Google Chrome : 10 ans et toujours dominant

Florian Innocente |

Google Chrome a 10 ans, c'est à dire que pour une génération d'utilisateurs qui aujourd'hui découvre peut-être le Mac ou les PC, ce navigateur aura toujours existé. Le 1er septembre 2008, Google signifiait son intention de venir en découdre avec Internet Explorer, Firefox et Safari. Son ambition était illustrée — au sens littéral du terme — dans une bande dessinée.

Google voulait remettre à plat le fonctionnement des navigateurs web et servir de modèle à ses concurrents, à une époque où l'on ne parlait plus seulement de pages web (avec des textes et des images) mais d'applications web (jeux, messageries, vidéos). Google ne vivant que du web et de son évolution technique, le meilleur moyen de la mettre en mouvement et lui faire prendre les directions souhaitées était de créer sa propre planche de surf.

Les maîtres-mots de Google pour Chrome étaient : stabilité, rapidité, sécurité, simplicité et open source (la promesse d'une application qui gère la RAM aux petits oignons a quand même mis du temps à se concrétiser).

Google a pour cela utilisé WebKit, le même moteur d'affichage des pages web qu'Apple avec Safari, qui avait été lui-même emprunté à l'open source. WebKit était par ailleurs déjà mis à profit par l'équipe Android. Google développera en revanche un moteur JavaScript maison — "V8" — pour exécuter ces applications web. En 2013, le moteur de recherche annoncera le lancement de son moteur de rendu, distinct de WebKit : Blink.

Ce n'est qu'en décembre 2009 que Chrome est arrivé sur Mac, avec une bêta. La première version finale sortira en mai 2010, ce qui correspondait à la 4e version côté Windows. Le rythme rapide de sorties des mises à jour fait qu'aujourd'hui Chrome a atteint sa 68e version.

Première bêta de Chrome sur Mac

Parti de rien — en termes de parts de marché — Chrome est devenu le navigateur dominant sur les ordinateurs de bureau, s'arrogeant la couronne longtemps portée par Microsoft. D'abord parce qu'il a su jouer de la pesanteur technologique d'Internet Explorer, ensuite grâce à la force d'entrainement de Google — qui est synonyme du web pour certains — et de celle d'Android.

Dans son observation continue des parts de marché des navigateurs, Net MarketShare crédite Google Chrome de 60 % depuis deux ans, IE est à environ 12 %, devant Firefox à presque 11 %, Edge (le successeur de IE apparu avec Windows 10) est à seulement 4 % et Safari à 3,8 %.

Sur mobile, même score pour Chrome (merci Android) et en deuxième place, à presque 27 %, c'est Safari qui récolte les fruits de la popularité d'iOS.

Né simple navigateur web, Chrome est devenu plus tard la charpente qui fait tenir Chrome OS sur les portables de partenaires de Google, de Samsung à Dell en passant par Asus et d'autres fabricants initialement 100 % Windows.

Si Apple était plus souple quant à l'utilisation d'un autre navigateur que Safari sur iPhone et iPad on peut se demander si Chrome ne lui croquerait pas quelques pourcents de parts de marché supplémentaires. Utiliser Chrome ou même Firefox sur iOS reste un parcours semé d'embûches : impossible d'en faire le navigateur par défaut, impossible de forcer l'ouverture de liens ailleurs que dans Safari… Une manière de contenir l'hégémonie de la solution de Google.

avatar iVador | 

Je préfère Safari ...

avatar lepoulpebaleine | 

@iVador

Moi aussi clairement !!

avatar armandgz123 | 

@lepoulpebaleine

Moi aussi, mais là où safari est obsolète/ pas disponible c’est Chrome que je préfère

avatar Nesus | 

Juste une petite correction, une génération, c’est 25 ans. Mais bon, je pense que dans 15 ans l’entête sera parfaitement vrai.

avatar armandgz123 | 

@Nesus

Je n’ai connu que Google Chrome perso

avatar LoossSS | 

@Nesus : 25 ans ? Qui a décidé de ça ? Toi ?
Une génération c'est une descendance d'un grand-père à un père, d'un père à un fils etc... Donc une génération, ça varie, par définition...

Si j'ai 20 ans et que tu as 30 ans, je ne me considère pas de ta génération (et à mon avis c'est pareil inversement). Et pourtant il n'y a que 10 ans d'écart...

avatar Nesus | 

@LoossSS

Sérieux les gars, il faut arrêter de croire que vous êtes omniscients et que lorsque vous ignorez quelque chose, c’est forcément l’autre qui a tort. Ça fait deux fois aujourd’hui.
Donc non, ça n’est pas moi qui décide. https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Génération_(sociologie)

Vous avez la réponse. Et vous avez tort. 10 ans d’écart, c’est la même génération. D’ailleurs avec 10 ans d’écart, la population à les mêmes références. Donc il n’y aurait aucunes raisons de la scinder.

avatar LoossSS | 

Pardon c'est vrai que j'étais beaucoup plus violent que ce que je voulais / pensais.
Je n'ai justement pas la science infuse et j'étais allé voir Larousse et non wikipédia... Et il n'y a pas de date.
Cependant selon ma compréhension, il me semble que 25 ans c'est pour une génération "familiale" (ce qui paraît logique si on parle de moyenne d'âge de reproduction), mais pas une génération sociale... ?
Dans le cas de l'article, ça me paraît logique qu'on parle de génération sociale et non familiale.
Tu dis qu'en 10 ans d'écart la génération a les mêmes références, je ne suis pas d'accord. Entre les jeunes nés en 95 et ceux nés en 2005 il y a un monde par exemple. Certains auront grandis avec les débuts d'Internet, auront vécu le 11 septembre etc. D'autres n'auront connus que les smartphones, réseaux sociaux et le monde tel qu'on le connaît aujourd'hui

avatar Nesus | 

@LoossSS

Pas de problème ;-).

25 ans est ce qui est admis en sociologie parce que cela a une logique anthropologique.
Le fait d’avoir « vécu » les événements ne change pas grand chose. Les jeunes qui sont nés il y a 20 ans n’avait pas vécue 98 et pourtant c’était dans leur « vécu/quotidien/histoire ». Internet est utilisé de la même façon par les gens aujourd’hui. Que ce soit Facebook, Twitter ou plus récent Snapchat, c’est la même chose.
Par contre, c’est plus compliqué pour ce qu’on appelle les parents des milléniales parce qu’ils n’ont pas le même vécu et sont déconnectés de la vie online.

Et vous verrez que plus le temps passera, plus vous vous rendrez compte que le décalage s’estompe. Comme quand nous étions petits, ceux qui étaient au lycée paraissaient être des dieux inaccessibles et quand on bosse avec eux 15 ans plus tard, on se rend compte que c’est finalement les mêmes que nous.

Ce que vous appelez le generation « familiale » elle à l’inverse s’allonge. La conséquence du fait que les femmes travaillent et qu’elle ont des enfants de plus en plus tard. Nous avons perdu 4,5 ans depuis 1975. Ce qui fait une moyenne du premier enfant à 28,5. Certaines études expliquent que le faussé générationel devrait être de mois en moins important avec les adolescents.
Nous verrons dans 20 ans.

avatar vince29 | 

Une génération ce sera bientôt 30 ans.
28,5 l'âge moyen d'une femme qui a son premier enfant en France.

Après tu peux continuer en recherchant quel âge avait en moyenne la mère de cette femme (et ainsi de suite) et pondérer par l'effectif. Mais ce sera sans doute plus proche de 25 que de 20. (C'était 24 ans en 1974).

avatar charlie105 | 

@vince29

Ça depend de l’acception de génération que tu choisis : en effet pour la descendance, ça tend vers 30 ans. En revanche, au rythme des changements de sociétés je dirais que ça tend vers un raccourcissement (dans le sens « Ensemble des personnes vivant dans le même temps »)

avatar fosterj | 

Le forcing que fais Apple avec Safari sur iOS est quand meme clairement un abus de position dominante ..

avatar Le Gognol | 

@fosterj

Sauf que iOS n’a pas de position dominante, donc ne peut pas en abuser. Par contre Google oui, et le succès de Chrome, au delà de ses qualités, vient essentiellement de là.

avatar macinoe | 

Pour l'utilisateur ça revient strictement au même. Il n'a pas la possibilité de choisir le navigateur qu'il souhaite.

La position dominante sur un marché est entierement dépendante de la définition qui est faite de ce marché. C'est donc soummis à interprétration et ça se plaide dans un sens comme dans l'autre.

avatar pat3 | 

@macinoe

"La position dominante sur un marché est entierement dépendante de la définition qui est faite de ce marché. "

Mais pour Apple, ce marché se limite… à iOS! Qui n’est qu’à 20% du marché des Os de téléphone. Avant de pouvoir les attaquer pour abus de position dominante, il faudrait s’attaquer au 89% restant…
Ça reviendrait à dire que Nintendo fait de l’abus de position dominante sur la Switch…

avatar byte_order | 

@pat3
> Qui n’est qu’à 20% du marché des Os de téléphone.
> Avant de pouvoir les attaquer pour abus de position dominante,
> il faudrait s’attaquer au 89% restant…

Y'a de très fortes disparités selon les pays.
Aux USA, iOS est bel et bien en passe de passer l'OS mobile majoritaire.
Au Japon, c'est encore bien plus, on est justement plus proche du 89% que du 20% au niveau mondial...

Et les japonais qui veulent consulter des sites web japonais utilisent donc pour 89% d'entre eux Safari, alors que ce n'est pas forcément le navigateur web qu'ils voudraient pouvoir utiliser.

Pour les autorités japonaises qui se penchent sur les abus de position dominante, la PDM de marché au niveau mondial ils s'ent foutent, la PDM qu'ils observent c'est celle sur leur juridiction.

Apple peut bien avoir 1% de PDM en Inde, si elle en a 99% dans votre marché économique, elle est bien en position dominante sur ce marché.

Comme il n'y a pas de juridiction ayant autorité sur l'ensemble du marché mondial (et vu comment Trump traite l'OMC, c'est pas prêt de changer), la part de marché considéré dépend du point de vue du régulateur en charge de *son* marché. l'UE dans notre cas, ou chaque pays sinon, dont les USA et le Japon. iOS n'est pas en position dominante dans l'UE, ni en Inde ni en Asie c'est clair, mais aux USA c'est déjà nettement moins tranché et clairement dans quelques pays comme le Japon, c'est bel et bien le cas.

Cela d'ailleurs valu à Apple une condamnation pour abus de position dominante auprès des opérateurs télécom nippons, forcés par Apple de faire la promotion des iPhones sur leur propres fonds sous peine de ne pas pouvoir en acheter à Apple pour pouvoir les revendre avec des forfaits mobiles...

Prendre une PDM mondiale n'a aucun sens pour évaluer un seuil de position dominante ou pas. C'est la PDM sur le marché régulé par chaque régulateur qui surveille les abus de positions dominantes sur *son* marché qui a du sens, et jusqu'ici y'a pas de régulateur officiel à l'échelle mondiale.

> Ça reviendrait à dire que Nintendo fait de l’abus de position dominante sur la Switch…

Si Nintendo avait 90% de PDM des consoles dans un marché donné, le Japon par exemple, oui, cela reviendrait précisément à cela.

Sauf qu'au Japon, contrairement à Apple sur le marché des smartphones, Nintendo n'a pas 90% du marché nippon des consoles de jeu. Sony et Microsoft sont également bien présents.

avatar pat3 | 

@byte_order

"Et les japonais qui veulent consulter des sites web japonais utilisent donc pour 89% d'entre eux Safari, alors que ce n'est pas forcément le navigateur web qu'ils voudraient pouvoir utiliser."

A la loyale?

C’est quoi « à la loyale » pou toi exactement ? Adobe s’est battu à la loyale pour éradiquer sa concurrence Macromedia? Microsoft, Intel se sont battus à la loyale pour imposer le duo WinTel pendant deux décennies ?

Depuis ses débuts Apple joue la carte du matériel et du logiciel propriétaire (Steve Jobs contre Steve Wozniak), qui ne marche qu’avec un rythme soutenu d’innovations. Ces innovations, intégrées au système, ont fait sa différence (qu’elles soient propres à sa R&D ou achetées à des sociétés tierces), basée sur une attention maniaque au design (qu’on l’aime ou pas). Le paradigme WIMP n’a marché auprès du grand public qu’après qu’Apple l’ait racheté une paille à Xerox (qui avait pourtant sorti un ordi, le Xerox , qui utilisait ce paradigme - un flop).
Ce design a été volé une première fois par Microsoft pour créer Windows,
Puis Apple a designé l’iPhone, design copié par Samsung pour créer les Galaxy.
A la loyale?

Le modèle économique des autres plateformes (licencier massivement, ou produire tout azimut,puis imposer ses conditions via sa domination) est juste opposé à celui d’Apple (qui certes, évolué depuis que sa branche service commence à devenir rentable), qui s’est toujours concentré sur le haut de gamme et la différenciation par le design.

Après tout, qu’est-ce qui fait encore la différence entre un mac et un PC haut de gamme, ou entre un iPhone et un android haut de gamme? Essentiellement, le design logiciel et son intrication avec le matériel. On peut discuter de son prix, de la baisse de qualité, etc., reste que c’est cette approche centrée design qui fait encore la différence aujourd’hui.

Je ne dis pas qu’Apple est un ange philanthrope, soyons clair; c’est juste que l’expression « à la loyale » me paraît... déplacée.

avatar byte_order | 

@pat3

> C’est quoi « à la loyale » pou toi exactement ?

Accepter de combattre l'adversaire sur un même pied d'égalité.
C.a.d. en l'autorisant à monter sur votre ring, et en envoyant votre champion combattre sur le ring des autres.

Interdire aux adversaires de combattre frontalement votre champion, c'est pas gagner, c'est juste autoproclamer son champion le meilleur de votre ring... en taisant qu'il est le seul autorisé à y pénétrer.

Où en est Safari pour Windows ? Pour Android ?
Vous dites, il faut l'intégration entre Safari et l'OS, et donc un OS maison, pour offrir le meilleur. Okay, soit.
Mais pourquoi seul Apple a le droit d'exploiter au mieux son OS pour le démontrer ?
Et pourquoi interdire de prouver le contraire prouve que seul Apple en est capable ?!

C'est comme prétendre que seul Microsoft est capable de proposer les meilleurx jeux pour sa XBox. La réalité a prouvé le contraire.
Tout comme l'histoire à prouver que les fondations Unix issues du secteur public et académiques étaient plus solides que celles utilisées jusque là chez Apple... et d'autres.

> Adobe s’est battu à la loyale pour éradiquer sa concurrence Macromedia?
> Microsoft, Intel se sont battus à la loyale pour imposer le duo WinTel
> pendant deux décennies ?

Non.

Justement.

L'argument "les autres ont font pareil" n'est pas une justification !
C'est même pathétique de lire ca venant d'un fan d'Apple, alors victime justement de ces comportements abusifs...

Par ailleurs, tous les autres ne font pas pareil, non.
Opera, Firefox etc ne méritent pas de subir le même sort sur les plateformes d'Apple sous prétexte qu'à une époque la plateforme majoritaire abusait de sa position pour brimer l'offre d'Apple .

Pour le reste, y'a un biais de lecture subjective hélas habituelle de l'histoire qui place Apple à l'origine de chaque idée disruptive, les autres n'ayant fait que copier, un biais que je ne partage pas, l'histoire étant bien souvent plus grise que cette vision bicolore que vous affectionnez de répéter.

Je note toutefois que vous n'avez en aucun cas réagis sur le fond de mon commentaire, à savoir que la PDM au niveau mondial n'a pas d'importance, ce qui compte c'est celle au niveau d'un marché régulé, l'instance de régulation n'ayant pas légitimité à utiliser des statistiques qui ne concernent pas le marché considéré.

Et il existe bel et bien des marchés régulés où iOS est en position dominante, voire hyper dominante.

avatar pat3 | 

@byte_order

"Interdire aux adversaires de combattre frontalement votre champion, c'est pas gagner, c'est juste autoproclamer son champion le meilleur de votre ring... en taisant qu'il est le seul autorisé à y pénétrer.

Personnellement, je fais la distinction entre le discours marketing des marques, duquel on on peut s’amuser, et la réalité d leur production. Qu’Apple proclame Safari champion de je ne sais quoi, je m’en fiche un peu (sur Mac, Safari n’a JAMAIS été mon navigateur par défaut). Mais j’essaie de comprendre les logiques sous-jacentes. Celle d’Apple consiste toujours à rendre sa plateforme assez attractive pour attirer les développeurs tiers. Au besoin en leur créant un challenger pour les aiguillonner.
Celle de Google est basée sur la gratuité de services (de qualité. sans aucun doute) pour arriver à lier l’utilisateur à la plateforme. Chacun joue de ces atouts, aucun n’est plus fair-play que l’autre. L’utilisation d’Android est soumise à l’installation des outils de pillage de donnés de Google, et ceux qui tentent de s’en défaire son vertement remis à leur place. Il n’y a pas plus de loyauté chez l’un que chez l’autre. Ce n’est pas un monde où la loyauté sa place.

Où en est Safari pour Windows ? Pour Android ?
Quel serait l’intérêt d’Apple de développer un navigateur pour les autres plateformes ? Elle ne fournit pas des services web gratuits en échange de la fouille systématique des données des utilisateurs de sa plateforme. En revanche, c’est de l’intérêt majeur de Google de fournir un navigateur pour toutes les plateformes: c’est un cheval de Troie, la porte ouverte sur les données de l’ordinateur, l’or dont Google se nourrit.

Vous dites, il faut l'intégration entre Safari et l'OS, et donc un OS maison, pour offrir le meilleur. Okay, soit.

Non, j’ai parlé d’intégration matériel/logiciel, pas navigateur/os.

Mais pourquoi seul Apple a le droit d'exploiter au mieux son OS pour le démontrer ?
Et pourquoi interdire de prouver le contraire prouve que seul Apple en est capable ?!

Pour l’intégration matériel/logiciel, on a la réponse: Apple serait morte si elle avait poursuivi sa politique de clones.

C'est comme prétendre que seul Microsoft est capable de proposer les meilleurx jeux pour sa XBox. La réalité a prouvé le contraire.
Tout comme l'histoire à prouver que les fondations Unix issues du secteur public et académiques étaient plus solides que celles utilisées jusque là chez Apple... et d'autres.

Je ne comprends pas bien: une console de jeux est faite pour accueillir les jeux de développeurs tiers? Apple ne prétend pas proposer ses seules applications sur ses appareils ?
Et je ne saisis pas le lien avec les fondations unix...

> Adobe s’est battu à la loyale pour éradiquer sa concurrence Macromedia?
> Microsoft, Intel se sont battus à la loyale pour imposer le duo WinTel
> pendant deux décennies ?

Non.

Justement.

L'argument "les autres ont font pareil" n'est pas une justification!

Je suis spectateur de cette concurrence acharnée. C’est un combat de géants qui passe très au-dessus de ma tête. Je constate que dans cette guerre économique, les combattants se rendent coup pour coup... et s’arrangent quand ils sentent que ça servira leur intérêt commun. Ce que je ne comprends pas, c’est que tu persiste s a y voir des valeurs chevaleresques.

C'est même pathétique de lire ca venant d'un fan d'Apple, alors victime justement de ces comportements abusifs...

J’ai d’abord choisi Apple parce que ces produits me convenait, puis je suis resté parce qu’ils m’allaient toujours, et aussi parce qu’Apple m’offrait une alternative à ces comportements. Apple m’offre aussi aujourd’hui la seule alternative valable à Android,,et ça ne me dérange pas plus que ça si elle protège ses acquis pour le faire. Parce qu’aujourd’hui, personne ne propose d’alternative à Google sur la téléphonie.

Par ailleurs, tous les autres ne font pas pareil, non.
Opera, Firefox etc ne méritent pas de subir le même sort sur les plateformes d'Apple sous prétexte qu'à une époque la plateforme majoritaire abusait de sa position pour brimer l'offre d'Apple .

Perso, j’utilise Firefox sur Mac, et comme navigateur secondaire sur iOS (les liens que je clique sur iGeneration s’ouvre dans Firefox, tout comme j’ouvre les liens de Tweetbot vers Firefox sur iOS. Comme quoi ce n’est pas impossible. Apple verrouille, assurément, mais il y’a quand même moyen de louvoyer.

Pour le reste, y'a un biais de lecture subjective hélas habituelle de l'histoire qui place Apple à l'origine de chaque idée disruptive, les autres n'ayant fait que copier, un biais que je ne partage pas, l'histoire étant bien souvent plus grise que cette vision bicolore que vous affectionnez de répéter.

J’ai cité deux exemples indéniables, et bien indiqué qu’Apple s’inspire ou rachète au besoin. Je n’ai pas l’impression de faire preuve d’un grand binarisme. Je fais partie de ceux qui utilisaient Soundjam avant qu’Apple n’en fasse iTunes, qui connaissent les aléas de l’histoire de Première et FinalCut, ou qui savent qu’un groupe très restreint d’ingénieurs de haut vol a fait la téléphoniemoderne en se baladant de boite en boit en boîte (Palm, BlackBerry, Apple.. etc.)

Je note toutefois que vous n'avez en aucun cas réagis sur le fond de mon commentaire, à savoir que la PDM au niveau mondial n'a pas d'importance, ce qui compte c'est celle au niveau d'un marché régulé, l'instance de régulation n'ayant pas légitimité à utiliser des statistiques qui ne concernent pas le marché considéré.

Et il existe bel et bien des marchés régulés où iOS est en position dominante, voire hyper dominante. "

Soit, Apple peut être poursuivi au Japon. Qu’elle serait en passe de l’être aux USA me paraît moins sûr. On va voir l’évolution de la percée chinoise sur le marché du smartphone android, et si le patriotisme consumériste américain y résistera.

avatar byte_order | 

@pat3
> Celle d’Apple consiste toujours à rendre sa plateforme assez attractive pour attirer
> les développeurs tiers.

Un navigateur web est une plateforme en soit, destinée aux developpeurs "web".
La plateforme logicielle sur lequel le navigateur tourne n'a que très très peu d'influence sur les fonctionnalités proposées aux développeurs web. Il parrait clair que si Apple n'avait pas lié iOS et Safari, peu importe la PDM de marché de iOS, les devs web auraient encore plus ciblé les navigateurs web principaux, Chrome et Firefox, et le support de Safari serait encore plus marginal.

Le support actuel de Safari n'est pas lié à Safari, mais lié au fait qu'Apple l'impose de force parce qu'il interdit à ses clients d'utiliser un autre moteur web que celui de Safari. Dans les marchés ou iOS est très majoritaire, c'est belle et bien une distorsion de la concurrence.

> Quel serait l’intérêt d’Apple de développer un navigateur pour les autres plateformes ?

Eviter que sa PDM soit lié à celle de sa plateforme, ce qui peut l'exposer au même risque juridique qu'avec IE pour Microsoft à une époque là où cette plateforme est belle et bien en position dominante.

> Non, j’ai parlé d’intégration matériel/logiciel, pas navigateur/os.

Je vois vraiment pas en quoi cette intégration apporte un plus notable côté navigateur web. Le web c'est le web, une plateforme en soit, faisant abstraction de la plateforme technique sur laquelle elle fonctionne...

> Je suis spectateur de cette concurrence acharnée.

Faux.
Vous, tout comme moi, somme des consommateurs.
Donc des acteurs, et même l'acteur le plus essentiel. Sans consommateur, donc sans demande, la concurrence de l'offre n'a aucun sens.

> tu persiste s a y voir des valeurs chevaleresques.

J'ai parlé de boxe ("ring") et de règles de libre concurrence. C'est vous qui voyez dans l'usage du mot "loyal" un sens chevaleresque, moi j'y vois juste un sens "chaque concurrent respecte les mêmes règles".

> Apple ne prétend pas proposer ses seules applications sur ses appareils ?

En matière de moteur Web, si.
Justement.

> Et je ne saisis pas le lien avec les fondations unix...

MacOS classic et les macs ont aussi été conçu avec cette approche intégration soft et hard.

Cela n'a pas empêcher la dette technique de MacOS classic, en particulier celle liée à l'interopérabilité que toute solution full-in-house accumule plus vite que des conceptions moins autocentrée, pousse Apple a adopter une solution venue de l'extérieur pour faire survivre son offre matérielle, macOS X, sans qui Apple n'aurait pas eu non plus d'OS embarqué solide.

Vous sur-évaluez les gains de l'intégration forte car vous sous-évaluez les bienfaits de la diversité et de la flexibilité. Si Windows est toujours autant présent partout, si Unix est devenu aussi diversifié, c'est aussi parce qu'ils supportent bien mieux la diversité des configurations matérielles, là où les solutions full-Apple parfois échouent à supporter correctement des configurations pourtant parfaitement contrôlées par Apple.
Cf l'échec du MacPro à offrir une offre concurrentielle en matière de workstation à double GPU, faute d'avoir un support OpenGL et OpenCL et CUDA à la hauteur.

> Parce qu’aujourd’hui, personne ne propose d’alternative à Google sur la téléphonie.

En matière de moteur Web pour plateforme mobile, bien sûr que si !
Vous pouvez parfaitement utiliser un autre moteur que Chrome sur Android, sur PC, sur Mac. Et le désigner comme moteur par défaut.

Y'a que sur iOS que c'est impossible de contourner WebKit.

> Perso, j’utilise Firefox sur Mac, et comme navigateur secondaire sur iOS (les liens
> que je clique sur iGeneration s’ouvre dans Firefox,

Non. Ils s'ouvrent dans l'app Firefox, mais pas avec le moteur web de FireFox. C'est juste la couche applicative qui change, le moteur, lui, est le même que celui de Safari.
Vous avez le même moteur, seule la forme de la carrosserie, le nombre de portes, la couleur est laissé à votre choix. Si vous vouliez une autre motorisation, c'est impossible.

> Apple verrouille, assurément, mais il y’a quand même moyen de louvoyer.

A part le jailbreak, non, le moteur web imposé par Apple sur iOS est incontournable.

avatar pat3 | 

@byte_order

"Le support actuel de Safari n'est pas lié à Safari, mais lié au fait qu'Apple l'impose de force parce qu'il interdit à ses clients d'utiliser un autre moteur web que celui de Safari. Dans les marchés ou iOS est très majoritaire, c'est belle et bien une distorsion de la concurrence."

Ok. Tu as cité le Japon, et pour les US la situation reste assez évolutive. Quels sont les autres marchés où Apple est en situation de domination ?

avatar pat3 | 

@byte_order

"> Je suis spectateur de cette concurrence acharnée.

Faux.
Vous, tout comme moi, somme des consommateurs.
Donc des acteurs, et même l'acteur le plus essentiel."

Ouais. La seule action à laquelle on est convié c’est de payer / ou pas, au mieux. Ce n’est pas ce que j’appelle être acteur, surtout dans ce domaine. De plus, si les influences n’existaient pas, il n’y aurait pas de procès pour domination abusive. Elle repose aussi sur des contraintes psycho-sociales fortes. Ce n’est pas pour rien que plusieurs psychologues ont reçu des prix. Obéi d’économie récemment.
Quand on lit Kahneman ou Ariely, on se rend bien compte que le consommateur n’est qu’un manipulé comme un autre…

avatar pat3 | 

@byte_order

"J'ai parlé de boxe ("ring") et de règles de libre concurrence. C'est vous qui voyez dans l'usage du mot "loyal" un sens chevaleresque, moi j'y vois juste un sens "chaque concurrent respecte les mêmes règles"."

Sauf que ce n’est pas le cas, pour aucun des acteurs en position dominante (de la force de frappe marketing au lobbying d’état). Je n’ai peut-être plus cette croyance en ce que je nomme « idéalisme » dans l’organisation générale de l’économie mondiale.

avatar pat3 | 

@byte_order

"Vous sur-évaluez les gains de l'intégration forte car vous sous-évaluez les bienfaits de la diversité et de la flexibilité. "

Procès d’intention. Mon but est de rappeler quand même que c’est la philosophie entrepreneuriale d’Apple, à laquelle elle s’est accrochée contre vents et marées, surtout sous la houlette de Jobs. Ça a des avantages et des inconvénients, mais ça permet de comprendre un certain nombre de décisions stratégiques d’Apple. Le modèle de Microsoft ou de Google diffère, d’où des développements stratégiques qui reposent sur d’autres options.

avatar pat3 | 

@fosterj

Une fois pour toute, il y a avis de positi n dominante quand on… domine un marché, et qu’on en profite pour empêcher la concurrence de se développer avec des mesures déloyales. Microsoft a été condamné pour abus de position dominante pour empêcher la concurrence non pas parce que c’était sur sa plateforme, mais sur la plateforme disposant de plus de 95% du marché. Au mieux, à l’apogée de l’avance de l’iPhone, Apple disposait de 80% de part de marché des smartphones (et pas de la téléphonie). Un procès our abus de position dominante à Apple n’est pas possible aujourd’hui.
En revanche, Google doit en être à 95% du marché des moteurs de recherche, ce qui pourrait être un motif d’accusation d’abus de position dominante.

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