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Jeu d'aventure : test de Broken Age, Acte 1

Paul Tabéry | | 18:00 |  6

Si vous vous êtes intéressé à la série des Monkey Island, et plus récemment à The Cave, il se peut que le nom de Tim Schafer ne vous soit pas inconnu. Ce concepteur de jeux vidéo et son studio, Double Fine Productions, sont à l’origine de quelques-uns des plus grands succès du jeu vidéo d'aventure. Broken Age marque le retour du designer dans le genre, après sept ans d'absence, et l'arrivée simultanée du jeu sur Mac et sur iPad était une occasion trop belle pour ne pas nous livrer à un test en règle. À l'heure des polygones à gogo et des graphismes gargantuesques, y a-t-il toujours une place pour un point-and-click en 2D, dessiné à la main ? Réponse dans quelques dizaines de lignes.

Double Fine nous avait habitués à des jeux magnifiquement dessinés, où seule la combinaison d'objets la plus aléatoire pouvait faire avancer les choses, le tout saupoudré d'humour, de grâce et d'un sentiment doux-amer qui donne à cet ensemble son caractère si particulier. Broken Age, autant le dire tout de suite, ne déroge pas à la règle. Ce jeu d'aventure en point-and-click constitue d'ailleurs un des grands succès de Kickstarter (le studio demandait 400 000 $, et en a remporté plus de 3 millions).

L'histoire de Broken Age est centrée sur deux personnages que tout sépare : une jeune fille, Vella, dans un village champêtre, et un jeune homme, Shay, dans un vaisseau spatial. La première s'apprête à offrir sa vie à un monstre pour protéger son village, lors d'un rituel annuel qui se produit depuis des générations. Le second vit en permanence sous le regard surprotecteur de l'IA du vaisseau, qui lui évite absolument tout risque depuis sa tendre enfance. Vella et Shay se mettront en tête de bouleverser le statu quo, l'une en décidant de tuer le monstre, l'autre en échappant au contrôle de l'IA.

La vie de Shay, l'un des héros, est intégralement contrôlée par une IA un peu trop maternelle.
La vie de Shay, l'un des héros, est intégralement contrôlée par une IA un peu trop maternelle.

Le jeu permet de changer de personnage à l'envi, et de continuer leur histoire respective là où on l'avait laissée. Comme tout point-and-click qui se respecte, part belle est faite aux dialogues, à l'exploration et à la solution d'énigmes. L'ensemble accompagné de l'humour inimitable du studio, avec des personnages fantasques, des répliques qui font mouche, des combinaisons d'objets improbables… Même si le jeu ne parle qu’anglais, les sous-titres (français, entre autres) peuvent aider à saisir tout le sel des différentes situations. Les personnalités (de prestigieux acteurs ont prêté leur voix aux personnages), les dialogues, tout cela est une franche réussite.

Une autre raison d'aimer Broken Age est son design. Les décors, personnages et animations sont de vrais chefs-d'œuvre. On est plus proche du dessin animé interactif que du jeu vidéo. Le trait est léché, les environnements regorgent de détails. Il serait dommage de se précipiter pour finir le jeu sans prendre le temps d'admirer les alentours.

En fait, ce serait doublement dommage. Il a beau s'agir ici uniquement de l'acte 1 du jeu, on s'en sort — sans se presser — en un petit week-end. La faute, d'abord, aux énigmes souvent simplistes : en gros, si vous êtes bloqué quelque part, essayez tous les objets sur tous les personnages, vous arriverez forcément à quelque chose. Un peu dommage, même si le côté loufoque de certains casse-tête est ainsi mis en valeur.

L'épisode de l'arbre qui parle ferait culpabiliser un militant Greenpeace.
L'épisode de l'arbre qui parle ferait culpabiliser un militant Greenpeace.

Mais les énigmes pourraient être simples sans affecter la durée de vie du jeu ; l'autre reproche qu'on lui adressera sera de s'arrêter au moment où les choses deviennent vraiment intéressantes. Broken Age s'articulera en deux actes ; si le second est aussi court que le premier, on aura du mal à justifier le prix du jeu sur grand écran — il faut toutefois noter que la version Mac donnera gratuitement accès à l'acte 2, au contraire de la version iPad.

Reste que le temps passé devant Broken Age est tout de même un excellent moment. Encore une fois, c'est le genre de jeu qui se joue lentement, à petites doses — les fans de Call of Duty en seront pour leurs frais. Les autres apprécieront l'histoire des deux adolescents, le très bel univers graphique de l'aventure, et le ton unique du jeu.

7
10
Jeu d'aventure : test de Broken Age, Acte 1 Configuration minimale : Mac OS X 10.6.8, Intel Core Duo, 2 Go de RAM, Intel HD 3000 ou carte équivalente disposant de 512 Mo de VRAM / iPad 2 ou iPad mini sous iOS 5.

  • Graphismes

  • Scénario

  • Humour


  • Puzzles peu satisfaisants

  • Court (même pour un premier acte)

  • Prix un peu élevé sur Mac (même s'il donne accès au futur acte 2)


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6 Commentaires Signaler un abus dans les commentaires

avatar oomu lun, 30/06/2014 - 18:14

" les fans de Call of Duty en seront pour leurs frais "

ça tombe bien, Call of Duty est l'anti-thèse de mon genre de jeux

(Flower m'a un peu stressé, surtout à la fin purement apocalyptique :) )

avatar Anonyme (non vérifié) lun, 30/06/2014 - 18:31 via iGeneration pour iOS

Puis le jeu peut être trouvé moins cher sur Steam pendant encore 30 minutes :)



avatar rom.romain lun, 30/06/2014 - 19:05 via iGeneration pour iOS

Ce n'est pas un jeu pour les plus jeunes ?

avatar Lion Yes lun, 30/06/2014 - 19:21 via iGeneration pour iOS

@rom.romain :
Non, pas forcément.

avatar tatouille lun, 30/06/2014 - 22:51 (edité)

Modéré par la rédaction (AZ)