Facebook voudrait héberger des articles plutôt que des liens

Nicolas Furno |

Selon le Wall Street Journal, Facebook discuterait avec plusieurs organismes de presse aux États-Unis pour mettre en place un nouveau projet. Plutôt que de se contenter d’héberger des liens vers des articles situés sur d’autres sites, le réseau social voudrait héberger le contenu complet. En cliquant sur un lien qui l’intéresse, l’internaute verrait immédiatement l’article, sans quitter Facebook.

CC BY-ND 2.0 Spencer E Holtaway

L’intérêt, pour le réseau social, est évident : ses utilisateurs ne quittent jamais son site pour aller lire du contenu ailleurs… et éventuellement ne pas revenir. En affichant le contenu dans l’interface de Facebook, l’entreprise conserve par ailleurs toutes ses publicités autour de l’article, mais aussi toutes les notifications en interne (messages privés, interactions…).

Pour les médias qui accepteraient cette offre, l’intérêt est moins évident a priori, mais Facebook serait prêt à faire des concessions. Les articles pourraient contenir de la publicité et si c’est le site original qui les gère, il garderait tous les revenus liés. Le réseau social proposerait aussi d’insérer ses propres publicités, et de reverser alors 70 % au groupe de presse ou site internet qui a créé le contenu.

Facebook met aussi en avant l’intérêt des internautes, en évoquant son point fort : la vitesse de chargement, en particulier sur mobile. Le Wall Street Journal indique qu’un article peut prendre jusqu’à 8 secondes à charger sur un appareil mobile, un temps assez long qui n’est pas documenté par le journal. Vient-il de ses propres statistiques ou d’une moyenne compilée par un tiers ? Quoi qu’il en soit, il est indéniable que charger un article directement dans Facebook sera plus rapide que de le charger sur un autre site.

Un lien Facebook vers l’un de nos articles, toujours hébergé sur nos sites.

Selon les informations rapportées par le journal, Facebook serait en discussion avec plusieurs acteurs, dont Buzzfeed, le New York Times et National Geographic. Cette fonction serait nommée « Instant Articles » (articles instantanés) et elle pourrait être lancée dès ce mois-ci. Les discussions seraient encore en cours toutefois, notamment parce que les sites ne voudraient pas y participer sans contrôler l’expérience de lecture et surtout sans accéder aux données concernant les visites.

Quand Apple avait lancé son kiosque sur l’iPad, on se souvient que la presse bloquait d’abord sur l’accès aux lecteurs. L’avantage de Facebook, c’est que le réseau social sait déjà tout de ses utilisateurs et on imagine qu’il pourrait céder une partie des informations pour convaincre la presse.


avatar steinway59 | 

Le côté tentaculaire de Fbook me fait de plus en plus peur...et j'espère que, tout comme les jeunes, de plus en plus de personnes quitteront ce réseau! Qui n'apporte selon moi, que des problèmes.

avatar oomu | 

pourquoi les tentacules vous font peur ?

expliquez moi.

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savez vous qu'aucune tentacule (gluante et sexy, rha lovely) de Facebook n'a d'emprise sur ma vie ? en effet je n'ai PAS de compte Facebook...

Mais dans le fond je n'ai rien contre les tentacules.

avatar nono68200 | 

Mouais, quand on voit le nombre d'appareils Google vendus, qui font exactement la même chose, c'est-à-dire prendre nos informations privées à tout va, je ne crois pas que ce soit la principale raison qui fait que les jeunes quittent Facebook d'une part, et je ne pense pas que ça gène qui que ce soit d'autre, adultes y compris... Sinon, ça fait longtemps que Google n'aurait plus le monopole... (façon de parler vu qu'ils ont une certaine concurrence. Disons une aussi grosse part de marché).

avatar steinway59 | 

@nono68200 :
Je boycotte tout Google et Facebook comme ça je suis tranquille :)

avatar pat3 | 

Je trouve aussi problématiques ces tentatives récurrentes de phagocyter le web, chez Facebook. Mais n'ayant jamais accroché à ce média numérique, je n'arrive pas à en avoir vraiment peur. Je me dis que tout ça peut se retourner aussi rapidement que ça a pris, et que le dégoût viendra peut-être d'une intégration de trop, ou d'une contrainte de trop (publicitaire, notamment). Le bruit est déjà très important sur Facebook, et il suffit de peu pour qu'il ne devienne insupportable. Je ne sous-estime pas la force de frappe de Facebook, mais je me dit que la limite de pertinence est bientôt atteinte, et qu'à partir de là, Facebook devra lutter contre son propre embonpoint.

avatar LaurentR | 

Facebook ressemble de plus en plus à ce qu'était Compuserve dans son temps, non ?

avatar Spry | 

La volonté de Facebook de vouloir "récupérer" les sites dans son propre écosystème me fait penser à cette mauvaise manie qu'on les sites de télécharger le dernier trailer à la mode sur leurs comptes YouTube au lieu de partager la vidéo officielle, juste pour augmenter leurs nombres de vues et d'abonnés artificiellement.

Proposer un site de qualité aujourd'hui, c'est aussi "proposer" une version mobile pour que Google le référence mieux, faire des titres d'accroche du genre "Vous ne devinerez jamais la fin de cette vidéo" parce que ça génère du clic, quand ce n'est pas le fait de mettre des publicités entre chaque paragraphe d'un article, parce qu'il faut le faire.

Demain, donc, il faudra accepter que Facebook s'approprie notre lectorat sous peine de ne pas être visible sur le réseau social (ce qui est déjà le cas aujourd'hui quand on ne met pas la main à la poche), et on dépasse le cadre du "mal nécessaire".

avatar Ducletho | 

C'est plutôt normal que Facebook veuille se développer ? Ah non ? C'est vrai, on est en france, et une entreprise doit rester dans ses carrés durant 1000 ans pour éviter d'effrayer sa population trop enclin à l'anti "tentaculisme" ( enfin quand ça arrange )

avatar mrlupin | 

L'autre intérêt pour Facebook est de pouvoir ensuite re monnayer les articles car tout contenu publié sur Facebook est la propriété de Facebook .

avatar BLM | 

Naviguer sous Facebook c'est comme utiliser Google Chrome.
Lorsqu'on clique sur un lien depuis Facebook, Facebook perd (peu ou prou) notre trace: certes il sait que l'article nous intéressait (ce qui permet de nous "profiler") mais il ne sait pas combien de temps on est resté à lire la page, vers où on a ensuite rebondi, etc.
C'est là qu'est l'intérêt: si on navigue sous Facebook, Facebook sait exactement ce que l'on fait, en permanence (tout comme Google qd on utilise Chrome), ce qui permet 1) de nous connaître intimement (donc de nous vendre plus cher aux annonceurs); 2) de nous garder bombardés de @#$%^& de pubs de m… chèrement vendues d'après le 1).

avatar RBC | 

C'est plus grave que ça ?
Certains ne connaissent QUE Facebook et l'essentiel de leur temps passé sur internet se fait par l'intermédiaire du site.
Donc ceux là c'est très rare qu'ils lisent des articles sur d'autres sites et si ça peut les aider à s'instruire c'est mieux non ?

avatar harisson | 

On ne peut pas lire l'article complet du WSJ, peut-être un jour sur fb ^^

J'espère que l'argument du chargement de la page de 8s sur mobile n'est pas sérieux, sinon on est certain que dans quelques années Internet = fb et rien d'autre.

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