Adobe : 2 polices de l'école du Bauhaus offertes aux clients du Creative Cloud

Florian Innocente |

Adobe met à la disposition de ses utilisateurs un premier jeu de 2 polices de caractères nées à l'origine au sein de l'école allemande du Bauhaus. Elles ont été retrouvées dans les archives, numérisées et complétées.

L'éditeur a travaillé avec le typographe allemand Erik Spiekermann pour cette restauration et trois autres jeux vont arriver dans les prochain mois. Chacun est un hommage à une figure de ce mouvement multidisciplinaire de l'avant-guerre.

Les deux premières polices sont "Joschmi" (contraction de Joost Schmidt) et "Xants" (Xanti Schawinsky). Elles sont librement téléchargeables par les clients du Creative Cloud pour être ajoutées à leur bibliothèque Typekit.

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avatar GillesR | 

Mais pourquoi ces polices sont la propriété de Adobe ?
Dans le cas de la première, l'auteur est mort en 48. Donc elle devrait être libre de droits depuis 2007 ( 50 ans plus les années de guerre). C'est ça le droit d'auteur en Europe.

avatar Bigdidou | 

@GillesR

Ben, elles ont été numérisées par Adobe.
Si elles sont libres de droit, rien ne t'empêche de créer ta police à partir du modèle original ;)

avatar occam | 

Bauhausploitation.

Welcome on the bandwagon.

Polices « du Bauhaus » ???
Dans le cas d’Alexander « Xanti » Schawinsky au moins, ça se saurait. J’ai eu le grand honneur de le rencontrer peu avant la fin de sa vie, autour d’un travail sur les derniers survivants du Bauhaus, et c’est le seul pan de sa création dont je n’ai aucune note, et au sujet duquel je ne retrouve aucune mention.

On peut se demander si le droit à l’oubli ne devrait pas aussi être accordé aux ébauches les moins réussies, aux travaux inachevés, aux voies de garage sur le chemin de la création.

L’innovation typographique la plus remarquablement inspirée par le géométrisme du Bauhaus fut sans doute la Futura de Paul Renner. Or il suffit de suivre son évolution pour se rendre compte du chemin à parcourir pour parvenir d’un design originel à une police lisible et fonctionnelle. Idem pour le collègue et ami de Renner, Jan Tschichold, dont le glissando du géométrisme au classicisme fut inspiré par une préoccupation dévorante : l’amour de la lecture, et par conséquent le souci de la lisibilité.

Pour ceux qui s’intéresseraient à l’oeuvre de Schawinsky, un site vient de lui être consacré :
http://www.schawinsky.com/bio
Ses oeuvres ont fait l’objet d’un première grande rétrospective à Zurich :
http://www.migrosmuseum.ch/en/exhibitions/exhibition-details/?tx_museump...

avatar DahuLArthropode | 

@occam

Merci pour les liens, l’information, la dé-désinformation... J’aime bien les gens qui savent de quoi ils parlent. Et qui en parlent.

avatar Yacc | 

@occam

Je comprends ta réaction, mais Erik Spiekermann n’est quand même pas un lapin de six semaines, ni un gamin inculte irrespectueux.

L’opération a été faite avec la collaboration des archives du Bauhaus qui elle aussi sont plutôt à cheval sur le respect de la mémoire.

Nous sommes dans un travail de mémoire et d’hommage réalisé par un des grands contemporains de la typographie.

Après on peut trouver irrespectueux d’achever un roman, une symphonie, un film ... de manière posthume.

Il ne s’agit pas de produire de nouvelles polices ayant l’impact de futura, mais d’une opération patrimoniale de conservation permettant au passage de faire un peu de communication sur un mouvement fondamental hélas bien souvent oublié par les jeunes générations.

Dans une même veine visant à conserver vivant l’esprit , le digital Bauhaus te choque-t-il ?

Pour moi il y a des Bauhaus, de Weimar à Tel Aviv, de Dessau-Roßlau à Chicago... et l’esprit proteiforme du mouvement reste terriblement vivant chez bien des créateurs.

avatar rikki finefleur | 

merci occam

avatar DarKcWiZ | 

@occam

Merci pour les liens très instructifs.

avatar Madalvée | 

Il faudra m'expliquer en quoi Adobe "offre" quelque chose à ses clients, ils payent pour ça, non ?

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