Test de l'ARC Mouse

Sylvain ALLAIN |
L’ARC : ou la renaissance de la souris ?
Attendue comme le messie et présentée comme le Futur de la souris, la Microsoft ARC™ Mouse glisse enfin sur nos bureaux. Si le savoir faire marketing de Microsoft a indéniablement éveillé la curiosité des utilisateurs potentiels… il ne saurait aujourd’hui masquer la réelle identité de cette nouvelle souris à l’ergonomie pour le moins étonnante, mais à la prise en main parfois déroutante.

Certains(es) trouveront là un bel objet au design équilibré, agréable au premier contact et fort pratique. D’autres y verront simplement un effet de style, une souris à la conception inadaptée et l’ergonomie perfectible. Reste que la ARC Mouse affiche de beaux attributs et qu’au travers de son ingénieux et innovant système « pliant », elle bouscule en partie le concept même de la souris, se faisant aussi discrète que ses contemporaines nomades et aussi gironde que certains modèles pour ordinateurs de bureau. Revue de détails.




Conception inédite…
Ce qui surprend, à peine a-t-on pris le produit en main, c’est sa légèreté, 48 gr (sans les piles), c’est peu mais qui s’en plaindrait. Ensuite, c’est sa géométrie qui interpelle ! Puis ses dimensions avec 81 mm de long en position fermée.

Conçue pour se déplier, s’ouvrir, tel un téléphone portable à clapet, la petite ARC Mouse (technologie Laser) se déploie pour venir se poser comme une voûte sur le plan du bureau. C’est d’ailleurs ce qui la rend si agréable au premier touché. Le maintien offert par son dos arrondi est franchement bon et le dessus de la coque, désormais gommée - Microsoft avait initialement prévu un produit d’aspect glossy (lire : Arc Mouse, la souris combo de Microsoft) -, lui confère une très bonne adhérence.



Ce changement est intervenu sans doute pour des raisons pratiques et d’ordre esthétique. Un détail remarqué lors de la conférence de presse du 16 septembre dernier (lire : Premiers contacts avec l'ARC de Microsoft), faite pour se plier la souris aurait vu sa coque laquée souffrir d’un usage quotidien amenant la surface à se micro rayer, pire se marquer. Prévu pour être plié et rangé ainsi dans sa housse ou toute autre poche, le rongeur est la cible de frottements inévitables. Microsoft a su, pour une fois, réviser son approche et corriger le tir à temps.



Rien de moins que l'optique
Doté d'un capteur optique classique (800 ppp), nous l'avons essayé sur plusieurs revêtements...
Plans en bois (pin et chêne), plan de travail simili marbre d'une cuisine, sur de la moquette, un
tapis souris noir et même du carrelage, l’ARC Mouse fonctionne parfaitement. Sensible et bien
équilibré, son capteur composé de deux lentilles lui assure des défilements propres sans à-coup.
Une souris vraiment très agréable d'autant qu'elle est très, très légère.

Mais pas sans défauts
Cependant, après quelques heures d’utilisation, le mulot a dévoilé ses faiblesses. Si la surface supérieure est agréable et peu sensible aux marques, petits coups voire aux griffures (ndla : mesdames prévoyez une lime à ongles), il en est tout autre de la partie inférieure. Recouvert d’une peinture métallisée qui présente elle aussi un aspect « gommé, le châssis plastique marque très facilement à l’image d’un coup de crayon à papier sur du carton.


Au bout de quelques heures d’utilisation, la base inférieure de la souris a laissé apparaître des marques. En cause, les ongles mais aussi et peut-être l’acidité de la sueur.



Mais ce n’est pas le seul point perfectible de cette souris. Dotée de trois boutons programmables ; un latéral et deux sur le dessus positionnés de façon classique, l’ARC Mouse est affublée d’une molette un peu trop petite. Même bien réglée, elle occasionne des défilements peu précis et saccadés, dans certains cas, c’est assez pénible, notamment avec les feuilles Excel…
Pourtant, l’initiative de Microsoft n’est pas pour déplaire et si l’on peut reprocher à ce mulot une prise en main particulière, l’annulaire et l’auriculaire sont sans appuis et passent sous la souris, le maintien est finalement bon.


Ergonomie atypique pour cette souris qui pourra séduire comme déplaire. En effet, sur un périphérique classique l’annulaire et l’auriculaire profitent d’un maintien. Ici, ils passent en dessous…




Quelques bonnes idées
Fort heureusement, les amateurs(trices) de beaux objets pour qui l’apparence est primordiale, la souris jouit d’une conception mécanique quasi sans faille. Outre augmenter sa taille, le clapet – on le nommera ainsi – qui vient en appui sur le plan de travail, une fois l’engin déplié, sert aussi d’interrupteur. Ouvert, il met sous tension la souris et libère par la même occasion le petit récepteur 2.4 GHz « magnétique » - encore une bonne idée – et permet l’accès à la trappe batterie.


Logé dans le clapet rabattable, le petit récepteur partiellement encastré, reste en position grâce à un petit aimant. Une fois le volet refermé, il est totalement bloqué.



Le souris fonctionne avec deux piles type AAA et s’offre une autonomie d’environ 6 mois selon le fabricant. C’est plutôt pas mal même si nous n’avons pas eu le temps matériel de vérifier sur la durée.



Sur le dessus, bien camouflé, se trouve la discrète diode verte de mise sous tension qui permet aussi selon son intensité d’évaluer le niveau de puissance des piles.


À peine visible mais suffisamment pour signaler la mise en marche de la souris, le petit indicateur est discrètement situé dans l’espace de séparation des boutons.




Oui… Mais !
Malgré cela, on regrette que le fabricant n’ait pas intégré un mode Bluetooth qui aurait permis au mulot de s’affranchir définitivement de toutes contraintes sans fil. Sur un portable, un récepteur monopolise inutilement un port USB. Ce qui est d’autant plus dommage alors que Microsoft prétend avec ce nouveau type de périphérique réinventer le concept et séduire une frange des utilisateurs nomades férus de techno et d’objets insolites, voire « bling, bling » sans l’être vraiment.

Alors ceux et celles qui s’attendaient à La souris par excellence, polyvalente et tout terrain, et bien ceux-là risquent fort d’être déçus.

Contrairement à ce qui s’est écrit sur le Web et ce que Microsoft avait plus ou moins laissé supposer, la ARC Mouse n’est absolument pas faite pour fonctionner une fois repliée. Ce qui aurait été d’autant plus difficile avec l’arrondi de la coque qui empêche tout bonnement les patins en téflon de toucher le plan de travail. Enfin, le commutateur étant lié au clapet, lorsque la souris est repliée, elle est hors tension.


Une fois fermée la souris laisse le capteur dégagé, mais ce n’est pas pour autant qu’elle puisse fonctionner...




Avec ou sans pilote
Livrée avec le pilote logiciel Microsoft IntelliPoint 6.3 pour Mac et PC, la souris a l’avantage de fonctionner parfaitement sans pilote sous OS X. Certes, le bouton latéral est alors inexploité (alors la molette peut l’être en totalité), mais sa position sous le petit rebord le ne rend pas très pratique et donc intuitif à utiliser, surtout pour les gauchers alors que le produit s’affiche ambidextre…


Pilote installé, la souris se paramètre facilement, mais sa molette n’est pas très précise.




Bilan mitigé
Alors la firme de Redmond bouleverse-t-elle l’univers du périphérique le plus proche de nos ordinateurs ? Pas vraiment. Certes, la Microsoft ARC™ Mouse, un seul modèle, jouit d’une qualité de fabrication indéniable même si certains points sont à revoir. Sa conception originale et, finalement, pratique lui assurera une certaine popularité auprès des aficionados et passionnés de nouvelles technologies.

Mais l’on est bien loin du « Super Mulot », véritable phénomène, qui révolutionne l’univers des souris. Au contraire, malgré ses qualités, elle est sensible, bien conçue et dotée de petits plus qui font la différence, il lui manque un atout de taille : le Bluetooth™. Et à 60 € environ, elle s’affiche onéreuse à l’achat. À ce tarif-là, Microsoft peut revoir sa copie d’autant que paradoxalement la Microsoft BlueTrack Explorer Mini Mouse (bientôt en test), intégrant la nouvelle technologie Bluetrack™ (lire : Amazon gâche une fête de Microsoft), symbolise réellement l’innovation. Reste que certains apprécieront d’acquérir un produit facile à emporter en tous lieux…



Aux côtés de la BlueTrack Explorer Mini Mouse, à l’ergonomie plus classique la ARC Mouse mise sur sa compacité mais souffre de l’absence de Bluetooth.


avatar fluxus | 
Je me trompe, ou en plus la molette ne permet même pas le défilement horizontal ?
avatar tBag | 
Bonjour, C'est pas, spécialemment joli, dans un sac cela ne doit pas prendre beaucoup moins de place qu'une migthy mouse. Ensuite, avis perso, même si la bille du mulot made in apple est susceptible aux salissures, la molette "classique", c'est pas mon truc. Ce design très anguleux, finalement, ne représente pzs une ergonomie parfaite, amha !
avatar minus | 
Ce n'est certainement pas l'avenir de la souris... puisque les souris informatique n'ont pas d'avenir... Vive le multitouch (entre autres)
avatar tdml | 
mais pourquoi tenir à ce point au Bluetooth, qui réduit énormément l'autonomie des portables ? Me tente bien, moi, cette souris (toujours adoré le Hardware de Microsoft, ce qui est le plus cruel paradoxe ;))
avatar GerFaut | 
Quoi qu'on en dise, pour moi, rien n'égale la Mighty Mouse. Deux raisons : son ergonomie parfaite : je n'ai qu'à poser la main dessus et elle s'utilise facilement ; la fameuse petite boule qui met à la portée de tout un chacun (ayant un Mac bien sûr) les fonctionnalités d'un trackball. Ne manque plus que la boule « digitale » et elle sera parfaite (oui parce que c'est vrai qu'elle s'encrasse facilement cette petite boule...).
avatar Sylvain ALLAIN | 
@ Gerfaut La Mighty Mouse est une bonne souris. Son ergonomie est agréable mais elle n'est pas exempte de défauts au même titre que de nombreux produits similaires. La Macally Pebble Wireless en est un bel exemple (lire ici : https://www.macg.co/labo/voir/127035/macally-pebble-wireless) Et pourtant c'est un excellent produit. Mais les besoins et l'ergonomie, c'est comme les goûts et le couleurs... Chacun fait le choix qui lui semble le plus adapté.
avatar Sylvain ALLAIN | 
@ tdml "[i]Qui peut le plus... peut le moins[/i]". La [b]ARC Mouse[/b] aurait bien plus polyvalente si elle avait intégré le BlueTooth (débrayable au choix)... Cela aurait aussi justifié un peu plus son tarif quelque peu élevé.

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