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Steve Jobs

Le co-fondateur d'Apple.

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Bill Campbell : le « coach » d'Apple prend sa retraite

| 18/07/2014 | 08:05 |  

C'est dans son propre bar, le Old Pro à Palo Alto, que Bill Campbell reçoit les plus importants CEO de la Silicon Valley. Autour d'une bière et d'un panier d'ailes de poulet, le « coach » prodigue ses conseils aux capitaines d'industrie qui veulent bien lui demander son avis sur tel ou tel mouvement dans leurs entreprises. À un moment ou un autre, Steve Jobs a certainement fait partie de ces invités bien spéciaux : les deux hommes étaient de grands amis.

À 74 ans, l'ancien CEO d'Intuit a toujours bon pied bon œil. S'il continue de siéger comme président au conseil d'administration de cette société spécialisée dans le développement de logiciels de calcul d'impôts (une véritable industrie en Amérique du Nord), en revanche il a décidé de laisser son siège au board d'Apple. Celui-ci sera occupé par Susan Wagner, co-fondatrice de la société de gestion d'actifs BlackRock (lire : Avec Susan Wagner, Tim Cook féminise le conseil d'administration d'Apple).

À cette occasion Bill Campbell s'est remémoré quelques épisodes de sa relation fructueuse avec Apple et Steve Jobs pour Fortune. Campbell est un vieux routier de l'industrie des technologies. « Je ne sais pas coder en HTML, c'est sûr. Mais je coache [les patrons] sur la manière d'améliorer leurs entreprises ». L'homme a donné des coups de main à de nombreuses sociétés et personnalités de la Silicon Valley : Eric Schmidt, Evan Williams (Twitter), Jeff Bezos (Amazon)… Mais avec Steve Jobs, la relation était particulière.

Un compagnonnage de 30 ans

Les deux hommes, qui habitaient à Palo Alto, étaient voisins. Le fondateur d'Apple avait pour habitude, le week-end, de marcher jusqu'à la maison de Campbell, de frapper à sa porte, puis de s'asseoir près de sa piscine. En 1997, alors que Jobs venait tout juste de rempiler chez une Apple au bord du gouffre, « il est venu un jour, et nous nous sommes assis sur un banc près de la piscine », se rappelle-t-il. Soudain, Steve Jobs lui a dit : « Je voudrais que tu rejoignes le conseil d'administration d'Apple ». « La seule fois où j'ai eu une telle montée d'adrénaline a été quand on m'a demandé d'être administrateur de l'université Colombia. J'ai dit, sans hésitation, "bien sûr" ».

Bill Campbell est resté 17 ans comme membre du conseil d'administration d'Apple, une durée seulement égalée par Mike Markkula et… Steve Jobs. Mais la carrière du coach chez Apple débute bien avant. C'est par le biais de John Sculley, alors PDG de l'entreprise, qu'il devient vice-président du marketing en 1983. Il a ensuite pris la tête de la division Claris, qu'il a voulu à un moment introduire en Bourse, mais Apple a exercé son droit au rachat — cette entité est devenue par la suite FileMaker. C'est d'ailleurs durant ses jeunes années à Cupertino qu'il acquiert et développe son expertise en matière de conseil et de soutien; il a ainsi suggéré à Jeff Bezos de poursuivre sa carrière en tant que CEO d'Amazon, alors que le fondateur de l'entreprise de distribution voulait se contenter de la place de président du board.

Bill Campbell et Art Levinson.

En 1997 et durant plusieurs années, au conseil d'administration d'Apple, les relations étaient moins formelles qu'aujourd'hui, se rappelle-t-il. D'ailleurs, il n'y avait pas de président : lui et Art Levinson, l'ancien patron de Genentech, étaient considérés comme des « co-directeurs ». Steve Jobs occupa le poste de président d'Apple avant sa mort; c'est Art Levinson qui a repris ce rôle.

Pendant ces 17 années passées au conseil d'Apple, et même avant, il a vu Steve Jobs « émerger en tant que CEO en temps réel ».

J'avais une connexion avec lui. Je l'ai vu quand il était directeur général de la division Mac, quand il est parti et quand il a démarré NeXT. J'ai vu Steve passer du statut d'entrepreneur créatif à celui du gars qui doit faire tourner le business.

Cette relation privilégiée entre les deux hommes a permis à Campbell de saisir le mode de fonctionnement de Steve Jobs, sa manière de penser, son caractère parfois difficile. Lorsque Jobs était le boss d'Apple, les observateurs évoquaient « l'homme de Steve » quand ils parlaient de Campbell.

Mais malgré les bonnes relations qu'il pouvait entretenir avec le fondateur d'Apple, il y a eu tout au long de ces années de collaboration des moments plus tendus que d'autres, notamment lorsqu'il conseillait Eric Schmidt, l'alors CEO de Google (il en est depuis président) et alors membre aussi du conseil d'administration d'Apple. « Steve disait, "Si tu les aides, alors tu me feras du mal". Il me hurlait dessus. Je lui répondais « Arrête donc, je ne vais pas faire de l'HTML, je leur explique simplement comment mieux gérer leur entreprise. »

Tim Cool

Bill Campbell a également eu l'occasion unique de travailler avec Tim Cook. « Apple est une institution maintenant. Tim a fait un travail incroyable pour bâtir et renforcer l'organisation. Il y a de nouvelles personnes très brillantes qui sont désormais en charge. Vous êtes en train de voir l'entreprise grandir ». Des mots qu'il n'aurait pas pu avoir lorsqu'il est entré au conseil de la société en 1997… Il dresse le portrait de celui qui a pris les rênes il y a trois ans : « Tim est un gars calme et sérieux. Il étudie et réfléchit les choses, il prend sa décision, puis il passe à autre chose », explique-t-il.

Pour saluer le bonhomme, Cook a d'ailleurs proposé de faire une contribution en l'honneur de Campbell, quelque part où ce dernier a ses racines, en Pennsylvanie. Une proposition faite le matin de l'annonce de son départ. « C'est sa manière de faire, pour me dire au revoir, il fera quelque chose de chaleureux, une contribution à ma ville, à ma ville natale ».

Google : Steve Jobs nous dirait que l'on fait « beaucoup trop de trucs »

| 08/07/2014 | 11:16 |  

Lors d'un débat avec l'investisseur de génie Vinod Khosla, les deux fondateurs de Google, Larry Page et Sergey Brin, sont revenus sur les différences qui séparaient Apple et Google. Et notamment sur la façon que ces deux entreprises ont d'aborder l'innovation et le développement.

Sergey Brin, en charge de Google X, un laboratoire de recherche fondamentale, met en avant le contraste présent entre les deux compagnies :

De mon point de vue, il faut investir dans différents secteurs, chacun d'entre eux étant un pari risqué. Si vous regardez les voitures autonomes, par exemple, j'espère que ça pourra réellement transformer le transport partout dans le monde, mais il y a des risques techniques et légaux. Mais si vous êtes prêts à faire un certain nombre de paris comme celui-là, on peut espérer que certains d'entre eux se révèlent payants.

C'est sans doute l'une des principales différences entre les deux compagnies : alors que Google dépense sans compter dans de multiples champs de recherche à long terme, Apple concentre toutes ses forces sur quelques produits plus concrets. Sergey Brin continue :

En fait, j'aurais toujours ce même débat avec Steve Jobs. Il me dirait "Les gars, vous faites beaucoup trop de trucs", et je lui aurais répondu "Oui c'est vrai". Et il avait raison, en quelque sorte. Mais je pense que la réponse à ça, c'est que toutes nos recherches sont liées et intégrées les unes aux autres.

S'il était encore utile de le préciser, on voit que la philosophie de base des deux entreprises diffère radicalement. Les objectifs, les manières de procéder, la manière d'investir, tout est différent. L'avenir nous dira sans doute qui d'Apple ou de Google avait adopté la bonne stratégie. Si tant est qu'il y en ait une.

Vous pouvez regarder le débat (en anglais) dans son intégralité ci-dessous :

Steve Jobs, bouc émissaire commode du Premier ministre finlandais

| 04/07/2014 | 11:54 |  

Deux piliers de l'industrie finlandaise ont été brisés par le seul Steve Jobs, a expliqué Alexander Stubb. Le nouveau Premier ministre finlandais, en place depuis le 24 juin, s'exprimait dans le quotidien économique Dagens Industri. Il a pris l'exemple d'Apple et de son cofondateur pour expliquer la déroute, partielle, de deux grandes industries du pays.

« Nous avions deux piliers sur lesquels nous reposions : l’un était les hautes technologies avec Nokia, l’autre l’industrie papetière ». Une industrie du papier que l'iPad aurait mis à mal, tandis que l'iPhone s'était auparavant occupé des mobiles de Nokia. « Nalle Wahlroos, le président de [la banque suédoise] Nordea, a assez bien décrit ça quand il a dit que l’iPhone avait mis KO Nokia et l’iPad l’industrie du bois » (le numérique contribuant à amincir les carnets de commandes).

Alexander Stubb au ministère, le 2 juillet sur son compte Twitter

« Oui, Steve Jobs a pris nos emplois. Mais c’est en train de changer. Notre filière bois se détourne lentement mais sûrement de la pâte à papier pour aller vers les énergies vertes. Notre industrie des hautes technologies se tourne vers les jeux, ce n’est plus qu’une question de matériels comme les téléphones Nokia ». S'agissant des jeux, la réussite la plus spectaculaire de ces dernières années en Finlande est celle de Rovio avec ses Angry Birds.

Faire reposer le tort fait à Nokia sur les épaules d'un concurrent très malin plutôt que sur la direction d'un groupe qui n'a pas senti le vent tourner est un raccourci assez commode sinon cocasse. En coulisse, le premier ministre finlandais ne paraît pas en tenir rigueur à Apple, vu son goût pour l'iPad. Symbole à coup sûr de modernité lorsqu'il s'agit de communiquer auprès des électeurs.

L'une des images presse sur son site personnel

Pour son biographe, Steve Jobs aurait approuvé l'achat de Beats

| 31/05/2014 | 00:48 |  

Walter Isaacson est comme chacun sait l'auteur de la seule biographie officielle de Steve Jobs, dont chacun a pu apprécier la qualité et les défauts. À ce titre, il a côtoyé le fondateur d'Apple durant de longs moments, un privilège qui lui a sans doute permis de mieux cerner le fonctionnement complexe de l'homme et sa personnalité. Est-ce pour autant une raison suffisante de s'autoriser à parler au nom de Jobs ? Sans doute pas. Et pourtant, ça ne l'empêche pas de prodiguer la bonne parole sur tous les plateaux de télévision, tout « spécialiste » d'Apple qu'il est devenu.

Walter Isaacson partage dans cette interview pour CNBC son opinion sur Jimmy Iovine, qui travaille désormais pour Apple aux côtés de Tim Cook : « Je pense que Jimmy est le meilleur découvreur de talents dans le milieu de la musique et de l'industrie du contenu, donc il fait partie de l'ADN d'Apple ». Il trouve aussi qu'avoir acheté Beats va permettre à Apple de retrouver un peu du facteur « cool » que l'entreprise aurait perdu (un sujet qui a d'ailleurs été abordé lors de la conférence Code avec Eddy Cue).

L'acquisition de Beats par Apple est aussi l'occasion pour l'auteur d'affirmer haut et fort que Steve Jobs aurait approuvé cet achat. Isaacson déclare aussi : « Je ne pense pas [que Steve Jobs] s'intéressait beaucoup au matériel [de Beats] et aux écouteurs, même s'il était de ceux qui les vantaient ». En l'absence du principal intéressé, il semble bien imprudent de parler à sa place. Qui peut vraiment savoir ce que Steve Jobs aurait approuvé (ou pas) ?

Walter Isaacson est coutumier des déclarations à l'emporte-pièce. En janvier, il avait déjà assuré que Google se montrait plus innovant qu'Apple, avant de se rétracter en partie : si l'innovation est importante, l'exécution l'est encore plus et dans ce domaine, personne ne peut faire mieux qu'Apple, avait-il alors assuré

(lire : Walter Isaacson : Apple innove finalement plus que Google, enfin presque).

Le « père de la pièce jointe » n'a pas voulu travailler avec Steve Jobs

| 28/05/2014 | 06:30 |  

Si Steve Jobs avait réussi à débaucher Nathaniel Borenstein, nul doute que cela aurait profondément changé notre manière d'utiliser les courriels. Ce dernier n'est autre que l'inventeur du protocole MIME, qui étend le format de données des courriels afin de supporter différents codages (comme l'ASCII étendu, l'UTF, etc), ou encore des contenus non textuels. Le 11 mars 1992, il a envoyé la première pièce jointe. Autant dire que Borenstein est une vraie pointure; ses travaux ont suffisamment impressionné Steve Jobs pour que le fondateur d'Apple, à l'époque en rupture de la société qu'il avait créée quelques années plus tôt, veuille l'avoir à ses côtés chez NeXT.

Crédit Christian Sinibaldi / The Guardian

En 1985, Borenstein est le jeune récipiendaire d'un Ph.D en sciences de l'informatique de l'université Carnegie Mellon. Il y a passé une partie de son temps à développer un nouveau programme de gestion de courriels permettant d'intégrer des images dans les messages. Quand cette technologie a commencé à intéresser les grands noms de l'industrie de l'époque, « un gars du nom de Steve Jobs est arrivé, il a vu notre système d'e-mails, et il a essayé d'embaucher toute mon équipe ».

Une proposition intéressante de prime abord, mais « personne ne voulait travailler pour lui ». Ce n'est pas une question de manque de respect, bien au contraire. Mais même si « je l'admirais énormément », Jobs était « une personnalité totalement dominatrice. Si vous travaillez pour Apple et que vous étiez en désaccord avec Steve Jobs, vous perdiez, que vous ayez raison ou pas. Et personne ne peut avoir toujours raison », explique Borenstein au Telegraph.

L'autre problème est que l'ingénieur partage la même tendance que Steve Jobs… Il juge qu'il n'aurait pas fait long feu chez NeXT. « J'étais une des rares personnes que je connaissais qui pouvait lui tenir tête ». Steve Jobs et ses équipes se sont d'ailleurs inspirés des travaux de Borenstein pour concevoir le logiciel NeXTMail. Et c'est « OK pour moi : l'imitation est la forme la plus sincère de la flatterie, n'est-ce pas ? »

La culture du design d'Apple racontée par un ancien

| 23/05/2014 | 14:24 |  

Ancien designer d'interfaces chez Apple, Mark Kawano a démythifié au travers d'un article de Co.Design, quelques croyances bien ancrées autour de son ancien employeur. Il a quitté Apple en 2012 pour créer l'application et le service StoreHouse (lire Storehouse met en scène vos images sur l'iPad).

Entre 2006 et 2012 il a travaillé sur les interface d'Aperture et d'iPhoto. Puis durant deux ans il a occupé l'un des postes d'évangélistes sur le sujet de l'expérience utilisateur dans les applications OS X et iOS. Une activité de conseil auprès de développeurs et d'autres designers, par exemple ceux travaillant au sein de grandes entreprises qui sollicitaient l'aide d'Apple. Ce qui lui a donné l'occasion de confronter les méthodes de réalisation de produits chez Apple avec les pratiques de ces entreprises.

Première idée erronée, celle selon laquelle la qualité des produits d'Apple est simplement due à la présence de designers à tous points exceptionnels ou d'une organisation parfaitement huilée. La réalité, explique Mark Kawano, tient avant tout à une certaine culture diffusée à tous les échelons.

« C'est à la fois une culture qui existe chez les ingénieurs et une manière dont est structurée l'organisation, elles sont conçues pour encourager le design. Tout le monde garde à l'esprit les questions de l'expérience utilisateur et du design, ce n'est pas seulement propre aux designers. C'est ça qui permet au produit d'être vraiment meilleur… bien plus qu'un designer en particulier ou telle équipe. »

Ce souci de penser au design d'un produit ne se traduit pas par des consignes venues d'en haut, même si Steve Jobs pouvait agir comme un moteur, mais d'une prise de conscience et d'un effort collectif.

« Vous avez maintenant une organisation où vous pouvez consacrer votre temps à la conception de produits, au lieu d'avoir à se battre pour garder sa place ou être frustré de voir qu'un meilleur design est mis de côté par un responsable de l'ingénierie qui vise juste à l'optimiser pour la correction de bugs. Ce sont toutes ces choses auxquelles sont confrontés les concepteurs de produits dans les entreprises et qui leur prennent énormément de leur temps. Chez Apple, on attend de vous que vous accordiez de l'importance à l'expérience utilisateur. »

Les embauches prennent en compte ce critère. Tout le monde, des ingénieurs aux gens du marketing, ont à l'esprit cette préoccupation du design à des degrés divers et ils en tiennent compte dans leurs décisions. L'effort doit être partagé à tous les niveaux. C'est bien d'avoir embauché d'anciens employés d'Apple pour faire de belles interfaces, poursuit Kawano, mais s'il n'y a pas une réflexion du même niveau pour le marketing, la distribution, le commercial et la communication ça ne sert pas à grand chose. La réflexion doit être globale.

Autre mythe qu'il relativise, celui qu'Apple aurait vraiment beaucoup de designer à sa disposition. Rien à voir avec les centaines voire le millier chez Facebook et Google, tempère l'ancien évangéliste. Chez Apple, à son époque, il y avait environ 100 personnes « Je les connaissais tous de vue et par leur nom ».

Il n'y a pas non plus de spécialisations chez les gens, on peut un jour dessiner une icône, un autre travailler sur une interface logicielle. L'appétence pour les belles choses chez les ingénieurs fait que les designers peuvent s'appuyer sur des bases assez avancées lorsqu'ils entrent en scène, au lieu d'avoir à imaginer leurs propres maquettes de zéro.

Peut-être que les choses ont évolué aujourd'hui avec les nouvelles fonctions de Jonathan Ive. Il a été dit par exemple au moment du lancement d'iOS 7 qu'il avait fait travailler des gens du marketing sur le dessin des icônes, une approche assez inédite qui a surpris.

Il parle ensuite de ce souci du détail que l'on attribue à Apple en prenant l'exemple de la fenêtre de saisie de mot de passe. Celle qui s'agite lors d'une entrée erronée (sur OS X) plutôt qu'un banal message d'erreur (comme le fait par contre iOS). Il ne s'agit pas de chercher à tout prix à faire des petites choses sympas lorsqu'on est en pleine conception d'un produit, mais de les inclure lorsqu'elles sont pertinentes « Il est quasiment impossible de proposer des choses innovantes lorsque vous êtes tenu par un délai ou un planning » dit-il.

Chez Apple, les designers et ingénieurs ont souvent sous le coude des idées originales, comme des animations, des effets simulant des principes physiques qu'ils ont bricolées sur leur temps libre et qu'ils mettront de côté jusqu'au jour où elles se révéleront parfaitement adaptées à un projet.

Il n'y a bien sûr pas d'armoire secrète dans laquelle sont conservées ces petites idées et où l'on irait piocher lorsque nécessaire « On est plutôt dans le cadre d'une relation de confiance et de partage au sein d'une petite équipe, où tout le monde se connaît ».

Enfin, il y a la croyance solidement ancrée selon laquelle tout le monde était effrayé par Jobs, une idée illustrée par un conseil que se donnaient les designers. Il valait mieux prendre l'escalier que l'ascenseur, au moins on limitait les risques de tomber sur le grand patron. Lequel, n'aurait pas manqué de vous demander sur quoi vous travailliez. Et là, soit il détestait et vous étiez grillé, soit il adorait et vous pouviez dire au revoir à vos week-end et congés.

« La réalité c'est que les gens qui ont eu du succès chez Apple sont ceux qui ont eu ce désir et cette passion d'apprendre de leur collaboration avec Steve, et qui étaient tout entier tournés vers le client et le produit. Ils étaient prêts à renoncer à leurs week-ends et aux vacances. Et beaucoup de ceux qui se sont plaints que c'était injuste, ne faisaient pas la part des choses en acceptant de sacrifier tout cela afin de réaliser les meilleurs produits pour les clients. »

Steve Jobs s'imposait des exigences élevées et elles valaient pour tous ceux qui étaient supposés travailler pour lui. Il ne comprenait pas pourquoi certains pouvaient refuser de produire des efforts aussi importants. Aussi exigeant qu'il pouvait être avec les autres, il demandait aussi à être traité comme tout le monde, souligne Kawano. Amusé, il conclut sur la seule fois où Steve Jobs lui a adressé un compliment, et ce n'était pas pour son travail : « À la cafétéria dans la file d'attente, il a trouvé que mon saumon avait l'air pas mal et il m'a dit qu'il allait prendre le même ».

Qu’avez-vous pensé du documentaire sur Steve Jobs et Bill Gates ?

| 08/05/2014 | 22:37 |  

France 5 a diffusé aujourd’hui en début de soirée un documentaire de 52 minutes intitulé Jobs-Gates, le hippie et le geek. Nous avons évoqué à plusieurs reprises la diffusion de ce reportage. Pour ceux qui l’ont raté, on imagine qu’il sera disponible très prochainement sur Pluzz.

[MAJ 09/05] : il est maintenant en ligne sur Pluzz.

Si vous l’avez regardé, venez nous dire ce que vous en avez pensé sur nos forums. Nous venons d’ouvrir un sujet spécial. Au passage, pour ceux qui sont sur iOS, nous avons une application iPhone / iPad qui permet de surfer sur les forums dans des conditions optimales.

Quand Steve Jobs réclamait de la magie dans Safari mobile

| 25/04/2014 | 07:40 |  

En janvier 2007, Steve Jobs présentait sur la scène de la Macworld un nouvel appareil révolutionnaire, tout à la fois baladeur, téléphone, et tablette internet. Si l'iPhone était évidemment le « meilleur » iPod et le « meilleur » téléphone au monde, le smartphone faisait surtout la preuve qu'il était désormais possible d'emporter tout internet avec soi. Et le logiciel qui a bougé les plaques tectoniques, c'est Safari.

Francisco Tolmasky - JS Conf

La version mobile de Safari a été développée en grande partie par Francisco Tolmasky, programmeur de 20 ans à l'époque (il en a 29 aujourd'hui), qui a planché sur le navigateur web sous la rude férule de Steve Jobs. Le patron d'Apple réclamait alors de « la magie. Retournez au travail, ça n'est pas assez magique ! », réclamait Steve Jobs. Tolmasky, qui a quitté Apple en décembre 2007, est désormais développeur indépendant et il a conçu un jeu pour iPad disponible depuis ce jeudi, Bonsai Slice [1.0.1 - US - 2,69 € - iPad - 52,2 Mo - Playground Theory]. Le New York Times a recueilli son témoignage sur ses « années Safari ».

Francisco Tolmasky a été embauché par Apple dès sa sortie de l'université de Californie du Sud. Un recruteur avait repéré le développeur en devenir six mois avant qu'il obtienne son diplôme : il faisait à l'époque partie de la petite équipe de développeurs web gravitant autour du projet WebKit, devenu le coeur de Safari ainsi que celui de bon nombre de navigateurs web. Il a débuté sa carrière chez Apple au premier trimestre 2006, mais pas sans attendre d'avoir le blanc-seing de Steve Jobs, qui s'était montré méfiant à l'idée de travailler avec un gars d'une vingtaine d'années !

Les deux équipes en charge du développement de l'iPhone (le matériel et le logiciel) travaillaient dans un coin reclus du campus d'Apple, à Cupertino. Elles étaient physiquement séparées et ne bûchaient pas ensemble directement, afin d'empêcher les fuites; Steve Jobs les rencontrait deux fois par semaine afin de faire le point.

Malgré l'ampleur du projet, le groupe en charge des applications web dans lequel travaillait Tolmasky n'a longtemps compté que cinq personnes en tout et pour tout. « Chacune de ces choses ont été réalisées par une seule personne », raconte le jeune prodige quand il tapote sur les icônes des applications imprimées sur l'emballage du premier iPhone. En ce qui le concerne, il était en charge de Safari mobile.

Ce logiciel a signé une véritable révolution : il s'agit d'un vrai navigateur, capable d'afficher le « vrai » internet dans un format réduit. En 2007, on parlait encore du WAP et d'autres protocoles qui renvoyaient le web au Minitel… De plus, Safari devait se manipuler sans clavier ni souris, et uniquement au doigt. L'influence de Safari mobile a été telle que le logiciel a poussé les sites web à s'adapter aux petits écrans des smartphones. Et au final, Steve Jobs a obtenu ce qu'il voulait de la part d'un vrai magicien du code !

Le développement du clavier virtuel de ce qui s'appelait à l'époque iPhone OS a été l'occasion pour Apple d'organiser un hackathon dirigé par Steve Jobs, mécontent des prototypes présentés jusqu'alors. Durant une semaine, les ingénieurs se sont affrontés pour développer le meilleur clavier… ce fut un des membres de l'équipe de Tolmasky qui a remporté le trophée et le droit (l'obligation, plutôt), de travailler à plein temps sur cette brique logicielle stratégique.

À quelques semaines de la présentation de l'iPhone, Steve Jobs s'est mis en tête de proposer une application cartographique. Le premier jet de l'application Maps, qui utilisait les données de Google Maps, a été développé en moins d'une semaine, là aussi par un ingénieur du groupe Tolmasky. En deux semaines, une version de démo a pu être finalisée pour le keynote de la Macworld. « C'était le genre d'effet que Steve Jobs avait sur vous : c'est important, ça doit arriver, et vous allez le faire ».

Francisco Tolmasky livre un exemple amusant du caractère bouillant du PDG d'Apple. Il y avait dans l'équipe de l'iPhone un employé du nom de Steve, source de confusion et de quiproquos dans le groupe. Cela avait le don d'énerver Jobs au plus haut point, qui un jour a décidé que l'ingénieur en question allait s'appeler… « Margaret ». Le pauvre a dû endurer ce prénom durant toute la période de conception de l'iPhone !

Tolmasky a quitté Apple alors que l'iPhone commençait à connaitre le succès. L'esprit commando a laissé alors la place à une structure plus importante. Après Apple, il a fondé une société, 280 North, qui a créé un environnement logiciel de développement de webapps mobiles. Cette jeune pousse a été rachetée par Motorola pour 20 millions de dollars. Aujourd'hui, à la tête du petit studio Playground Theory (5 personnes), il se lance donc dans le jeu pour iPad avec Bonsai Slice, qui utilise très intelligemment les capteurs de mouvement de la tablette.

Le jeu ressemble un peu à Fruit Ninja, puisqu'il s'agit de découper des objets… mais au lieu d'utiliser son doigt, il faut véritablement reproduire les mouvements d'une lame ! Il va falloir faire attention à ne pas taper sur la tête des gens dans la pièce. Le développeur compte pour le moment continuer à concevoir des jeux mobiles, un secteur où il pourrait bien, une fois de plus, connaitre le succès.

Steve Jobs aussi raconté en bande dessinée

| 17/04/2014 | 09:00 |  

Steve Jobs inspire tous les arts. Après la biographie, après le cinéma et même l’opéra, voici la bande dessinée qui raconte l’histoire du cofondateur d’Apple. Steve Jobs : Celui qui rêvait du futur est l’œuvre du scénariste britannique Jason Quinn et du dessinateur indien Amit Tayal, mais elle a été traduite en français dans cette édition. Si l’on en croit la description et les quelques pages données par Amazon — on en trouvera plus sur le site du commerçant — on a affaire à une biographie qui ne cache pas ses hommages :

Steve Jobs a changé la façon dont nous travaillons, dont nous jouons et le monde dans lequel nous vivons - et ce livre raconte la façon dont il a réalisé tout cela. Adopté à la naissance par une famille modeste, éjecté de la compagnie qu’il avait créée, visionnaire hors pair, Steve a réussi à surmonter tous les obstacles et à révolutionner le monde de l’informatique avec Apple, du cinéma avec Pixar, de la musique avec iTunes, de la téléphonie avec l’iPhone... Sa vie est une vie de passion, d’innovation et de génie créatif à la poursuite de son rêve : un futur où les objets sont simples et beaux. Cet album rend hommage à celui qui a osé penser différemment !

Clic pour agrandir

Éditée par 21 g, cette bande dessinée de 107 pages au style volontairement simple (« un style ligne clair typé dessin animé pour atteindre un niveau de simplicité cohérent avec la démarche stylistique de son héros Steve Jobs. », selon les mots de l’éditeur) est vendue environ 16 € dans les librairies en ligne et sans doute quelques libraires physiques. Elle n’est, a priori, disponible que sur papier, mais pas au format numérique.

Le décès de Steve Jobs vu par Samsung

| 16/04/2014 | 12:52 |  

Les pièces du procès entre Apple et Samsung permettent de revivre de l'intérieur les événements qui ont jalonné la confrontation entre ces deux entreprises. Le Wall Street Journal a publié les emails de responsable de Samsung réfléchissant à la stratégie marketing à adopter pour contrer l'iPhone 4s qui venait d'être annoncé.

Le 4 octobre, le jour de la présentation de l'iPhone 4s, Michael Pennington, alors vice-président des ventes de Samsung, envoie un email à Todd Pendleton (responsable marketing de Samsung Telecommunications America (STA)) et Dale Sohn (président de STA), pour leur faire part de sa stratégie résumée dans l'objet du courriel « Utiliser Google pour attaquer Apple ? ».

Pennington se dit bridé par la position de Samsung qui est de ne pas attaquer Apple car il s'agit de l'un de ses gros clients, et suggère alors qu'il faudrait demander à Google de lancer une campagne marketing visant Cupertino.

Trois jours plus tard, le 7 octobre, Pennington revient à la charge et soulève un problème inattendu, le décès de Steve Jobs intervenu le lendemain de l'annonce de l'iPhone 4s :

Malheureusement, la mort de Steve Jobs a entraîné une énorme couverture médiatique sur la "supériorité" d'Apple et de l'iPhone, tous créés par le "passionné, insatiable, perfectionniste..." Tout cela est fortuitement bénéfique à Apple, car tous les messages de tierce partie soulignent ou renforcent la perception du consommateur que les produits Apple sont meilleurs, puisque Jobs était si visionnaire et perfectionniste. Les consommateurs peuvent s'enthousiasmer à l'idée d'acheter un appareil conçu par une telle personne.

Et Pennington poursuit :

Désolé de continuer à mettre en avant ce problème, mais j'ai vu ce cas de figure trop longtemps et je sais que c'est notre meilleure chance d'attaquer l'iPhone.

Todd Pendleton lui répond alors :

Nous allons mettre à exécution ce que tu recommandes pour notre campagne de Noël du Galaxy S II et allons concurrencer frontalement l'iPhone 4s. [...] Nous allons démystifier l'avantage perçu d'Apple (écosystème/services) en montrant aux consommateurs qu'il est facile de passer à Android et qu'ils ont plus de choix/personnalisation en faisant partie de l'écosystème Samsung.

Un porte-parole de Samsung a indiqué au Wall Street Journal que Pennington avait récemment quitté l'entreprise. La raison de son départ n'a pas été donnée. Le PDG de Samsung Electronics, Choi Gee-sung, avait rendu publiquement hommage à Steve Jobs le jour de son décès et l'un des membres de la famille fondatrice du groupe avait été invité aux obsèques :

Samsung Electronics est attristée d'apprendre le décès du président Steve Jobs et nous tenons à exprimer nos plus sincères condoléances. Le président Steve Jobs a été la source de nombreux changements révolutionnaires dans l'industrie des technologies de l'information et il était un formidable entrepreneur. Son esprit innovateur et ses remarquables réalisations ne seront jamais oubliés par les gens à travers le monde. Nous tenons à exprimer à nouveau nos plus sincères condoléances à la famille de M. Jobs et ses collègues.

Nos autres articles sur le procès Apple v Samsung :

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