Ciel nuageux à l'horizon

Arnaud de la Grandière |
skitched

De nombreuses entreprises, Apple en tête, se jettent avec gourmandise sur le "cloud". Si les services qu'on nous promet nous simplifieront grandement la vie, comme toujours, la médaille a son revers.

A tout seigneur tout honneur, la manière la plus évidente d'en mesurer les limites échoit à la musique en ligne. Si iTunes a commencé sa carrière comme bibliothèque de votre musique numérique, la multiplication des offres légales de streaming risque quelque peu de compliquer les choses.

Les catalogues et les tarifications n'étant pas homogènes, le consommateur qui piochera ses titres préférés chez l'un ou l'autre magasin virtuel en sera pour ses frais : il lui faudra en passer par le site ou le logiciel dédié pour écouter sa musique. Spotify, Deezer, Amazon Cloud Player, Google Music, et iCloud proposent chacun leur propre point d'accès, du site web au logiciel dédié, avec lesquels il vous faudra jongler. Certes, il reste possible dans certains cas de télécharger localement le fichier sur un poste distant, mais de là à dire que cela simplifie les choses, il y a loin, d'autant que tous ne le proposent pas et que cela exigera quelque patience de votre part. De quoi reléguer aux oubliettes leur simple lecture à la suite dans une seule et même playlist.

Pour pouvoir bénéficier de cette fonction, pourtant née simultanément avec la musique dématérialisée elle-même, l'utilisateur devra se résoudre à la fidélité absolue à un seul et même fournisseur… sombre retour en arrière. Et le problème n'en deviendra que plus gênant à mesure que vos bibliothèques augmenteront en taille, puisqu'il vous faudra vous rappeler chez quel fournisseur vous avez acheté telle ou telle musique, suivant votre envie du moment. Pour vous simplifier la vie, il faudra donc oublier de faire jouer la concurrence, (et faire l'impasse sur les titres proposés en exclusivité), à moins que les prestataires ne permettent l'utilisation transversale d'une licence chez leurs concurrents. A moins de recours légaux pour rétablir la concurrence, on les imagine assez mal prendre cette initiative d'eux-mêmes.

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Mais le cas d'école ne s'arrête pas à la seule musique, puisqu'on peut l'étendre non seulement à toutes les œuvres de l'esprit, mais même à toutes les offres d'hébergement et de sauvegarde en ligne, qui s'ignorent royalement les unes les autres. Cependant, l'utilisation d'un seul et même prestataire ne résoudra cette fois pas tous les problèmes, puisque le partage et l'échange de fichiers entre utilisateurs les expose potentiellement à d'autres services que celui qui aura eu leur préférence. A vous les joies du copier-coller pour reproduire chez l'un un document stocké chez l'autre… Seule voie de recours, la copie locale des fichiers, qui sera d'autant plus susceptible d'être victime de conflits de synchronisation à mesure que chaque service persistera à ignorer les autres. Gare au casse-tête !

Sans problème, pas de solution

L'ironie du sort, c'est que cet imbroglio est né d'un autre : pour des raisons de sécurité, Apple ne permet pas sur iOS la persistance des fichiers en dehors du confinement des applications qui ont servi à les créer, rendant impossible de les partager entre deux applications. Pour remédier à ce problème, les développeurs ont donc eu recours à des services tiers d'hébergement en ligne tels que Dropbox. L'astuce répondait à la problématique sécuritaire tout en s'affranchissant de ses contraintes. Cependant Apple ne pouvait décemment laisser ces pratiques prospérer : elles détournaient ses utilisateurs de ses solutions maison, permettant à des sociétés tierces de tirer profit de sa plateforme sans reverser la moindre quote-part. Par ailleurs, ce procédé diluait la plateforme en obligeant les utilisateurs à s'enregistrer sur des services tiers : une solution centralisée et intégrée à l'OS, dont Apple pouvait rester garante de la fiabilité et de la confidentialité sans dépendre d'un tiers, était de loin préférable pour tous.

C'est donc en toute logique qu'Apple a proposé iCloud à ses utilisateurs et aux développeurs, permettant de reprendre à son compte la solution du partage en ligne de fichiers non seulement entre applications sur iOS, mais également sur Mac OS X et Windows. Les développeurs ont accès à des API qui permettent à leurs applications de sauvegarder des fichiers sur les serveurs d'Apple. Tout comme Dropbox, Apple offre gratuitement les cinq premiers giga-octets de stockage à ses utilisateurs, tout en proposant des capacités supérieures contre monnaie sonnante et trébuchante.

A charge pour vous donc de faire le décompte des fichiers qu'il vaudra mieux synchroniser ou non, voire de jongler avec l'espace disponible restant dans le nuage avant de payer pour la tranche supérieure. Reste d'ailleurs à voir de quelle manière l'utilisateur pourra décider de l'ubiquité de tel ou tel fichier, et comment le système en rendra compte, à moins qu'on attende là aussi de l'utilisateur qu'il garde en mémoire où se trouve quoi.

Voici venir l'orage, voici l'éclair qui luit

Qu'on se rassure, cela pourrait être pire, puisque les applications sont encore locales… pour le moment. D'autres services proposent une virtualisation totale de vos logiciels dans le nuage. Si OnLive s'est contentée jusqu'ici de jeux, qui prêtent encore peu à conséquence, elle n'en a pas moins affiché son ambition d'aller au delà en faisant la démonstration d'Autodesk Maya, exécuté entièrement sur ses serveurs, auxquels un simple iPad permet d'accéder. SolidWorks lui-même parviendra à toucher toutes les plateformes grâce à un portage dans le nuage. D'autres prestataires comme Citrix vous proposent rien de moins qu'un PC à votre disposition… dans ses locaux. Là encore, si chaque prestataire signe des accords exclusifs avec chaque éditeur de logiciel, il deviendra difficile de faire en sorte que les applications communiquent entre elles, sans compter que leurs fichiers resteront tout autant captifs de leurs hébergeurs. C'est sans doute là le talon d'Achille de Chrome OS, qui repose intégralement sur ce paradigme, doublement puisque c'est également sur la virtualisation en ligne des logiciels les plus gourmands en puissance que le système repose (lire : Chrome OS : la tête dans le nuage)

Alors que ces services permettent de s'affranchir de la notion de plateforme, ouvrant tous les écrans connectés aux contenus, fichiers et applications, par ailleurs ils risquent bel et bien de nous mettre face à une fragmentation encore inédite : de véritables remparts insurmontables entre les données, alors que celles-ci circulaient autrefois librement sur nos disques durs. Paradoxalement, voilà de quoi se souvenir avec nostalgie du temps où seul le Mac et le PC étaient incompatibles…

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avatar arthursautot | 
Premier com !!!!
avatar bosssof74 | 
gg...
avatar Un Vrai Con | 
Quoi, dans l'histoire les "cocus" seraient consommateurs ? :))
avatar donatello | 
-Mais c'est de la merde?! -Non, c'est Cloud.
avatar YARK | 
Sans compter le coût carbone des serveurs. Mais bon, ça, c'est comme la grenouille qu'on met dans l'eau tiède et qui ne commence à paniquer que quand l'eau bout, donc hors de portée de la compréhension d'un penseur commercial. Et puis à défaut d'avoir une solution, je vais cyniquement m'en foutre : pour revenir au sujet, y'a longtemps que j'ai fait mon stock de musique en CD. J'en rippe un de temps en temps pour mes disques durs et basta.
avatar bugman | 
@ donatello : ;)
avatar Armas | 
L'orage, il est ici : ---------------------------------------------------------------------------- http://www.numerama.com/magazine/19348-la-mort-d-internet-se-confirme-un-peu-plus-a-bruxelles.html ----------------------------------------------------------------------------
avatar WilnocK | 
J'ai la cathedrale et le bazar, ecrit en 2001, on y retrouve tout ca: le pipeau du Cloud en particulier,bref, rien de nouveau, le Cloud c'est un produit marketing qui n'est pas tres 'utile', mieux vaut avoir son serveur a la maison
avatar awerty | 
J'ai toujours téléchargé sur l'iTunes Srore et je le fais toujours. iCloud sera mon choix.
avatar lukalafaget | 
bref... pas besoin de tout ça. on se fait un serveur chez soi et puis c'est tout. De toute façon si ils perdent nos donnés, pas moyens de le recuperer, ils n'ont pas d'obligation... Donc c'est pas pire que chez soi
avatar jm.leb | 
Pour le bilan carbone, concept intéressant, n'est-il pas plus conhérent d'avoir des ressources communes plutôt que chacun son petit serveur ou son disque dur ou sa pile de CD ou ces clés USB, etc...
avatar Stanley Lubrik | 
Armas avec son article pointe du doigt ce qui nou guette : un Web haut-débit à multi-vitesses et tarifications variées, un peu à l'image de la mauvaise répartition de l'eau dans les pays les plus en manque de pétrole bleu. Vous reprendrez bien un nuage de lait !
avatar jylagasse | 
Tout à fait ! Merci pour l'article. Je me disais justement que ca commencait à devenir l'enfer pour synchroniser contacts, calendriers, mails, notes, tâches entre PC de bureau, mac de maison et ipod touch... Si on rajoute photos, musique. Et le pire c'est que on a le choix qu'entre ecosystemes fermés : soit tout google, soit tout microsoft, soit tout apple... Ca va être le foutoir. Sans doute est-ce une étape de transition, car il y a quand même une réelle utilité (quand on utilise dropbox)...
avatar Thomforce | 
Vous parlez ici d'intéropérabilité il me semble. Effectivement il semble que le "Cloud Computing" ouvre une nouvelle aire de l'informatique. Et à toute nouvelle aire, nouveaux marchés. C'est un changement technologique tellement important qu'on en revient a un début et les débuts ne sont pas favorable à l'intéropérabilité. Chacun cherchant à imposer sa norme (ici sa plateforme) pour faire des profits, l'utilisateur n'a d'autre choix que de ce lancer et d'espérer que son cheval gagnera la course. Vous regrettez d'avoir acheté un magnéto Betamax ? de n'avoir pas trouvé à l'époque la copie de Titanic et de ne plus pouvoir lire la cassette que vous aviez acheté à l'époque ? Vous avez perdu de l'argent ? L'intéropérabilité viendra bien après. Si vous voyez l'informatique comme une possibilité de propriété c'est une erreur. On est ici dans une situation de locataire avec un proprio qui vous oblige à laisser les meubles au déménagement alors qu'elle vous les avait vendus. Par contre vos photos de vacances on vous les laisse pour l'instant. En vrac certe, sans tous les scrapbooks et les annotations mais elle vous les laisses. Vous payerez pour tout ce que vous faite, loisir et travail. Il ne vous reste rien quand vous arrêtez de "faire" car s'il vous restait quelque chose, vous pourriez dépenser du temps à en profiter gratuitement sans consommer les trucs payants. La propriété c'est la mort de l'industrie du loisir car on vous vends le temps que vous passez agréablement (musique, film, création perso, etc ...) Imaginez un monde où il n'y aurait que des outils sans aucune mémoire vous permettant de faire des trucs virtuels vous permettant de passer agréablement le temps qu'il vous reste après avoir dépenser votre temps moins agréablement (le travail). On vous donnerais même l'outil pour que vous puissiez payer pour le temps agréablement dépensé. C'est l'industrie du téléphone, vieille de combien d'année ? Bientot le reste de l'informatique
avatar YannK | 
"Armas avec son article pointe du doigt ce qui nou guette : un Web haut-débit à multi-vitesses et tarifications variées, un peu à l'image de la mauvaise répartition de l'eau dans les pays les plus en manque de pétrole bleu. Vous reprendrez bien un nuage de lait !" Un mec de chez Wired a publié un article qui allait dans ce sens l'année dernière, en parlant des apps et en déployant l'idée vers l'internet qu'on connait. Pour lui, internet comment nous le vivons à l'heure actuelle n'est qu'une phase de démocratisation. On impose l'outil avec énormément d'acteurs puis, de façon naturelle dans le système capitaliste, l'étau se resserre de plus en plus autour d'énormes groupes qui contrôlent tout. Il avait mis en avant le fait que les internautes renforçaient chaque année, un peu plus, les 10 plus gros sites du monde par leurs visites, les multiples rachats de sites par des conglomérats, etc. Du coup, il est tombé sur la comparaison du marché de l'électricité aux USA qui comptait jusqu'à 200 fournisseurs à ses débuts et qui n'appartient aujourd'hui qu'à une poignée de grosses entreprises. Bref, l'internaute qui a cru que le net serait libre à jamais n'a pas révisé ses cours d'histoire ^^ Fallait être franchement naïf pour croire qu'il serait l'exception qui confirme la règle économique.
avatar spootymilk | 
Je ne comprend pas bien en quoi la musique est un problème. Il me semble ( a vérifier donc) que la plupart voire tout les distributeurs proposent leur musique sans drm. On peut donc la passer d'une plateforme a l'autre et d'un service a l'autre. Pour les films c'est une autre histoire.... Pour le moment car je ne doute pas qu'ils suivront le même chemin que la musique. Reste les données. Nous sommes encore très loin du tout cloud ! Chrome os fait un essai mais je doute de sa réussite. Je comprend le fait que le cloud soit prometteur, mais étant donné le prix des disques aujourd'hui...
avatar YARK | 
Tiens, des réactions avec des neurones... Ça change des publications sur les queues d'un kilomètre pour un Applestore. Heureux de voir dans (presque) toutes les réactions précédentes un grande part d'objectivité, voire de recul pour un "progrès" qui ressemble de + en + à une régression... malheureusement : on aurait tous préféré voler dans notre voiture-avion après l'an 2000 ; force est de constater qu'il y a beaucoup plus de laissés pour compte aujourd'hui que d'aéronefs sortis du film 5ème Elément.
avatar Armas | 
@ jm.leb pas si on part du principe que le chemin le plus économe en ressource entre deux points est celui qui ne passe pas par un modem, des concentrateur et un serveur distant; meme si certes, l'idée du serveur perso c'est pas encore une idée de génie. Je le dirais jamais assez, mais faut vraiment que ca rentre, nous sommes a un instant décisif de l'informatique, celui ou nous allons reléguer nos Personal Computers pour des gadgets de consultation et de consommation. Passé ce bond technologique, il n'y aura pas de retour en arrière et une fois que les éditeurs auront délocalisé les données de stockage, ils délocaliseront les applications en faisant payer un accès mensuel pour l'utilisation d'une application, bien plus lucratif que de vendre des licences utilisateur.
avatar Rom33 | 
@ donatello : j'adore :)
avatar Reeeko | 
@donatello Le meilleur commentaire de tous les temps! Tu devrais le déposer. C'est énorme!
avatar PierreBondurant | 
A l'époque de Deezer, je gravais encore mes CD au format AIFF afin d'avoir mon son en qualité CD quite a ensuite faire des versions AAC 128kbps pour l'iPhone ou les filer a un pote. Tout le monde me disait "te prends pas la tête y a Deezer!" 1- j'aime pas la pub quand j'écoute un album 2- je ne dépends pas de ma connection internet quand j'ai envie d'écouter un disque 3- mon son n'est pas sur serveur a l'autre bout de la terre mais son DD interne, lui même sauvegarde sur un DD externe Time machine 4- Deezer est une entreprise et les entreprises ca vit et ca meurt (cf Nokia) constamment Je sais qu'avec les SSD c'est pas dans l'air du temps d'avoir 180Go de musique (encore qu'un NAS peut faire le boulot) mais c'est le prix a payer pour l'autonomie et un son de qualité ! D'autant que d'ici qq années de plus en plus d'ampli seront AirPlay avec de bons DAC derrière la carte Wifi, donc ca vaudra vraiment le coup d'avoir sa musique en AIFF
avatar Denauw88 | 
@spootymilk +1 Perso j'utilise Spotify actuellement, et tout comme iTunes je peux acheter des chansons libre de DRM et celles-ci seront lues par tout logiciel musical. Donc je comprends pas trop l'article sur la non-compatibilité entre les plateformes musicales, quand on achète un MP3 il nous appartient et on peut en faire ce qu'on veut. Quant aux données, du moment qu'elles soient sur l'ordi (et synchronisées par la suite sur le cloud pour un accès multi-appareils) et non à 100% sur le cloud (comme le suggère Google), moi ça m'va.
avatar bugman | 
- Tres joli "push" Steve, je vais le mettre pour vider ma corbeille. - Je remarque, Therese, que l'ai moins reussi que L'Airport !
avatar expertpack | 
Pour 90% des utilisateurs, la taille des fichiers en local suffit et les smartphones disposent d'assez de memoire. Le cloud est un coup marketing, inutile selon moi. Un DD vaut 50€
avatar melaure | 
Cette dépendance aux store me dégoute en effet, et c'est un vrai cadenassage du client. Mais il est hors de question que je stocke mes données chez Apple ou n'importe qui. Et si un jour on a plus le choix, il restera toujours Linux ;)
avatar domd | 
Putain, on va finir par regretter mobileme !!!
avatar Almux | 
...Vous voulez parler du grand "Cutdown" de 2018? Mais oui, rappelez-vous: la panne mondiale des communications, suite à la cascade de faillites des entreprises y dédiées et qui avaient coupé - du jour au lendemain - leur réseaux. Chacun s'est retrouvé isolé dans son petit coin, sans internet, sans Skype, sans FaceTime, sans Facebook ni Twitter, seul, avec toutes ses données coincées, quelque part, totalement hors de portée! Quelle pagaille!
avatar Lateralus | 
Se louer un petit server dédié perso à l'année, ou l'avoir chez soi ; c'est beaucoup mieux et c'est très simple. Vos données, vos photos, vos films de vacances, vos courriels.... n'ont à priori RIEN à faire chez Apple, Google & co, sur des services aux conditions d'utilisation plus que douteuses.
avatar BenUp | 
Enfin un site qui soulève ce problème ! Le Cloud c'est quoi ? Car pour ma part j'ai accès à mes fichiers sur mon serveur partout dans le monde et sur m'importe quel OS. La solution d'Apple est vraiment mauvaise, l'ouverture au monde de ces dernières années retombe comme le soufflet au saumon que j'ai raté à midi !
avatar Soheil | 
L'eau, l'électricité, la voirie… la civilisation nous rend très dépendants. On pourrait certes continuer à aller tous les matins remplir des seaux d'eau au puits et tous les soirs dîner aux chandelles, ça ne manquerait pas de charme. Mais l'eau courante est quand même bien pratique, comme il est bien pratique de presser simplement sur bouton pour s'éclairer le soir, comme nous faisons tous. Mais évidemment nous devenons du coup très dépendants de la bonne gestion de l'eau et de l'électricité. Une panne de courant peut paralyser un pays tout entier et je n'ose pas imaginer ce qui arriverait si tout à coup les grandes villes n'étaient plus alimentées en eau. Ce sera au fond le même problème pour les "robinets" de musique et de données en général. Même liberté, même dépendance.
avatar bricoleur | 
Les comparaisons avec la distribution d'eau et d'électricité sont excellentes: l'enjeu central ici, comme toujours, est la propriété des canaux de distribution. Soit les robinets sont en main publique (comme les régies publiques d'eau et d'électricité, ce qui est le cas dans ma commune), et les élu-e-s du peuples contrôlent la bonne marche du service, sans tondre les usagers-ères. Soit les robinets sont en main privée (comme souvent aux States) et la seule chose qui compte c'est d'accumuler du profit, et donc de faire en sorte que les gens soient obligés de payer, à un tarif surfait, pour accéder à l'électricité, à l'eau, et bientôt à leurs données. Pour mieux comprendre ce problème, je vous conseille l'excellent livre de Jeremy Rifkin: l'Age de l'accès. (Je l'ai en version papier, ce qui fait que je ne me demande pas si mes lunettes sont compatibles avec le format des pages de la maison d'édition: La Découverte…) En gros: avant, on était dans une économie de transfert de propriété (achat de biens), et de plus en plus, on est dans une économie d'accès à des services (location de prestations).
avatar tbr | 
Pas question, en ce qui me concerne, de participer à la "fraternité" de l'Informatique en confiant (le mot est parfait) mes données, même si je sais qu'en ce domaine, comme le dit si bien le film "Les Experts" — Non ! Celui dans lequel joue Robert Redford. —, "There is no secret". Mes données sensibles restent chez moi et, en plus, j'ai bien assez de ma vie qui se cache dans des dossiers (militaires, médicaux, etc.) et sur lesquels je n'ai aucun droit de regard, un comble (!)... ou bien il faut faire des demandes en 42 exemplaires et attendre des plombes pour ne même pas être certain de tout avoir obtenu. Je peux bien "donner" un peu de ma vie mais ce ne sera pas la partie privée, juste quelques babioles sans importance. ... De toute façon : trop tard ! :-)
avatar Anonyme (non vérifié) | 
On peut dire que ce sujet tombe à pic ! Autant à Paris, qu'à Lion !
avatar fantomx6 | 
Débit mis à part (et encore pour certain ce n'est pas le cas) c'est le retour en force du Minitel. Tant d'années d'évolutions pour en revenir là, c'est navrant.
avatar rva1mac | 
Moi, je préfère le ciel bleu !
avatar CBi | 
Pour la musique: chez moi c'est= CDs encodés en Apple Lossless donc pas de pb. Mais pour mes quelques achats sur iTunes, les DRM n'ont jamais été bloquants = menu Fichier / Graver la liste de lecture sur un disque / CD audio. Pour le Cloud: gros utilisateur de Mobileme, pour l'instant je ne comprends pas ce que propose Apple. Et surtout pourquoi annoncer aussi précocement quelque chose d'aussi peu clair ? Résultat, j'ai commencé à tester Google Apps, partage de fichier avec Google Docs, pages sur Google Sites,... Les (mauvaises) habitudes une fois prises seront peut-être difficiles à changer.
avatar Mecky | 
Très bonnes réactions avec 2 pics : - Thomforce [18/07/2011 20:49] - Soheil [19/07/2011 10:46] En complément... La qualité d'une civilisation s'observe souvent à la qualité, le suivi et la disponibilité de son infrastructure ! À l'opposé, un cloud disponible uniquement à certains et selon le bon vouloir de certains : je n'y crois pas. Ceci dit, c'est LE sujet où Apple n'a jamais trouvé LA solution : ??? > iTools > .Mac > MobileMe > iCloud > ???
avatar Almux | 
DIXIT Soheil [19/07/2011 10:46] "L'eau, l'électricité, la voirie… la civilisation nous rend très dépendants...." Tout-à-fait. Nous vivons dans un système basé sur la co-dépendance et tout pousse à continuer à nourrir la dépendance. D'un côté, il y a la crainte atavique de ne plus être protégé par le clan, de l'autre, le besoin de s'affirmer comme individu. Mais le clan peut être terriblement étouffant et les seuls outils de "libération" qu'on nous propose, sont des... addictions! A des drogues, des religions, des richesses, des possessions, des convictions, etc. Bref, d'ici la fin (programmée - comme pour toutes celles qui lui ont précédé et celle qui suivront) de notre "jolie" civilisation, nous auront encore bien des occasions de nous vautrer dans nos "besoins" et de les voir, de plus en plus, s'évaporer dans les limbes virtuelles du "génie humain".

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