dans diverses actions ou organisations relatives à l'éducation (entre autres thèmes).

Isaacson raconte au passage que Jobs avait invité Rupert Murdoch a dîner à la maison et de plaisanter sur le fait qu'il avait dû planquer les couteaux de la cuisine. Du fait que les opinions de sa femme allaient à l'opposé de celles du magnat australo-américain, patron de Fox News et autres médias conservateurs…

Jobs était à certaines occasion furieux de la manière dont Obama gérait sa politique, mais il lui a proposé son aide pour concevoir la communication de la campagne de 2012. Il lui avait fait la même proposition en 2008 avant d'être rébuté par le responsable de campagne du futur président, David Axelrod, estimant qu'il ne faisait pas preuve d'assez de déférence à son égard. Jobs ambitionnait de faire pour Obama un équivalent du clip républicain devenu célèbre "It's morning in America again", qui participa à la réélection de Ronald Reagan en 1984.



Bill Gates

Bill Gates a rendu visite à Jobs au printemps dernier, le second voulait voir le premier une dernière fois avant de disparaître. Les deux légendaires frères ennemis ont passé trois heures à discuter et parler de leurs souvenirs et familles respectives.

Pour autant les avis de l'un sur l'autres sont visiblement restées tranchés, écrit le Huffington Post.
Après 30 ans, Bill Gates a fini par développer un respect réticent à l'égard de Jobs. «Il n'a jamais vraiment su grand chose sur la technologie, mais il avait un instinct incroyable pour ce qui aller fonctionner». Mais Jobs en retour n'a jamais complètement apprécié les réels points forts de Gates. «Bill est fondamentalement dépourvu d'imagination et il n'a jamais rien inventé, c'est pour cela qu'il est, je pense, plus à l'aise aujourd'hui dans la philanthropie que dans la technologie. Il a purement et simplement volé les idées des autres sans aucun remord».


Gates, dans ce nouveau rôle de donateur, est plus heureux qu'il ne l'a jamais été a confié Jobs à Isaacson.

Sur le même sujet :
La biographie de Steve Jobs est annoncée le 26 octobre chez Amazon et la Fnac et le 3 novembre sur l'iBookstore.
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avatar Gepat | 
Vivement le livre. Je trouve très intéressant de connaître l'envers du décor. La plupart des commentaires - comme d'habitude péremptoires - sont, par contre, navrants. Vous n'êtes juste rien que des petits utilisateurs basiques abreuvés de news via des blogs comme MacGé. Arrêtez de vous prendre pour des analystes de la Silicon Valley ou des cadres de chez Apple ou Google ...
avatar Benlop | 
La bonne interprétation de la phrase de Picasso est "les grands artistes s'approprient". Sinon ça n'aurait aucun sens. Et là artistiquement ça veut tout de suite dire autre chose. Je vous laisse y penser.
avatar starbus | 
ÉH!!!!! le troupeau de gros moutons débiles vous pouvez pas vous faire un site "jehaisapple.con" au lieux de venir ici. Depuis un petit moment, il y a une invasion, ça en devient vraiment insupportable. Je comprend pas, je vais pas passer mon temps sur des sites ou je ne suis pas d'accords avec la ligne.
avatar nogui | 
@VTS "Qui était fan de "Good artists copy, great artists steal" ? Stallman a raison un vrai connard ce mec..." Le retour de l'homme-monophrase ... Tu as 2000 caractères ne l'oublies pas ! Mais c'est sur que pour en taper autant faut réfléchir un minimum :)
avatar VTS | 
Moutons débiles ? Tu t'es cru dans un apple store :) Sur la tombe de steve il vont rajouter Owned by Android ? "J'y consacrerai jusqu'à mon dernier souffle si nécessaire, ... Je vais détruire Android" @nogui: Besoin de faire du multiphrases pour s'exprimer ? Tu serais pas juif ? :)
avatar starbus | 
@VTS Non rien, en fait ton commentaires parle pour toi.
avatar nogui | 
@VTS Bon aller retournes faire le dernier niveau de CoD, y'a tes cyber potes qui t'attendent pour te mettre une branlée ... Et quand t'auras fini tu vas te brosser les dents, et frottes bien hein ! Apres , au lit. Et couvres toi bien il fait frais en ce moment, pas le moment d'être malade , t'as un contrôle d'instruction civique lundi et t'es pas au point apparemment !! ;-)
avatar VTS | 
Bandes de blaireaux :D
avatar nogui | 
@VTS Au fait , ton IP, ça serait pas 83.67.134.87 ???
avatar Manu | 
@kelv IBM je connais très bien. J'en suis un spécialiste depuis les mainframes sous DOS/VSE ou MVS avec des cartes perforées milieu des années 70 à ses Aix et Linux aujourd'hui. J'entends par se réinventer, prendre des directions inattendues. Qui de nous dans les années 90 pouvait imaginer qu'Apple se lancerait dans la production de baladeurs musicaux terrain de prédilection des boites comme Sony. Ou même se lancer dans la téléphonie? Changer carrément d'OS en passant d'un fait maison à un standard Unix. Ou encore changer à deux reprise de processeurs?
avatar Kelv | 
Manu : c'est évident, le virage a été remarquable :)
avatar VTS | 
@nogui Euh... nan :)
avatar h4l3 | 
Je ne comprends pas bien, vu que je n'ai jamais utilisé Android... on me dit que c'était nul avant le ICS alors pourquoi crier à la copie? Si ça vaut rien, y'a rien à craindre non?
avatar nogui | 
@VTS Avant qu'internet se démocratise il y avait des tas d'abrutis, des gosses complexés souvent, qui appelaient des numéros de Tél au hasard pour dire "couille, poil, caca " à 2 h du mat ... Tu es le digne descendant de cette génération , bravo à toi ! Vous êtes combien de pisseux derrière l'écran ?
avatar Adrien13 | 
Je partage à 300% le point de vue de Steve Jobs sur ce qu'à fait Google avec Android et le reste. Et je rajouterai même que maintenant même son moteur de recherche est totalement égalé par Bing de Microsoft. Personnellement j'abandonne petit à petit les produits et services de Google. j'utilise encore un peu streetview, mais c'est le seul. Et pour Android, j'ai testé sur smartphone, tablette(samsung) et netbook. Malgré ma bonne volonté a persisté dans mes tests d'utilisation; j'en conclu que je trouve ça très très mauvais car c'est compliqué et on n'obtient jamais totalement satisfaction! C'est un OS très "bancal", tout comme Chrome OS qui m'a énormément déçu car j'en attendais du bon.
avatar USB09 | 
Moi de qui me fait peur c'est qu'apple est aujourd'hui sous le feu des journalistes. Et j'imagine que l'on trouvera beaucoup de tournure a-la-capital. Donc a prendre avec des pincettes même si ça de tient. En fait, si ça vous intéresse, je vous conseille de le lire.
avatar San_Pellegrino | 
Au delà de son cancer, Steve Jobs souffrait d'un autre mal, psychologique celui-là. On le sait très peu, mais le patron d'Apple était atteint du syndrome de l'icherspathie, maladie sournoise, très difficile à cerner et qui réduit chez les personnes qui en sont atteintes la capacité à réfréner toute envie que l'on peut avoir à dire ce que l'on pense même si cela peut être extrêmement inconvenant. L'épisode avec Obama le prouve tout à fait. Des amis médecins (qui me l'ont appris), en relation avec l'hôpital de San Francisco, on pu voir dans les registres que SJ avait consulté au moins une fois pour cela. Cette maladie peut se révéler parfois très handicapante : imaginez, on ne s'empêcher de dire à voix haute ce que l'on pense et ce en toutes circonstances. Heureusement pour lui que sa relative stature lui a bien souvent sauvé la mise et qu'un simple quidam, à sa place, aurait eu bien des ennuis.
avatar béber1 | 
[i]"Arcadium @quentin54 C'est beau l'ironie, mais Steve Jobs n'a pas eu d'impact sur l'implantation des ordinateurs dans la recherche mais uniquement dans l'informatique tout public, ..En d'autres termes : est-ce que l'informatique tout public répondait vraiment à des besoins, ou seulement à des envies ? " [i] http://www.nature.com/nature/journal/v478/n7368/full/478155b.html
avatar Anonyme (non vérifié) | 
Je pense, que Jobs a été direct à propos d'Android, et quand je pense le temps, l'énergie et les finances qu'il a dû mettre dedans en ce qui concerne les APP et tout, je le comprend. Je pense que Steve Jobs est un grand monsieur, c'est tout ce qu'il y a à dire. Certains vont penser que je suis fan, à vrai dire non, mais au vu de son empire, je pense qu'il mérite du respect.
avatar Log_Boy | 
Qu'est ce qu'on peux lire comme conneries quand même dans les commentaires, c'est effrayant.
avatar Bonofox | 
On peut dire ce que l'on veut , Apple est une entreprise à part avec une cote d'amour hors norme, tous de la sillicon valley revent d'avoir ne serait qu'un poil de cul de ce que représente la firme à la pomme. Jobs quant à lui est salué à travers le monde entier, pour un copieur, c'est un bon copieur alors...Seul le résultat compte, Apple et Jobs sont des mythes, les autres...on s'en fout des autres!
avatar Batracien | 
Je suis d'accord avec quasiment tout ce qu'il dit! Android, je l'ai essayé (je ne peux pas être de mauvaise foi) et c'est de la @$&#%€$&@&%^# de merde. Sauf les parties qui ressemblent à iOS!
avatar JPTK | 
[quote]Jobs a par exemple pointé le fait qu'il était plus facile de construire des usines en Chine qu'aux Etats-unis «la réglementation et des charges inutiles» rendent les choses difficiles[/quote] Ouai il voudrait que les États-Unis soient la Chine quoi... n'importe quoi.
avatar JPTK | 
[quote]Au delà de son cancer, Steve Jobs souffrait d'un autre mal, psychologique celui-là. On le sait très peu, mais le patron d'Apple était atteint du syndrome de l'icherspathie, maladie sournoise, très difficile à cerner et qui réduit chez les personnes qui en sont atteintes la capacité à réfréner toute envie que l'on peut avoir à dire ce que l'on pense même si cela peut être extrêmement inconvenant. L'épisode avec Obama le prouve tout à fait. Des amis médecins (qui me l'ont appris), en relation avec l'hôpital de San Francisco, on pu voir dans les registres que SJ avait consulté au moins une fois pour cela. Cette maladie peut se révéler parfois très handicapante : imaginez, on ne s'empêcher de dire à voix haute ce que l'on pense et ce en toutes circonstances. Heureusement pour lui que sa relative stature lui a bien souvent sauvé la mise et qu'un simple quidam, à sa place, aurait eu bien des ennuis.[/quote] C'est malin j'y ai cru moi ! :o/ Du coup j'ai cherché sur google et un seul lien sort, cette page de macg...
avatar pacou | 
@Psylo Je pense sincèrement que tu fais erreur, je suis ce qui se fait et se dit chez Apple depuis la sortie de l'Apple II, que je préférais au Mac à l'époque, et si l'on ne peut pas accuser Apple d'une chose c'est d'avoir tout volé et de n'avoir rien inventé. Son moteur a souvent été SJ mais pas toujours. 2 exemples : -Xerox a inventé en recherche l'interface graphique, Apple a acheté les brevets et en a fait le développement commercial -Avec Apple II, l'idée de l'ordinateur personnel à été démocratisée Souvent il y a une distinction entre la recherche pure et la création d'un objet qui agrége ces recherches et qui peut être vendu. La force de SJ est d'avoir su s'entourer de personnes qui ont pu transformer ses visions de l'utilité de telle ou telle technologie en produits. Apple c'est aussi un nombre considérables d'employés qu il ne faut pas oublier.

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