Universal Music entend s'adapter au marché

Florian Innocente |
Rio Caraeff , vice-président exécutif de la division eLabs d'Universal Music fait état dans une interview sur CNET des changements en cours au sein de la major et alors qu'elle a comme ses pairs annoncé l'abandon des DRM sur iTunes.

L'objectif à long terme, explique Caraeff, est de passer d'un modèle où les bénéfices proviennent de la vente d'un contenu vers un modèle centré sur l'utilisateur et sur son activité au sens large (que ce soient ses achats ou sa fréquentation de sites aux contenus musicaux sponsorisés par des abonnements ou de la pub). Le CD est mort en tant que source unique de revenus, ceux-ci doivent aujourd'hui provenir de tous les côtés.

Partant du principe que la répression ne mènera à rien - il y aura toujours des pirates et leurs motivations tiennent parfois plus de questions de principe que d'une réelle volonté d'écouter de la musique - Caraeff se fait l'avocat d'une approche où l'on essaie tout simplement de répondre à la demande, quitte à se remettre en question et à régulièrement changer de modèle.

Par exemple en développant les partenariats avec des sites tels que Last.fm ou MySpace, du fait de l'appétence des utilisateurs pour l'écoute de musique en streaming. L'abandon des DRM procède de cette même observation. Il s'agit de libérer les périphériques de leur liens avec un service et de faciliter l'acquisition de morceaux dans un contexte où la part de personnes prête à payer et à télécharger est minoritaire.

Il s'agit également selon lui de créer une plateforme numérique globale, où un morceau acheté depuis un téléphone portable coûtera le même prix que le morceau identique acheté sur un ordinateur. Il souligne la part importante prise par la téléphonie mobile, laquelle pèse 40 à 45% de l'activité numérique d'Universal Music.

Universal a aussi donné un coup de main à Amazon pour intégrer sa boutique sur Android et le G1. Caraeff, en citant l'exemple de l'écosystème iTunes, souligne l'impératif d'améliorer l'expérience utilisateur - qu'elle soit logicielle ou sur un site Web - afin de rendre les actes de consommation de la musique plus simples et plus rapides.


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avatar Anonyme (non vérifié) | 
C'est pas vrai ! Enfin une parole logique et censé de la part d'un Major ! Et ils sont mis combien de temps pour voir le véritable marché en face ? 4-5-6 ans ? Bravo quand on pense que des glands sont payés à prix d'or pour en venir à cette solution alors que de simples péquins le gueulent sur divers site web depuis le début de l'ère numérique !
avatar primalmotion | 
J'avoue que c'est étonnant. M'enfin, Microsoft dit à chaque nouvelle version de Windows "Nous vous avons écoutés", pis en fait... non. Qui vivra verra...
avatar codeX | 
On croit rêver ....... Pascal Nègre doit en bouffer son chapeau :-)
avatar MarcoAix | 
Espérons que le bonhomme survive à ses propos... réalistes (donc insensés !). ;-)
avatar studdywax | 
il a du pouvoir ce vice-president dans la grande usine Universal ? Parce qu'il est pas con !
avatar codeX | 
[quote]il a du pouvoir ce vice-president dans la grande usine Universal ? Parce qu'il est pas co[/quote] Beaucoup plus que le sieur cité plus haut. [url]http://new.umusic.com/News.aspx?NewsId=244[/url]
avatar Bloodshed | 
*regarde la date. "Bah non, c'est pas le premier avril pourtant !"
avatar oomu | 
à lire c'est bien ! parce que tout ce que j'ai toujours désiré, c'est pouvoir rapide et facilement profiter de musiques payées à ses auteurs. Que de temps perdu à "gueuler" sur des sites, forums, blogs, colloques (sisi! véridique dont une en présence de l'auteur de "du bon usage de la piraterie" ) , etc. que de temps perdus. que de gens bouchés. que de démonstrations devant des wannabe artistes: "alors, là je lance mon client torrent, je tape le nom d'un artiste, je clique télécharger sur celui là, hop la jauge monte, et ayez ! j'ai ma musique. on est tombé sur un bon exemple, mais c'est assez courant, si j'étais vous, je ferais du lobbying pour avoir de meilleur canaux de vente que CA !" J'ai discuté avec bien des gens qui ne réalisaient pas du tout la facilité délirante du piratage via internet. Il y avait aussi un déni TOTAL sur les réalités du partage par wifi (d'ordi à ordis en université, hop! "et non monsieur, c'est interdit de mettre un brouilleur radio"), des sites sociaux tels myspace, youtube, etc Lors des discussions sur DADVSI, une réunion informelle avec un des participants à l'écriture de la loi (un membre de l'april, autant dire qu'ils avaient que le droit de regarder), un artiste, inscrit à la sacem était présent. Il expliquait que très peu de gens s'intéressaient à toutes ces histoires de numérique, de nouveau marché, de nouvelles pratiques, classant le tout dans "piratage à interdire, point." Bref, le statu quo. ok! mais sauf qu'il y avait en face des dizaines d'industriels, des milliers de mainteneurs de serveurs d'annuaires de partages et des millions de gens qui passaient outre le statu quos - en tout cas, le soir même où itunes a lâché ses drm sur presque tout le contenu, j'ai acheté 50 chansons de Dylan. et le coup de m'autoriser itunes store par EDGE/3G, alors là, c'est un crime envers mon porte-monnaie. Scandaleux, vla qu'ils veulent mes sous. la question est : fnac (ou autre français) est il capable de me proposer mieux que itunes?
avatar Michel Poulain | 
Wouah! Incroyable. A l'extrême opposé de notre national Pascal Nègre : ne plus taper sur les clients légaux d'un coté parce qu'il y a des pirates qui téléchargent illégalement de l'autre côté. Juste dommage qu'il ait fallu attendre tant d'années (9 ans depuis Napster). Certains ont maintenant pris l'habitude de pirater pour être sûrs d'avoir des fichiers audio "lisibles" sur tous leurs appareils. Que de temps gâché (et d'argent perdu).
avatar jld73 | 
Sans voir le mal partout, au total ils ont bien joué ! Après s'être (volontairement selon moi) laissés enfoncer pour accuser le téléchargement, ils ont fait passer des taxes en tous genres sur les supports qui rapportent des dizaines de milliards (et personne ne les retirera maintenant) et ils reprennent leur boulot.
avatar Mac1978__old | 
"Caraeff se fait l'avocat d'une approche où l'on essaie tout simplement de répondre à la demande, quitte à se remettre en question et à régulièrement changer de modèle." Répondre à la demande et se remettre en question, n'est-ce pas ce que fait toute entreprise qui ne jouit pas, comme les majors, d'une position dominante et en abuse. Bienvenue dans le monde réel M. Caraeff ! @jld73. +1. À vie on va payer des taxes sur les cd, dvd vierges, disques durs et autres SSD même pour simplement sauvegarder son propre travail. Taxes qui continueront à grossir les bénéfices d'entreprises autrement condamnées, non par la fraude, mais par leur incapacité à répondre correctement à la demande de leurs clients.

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