De SAFARI à la CNIL (1/2) : comment la France a dompté l'informatique

j-b.leheup |

À force de remuer des vieux papiers, on tombe parfois sur des sujets oubliés qui méritent cependant d’être connus. C’est le cas de l’histoire du fichier SAFARI, cet épisode de la vie démocratique française que l’on ne cite pas souvent, et qui est pourtant à l’origine d’une loi qui régit encore aujourd’hui toutes les données nominatives sur internet.

Cette loi, chacun de nous la connaît pour avoir mille fois accepté des conditions générales prévoyant que, « conformément à la loi du 6 janvier 1978 », nous disposons d’un droit d’accès et de rectification des données qui nous concernent. Un droit dans lequel la France a été pionnière, quand l’Union européenne a attendu l’an 2000 pour intégrer la protection des données à sa Charte des droits fondamentaux ! Pourtant, en 1978, rien de ce qui nous est aujourd’hui si familier, voire indispensable, n’avait encore fait son apparition.

Des registres des années 60 à la mairie de Saint-Chamond

La France des 70's découvre l'informatique

Si une loi aussi emblématique a pu voir le jour en 1978, c’est parce que depuis quelques années, la société découvrait les premières applications de masse de l’informatique. On parle bien d’informatique, et pas de micro-informatique. En 1970, le taux d’équipement des foyers et des administrations locales était proche de zéro, on remplissait les formulaires à la main, on tapait les courriers à la machine à écrire, on conservait les coordonnées des fournisseurs ou des clients dans des registres. Même le casier judiciaire était encore géré à la main sur des fiches cartonnées !


avatar Dodo01 | 

Ça me fait penser qu’il faut que je dépose une plainte à la CNIL pour la société Apple. Ils ne respectent rien.

- Illisible : Fichiers en CSV si tu ne connais pas un peu Excel (séparateur de « ; »), ce n’est pas exploitable
- Incompréhensible : c’est en anglais (je m’en fiche en France on parle français), demande à Siri qu’il te traduise.
- Incomplet : pas le détail des dossiers
- Illégal : les informations tels que « client méchant » n’ont pas à être marquées en note.
- J’en passe.

Bref ils sont mauvais chez Apple.

avatar Furious Angel | 

Article fascinant ! Je me suis plusieurs fois posé la question de quand et comment l’informatique est arrivée dans le milieu professionnel, notamment les administrations.

avatar Armand07 | 

Si tu gares ta 205 dans la rue de l'INSEE, tu as droit à un sabot (et un PV).

avatar 7X | 

@Armand07

Ne dites JAMAIS du mal de la 205. C'est la meilleure voiture du monde. Tous ceux qui en ont possédé une, en sont nostalgiques. Les quelques non-nostalgiques, ne la méritaient pas.

avatar stefhan | 

Hyper instructif !! Merci MacG🙏

avatar docdav | 

1970-2020 50 ans et le fichier médical est toujours un fantôme.

avatar imrfreeze | 

"Un droit dans lequel la France a été pionnière, quand l’Union européenne a attendu l’an 2000 pour intégrer la protection des données à sa Charte des droits fondamentaux !"

Vous donnez ici la mauvaise impression.

Il y a eu avant le premier grand texte sur les données personnelles en Europe : la Directive 95/46/CE du 24 octobre 1995, qui a certes pu s'inspirer de certains principes posés par la loi française (qui n'était pas la première au demeurant). Cette directive était le socle européen sur la protection des données personnelles avant que le RGPD ne prenne le relai et celui ne change en fin de compte pas radicalement la donne, sauf sur quelques points, par rapport à ce que la directive prévoyait déjà.

Ensuite, avez l'air de dire que la protection donnée par la charte des droits fondamentaux est en retard, or c'est au contraire l'un des très rares textes de droits fondamentaux qui prend la peine de protéger spécifiquement les données personnelles, les autres ne prévoyant que le droit au respect de la vie privée (la charte prévoit les deux).

L'Europe était donc à la page dès 1995 et a adopté un texte en 2000 qui reste pionnier aujourd'hui si vous le comparez à ses équivalents. L'Europe n'a d'ailleurs, et je pinaille, pas "attendu" pour "intégrer à sa charte" le droit au respect des données personnelles en 2000, c'est le texte qui dans son entièreté qui a été alors adopté.

Un peu de modération donc dans le propos !

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