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J’ai créé une app iOS sans savoir coder grâce à l’IA, une expérience enivrante

Stéphane Moussie

samedi 14 février à 10:00

Intelligence artificielle

« Je pense que si vous deviez faire un choix, il est plus important d'apprendre à coder que d'apprendre une autre langue. » Huit ans plus tard, Tim Cook ferait-il la même déclaration ? La question peut se poser au moment où l’intelligence artificielle est en train de révolutionner la programmation. Xcode prend maintenant en charge le « codage agentique », qui permet grosso modo de déléguer tout le processus de développement à une IA générative. Peut-on vraiment créer une app iOS sans savoir aligner deux lignes de Swift ? J’ai tenté l’expérience.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, quelques précisions s’imposent. Il va sans dire que la plupart des développeurs n’ont pas attendu Xcode 26.3 pour être épaulés par une IA générative. Avant même le pavé dans la mare qu’a constitué ChatGPT fin 2022, GitHub Copilot leur donnait déjà un coup de main en suggérant des blocs de code et des fonctions entières.

Spoiler : j’ai bien réussi à créer une app sans savoir coder. Images MacGeneration.

À mesure que les modèles se sont améliorés et que des éditeurs spécialisés comme Cursor ont émergé, il est devenu possible de s’appuyer toujours davantage sur l’IA. Au point qu’il n’apparait même plus vraiment nécessaire de vérifier le code généré. C’est le principe du vibe coding : on code au feeling, en donnant des instructions en langage naturel à une IA, sans inspecter le code produit. Une approche qui permet aux programmeurs d’aborder leur travail de manière différente, en expérimentant plus vite par exemple, et aux novices d’entrer de plain-pied dans le développement… comme moi.

Mes expériences en programmation se limitent principalement à des macros VBA dans le cadre de cours d’informatique assez légers en fac de lettres. Allez savoir pourquoi, je n’ai pas entretenu la flamme pour Excel une fois mes études terminées. Cela étant, le monde du développement logiciel ne m’est pas étranger non plus. Je baigne même complètement dedans depuis mon arrivée à MacG il y a une quinzaine d’années. À force de me documenter et d’échanger avec des développeurs, j’ai une bonne vision d’ensemble des sujets techniques. Mais il me manque l’essentiel pour mettre au point une application : savoir coder.

Des cases et des lettres

Cela faisait un moment que j’avais envie d’expérimenter la création d’une petite app iOS à l’aide d’une IA générative, mais je n’avais jusque-là pas franchi le pas pour toutes sortes d’excuses plus ou moins valables : pas le temps, pas le bon logiciel, pas le bon modèle, pas la bonne idée… Mais maintenant que Xcode prend en charge le codage agentique, c’est le moment ou jamais. Plus la peine d’installer une autre application pour vibe coder à fond, on peut tout faire, en théorie, avec l’environnement de développement (IDE) d’Apple.

Avant de me lancer, encore fallait-il une idée d’application. Après un petit brainstorming, j’ai opté pour une app servant à compter les points d’un jeu auquel je joue occasionnellement en famille, le Scrabble. Le périmètre me semble raisonnable pour un débutant, puisqu’il n’y a pas de services externes à intégrer ni beaucoup de vues à créer. Et comme je n’ai pas trouvé mon bonheur sur l’App Store, autant combler ce vide.

J’ai choisi de commencer par créer une version iPhone, simplement parce que c’est la plateforme la plus populaire, même si j’envisage surtout une utilisation sur iPad. J’avais plusieurs idées en tête pour exploiter des capacités récentes (résumé automatique des parties via Apple Intelligence, Activités en direct pour le score…), mais comme il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs, je me suis fixé comme objectif principal de créer une app fonctionnelle avant tout. Elle doit permettre de compter les points plus vite qu’avec un papier et un stylo, sinon elle n’a aucun intérêt, et de conserver un historique des parties.

Avant de lancer Xcode, il fallait encore trouver un nom pour cette app, parce que c’est l’une des premières choses demandées. Avec l’aide de Gemini (ChatGPT a été moins finaud pour cette tâche), j’ai retenu « Lettriscore », contraction de « lettres » et « score », et clin d’œil au Nutriscore. Je ne suis pas encore totalement convaincu, mais à un moment, il faut se lancer.

Code code Codex

Première étape : télécharger Xcode 26.3. Cette version n’est pas encore sur le Mac App Store, mais elle devrait y arriver très bientôt. En attendant, il faut la récupérer sur le portail développeur d’Apple. On peut s’enregistrer gratuitement comme développeur avec son compte Apple habituel sur cette page. Un compte développeur gratuit suffit pour créer une app iOS et l’installer sur ses appareils personnels. En revanche, pour la distribuer sur l’App Store ou même sur TestFlight, la plateforme dédiée aux apps en bêta, il faut un compte développeur payant à 99 $/an.

À l’ouverture de Xcode 26.3, on ne peut pas rater la nouveauté.

Une fois Xcode lancé, il faut configurer un « agent » dans les réglages. Les solutions d’OpenAI et Anthropic sont proposées, mais il est possible d’en choisir une autre, y compris en local, grâce au protocole MCP. Attention à une chose lors de cette étape : il existe deux types d’intégration des IA dans Xcode.

Avant la version 26.3, il était déjà possible d’avoir ChatGPT ou Claude dans une barre latérale pour assister l’écriture du code. La nouvelle intégration concerne Codex, l’agent d’OpenAI, et Claude Agent, celui d’Anthropic, qui sont beaucoup plus autonomes et capables d’agir sur l’ensemble du projet. J’ai connecté mon compte OpenAI, car j’avais déjà un abonnement ChatGPT Plus, le forfait à 23 €/mois. Les utilisateurs Free et Go peuvent eux aussi utiliser Codex, mais avec des limites d’usage plus strictes.

Mon compte ChatGPT enregistré dans Xcode.

Xcode est intimidant pour un débutant car il comprend beaucoup d’outils et de menus, le tout exclusivement en anglais. À mon avis, c’est suffisant pour décourager les plus néophytes. C’est justement pour cela qu’il existe des logiciels plus simples pour générer des apps iOS, comme Bitrig. Mais restons focalisés sur Xcode.

Le moment est enfin venu de créer le projet. J’ai donc choisi une app iOS comme template, puis j’ai entré le nom du projet, « Lettriscore », en laissant les valeurs par défaut (interface SwiftUI, langage Swift, etc.). J’ai ensuite créé un dossier servant à accueillir tous les fichiers nécessaires.

Sortie de veille : le calvaire interminable de Siri

Stéphane Moussie

samedi 14 février à 08:00

Podcast

Toutes les semaines, écoutez Sortie de veille, le podcast hebdomadaire de MacGeneration ! On débat de l'actualité Apple et tech des derniers jours en une quinzaine de minutes.

Le calvaire serait loin d’être terminé. Alors que l’on espérait des améliorations notables pour Siri dans iOS 26.4, il faudra peut-être ronger son frein pendant des semaines supplémentaires. Apple pourrait en effet repousser plusieurs progrès à une mise à jour ultérieure. Faut-il encore attendre ce nouveau Siri ? On en discute dans cette émission.

Au programme également, l’arrivée de la pub dans ChatGPT, une rumeur intrigante sur de futurs AirPods et la Ferrari de Jony Ive.

Pour écouter Sortie de veille, c'est simple :

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Bonne écoute !

Premiers signes de tension autour du Mac Studio : lancement en vue ?

Christophe Laporte

samedi 14 février à 07:38

Mac

Nous dressions tout récemment le portrait-robot du Mac Studio M5. Il n’en a pas fallu plus pour que le grand frère du Mac mini commence à montrer des signes d’indisponibilité sur l’Apple Store en ligne.

Mac Studio M5 : tout ce qu’il faut attendre de la prochaine génération

Mac Studio M5 : tout ce qu’il faut attendre de la prochaine génération

Certes, les usines chinoises vont tourner au ralenti pendant quelques jours, mais cela n’explique pas tout : certaines commandes sur mesure du boîtier d’Apple affichent déjà un délai de livraison en mars, voire en avril…

image: Iewek Gnos - Unsplash

Sur l’Apple Store en ligne, une configuration « standard » est encore livrée en quelques jours. Mais dès que l’on commence à personnaliser sa machine, il faut patienter jusqu’à début mars. Pire, dès que l’on souhaite adjoindre 512 Go de RAM à sa station de travail, les délais explosent jusqu'en avril ! On peut également attribuer cette longue attente à la pénurie de RAM qui frappe actuellement le marché…

Un grand ménage de printemps ?

Reste que ce n’est pas le premier produit Apple à se faire rare. Depuis quelque temps, les MacBook Pro M4 commencent à manquer en rayons. Plus récemment, c’était au tour de l’iPhone 16e et des iPad Air M3 de montrer des signes de faiblesse en stock…

Les stocks de l’iPhone 16e seraient au plus bas, nouvel indice du lancement imminent du 17e

Les stocks de l’iPhone 16e seraient au plus bas, nouvel indice du lancement imminent du 17e

L’ordre du quarté : iPhone 17e, iPad A18, iPad Air M4 et MacBook Pro M5

L’ordre du quarté : iPhone 17e, iPad A18, iPad Air M4 et MacBook Pro M5

Alors, tout ceci pose une question : Apple va-t-elle vider son sac d'un coup début mars ? La semaine du 2 mars semble avoir été cochée par les responsables de Cupertino pour le lancement de ses nouveaux portables. Ou va-t-on avoir droit à un lancement progressif ? Certaines rumeurs laissaient entendre, par exemple, que l’iPhone 17e pourrait pointer le bout de son nez dès la semaine prochaine !

Source :

Vers la fin du « i » : Apple fait disparaître iWork

Christophe Laporte

samedi 14 février à 07:11

Logiciels

Apple est-elle en train de démanteler la marque iWork ? Derrière ce nom historique se cachent les piliers de la suite bureautique de Cupertino : Pages, Keynote et Numbers. Mais à l'heure où ces applications sont désormais intégrées à l'ensemble Creator Studio, le label « iWork » semble avoir perdu de sa pertinence aux yeux de la direction marketing.

Nos confrères de MacRumors ont remarqué qu'Apple vient de supprimer la section dédiée à iWork sur son site officiel. Désormais, l'ancienne URL redirige vers une page « Apps » beaucoup plus générique.

Sur cette nouvelle vitrine, les outils de productivité partagent l'affiche avec Apple Arcade, Apple Invites ou encore Image Playground. Un mélange des genres qui montre bien que la bureautique n'est plus traitée comme un silo à part, mais comme une brique parmi d'autres de l'expérience utilisateur globale.

L’ancienne page consacrée à iWork

La bureautique fondue dans la création

La page iWork appartient donc au passé. Si la nouvelle section « Productivité » conserve l'essentiel des informations techniques, elle met surtout l'accent sur les fonctionnalités premium débloquées via l'abonnement Apple Creator Studio.

Mais c’est là que le changement de cap est le plus flagrant : le terme « iWork » a totalement disparu des radars marketing. Apple ne semble plus vouloir vendre une suite de logiciels indépendants, mais préfère désormais promouvoir des applications « Creator Studio ».

Notez toutefois qu’Apple n’a pas totalement supprimé le terme « iWork » de son vocabulaire. La marque est encore mentionnée dans nombreux documents de support technique et divers guides d'utilisation.

On n'efface pas d'un trait de plume une identité utilisée depuis plus de vingt ans pour Pages, Numbers et Keynote. Ce passage de témoin pourrait prendre du temps, et il n'est pas exclu que le branding « iWork » subsiste dans certains recoins de l'écosystème ou pour des usages très ciblés.

Vers la fin du « i » historique ?

Ce glissement sémantique suggère néanmoins qu'Apple souhaite harmoniser son catalogue sous des bannières de services plus modernes. Après avoir abandonné la marque « iChat » pour iMessage ou « iTunes » pour Musique, c'est au tour de la bureautique de faire sa mue.

Il reste toutefois encore l’iMac et iCloud. Difficile d’enlever le i pour ce dernier

En abandonnant peu à peu ce préfixe « i » qui a fait la gloire des années 2000, Cupertino confirme que l'avenir de sa suite bureautique ne se joue plus dans l'achat de logiciels, mais dans la consommation de services intégrés.

xAI subit un exode de ses têtes pensantes juste après l’acquisition par SpaceX

Greg Onizuka

vendredi 13 février à 21:30

Intelligence artificielle

Si beaucoup de départs ont émaillé les derniers mois de l’équipe responsable de l’intelligence artificielle chez Apple, ce n’est pas pour autant que tout est plus vert chez le voisin. Ces derniers jours, xAI a fait état d’un nombre de départs conséquents, y compris chez les cofondateurs de l’entreprise maintenant sous le giron de SpaceX, comme le rapporte TheVerge.

La présentation récente était grandiloquente, mais en coulisses les choses sont beaucoup moins roses. Image xAI.

xAI venant d’être intégrée dans les équipes de SpaceX, bien entendu, une part de ces départs vient de la restructuration nécessaire après une telle acquisition. Cependant, c’est loin d’être la seule justification à ces fuites de cerveaux, et la politique menée par Elon Musk serait un point de crispation bien plus important que ne voudrait le faire croire le patron de l’entreprise.

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Ainsi un de ces anciens employés, parti en début d’année, indique que nombre d’entre eux ont particulièrement peu goûté la façon dont xAI a géré la crise provoquée par les créations d’images dénudées de femmes sans leur consentement, voire de mineurs. L’épisode aurait provoqué un froid palpable, et une certaine désillusion auprès des employés de l’entreprise. Selon lui, Elon Musk aurait utilisé la même méthode chez xAI que chez X, en réduisant l’équipe responsable de la sécurité et de la modération au strict minimum. Résultat : les équipes n’ont pas le temps d’intégrer plus que le strict minimum de censure, et ne posent que les bases des filtres les plus importants, comme ceux concernant la pédopornographie. Tout le reste passe à la trappe.

Autre point ayant provoqué des départs, une sensation de courir en permanence après les concurrents, sans jamais trouver ou créer une avancée majeure :

Même si nous itérions très rapidement, nous n’avons jamais réussi à atteindre un point où l’on pouvait dire : « Ah, nous avons accompli un saut qualitatif par rapport à ce qu’OpenAI, Anthropic ou d’autres entreprises avaient publié ».

Pour ne rien arranger, les équipes dirigeantes ne seraient pas sur la même longueur d’onde, et auraient bloqué nombre de projets en ne sachant pas lequel prioriser par rapport aux autres. De fait, la plupart des décisions n’arrivent à un accord qu’une fois Elon Musk présent dans le chat avec les autres responsables, retardant d’autant les avancées importantes.

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Une autre source partie juste avant l’acquisition de xAI par SpaceX n’en dit pas moins, et blâme l’équipe dirigeante d’un manque de vision flagrant :

Essayer de faire ce que faisait OpenAI il y a un an n’est pas la manière de battre OpenAI. [...] Tout n’est qu’une course pour rattraper le retard. Il n’y a quasiment aucun pari risqué. Si quelque chose n’a jamais été fait auparavant, nous ne le ferons pas.

Sur le point de la sécurité de l’IA maison, lui aussi pointe un manque catastrophique de sécurité, et tient Elon Musk pour responsable en grande partie de ce trou béant :

Il n’y a absolument aucune mesure de sécurité au sein de l’entreprise — ni dans le modèle d’images, ni dans le chatbot. [...] Il [Musk] essaie activement de rendre le modèle plus incontrôlable, parce que, pour lui, la sécurité équivaut en quelque sorte à de la censure. 

Au final, ce deuxième témoin conclut en notant lui aussi que tout tourne autour de Musk, qui est l’alpha et l’oméga pour les dirigeants, semblant n’avoir aucune envie ou possibilité de prendre de décisions sans l’aval du grand patron : « Tu survis en te taisant et en faisant ce qu’Elon veut. ». Ambiance.

Image MacGeneration.

Résultat ? Un nombre conséquent de personnes prennent la tangente dès qu’ils le peuvent, pour fuir ce fonctionnement toxique. Et la vague est d’autant plus forte et rapide que nombre d’entre eux ont vu l’arrivée de l’acquisition, et donc du rachat de leurs actions ou conversion en actions SpaceX comme le signal parfait pour le départ. Ainsi, au moins cinq ingénieurs de premier plan ont signalé leur départ rien que cette semaine, mais plus sérieux encore, avec les départs de Tony Yuhuai, Jimmy Ba et quatre autres personnages clés, l’entreprise n’a maintenant plus que six de ses cofondateurs sur les 12 d’origine à la tête de xAI, Elon Musk inclus.

Cet exode risque de continuer d’autant plus qu’Elon Musk a annoncé vouloir délester l’entreprise d’une partie de ses salariés suite à l’acquisition par SpaceX. Quoi qu’il en soit, voilà qui ne colle pas tellement avec les ambitions démesurées affichées par Elon Musk concernant le futur de son IA.