Fin échelonnée des extensions historiques de Safari, qui s'éloigne des autres navigateurs

Stéphane Moussie |

On sentait le vent tourner. Les extensions historiques de Safari vont devenir obsolètes. Apple demande aux développeurs d’adopter à la place les Safari App Extensions introduites avec OS X El Capitan.

L’une des différences majeures entre les extensions historiques et les nouvelles est leur mode de distribution : les premières sont indépendantes et distribuées dans la galerie des extensions Safari ou bien directement par les développeurs, tandis que les secondes sont liées à une application qui est distribuée dans le Mac App Store.

Cette extension historique distribuée par son développeur ne peut plus être utilisée sur macOS Mojave.

Les développeurs ne pourront plus soumettre de nouvelles extensions ni de mises à jour dans la galerie des extensions Safari à partir de décembre prochain.

Dans macOS Mojave, Safari prend encore en charge les extensions historiques issues de la galerie. Par contre, les extensions historiques qui sont distribuées directement par les développeurs sur leurs sites web deviennent incompatibles. Impossible d’en installer de nouvelles, et si vous en aviez déjà, un message au premier lancement de Safari vous avertit qu’elles ont été désactivées.

Par exemple, si vous voulez continuer d’utiliser le bloqueur uBlock Origin sur macOS Mojave, il faudra l’installer depuis la galerie d’extension, car l’installation depuis la page GitHub du projet ne fonctionne plus.

Les Safari App Extensions, les nouvelles extensions introduites avec El Capitan.

Si les extensions issues de la galerie ont un peu de répit, elles sont elles aussi vouées à disparaître à terme. Apple indique dans les notes de version de macOS Mojave qu’elles ne seront plus prises en charge dans une prochaine version de macOS (vraisemblablement macOS 10.15).

Leurs remplaçantes, les Safari App Extensions, ont plusieurs avantages. En étant liées aux apps, leur installation est facilitée, leur compatibilité assurée et la communication avec l’app sécurisée. Ce n’est plus la peine de télécharger l’app dans le Mac App Store puis son extension dans la galerie, tout se fait ensemble. Les Safari App Extensions peuvent aussi exploiter les capacités des applications.

Les Safari App Extensions mises en avant dans le Mac App Store de Mojave.

Mais en les imposant, Apple ajoute une grande barrière à l’entrée de Safari. Les extensions indépendantes vont devoir être englobées dans des applications Mac, quand bien même cela n’a aucun intérêt. Par exemple, Auto Refresh, qui sert uniquement à rafraîchir automatiquement une page dans Safari, devra être liée à une app Mac et distribuée dans le Mac App Store pour continuer d’opérer.

Sous le capot, les deux types d’extensions sont également différents. Les extensions historiques sont créées avec des technologies web exclusivement (HTML, CSS et JavaScript), tandis que les nouvelles font appel à des langages natifs en plus (Objective-C ou Swift).

Les Safari App Extensions listées dans le Mac App Store de High Sierra.

Safari prend donc une voie diamétralement opposée aux autres principaux navigateurs qui se sont tous réunis autour des WebExtensions (une extension développée pour Chrome fonctionnera aussi sur Firefox et Microsoft Edge).

AdGuard, un bloqueur de pubs, critique cette décision d’Apple :

Nous devons maintenant développer une application Mac complète qui contient l’extension Safari. Le problème est que nous avons une énorme base de code partagée entre Chrome/Firefox/Edge/Opera et Safari. Nous sommes maintenant obligés d’écrire la même chose en partant de zéro et en utilisant un langage de programmation entièrement différent. Nous allons le faire bien entendu, mais cela va prendre du temps.

Actuellement, très peu de Safari App Extensions sont disponibles.

avatar Rodri31 | 

Ils font chier avec leurs décisions à la con. Tout ça pour passer par le Mac App Store à terme. 😤

avatar ovea | 

@Rodri31

Tous ce qui est autoritaire est mauvais,
si il n'y a pas de compensation réaliste :
c'est un comportement qui montre bien la faiblesse du développement chez Apple et,
cette culture de l'entre soit qui n'est que chaotique et,
qui oblige à reconstruire patiemment ce qui est détruit avec la difficulté en plus sans équivalent de n'avoir aucune explication ni aucune simplification fonctionnelle.

Le but de ce type de manœuvre est de favoriser la captivité du développement, de l'accaparer, d'augmenter son coût, de créer un sentiment de dépendances … en bref : une société addictives, sans aucune gestion du risque pour le prescripteur.

avatar DareMac | 

Sans parler que les développeurs doivent payer pour avoir droit à une place dans le Mac App Store. Et que les extensions jusqu'ici gratuites, sont maintenant pour la plupart payantes dans la formule du Mac App Store. Apple ne se tire pas dans un seul pied, mais les deux...

uBlock Origin est développé par un seul gars, qui l'adapte de l'original conçu pour Chrome/Firefox et Cie. À terme, on peut dire adieu à uBlock Origin sur Safari, et les gars de AdGuard, comme ils le disent, vont sans doute y réfléchir à deux fois.

Pour l'instant, la plupart des extensions du Mac App Store payantes ne sont pas aussi réussies que les gratuites.

avatar C1rc3@0rc | 

@DareMac

Je veux pas défendre Apple, mais sur ce coup la leur décision n'est pas absurde.
Les extensions sont virtuellement impossible a sécuriser, représentent une menace massive pour la sécurité et altèrent le contenu des pages Web tout en imposant une surconsommation de ressources sur la machine.

La majorité des extensions servent a bloquer des contenus. Safari propose deja pas mal a ce niveau. Si on veut aller plus loin, on peut bloquer l'acces aux sites polluants soit au niveau de l'OS (fichiers hosts, logiciels de securités comme Hands off! https://www.oneperiodic.com/products/handsoff/, blocage au niveau du routeur ou du FAI,...)

D'autres extensions permettent des interactions entre une applications et un site Web. A ce niveau il y a assez de possiblités pour ne pas passer par des extension (acces integrer dans l'application, Webapp, ne pas utiliser le protocole Web mais une application serveur specifique,...)

Reste des extensions permettant le blocage de javascript sur certaines zones des pages web. On dispose d'un tres fin niveau de controle avec l'editeur et le debuger integré a Safari, reste que l'interface est alors complexe. La se pose un probleme d'interface que les extensions resolvaient, mais touchant a des choses hors de controle de l'utilisateur et qui pouvaient introduire des dangers massifs. Apple a ici un travail a faire pour permettre un controle precis des javascripts dans la page.

Apres, pour ceux qui veulent absolument des extensions, Chrome et Firefox sont majoritaires...

avatar byte_order | 

> Les extensions sont virtuellement impossible a sécuriser, représentent une menace
> massive pour la sécurité

Je vois pas en quoi les faire tournée dans une app native dédiée, avec du code compilé plutôt que dans le sandbox javascript du browser va aider sur ce point...

> et altèrent le contenu des pages Web

Ou des fonctions supplémentaires sans modification de contenu. Mais c'est un peu pour ça que l'utilisateur les installe, normalement, non ?

> La majorité des extensions servent a bloquer des contenus.

Pour Safari peut-être, mais c'est loin d'être le cas pour les autres browsers, où le catalogue d'extensions est nettement plus large et diversifié.

> D'autres extensions permettent des interactions entre une applications et un site Web.
> A ce niveau il y a assez de possiblités pour ne pas passer par des extension (acces
> integrer dans l'application, Webapp, ne pas utiliser le protocole Web mais une
> application serveur specifique,...)

Oui, bien sûr, suffit de demander gentiment au propriétaire du serveur de refaire gratuitement leur service web, et de faire une application spécifique...

Les extensions existent justement pour outrepasser les limites fonctionnelles du navigateur et des sites web. Si c'était si facile d'obtenir que le navigateur ou des sites web s'adaptent mieux aux besoins individuels des utilisateurs, l'idée même des extensions n'auraient jamais germée.

avatar r e m y | 

On peut aussi se passer de Safari et utiliser un navigateur acceptant les extensions dont on a besoin.

avatar macam | 

D'autant plus que c'est indispensable d'avoir un second navigateur, car il y a des sites qui fonctionnent sur l'un et pas sur l'autre.

avatar webHAL1 | 

@r e m y
« On peut aussi se passer de Safari et utiliser un navigateur acceptant les extensions dont on a besoin. »

Je pense que c'est déjà ce que font la plupart des utilisateurs qui ont besoin d'un navigateur aux fonctions un peu avancées.
Safari est un bon logiciel, mais les extensions n'ont jamais été son fort si on le compare à Firefox et Chrome. Il suffira à un utilisateur lambda, par contre un développeur Web ou une personne travaillant au travers de son navigateur se tournera vers la concurrence.

avatar ecosmeri | 

@r e m y

Oaui mais bon si j'achete un mac c'est pas pour utiliser d'autres logiciel que ceux fourni par apple qui à la base font le taf. ( safari, mail, calendrier....) sinon m'achète un pc et téléphone Android

avatar BeePotato | 

@ ecosmeri : « Oaui mais bon si j'achete un mac c'est pas pour utiliser d'autres logiciel que ceux fourni par apple qui à la base font le taf. »

Ben pourquoi pas ? Le Mac n’a jamais été vendu comme une solution tout-en-un incluant tous les logiciels qu’il faut et fermée aux logiciels tiers (ça, c’était plutôt le Lisa).
Qu’il y ait certains logiciels fournis par Apple avec l’OS pour nous éviter d’avoir à chercher d’emblée de quoi s’équiper même pour les tâches les plus basiques, c’est pratique et bien normal — c’est ce qui est fait sur la plupart des OS.
Mais quand un de ces logiciels d’Apple ne répond pas complètement à nos besoins, quel mal y a-t-il à aller chercher un logiciel non Apple qui y répond mieux ?

Mac OS, ce n’est pas principalement Safari-Mail-Calendrier — c’est avant tout un OS avec une très bonne interface utilisateur et des API riches et très agréables permettant aux développeurs autres qu’Apple de nous proposer tout plein d’applications. Je ne vois pas de raison de se priver de cet aspect-là de Mac OS.

avatar r e m y | 

@ecosmeri

Mais si les softs fournis ne font pas le taf dont j'ai besoin, ou si d'autres le font mieux, moi j'installe ce dont j'ai besoin (au hasard, Excel à la place de Numbers, 1Password à la place du Trousseau d'accès, Reader à la place d'Apercu...)
Heureusement macOS permet de choisir librement ce que l'on souhaite installer .

avatar byte_order | 

@ecosmeri
> Oaui mais bon si j'achete un mac c'est pas pour utiliser d'autres logiciel
> que ceux fourni par apple qui à la base font le taf.

Sauf que macOS est un OS d'ordinateur personnel, par un terminal d'accès aux fonctions fournies par Apple.
Vous faites comme vous voulez pour vos besoins, mais vous ne pouvez pas espérer que tout le monde va accepter de se satisfaire uniquement des fonctions fournies uniquement par Apple dans leurs usages personnels.

avatar ecosmeri | 

@byte_order

Oui je le conçois j'exposais mon de vue, mais je n'en faisais pas une généralité.

avatar byte_order | 

Mais sinon y'a aucune volonté d'Apple d'imposer petit à petit le passage obligé par le MAS, c'est juste moi qui suis paranoïaque...

Pourquoi les Safari Extensions ne pourraient pas être certifié via le Notary Service machin là comme les autres applications, tout simplement !?

avatar debione | 

@byte_order:
Jamais on t'a dit, mais bon tu dois être un hâter de base...

avatar C1rc3@0rc | 

@debione

Un hater primaire paranoïaque mégalomane obsédé par ses délires de persécution contre lui voyant des complots absurdes menés par une Firme worldwide, qui en realité ne veut que le bien de l'humanité et l'amour universel et inconditionnel pour tous les hommes de bonne volonté...

@byte_order
Oui, c'est du sarcasme et je suis d'accord avec toi sur le fait qu'Apple veut transformer MacOS en equivalent d'iOS, avec l'impossibilité a un terme de plus ne plus proche de contraindre au passage unique par le MAS...
Ceci dit, le fait de virer les extensions c'est pas un mal a mon sens, cf mon commentaires precedent.

avatar ziggyspider | 

Ça doit être contagieux !

avatar reborn | 
avatar Moonwalker | 

Oui, mais ce n’est pas parce que tu es paranoïaque qu’Apple ne t’en veut pas personnellement.

En fait, Apple te déteste. Elle souhaite ta disparition de son éco-système.

avatar byte_order | 

Vous confondez paranoïa et délire de persécution.
Je vous laisse donc délirer plutôt que de débattre sur le fond, c.a.d. les lents mais réguliers pas vers plus de lock-in sur macOS sous couvert de "sécurité".

S'il suffisait d'imposer un circuit de distribution unique et monopolistique pour réduire le risque de sécurité, y'aurai qu'un seul hypermarché autorisé à vendre des produits alimentations, une seule pharmacie, une seule entreprise de transport aérien, une seule entreprise autorisée à vendre des véhicules etc.

Prétendre que c'est pour notre sécurité qu'on nous impose de plus en plus - et visiblement de plus en plus vite quand c'est possible sans trop de résistance du marché, comme ici - de devenir dépendent d'un acteur, unique *et* totalement intéressé (juge et partie, les cas d'abus ne manquent pas côté AppStore par exemple, demandez donc à l'éditeur de Amoji, à Pebble et j'en oublie tant d'autres), et refuser même le débat sur cet argument sous prétexe que "on en est pas encore là, c.a.d. l'argument zéro de tout débat sur les risques de dérive d'une approche), c'est se foutre bien plus de votre intégrité intellectuelle que de la mienne, très franchement.

Me faire qualifier de "hater" dans ces circonstances, je prends ça comme un compliment, du coup.

avatar debione | 

Ma contribution se situait environ au 24ième degré... ^^

Apple voulant enfermer le consommateur avec l'impression que se serait tellement compliquer d'aller chez la concurrence?
Non, tu es définitivement un hater...

avatar Nesus | 

@byte_order

Ce manque de réflexion et cette vision biaisée son très intéressant. Apple valide les développeurs et les applications. Ils veulent que l’utilisateur lambda n’ait pas à se demander s’il faut passer l’ordi l’antivirus ou pas. Si ça cette bleu a été piratée ou pas. Et surtout qu’il sache vers qui se tourner en cas de problème. Pour tous ceux qui ne veulent pas être dans cet écosystème pour le raisin qu’ils veulent, il y a des dizaines d’autres navigateurs web. Et eux font ce qu’ils veulent. Apple indique juste à l’installation qu’elle ne se considère plus comme responsable à partir du moment où vous prenez la votre. Donc trouver quelque chose de critiquable là-dedans, c’est vraiment critiquer pour le plaisir de critiquer. Ou alors n’avoir rien compris à l’informatique que crée Apple depuis plus de dix ans.

avatar byte_order | 

Y'a une différence entre autorité de validation et distributeur exclusif.
Y'a aucune raison de lier les deux.
Les certificats SSL d'Internet sont obtenus d'autorités qui n'imposent nullement d'utiliser forcément *leurs* serveurs pour votre site Web.
Et pourtant, vous ne paniquez pas !?

La prochaine étape, c'est quoi, que Safari refusera les serveurs utilisant un certificat SSL non validé par Apple elle-même aussi ?

> Ou alors n’avoir rien compris à l’informatique que crée Apple
> depuis plus de dix ans.

Ou l'avoir compris mais ne pas être d'accord avec les explications marketing la justifiant.

avatar Adrienhb | 

Très peu d'extension... très très peu même. Aaah cette volonté d'Apple se faire bande à part, parfois c'est bien pénible.

avatar macam | 

Comparé à Firefox c'est en effet très limité, par contre c'est au moins aussi bien fourni qu'Edge.

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