Loin de nous l’idée de chercher la petite bête, mais une phrase glissée par Jony Ive laisse entendre que son départ de Cupertino, à la fin des années 2010, ne s’est pas fait dans la plus grande sérénité. L'ancien gourou du design semble avoir gardé quelques griefs dans ses cartons.
Le journaliste Jordan Golson a récemment consacré un long format au travail titanesque de Jony Ive sur l’habitacle de la Ferrari Luce. Pour beaucoup d’observateurs, il s’agit sans doute de la réalisation la plus aboutie du designer britannique depuis qu’il a quitté les couloirs de l’Apple Park. Mais au-delà des courbes de la carrosserie, c'est une petite phrase sur ses relations humaines qui fait aujourd'hui jaser.
L’article de Golson, nourri par un entretien exclusif avec Ive, revient sur la genèse de son studio LoveFrom en 2019. Si l’ancien compère de Steve Jobs se montre particulièrement élogieux envers ses collaborateurs actuels, il n’hésite pas à égratigner son passé chez Apple par contraste.
« [Ce sont] les meilleurs, les meilleurs, les meilleurs designers que j’ai eu la chance de rencontrer, et aussi les plus gentils », explique Ive à propos de son équipe actuelle. Avant de lâcher une sentence sans ambiguïté : « Cela fait partie de mon tempérament belliqueux aujourd’hui : j’en ai fini de travailler avec des cons (assholes). »
Image Ferrari
Si Jony Ive ne livre pas de noms, le sous-entendu est limpide : ses dernières années passées à la tête du design d'Apple n'ont pas été un long fleuve tranquille.
Le pacte avec le « meilleur ennemi »
Ce sentiment de rupture consommée se reflète d’ailleurs dans ses choix stratégiques récents. Il y a quelque chose d’assez troublant à voir l’ancien gardien du temple Apple collaborer aussi étroitement avec OpenAI.
Jony Ive et Sam Altman. Image OpenAI
Certes, Ive est désormais un homme libre et n'a plus aucun compte à rendre à son ancien employeur. Mais il propose malgré tout ses services de design à une structure qui, de son côté, ne cache plus ses ambitions : OpenAI considère aujourd'hui Apple comme son rival le plus sérieux.
Pour mener à bien ses nouveaux projets, notamment cette gamme de produits autour de l’IA avec Sam Altman, le duo ne fait pas dans la dentelle. LoveFrom débauche en effet à tour de bras des spécialistes de haut vol directement chez Apple.
Entre la fuite des cerveaux vers son studio et ces petites phrases assassines, on finit par se demander si la vengeance ne serait pas un plat qui se mange très froid chez Sir Jony. Reste à voir si la Ferrari Luce et les futurs produits issus de sa collaboration avec OpenAI parviendront à égaler l’héritage laissé à Cupertino. Une chose est sûre : le divorce est bel et bien acté…
Ces derniers temps, le Mac mini a largement occupé le devant de la scène. Depuis sa cure de jouvence et son nouveau design ultra-compact, le petit cube est devenu le véritable fer de lance de la gamme de bureau d'Apple. Une ascension qui a quelque peu éclipsé le Mac Studio, lequel reste pourtant la valeur sûre pour ceux qui ne jurent que par la performance brute.
Image : MacGeneration
Que vous fassiez partie du camp mini ou du camp Studio, l’année 2026 s’annonce chargée. Aujourd’hui, penchons-nous sur le cas du Mac Studio : entre continuité esthétique et révolution intérieure, voici à quoi s’attendre.
Un design gravé dans l’aluminium
Autant le dire d'emblée : il ne faut pas s'attendre à une révolution visuelle. Selon les bruits de couloir, Apple ne prévoit aucun changement de design pour le Mac Studio cette année. On retrouvera donc ce pavé d'aluminium, sorte de "Mac mini sous stéroïdes », haut de 9,4 cm.
Image : MacGeneration
M5 Max et M5 Ultra : la modularité en ligne de mire
Le cœur de cette mise à jour réside, sans surprise, dans l'arrivée des puces M5 Max et M5 Ultra. Des traces de ces processeurs ont d'ailleurs été repérées récemment dans iOS 26.3, confirmant que le développement arrive à son terme. La puce M5 Ultra devrait, comme à l'accoutumée, doubler les performances de la Max.
Mais au-delà du simple gain de puissance, c’est l’architecture même qui pourrait évoluer. Jusqu’à présent, le passage au M5 était perçu comme un simple « speed bump ». Pourtant, Apple pourrait inaugurer une approche modulaire. Contrairement à la puce M5 standard, qui reste un système monolithique (SoC) gravé en 3 nm, les versions professionnelles exploiteraient une nouvelle technologie d'assemblage permettant de combiner différents blocs (CPU, GPU, etc.) au sein d'un même package.
Pour l’utilisateur, cela pourrait signifier une flexibilité inédite sur l’Apple Store : on peut imaginer pouvoir commander une configuration musclée en CPU mais plus légère en GPU, ou inversement, selon que l'on fait de la compilation de code ou du rendu 3D. Une petite révolution dans la conception des puces "Pro" chez Apple.
SSD : le passage à la vitesse supérieure
Le Mac Studio devrait également s'aligner sur les derniers MacBook Pro en adoptant un stockage plus rapide. Il serait question d’un passage au PCI Express 5.0, ce qui permettrait des débits de lecture et d'écriture encore plus vertigineux.
Studio Display 2 : enfin du neuf ?
Le Mac Studio pourrait ne pas arriver seul. Apple préparerait un Studio Display 2 pour l'accompagner. Si le look ne devrait pas varier, l'écran gagnerait enfin en fluidité avec un taux de rafraîchissement de 90 Hz.
Plus intéressant encore, l'adoption du mini-LED offrirait des contrastes bien plus profonds et une meilleure luminosité. Pour piloter tout cela (et peut-être ajouter de nouvelles fonctions de traitement d'image), Apple y intégrerait une puce A19.
Prix et calendrier : rendez-vous au printemps
Côté portefeuille, le ticket d'entrée devrait rester aux alentours des 2 299 €, même si la hausse du coût des composants pourrait pousser Apple à une légère correction. À l'inverse, en Europe, nous ne sommes jamais à l'abri d'une bonne surprise avec la baisse du dollar.
Quant à la disponibilité, Mark Gurman estime que ces nouveaux modèles ne devraient pas tarder après le rafraîchissement printanier des MacBook Pro. Ces derniers étant attendus dès la semaine du 2 mars, le Mac Studio pourrait pointer le bout de son nez peu de temps après, lors d'un événement dédié ou plus certainement via un simple communiqué de presse.
Pour les GAFAM, les mois se suivent et se ressemblent dans leurs relations avec les autorités, et spécialement celles de l’Union européenne. Ainsi, comme le rapporte Bloomberg, Google risque de se voir infliger une nouvelle amende par la Commission européenne, sur fond d’abus de position dominante dans le domaine de la publicité.
L’Union européenne doit faire figure d’épouvantail au Googleplex... Image Wikipedia/The Pancake of Heaven, CC By-SA 4.0.
Et pour le coup, l’addition pourrait être (très) salée : pour une violation des règles de libre concurrence, Alphabet pourrait recevoir une douloureuse allant jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires mondial. Avec un CA mondial de 400 milliards de dollars en 2025, le montant pourrait donc atteindre les 40 milliards de dollars. Une paille !
Google serait en effet accusé de gonfler artificiellement les prix de vente de l’espace de publicité disponible sur ses services, afin de faire payer toujours plus aux annonceurs. Cette pratique anti-concurrentielle toucherait plusieurs services d’Alphabet, que ce soit le moteur de recherche Google, le service YouTube ou d’autres.
Dans le système utilisé actuellement, les prix des spots publicitaires sont décidés par des enchères en temps réel, permettant selon Google de proposer à l’utilisateur final les publicités les plus ciblées et les plus qualitatives possibles. Toujours selon Google, « les publicités Google Search permettent d’aider les petites entreprises à concurrencer les plus grandes marques, sont un moteur de la croissance économique et aident à maintenir le web gratuit pour tout le monde ». Que des qualités en somme.
Si pour le moment l’enquête n’en est qu’à ses débuts, c’est une couche supplémentaire de conflit qui s’ouvre avec l’Union européenne, venant s’ajouter à ceux déjà en cours. La Commission européenne a donc ouvert une demande d’informations sur le marché, invitant les entreprises s’estimant flouées à faire part de leurs remarques. Le tout pourrait rapidement aboutir à l’ouverture d’une procédure officielle par la commissaire européenne Teresa Ribera.
Une montée en flèche des amendes pour Alphabet
Depuis 2017, les amendes infligées à Google par l’Union européenne représentent déjà 9,5 milliards de dollars, qui se répartissent de la manière suivante : 2,42 milliards de dollars pour l’abus de position dominante dans la recherche de Google Shopping, 2,95 milliards de dollars pour les pratiques anti-concurrentielles dans les publicités en lignes, ainsi que 4,13 milliards de dollars d’abus de position dominante sur Android.
Et ce n’est que le début : en plus de l’enquête citée dans ces lignes, d’autres amendes pour abus de position dominante pourraient être infligées suite aux diverses enquêtes en cours s’appuyant sur le DMA, concernant un favoritisme des services maison sur les plateformes de recherche en ligne, ainsi que des manœuvres visant à dissuader les développeurs à proposer leurs apps ailleurs que sur le Play Store.
Le moteur de recherche n’est pas exempt de ses enquêtes : la Commission européenne pourrait lui infliger à lui aussi une amende, si les soupçons de manipulation des résultats de recherche dans la catégorie « Actualités » de Google étaient confirmés.
Toutes ces procédures ne risquent pas d’améliorer les relations entre Alphabet et l’Union européenne, et par la même, les relations avec le gouvernement américain.
Depuis plus d'un an, les rumeurs bruissent : Apple pourrait remplacer la conception monolithique de ses systèmes sur puce par une conception en blocs, en chiplets. Les premières puces de ce type devraient être les M5 Pro et (peut-être) M5 Max des MacBook Pro de 2026. Avant leur sortie, nous avons décidé de revenir sur l’historique de ce procédé et d'expliquer les implications de ce choix de plus en plus probable.
Une conception en blocs. Image Vadim Yuryev.
C'est le moment de poser les bases, avec quelques concepts rapides. Un système sur puce monolithique ne contient qu'un seul composant, qui est gravé d'un seul bloc. On appelle cette partie le die, et c'est lui qui inclut les cœurs du CPU, ceux de la partie graphique, le contrôleur mémoire, etc. Sur la carte mère d'un MacBook Pro, par exemple, le die de la puce M5 est placé sur un support (un circuit imprimé) qui est lui-même relié à la carte mère. Apple soude le support en question, mais il est amovible dans les PC de bureau, et c'est ce qu'on appelle généralement (et un rien abusivement) le processeur.
Le die est la partie centrale, qui était visible sur les anciens processeurs. Actuellement, il est généralement recouvert d'une plaque de métal. Image Matthieu Riegler. CC BY 3.0.
Cette conception en un seul bloc est la norme chez Apple, mais ce n'est pas le cas chez tous ses concurrents : Intel ou AMD sont passés sur des conceptions en plusieurs blocs, ce qu'AMD nomme des chiplets et Intel des tuiles. Nous allons y revenir dans la suite, mais il faut l'expliquer succinctement pour bien comprendre : il y a toujours un support, mais il contient dans le cas présent plusieurs dies séparés (chez AMD) ou placés côte à côte pour former un rectangle (chez Intel).
Dans tous les cas, cette évolution vers une conception par blocs — au sens large — n'est pas nouvelle : dans le passé c'était la norme et la voie monolithique a longtemps été vue comme un but à atteindre… avant que les maîtres d’œuvre des systèmes sur puce modernes ne reviennent à une conception par blocs, même si elle n'est stricto sensu pas identique.
Une évolution cyclique
Si on remonte dans le temps, beaucoup de (très) vieux processeurs n'étaient pas monolithiques. On peut considérer que l'intégration de certains composants en externe, sous la forme de coprocesseurs, est un type de conception en blocs, et les premiers Macintosh étaient parfois dans ce cas-là. Si vous prenez un vénérable Macintosh II, il intègre un processeur 68020, une éventuelle puce pour la gestion de la mémoire virtuelle (Motorola 68851, la MMU) et une puce 68881 pour les calculs en virgule flottante (la FPU). Motorola va intégrer la MMU dans le 68030 et la FPU dans son successeur, le 68040. C'est la même chose chez Intel : la FPU est séparée dans les premières générations, et intégrée dès le 80486.
En bas à droite de la carte mère du Macintosh II, on peut voir le processeur 68020 et le coprocesseur mathématique à sa gauche (décalée de 90°). Image Recap A Mac.
Le cas du prédécesseur du premier PowerPC, le POWER1, est du même ordre : le CPU est composé de plusieurs puces (six) et le PowerPC 601 qui a animé les premiers Power Macintosh est l'équivalent des six éléments dans un seul die1. Durant les années 90 et le début des années 2000, globalement, la tendance est donc à l'intégration : les composants des processeurs qui étaient séparés dans les années 80 sont unifiés, pour créer de grosses puces monolithiques. Une solution qui, à l'époque, avait des avantages : incorporer le coprocesseur mathématique (FPU) permet généralement de meilleures performances, car la latence est plus faible et la puce secondaire ne doit pas attendre que le processeur principal lui laisse la main. Et cette conception avec des modules distincts était aussi tributaire de la liaison externe du processeur (le bus), qui n'était pas forcément très rapide.
Le POWER1 n'est pas un modèle d'intégration. Image Retro-Computing Society of Rhode Island. CC BY-SA 3.0.
C'est l'amélioration des processus de gravure, notamment, qui a permis ces améliorations. Elles ne se limitent pas aux processeurs : dans les cartes graphiques, le cheminement est le même. Le RAMDAC qui gère l'affichage s'intègre peu à peu dans les puces graphiques, tout comme les différentes unités. Les premières 3dfx, par exemple, comprennent deux ou trois composants séparés pour la 3D (Voodoo et Voodoo 2) qui sont unifiés avec une partie 2D dans les cartes Banshee puis Voodoo 3.
Le cas du PowerPC G5 et des premiers dual core et quad core
Dans les années 2000, c'est un peu compliqué. Prenons le cas du PowerPC 970, alias G5 chez Apple : il dérive du POWER4 (une puce haut de gamme destinée aux serveurs) et ne dispose que d'un seul cœur. Dans les Power Mac G5, Apple installe donc fréquemment deux processeurs, une méthode déjà employée dans les Power Mac G4. Le côté paradoxal, c'est que le POWER4, lui, était justement le premier processeur monolithique doté de deux cœurs. IBM et Apple proposeront ensuite le PowerPC 970MP, qui est une version avec deux cœurs du PowerPC 970, et elle sera utilisée dans les derniers G5, avec deux CPU pour le modèle « Quad ».
Le Power Mac G5. Image Apple.
Dans le monde Intel, le fonctionnement est assez proche et la mise en œuvre des premiers processeurs avec deux cœurs est un peu compliquée. Les premiers modèles sont constitués de deux dies littéralement collés, avec les premiers Pentium D (les Pentium 4 avec deux cœurs). C'est une solution qui s'apparente à du bricolage à l'époque, surtout chez Intel : même si le die est monolithique en pratique (il n'y a qu'un composant), la liaison entre les deux cœurs passe par le chipset. De façon concrète, les cœurs ne sont pas reliés entre eux, mais ont chacun une liaison vers un composant séparé (le chipset) et donc la communication entre deux cœurs nécessite un trafic important sur le bus.
Les fabricants d'accessoires ont beaucoup d'imagination : sur Aliexpress, un vendeur propose un boîtier externe pour SSD M.2 (NVMe) qui prend la forme d'une icône bien connue par de nombreux utilisateurs, celle de la sauvegarde (💾). Il est vendu environ 22 € et intègre un connecteur USB-C. Le fabricant indique qu'il utilise un contrôleur Realtek RTL9210CN, qui permet des débits de 10 Gb/s en USB-C (environ 1 Go/s en pratique).
Une icône de sauvegarde qui pend sur un porte-clés.
Le boîtier accepte les SSD M.2, mais uniquement dans les variantes courtes (2230 et 2242). Les premiers mesurent 30 mm de long pour 22 de large, les seconds 42 mm. Ils ont été popularisés par les consoles comme le Steam Deck et se trouvent assez facilement dans des capacités de 1 ou 2 To chez Crucial (avec le P310), Sandisk ou Corsair. Attention, les prix sont assez élevés à cause des pénuries de mémoire flash et du fait que les SSD M.2 2230 et 2242 restent plus rares que les 2280 classiques.
10 Gb/s.
Sinon, bien évidemment, cette « icône de sauvegarde » est la reproduction d'une disquette 3,5 pouces, popularisée par le premier Macintosh et qui est passée de 400 ko à 1,44 Mo en quelques années (et même à 2,88 Mo dans une variante assez rare). Mais en 2026, les disquettes sont essentiellement des vestiges du passé, un reliquat des années 90 qui est encore mis en avant dans certaines icônes par habitude.