Apple et la presse : de l'eau dans le gaz

Nicolas Furno |


Les abonnements in-app : voilà la solution d'Apple aux médias pour monétiser leurs contenus sur l'App Store. Ces abonnements passent par le système de paiement de l'iTunes Store et ils reprennent le système déjà bien connu des achats in-app, c'est-à-dire effectués au sein même d'une application, si ce n'est qu'ils sont tacitement renouvelés. Apple prélève 30 % du prix de l'abonnement et laisse 70 % des revenus à l'éditeur.

The Daily, résultat d'un partenariat avec le groupe de presse News Corp, a été le premier à bénéficier des abonnements in-app (lire : The Daily : aperçu de la première édition). En France, on trouve également des exemples d'abonnements à la sauce Apple et le premier titre à s'être lancé est le magazine Le Point qui propose plusieurs formules d'abonnement (lire : Aperçu de l'abonnement In-App du Point sur iPad).

Si certains journaux ou magazines ont déjà franchi le pas ou ont prévu de le faire, ces abonnements in-app font aussi grincer beaucoup de dents. Les éditeurs de presse craignent le pouvoir d'Apple : l'entreprise de Steve Jobs ne chercherait-elle pas à abuser de son pouvoir ? Cette crainte est-elle justifiée, ou est-elle le signe de la difficulté à s'adapter pour des groupes de presse construits à l'époque du papier ?


Apple et la presse : le paradoxe de l'œuf et la poule

Philippe Jannet, PDG de la filiale interactive du groupe Le Monde, explique que "s’il n’y a pas des contenus intéressants dans l’App Store, notamment la presse, les gens n’achèteront pas l’iPad ! C’est la réalité de l’écosystème tant vanté par Apple." Ce point de vue est très courant dans le monde de la presse. Les éditeurs ont le sentiment d'avoir été trahis par Apple : ils ont soutenu l'iPad et attendaient un geste en retour.

Apple aurait besoin de la presse pour vendre des produits avec du contenu et ainsi attirer des lecteurs, et donc des acheteurs. Sans leurs applications, les terminaux iOS perdraient de leur intérêt, même si ce constat est relativisé par certaines études qui montrent que l'application la plus utilisée sur iPad est Safari mobile (lire : Les Français utilisent leur iPad 2 heures par jour). Impossible toutefois de contester l'importance de l'App Store aujourd'hui et Apple tire un bénéfice de la mise en avant les applications de presse dans l'App Store. À ce titre, Apple devrait tout faire pour attirer les éditeurs et satisfaire les exigences.

L'inverse est aussi vrai : la presse a besoin d'Apple et de ses millions d'iPad. À quoi bon réaliser une application si elle sert à une poignée d'utilisateurs ? Quand l'iPad a été présenté, début 2010, beaucoup d'éditeurs ont voulu voir dans cette tablette le moyen tant attendu pour relancer les ventes et retrouver un équilibre financier perdu pour la plupart des journaux et magazines. Cet espoir explique l'intérêt général des groupes de presse pour l'iPad, offrant à ce dernier une couverture médiatique exceptionnelle et investissant rapidement l'App Store avec des applications dédiées.

photolepointabo


Des tensions entre l'entreprise et les éditeurs se sont rapidement fait sentir, d'autant que les ventes se sont vite révélées moins bonnes qu'espérées (lire : Presse sur iPad : ça ne marche pas fort). Mais la lune de miel entre Apple et la presse s'est brutalement arrêtée au début de l'année, avec le rejet de l'application de lecture de Sony (lire : App Store : fin des achats externes). Les conditions générales de l'App Store stipulaient déjà que tout achat dans une application iOS devait se faire par le biais des achats in-app, selon l'article 11.2 : “Les applications qui utilisent un système autre que l'API In App Purchase (IAP) pour acheter du contenu, des fonctionnalités ou des services à l'intérieur de ces applications seront rejetées”. Plusieurs éditeurs avaient néanmoins trouvé une faille en renvoyant vers un magasin externe : passant par un site Internet standard, ils vendaient ainsi du contenu sans passer par les achats in-app et sans payer Apple.

Cette pratique, longtemps tolérée par Apple, n'est plus à l'ordre du jour. Apple impose désormais l'utilisation des achats in-app, même si une application peut également contenir une boutique externe qui échappe alors à tout contrôle d'Apple. Seule condition explicitée par Steve Jobs : "Tout ce que nous demandons, si un éditeur propose une offre d'abonnement en dehors de l'app, c'est que cette offre (ou une meilleure offre) soit également proposée au sein de l'app, afin que les clients puissent facilement s'abonner d'un simple clic depuis l'app." En clair, les prix et conditions doivent être identiques en achats in-app, pour ne pas défavoriser les utilisateurs.

Le pari d'Apple est simple : le système in-app est tellement plus simple et mieux intégré à iOS que les utilisateurs d'iPhone ou iPad vont massivement l'utiliser et bouder les boutiques externes. Mais cela n'est pas du tout du goût de la presse, qui n'a pas envie de céder 30 % de ses revenus déjà faibles à Apple. Les éditeurs ont rapidement réagi, ils se sont sentis "trahis" par Apple (lire : Les éditeurs européens se sentent "trahis" par Apple) et ils cherchent maintenant à faire pression sur Apple des deux côtés de l'Atlantique (lire : Presse sur iPad : les éditeurs européens répondent à Apple).

Reste que seul Apple propose aujourd'hui aux éditeurs une tablette qui a connu un succès suffisant pour constituer une base de lecteurs assez importante. En face, les tablettes Android se préparent, mais aucune n'a encore réussi à percer comme Apple avec l'a fait avec sa tablette. La situation sera peut-être différente dans un an, mais pour l'heure on a quand même le sentiment que la presse a plus besoin de l'iPad, qu'Apple de la presse.

Abonnements : 30 % sinon rien

http://static.igen.fr/img/2011/2//skitched-20110201-204218.jpgParmi les griefs adressés par la presse à Apple, le principal point d'achoppement reste les 30 % prélevés par l'entreprise sur tous les achats effectués par le biais de l'App Store. Ce prélèvement se fait autant sur les achats d'applications dans l'App Store que sur les achats et abonnements in-app. Les conditions générales d'Apple stipulent qu'une application doit obligatoirement vendre du contenu par le biais des achats in-app, même si l'éditeur peut également proposer des abonnements externes qui échappent alors au prélèvement de 30 %.

Dans le cas de la presse, cela signifie concrètement qu'un journal peut offrir un accès à ses abonnés depuis son site Internet, mais qu'il doit offrir un accès équivalent directement dans l'application, en passant par les abonnements in-app. L'application ne doit pas contenir de lien vers l'abonnement externe, si bien que les éditeurs se sentent obligés de passer par les abonnements in-app et donc de donner à Apple 30 % du montant des abonnements. Les éditeurs peuvent néanmoins proposer à leurs abonnés existants un accès au contenu payant sur iPad, comme le montre déjà l'exemple des premiers éditeurs ayant adoptés les abonnements in-app.



Les offres d'abonnements de Elle US (Gratuit) : outre les deux offres payantes, le magazine permet aux abonnés de la version payer d'accéder au contenu numérique. Il leur suffit pour cela de donner un numéro d'abonné.


Que représentent ces 30 % prélevés par Apple pour la presse papier ? Sur l'App Store, ils sont justifiés par les frais gérés par Apple : il s'agit de payer autant le stockage des fichiers sur des serveurs, la bande-passante lors des téléchargements, mais aussi la gestion de la transaction et notamment les frais bancaires qui sont liés. Dans le cas de la presse, Apple ne stocke pas sur ses serveurs les données et l'entreprise prend en charge directement les frais de transaction bancaire, mais aussi la TVA sur les ventes. iTunes S.a.r.l., l'entreprise qui prend en charge l'iTunes Store, l'App Store et donc les abonnements in-app étant localisée au Luxembourg, Apple ne doit payer que 3 % de TVA puisque son business entre dans la catégorie "taux super-réduit" (page 23).

A priori, les éditeurs français n'auront pas à payer la TVA française sur les abonnements souscrits via les abonnements in-app, économisant ainsi 19,6 % du prix de vente. Ces 30 % demandés par Apple sont à comparer aux frais de mise en vente d'un journal papier. À titre de comparaison, entre 65 et 70 % du prix de vente du magazine iCreate sont alloués aux frais de production (papier, impression…) et de distribution. Une version numérique implique également des frais de production, surtout si l'éditeur fait l'effort de proposer plus de contenu multimédia, mais ces frais sont sans aucun doute plus faibles que pour les versions papier.

À prix de vente égal, les éditeurs gagneront plus avec les abonnements in-app, mais les lecteurs veulent des prix plus bas pour une version numérique. Difficile de savoir si les éditeurs baisseront effectivement leurs prix : si la version américaine de Elle propose un abonnement annuel à 63 % moins cher que la version papier, les abonnements du Point sont identiques en version papier et numérique (lire : Aperçu de l'abonnement In-App du Point sur iPad). Pour les éditeurs, tout l'enjeu sera de savoir si un prix plus bas et la plus grande facilité d'utilisation des abonnements in-app apporteront suffisamment de lecteurs pour compenser les 30 % prélevés Apple…

L'enjeu des données personnelles

Autre enjeu dans ce débat sur la presse et Apple, la question des données personnelles des abonnés. Dans son communiqué de presse, Apple a été très clair sur ce point :
"La protection de la vie privée des clients est l'une des caractéristiques essentielles des transactions effectuées sur l'App Store. Les clients souscrivant un abonnement sur l'App Store auront la possibilité de fournir à l'éditeur leurs nom, adresse e-mail et code postal au moment où ils s'abonneront."

Apple entend ainsi limiter le nombre d'informations personnelles envoyées aux éditeurs de presse, qui n'apprécient guère ces restrictions.

Le communique précise bien que "Les éditeurs pourront chercher à obtenir des informations complémentaires de la part des clients de l'App Store", mais l'obtention des informations est encadrée par Apple et elle devra se faire "en toute connaissance de cause. En clair, l'abonné doit valider explicitement l'envoi de quelques informations d'ordre personnel, mais cet envoi n'est pas obligatoire pour s'abonner.

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Les éditeurs de presse utilisent les données personnelles de leurs abonnés pour cibler plus précisément leurs publicités. Avec les abonnements in-app, Apple va limiter les informations accessibles pour les éditeurs et ainsi brider leurs revenus, selon les plaignants. La restriction d'Apple va plus dans le sens des utilisateurs que des éditeurs qui auront bien de la peine à convaincre leurs lecteurs des dangers de la solution de la pomme.

Steve Jobs a souvent répété que son entreprise ne voulait pas exploiter commercialement les données de ses utilisateurs et Apple bénéficie de la confiance des utilisateurs sur ce point. Changer brusquement de politique pour satisfaire les éditeurs de presse aurait été sans nul doute plus nuisible à Apple et on comprend ainsi mieux le choix de l'entreprise. Un choix avec lequel les éditeurs devront composer et faire avec…

La presse en guerre contre Apple ?

Apple a présenté son offre et ses conditions et la concurrence n'a pas tardé à réagir. Pour promouvoir webOS, HP a attiré quelques grands groupes de presse, acceptant toutes leurs conditions (lire : HP accepte les conditions de la presse sur webOS), mais HP n'a guère le choix, contrairement à Apple renforcée par ses millions de tablettes vendues. De son côté, Google a lancé son "Pass média", un équivalent aux abonnements in-app d'Apple, mais un équivalent qui n'est lié à aucune plateforme et qui est beaucoup plus souple (lire : Abonnements in-app : Google répond à Apple avec le Pass média). Toutes les contraintes et conditions d'Apple sont levées par Google : son moyen de paiement Google Checkout n'est pas le seul obligatoire, les éditeurs peuvent se greffer aux abonnements sans passer par Google tandis que l'entreprise ne prélève que 10 % du prix de vente. C'est 20 de moins qu'Apple, certes, mais on ne sait pas si Google prend en charge la TVA ou pas. Si ce n'est pas le cas, il faudra ajouter 19,6 % de TVA pour les éditeurs français : on retrouverait alors les 30 % d'Apple…

Plus souple, certes, mais Google va beaucoup moins loin qu'Apple. Pass média n'est pas vraiment un concurrent des abonnements in-app puisqu'il n'est pas intégré à Android, le système mobile de Google. C'est simplement un moyen de paiement pour accéder à du contenu et il n'est pas dit que cela intéresse les lecteurs, peu habitués à payer pour du contenu d'habitude financé par la publicité ou les éditeurs, qui ont déjà mis en place leur propre système de paiement le cas échéant.



On peut se demander pourquoi les nouvelles conditions d'Apple font tant de bruit dans la presse. Si l'iPad a été un gros succès dans le monde, il faut relativiser son importance pour les éditeurs de presse. En France, les ventes d'iPad sont de l'ordre de 500 000 exemplaires, ce qui est finalement assez peu. En outre, l'App Store est loin d'être le seul moyen de proposer du contenu aux utilisateurs d'iPad : un site développé en HTML5 peut s'avérer tout à fait satisfaisant pour la version numérique d'un journal. Sur un tel site, Apple n'a aucune influence et laisse aux éditeurs faire ce qu'ils veulent. Ce sera d'ailleurs la solution retenue par certains journaux, on pense notamment à Playboy (lire : Playboy sur iPad : du nu oui, mais en web app).

Les éditeurs de presse ne voudraient-ils pas obtenir d'Apple le beurre et l'argent du beurre ? Il est indéniable que l'App Store et les achats in-app sont des moyens extrêmement efficaces de vendre du contenu. L'achat est tellement simple et indolore (on entre seulement son mot de passe iTunes Store) que l'achat impulsif fait des ravages et on comprend sans peine que les éditeurs de presse cherchent à y prendre part. On comprend moins, en revanche, leurs plaintes quant aux conditions d'Apple. Si la possibilité d'obtenir de nouveaux lecteurs ne vaut pas les 30 % demandés par Apple, les éditeurs ne manquent pas de moyens techniques pour proposer leur contenu sans passer par l'App Store…

Laissons le dernier mot à Philippe Jannet, PDG de la filiale interactive du groupe Le Monde : "Beaucoup sont encore mécontents de la solution proposée par Apple, mais c’est à nous éditeurs d’être plus malins."
avatar abstract | 
@ shimrode : Les acteurs existent deja. Internet a l'avantage de la multitude et de la diversité. Les grosses industries y existent au même niveau que les nouveaux sites. Ce qui interre les médias c'est le modèle fermé d'Apple ou se retrouveront a nouveau en position dominante debarasser de la concurrence d'un écosystème ouvert. J'ai suivi plusieurs événements sur le net et sur les médias industriels, j'ai constaté que les differences de fond n'existaient pas a l'interieur des medias mais qu'elles etaient flagrante entre les deux "univers". La chronologie des événements et les faits ont ensuite discredités les medias de la "verite labellisée". Conclusion: la mediocrité poubelle.
avatar abstract | 
@ abstract : Les medias s'interessent a l'ecosysteme iOS car fermé est moins soumis a concurrence que le net. C'est encore la difference de moyens qui garantira le pouvoir d'expression
avatar Renaud | 
Sur le coup de l'iPad et la presse, je pense que le Job a manqué un bon coup stratégique. Apple est tellement obsédé pour maintenir son modèle économique et pomper un max de fric a ses clients qu'il en devient aveugle. Vouloir prendre 30% sur chaque vente peut se concevoir pour du logiciel ou de la musique vendue en masse. Cela ne s'applique pas sur d'autres produits comme la presse où il n'y a pas 30% de marge à prendre et qu'augmenter le prix de 30% n'est pas possible. Que du contaire Jobs a besoin de la presse et je pense qu'il aurait été beaucoup plus rentable point de vue global d'offrir le système à la presse. Apple peut se permettre de se passer de ce revenu spécifique et cela gonflera les ventes. Mais bon l'idée du gratos chez Job doit le rendre malade...
avatar starbus | 
Ils oublient surtout la quantité énorme d'achat impulsif provoquer par la simplicité du système. Mon budget soft à explosé depuis que steam et l'appstore sont là (X3 en gros) et ça pour seulement 30% de com (si en plus la presse ne paye plus la tva), c'est pas l'argent du beurre qu'ils veulent mais aussi le cul de la crémière.
avatar starbus | 
@renaud et le fait de vendre plus sans augmenter les frais (impressions ect) tu crois pas que ça vaillent une commission pour le vendeur. Je savais pas que les maison de la presse vendais les journaux sans avoir de com sur le prix de vente dudit journal. Toutes les boutiques prennent leur com, pourquoi apple ne prendrait pas la sienne , vas-y, argumente.
avatar Bigdidou | 
"chronos790 [17/02/2011 22:29] @romain31000 Si tu souscris ton abonnement sur l'appstore, oui. Si tu passe par le site du journal pour prendre ton abonnement et qu'ensuite tu passe par l'appli dédiée, sur ipad, tu n'as juste qu'a rentrer ton identifiant d'abonné sans que Apple ne touche quoi que ce soit. Les 30 % c'est UNIQUEMENT si tu souscris ton abonnement depuis l'in-app. pour le reste, rien n'empêche les journaux de faire un site compatible tout navigateur ou de faire une web app elle aussi compatible tout navigateur/os. Rien sauf l'envie et/ou l'investissement. Qui plus est, tous ces journaux restent accessibles depuis safari. Les choses ne sont aussi cloisonnées que la presse tente de le faire croire." Franchement, vous trouvez pas que ça résume assez bien la situation, et, que, du coup, l'ampleur de cette polémique paraît absurde ???
avatar Thierry61 | 
Bref, tout le mode se cherche... Les modèles ne sont pas ficelés; les contraintes économiques ne sont pas encore bien évaluées à leur juste mesure; les applications de lecture ne sont pas encore bien rodées (je suis abonné aux Echos : de bonnes idées, mais alors quelle réalisation bâclée... énormément de bugs au début). Tout cela manque naturellement de maturité. On est dans une étape de transition et de recherche de compromis. Apple et les fournisseurs de contenu ont tout intérêt à ce que le marché de la tablette décolle. Cela étant, je ne pense pas que les média ont vu l'iPad comme "le sauveur de la presse" - cela me semble être une vue de l'esprit. Assez d'accord sur le fond avec Stanley Lubrik (c'est pas tous les jours :-) ) et Bruno-cal MAge : bien vu ces histoires de TVA. Abstract ; quelle mentalité agressive et méprisante. Mais bon.. elle est bien à l'image de tous ces fantasmes que l'on peut lire ici et là sur la "presse" et ses innombrables défauts... Pour ce qui est de la comparaison entre les acteurs de la communication internet et les médias conventionnels, il convient de ne pas caricaturer les choses. Ces deux mondes interagissent autant qu'ils cherchent à se différencier l'un de l'autre. Les médias conventionnels ont souvent lourdement investi sur Internet (sans pour autant que cela soit très rentable !). La plupart des revues papiers ont aujourd'hui un équivalent numérique. Pas mal de sites web de référence sont des émanations des groupes de presse conventionnels. Ces sites ainsi que de nombreux blogs se nourrissent souvent des contenus produits par les médias "papiers". Toutefois, les modes de traitement des informations tendent à se différencier. Pour forcer le trait, je dirais que Internet a pour lui l'instantanéité, le factuel, la rumeur, l'interaction avec le lectorat; le papier a pour lui le recul, la synthèse, la nuance, le traitement de fond. (c'est bien sur une vision schématique; il y a de nombreuses exceptions à ces grandes lignes).
avatar 8enoit | 
La réaction des groupes de presse est décevante et tape à côté. Ils se plaignent comme des syndicats (comme si Apple leur devait qqchose), alors qu'ils pourraient la jouer plus finement en proposant leur propre système concurrent. Ça aurait le mérite de clarifier le débat: SOIT il y a moyen avec une web app ou un pdf de se passer des achats in-app, càd gagner beaucoup de lecteurs et faire du volume, et apple plie, ou pas, SOIT un système alternatif (pdf, web app ou autre) n'apporte pas assez de nouveaux abonnés contrairement à l'in-app, et Apple mérite les 30%, ceux-ci étant compensés par le volume.
avatar Stanley Lubrik | 
Tiens puisqu'il est question de presse, quelqu'un sait si le iPad en iApp ou dans iBook sait lire la vidéo implémentée dans un PDF quand celui-ci en contient ? Film empaqueté dedans ou lu depuis un serveur ? Merci
avatar USB09 | 
@ Stanley Lubrik : Pour un pdf, oui. Mais je ne suis pas arriver, je crois qu'ils ont virés ça.
avatar chhosni | 
@Bigdidou C'est pas le problème de 30% de taxe prélevé ou autres , ce qui n'est pas normal mais pas normal du tout , c'est que si l’éditeur propose un abonnement via son site ne peut pas faire moins cher que sur l'APP et le coup de l'absence de lien dans l'app vers le site n'est pas normal non plus . c'est clairement un abus , apres à la presse de faire en fonction de ses besoins . Je trouve l'article orienté ( défense Apple ) mais sa se comprend. bonne continuation à tous(tes)
avatar USB09 | 
Bizarrement la presse me fait penser aux jeux video. Je parle en terme de prix. Quand les jeux étaient en cartouche, ils coutaient très cher, au bas mot 490 F. On nous le rabâchait sans cesse et qu'il fallait s'y faire. Le prix de la cartouche 50 f et tout le reste. Puis vinrent les CD a 6 F. Les prix baissairent ? Non. Ils augmentèrent au contraire. Le journalisme a un coût certes mais si on enlevé le pressage et la distribution, on devrait avoir le juste prix. Mais non, on a le même prix que le papier et en plus ça râle. Non, vraiment je ne comprend pas. HS : je me souviens d'une offre magazine en PDF ou flash...non compatible Mac ? Puis vint l'iPhone ( youpi c'est la joie ). Et bien, j'ai reçu un mail me disant que l'offre était valable aujourd'hui sur Mac. J'ai dit " je passe". Tout ça pour dire que au lieu de chicaner sur tout et rien, il y a le ressentiment utilisateur et ça c'est le plus important. Et si c'est mal parti ...
avatar rom54 | 
Les gesticulations de la branche de l'industrie du divertissement s'occupant de l'édition, sont aussi fallacieuses dans ces revendications, qu'elles masquent les reels enjeux derrière les attaques envers Apple et ses produits. Cette industrie, condamnée maintes fois pour pratiques anticoncurrentielles, non respect de la vie privée, atteinte à l'image,... n'en a pourtant pas cédé son sentiment de totale impunité. Si les revenus de la presse sont en baisse sur la production il n'en est rien sur les revenus publicitaires, qui permettent même a une partie de la presse de vivre tout en se positionnant comme gratuite... Apple n'est que le bouc-émissaire, l'exemple "a faire" pour faire taire les autres empreint de vélléités libertaires. Le controle de l'information, des circuits de distributions, des auteurs, pamphlétaires et autres libres penseurs est sous-jacent. Le contrôle unilatérale des bénéfices l'est, lui aussi. La clique des barons de cette industrie veut maintenir ses privilèges féodaux et ses pouvoirs. Ces gens la vont même jusqu'à s'attribuer les bénéfices fait sur les droits des auteurs en s'autoproclamant du fallacieux et pervers terme d' "ayant-droits" masquant celui de rentiers! Pour ces gens la l'art, la littérature, le presse, et les media en général sont des marchandises dont ils tirent pouvoirs et profits. Gutemberg avait inventé la presse pour liberer le savoir et l'information des castes aristocratiques et religieuses afin qu'ils soient accessibles aux citoyens. Cette industrie a inféodé cette invention à son pouvoir. Le papier va disparaitre a terme, tout comme le CD et le vinyl. Aujourd'hui la bataille est de savoir si c'est une commission "paritaire" qui contrôlera le contenu diffusé sur les tablettes et autres ordinateurs, ou si chaques auteurs aura le droit de cité mondial. Regardez l'exemple de l'AppStore concernant les iApp et les applications pour OS X: qui fait des benefices: les auteurs de soft, les utilisateurs, Apple ! Et Android s'aligne Et que tout ceux qui râlent contre les pseudo contraintes imposées par Apple commencent a réfléchir et à agir. Apple a instauré un ecosystéme fermé? iPad est une plateforme alliénante? Vous craignez pour la liberté de consommation et de diffusion? Agissez que diable. Le monde du libre, l'open source, attend des bras et des cerveaux autant que des capitaux, il ne manque que vos contributions pour inventer et distribuer un iPad et un iOS opensource! Bougez-vous, l'heure est aux changements, faites valoir votre voix et vos valeurs!
avatar anclauber | 
En France,La TVA sur la presse est 2,1 %. Il serait bien d'utiliser le moteur google avant de dire des ineptie.
avatar Christophe Laporte | 
@ anclauber c'est vrai uniquement pour la presse papier. Pour la presse numérique, c'est le taux normal. Devriez utiliser Google avant de raconter des inepties
avatar Bigdidou | 
@ chhosni L'éditeur ne peut pas faire moins cher s'il utilise le système in-app ou s'il utilise de gaçon générale une application (même sans in-app) permettant d'avoir accès à ses revues auxquelles on s'est abonné en ligne sur son site ? Si c'est juste dans le cas de l'in-app, franchement... Si c'est général, je suis d'accord, là, Apple dépasse les bornes.
avatar chhosni | 
Ben de ce que j'ai compris c'est exactement cela , l'éditeur n'a pas le droit de proposer moins cher que les abbos in-app y compris si il propose un abbo via ses propres services web . C'est surtout ce point là que je critique et l'absence de lien vers le site de l'editeur Comment veux tu que la libre concurrence soit respecter puisque les prix seront automatiquement nivélés
avatar Osborne | 
sur le fond, je comprends que l'on soit choqué que 30% des bénéfices de la vente de journaux européens partent dans les mains d'une multinationale américaine (que j'admire par ailleurs)… Mais pourquoi ne pas dénoncer cette hypocrisie française où les MNPP qui ont le monopole de la distribution de la presse ponctionne 40% des revenus ! Messieurs les éditeurs, faite votre choix mais arrêtez de nous prendre pour des billes !
avatar Bruno-cal | 
@ usb09 : En 1994 les jeux Super Famicom donc cartouche coutaient au Japon 9800 Yens en moyenne, les jeux Square vers les 11.800 voir 12.800 pour Chrono ( mars 1995 je crois de tete ) , le 3 decembre 1994 Sony sortait sa Playstation a 39.800 Yens, les jeux a 5800 Yens comme Ridge Racer, meme Toshiden coutait 6800 Yens, n'y a t'il pas eu baisse de prix ? Pour moi, ca a bien baissé. Et pour les aigris de la presse, Mac generation c'est quoi ?????
avatar abstract | 
@ Thierry61 : Tu es un ane. J'ai expliqué or toi fetichiste Tu continues a voir la du fantasme. Aggressive et meprisante? Avec la mediocrité toujours meme si Je trouvé que Je suis bien trop tolerant.
avatar RickDeckard | 
@rompseudoànuméro "Les gesticulations de la branche de l'industrie du divertissement s'occupant de l'édition" Tu commences systématiquement tes interventions en amalgamant l'industrie du divertissement et celle de la presse, ici et sur igen. En toute franchise, ça ne sert vraiment à rien d'écrire un gros pavé si tu te discrédites dès la première ligne. Déjà, mettre sur le même plan comme tu le fais ces guignols de l'industrie musicale et celle de la presse, c'est de la malhonnêteté intellectuelle. Que les média, quels qu'ils soient, puissent être une source de profit et de pouvoir, c'est de l'enfonçage de porte ouverte, mais soit (notons tout de même l'ironie de l'argument pour défendre une société telle qu'Apple). Que des journaux tels le Post, le NYT, le WSJ, le Monde, le Monde diplo, les innombrables pure players qui galèrent soient du divertissement, définitivement non. Mais je peux comprendre la facilité de ce genre d’amalgame foireux lorsqu'on est confortablement derrière un écran et non pas enfermé dans un cachot au Moyen-Orient ou en AmSud au nom du "divertissement". @Osborne Presstalis, qui est largement déficitaire, est à détenu à 51% par les éditeurs eux-même donc bon, on peut en conclure ce qu'on veut.
avatar USB09 | 
@ Bruno-cal : Oui je m'en souviens maintenant. Le prix des CD baissèrent. Donc pourquoi les PDF non pas des prix bas ?
avatar Bruno-cal | 
@ usb09 : Je pense que les journaux vendent le contenu, a savoir les articles, que cela soit sur papier ou PDF, le prix reste le même ( ce qui n'est pas tres normal dans l'absolu ). Mais, car il y a un mais, le cout de l'impression et de l'acheminement sont en partie gomme par la TVA a 2.1 % et d'autres part par les aides que l'Etat consent chaque année. Je suis sur que les éditeurs de presse ne rêvent que d'une seule chose, concevoir le journal numérique plaisant à lire, riche en contenu, mais pour ca , ca passe par de tres gros investissements, et les premiers acheteurs sont des betas testeurs qui payent plein pot, mais c'est valable pour tout , TV Plasma, Blu-Ray, Laserdisc etc... Une fois démocratisé, les prix baisseront, enfin si Apple ne prend pas 30% sur toutes les transactions, car la on est pas pret de voir une baisse... Les éditeurs de presse savent qu'ils pourront compenser la baisse par une adoption massive, et à ce jour ce n'est pas ca, d'ou déception de part et d'autres, mais une fois que Google sera dans la place et HP avec ses tablettes Web OS, la position d'Apple changera surement pour s'aligner sur ses concurrents directs.
avatar Bigdidou | 
"abstract [18/02/2011 22:09] via MacG Mobile @ Thierry61 : Tu es un ane. J'ai expliqué or toi fetichiste Tu continues a voir la du fantasme. Aggressive et meprisante? Avec la mediocrité toujours meme si Je trouvé que Je suis bien trop tolerant." C'est un forum francophone...
avatar abstract | 
Apple fonctionne comme un anti-virus. Autant flash et compagnie ne me manque pas (au contraire faudrait debarasser le net de ce boulet) autant je perçois comme une grave atteinte a mon droit de penser sans ingérence l'arrivée des médias sur les iDevices.

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