Elon Musk n’a pas à s’en faire pour ses fins de mois. Son nouveau plan de rémunération de 1000 milliards de dollars a été entériné à plus de 75 % par les actionnaires de Tesla.
Ce plan de rémunération sur dix ans repose sur douze paliers fixant des objectifs financiers et opérationnels. À chaque seuil franchi, Elon Musk peut recevoir un lot d’actions Tesla. S’il remplit l’ensemble des critères, la valeur totale pourrait dépasser les 1 000 milliards de dollars (environ 866 milliards d’euros).
Un jackpot potentiel de 275 millions par jour
Le dernier palier est particulièrement ambitieux : il prévoit une capitalisation boursière de 8 500 milliards de dollars ou la vente de vingt millions de véhicules — un objectif très éloigné de la cadence actuelle, Tesla ayant produit son huit millionième véhicule en juin.
En atteignant tous les objectifs dans les délais, Elon Musk pourrait obtenir l’équivalent de 12 % du capital actuel en plus. Au 12 septembre, il détenait déjà environ 12,4 % des actions via un trust (413 millions de titres) et a reçu 96 millions d’actions supplémentaires en août au titre du plan de 2018, retoqué à deux reprises par la justice avant d’être soumis une troisième fois au vote des actionnaires.
S’il parvenait à remplir tous ses objectifs, Elon Musk empocherait l’équivalent de 275 millions de dollars par jour. De quoi sans doute lui permettre de conforter un peu plus sa première place d’homme le plus riche du monde.
Tesla reste une valeur boursière à part
Le parcours boursier de Tesla a été contrasté cette année. Le titre progresse de 17 % depuis le début de l’année. Parmi les géants de la tech, c’est moins bien que Nvidia (+35%) ou Alphabet (+50%), mais mieux qu’Apple (+10%). Reste qu’en tant que constructeur automobile, Tesla reste et de loin la première capitalisation boursière avec une capitalisation de 1 170 milliards d’euros. A titre de comparaison, Renault c’est 10,5 milliards !
Ce qui porte le cours de l’action, ce ne sont pas les vente de voitures Tesla en baisse depuis 2024, mais les perspectives du groupe sur le marché des véhicules autonomes, dans l’IA ou encore dans la robotique.
L’activisme de Musk : un manque à gagner colossal sur le marché américain !
Si Elon Musk a reçu un large soutien des actionnaires, une étude récemment publiée met en lumière le coût économique de son activisme politique pour la marque. Selon le National Bureau of Economic Research (NBER), entre octobre 2022 et avril 2025, Tesla aurait perdu entre 1 et 1,26 million de ventes de véhicules. Les chercheurs estiment que les ventes américaines auraient été de 67 à 83 % plus élevées sans les prises de position du dirigeant.
Le plus inquiétant c’est que cette étude porte uniquement sur le marché américain. Si on prend 40 000 $ comme prix de vente moyen d’une Tesla, c’est un manque à gagner de 40 milliards de dollars.
Sans cet impact politique, Tesla aurait peut-être pu conserver cette année sa première place mondiale sur le marché des véhicules électriques. En toute logique, elle devrait revenir au géant chinois BYD.
Le tournant : le rachat de X en 2022
Toujours selon les responsables du NBER, le point de bascule remonte à octobre 2022, date du rachat de X par Elon Musk et moment à partir duquel l’homme d’affaire a commencé à multiplier les frasques sur les réseaux sociaux. Les choses n’ont fait ensuite qu’empirer avec son engagement très marqué dans la campagne présidentielle américaine.
Jusqu’à cette date, les experts ont remarqué que « davantage de comtés à majorité démocrate manifestaient une propension croissante à acheter des Tesla, probablement en raison de préoccupations environnementales et d’une meilleure connaissance de la marque. Cependant, cette tendance s’inverse après ».
Évidemment, affirmer que les difficultés commerciales de Tesla depuis début 2024 sont liées uniquement aux prises de position de Musk est sans doute trop simpliste. Le Cybertruck, sur lequel misait beaucoup Tesla, est un échec commercial cuisant. Enfin, il y aurait sans doute un point que les actionnaires pourraient bien reprocher à Musk : celui de s’être beaucoup éparpillé avec ses nombreuses aventures entrepreneuriales.











