Baidu va faire rouler des taxis autonomes dans deux grandes villes chinoises

Mathieu Fouquet |

Après un test grandeur nature sur les routes pékinoises, Baidu va pouvoir passer à la vitesse supérieure : la société chinoise a reçu la bénédiction des autorités locales pour lancer un service de taxis totalement autonomes dans les mégapoles de Wuhan et Chongqing. Apollo Go, le service de taxi de Baidu, va déployer cinq « robotaxi » dans chaque ville qui rouleront entre 9 h et 17 h environ. Ces derniers ne circuleront cependant que dans une zone de 13 km2 à Wuhan et de 30 km2 à Chongqing, le temps sans doute de s’assurer que le service fonctionne sans accroc.

En effet, contrairement aux taxis qui roulent par exemple déjà à Shanghai, Shenzhen et Changsha, ceux de Wuhan et Chongqing fonctionneront sans intervention humaine : il n’y aura pas d’employé dans chaque véhicule pour prendre le volant en cas de problème. Pour marquer l’occasion, Baidu a posté une vidéo promotionnelle qui illustre le fonctionnement de ces taxis.

Images Baidu.
L'application Robotaxi.

Avec cette première exploitation commerciale de sa technologie de conduite autonome, la première du genre dans l’empire du Milieu, Baidu espère parvenir à démocratiser de tels services : la société voudrait déployer ses taxis dans 65 villes d’ici 2025 et 100 villes d’ici 2030. La route est cependant encore longue : ces deux zones à Wuhan et Chongqing ne sont qu’un minuscule terrain d’essai, surtout qu’elles bénéficient d’infrastructures favorables aux véhicules autonomes. À Wuhan par exemple, Apollo Go pourra profiter de 106 kilomètres de routes équipées de la technologie V2X, un système qui facilite la communication entre les véhicules et avec les infrastructures et les piétons.


Source
TechCrunch, image d’accroche Baidu
avatar Bruno de Malaisie | 

Wuhan de triste mémoire…

avatar Lucas | 

Ça oscille entre terrifiant, impressionnant et excitant…

mais comme tout remplacement du travail humain durant ce siècle (caisses automatiques, intelligences artificielles dans les services, robotisation…), s’il ne s’accompagne pas d’un nouveau contrat social, il nous entraîne vers des conflits sociaux incontournables…

remplacer les travaux pénibles ou répétitifs par de la technologie c’est super et pas nouveau, mais il faut de la formation, de la réduction du temps de travail, des hausses de salaires, des taxes, des nouveaux métiers et de l’amélioration des conditions de vie et de la qualité intellectuelle ou artisanale des tâches, sinon on fonce dans le mur à court et moyen terme !

avatar iPop | 

@Lu Canneberges

Tout à fait. 😔

avatar hartgers | 

Rien à redire, commentaire parfait.
Notre gouvernement pourrait en prendre de la graine.

avatar lduret | 

@hartgers

Je doute que les points cités fassent partie des préoccupations chinoises.
Votre commentaire "Notre gouvernement pourrait en prendre de la graine." est une liberté qui n'y est pas permise. Comme dans bien d'autres endroits. Savourons ce privilège.

avatar codeX | 

Parler de contrat social en Chine 😂

avatar oomu | 

@codeX

et pourtant y en a un, que tout citoyen fait avec le Parti. (ou que le Parti vous a fait...)

avatar oomu | 

@Lu Canneberges

"sinon on fonce dans le mur à court et moyen terme"

en attendant le grand soir à court ou moyen terme, on peut faire du profit et pérenniser sa domination et pouvoir au sein des institutions ?

Je demande, pour un ami.

avatar abalem | 

@Lu Canneberges

Je suis d’accord avec toi. Et pour habiter en Asie, ce paradoxe donne le tournis. Alors que j’ai l’impression que la France prend d’un coup la mesure réelle du réchauffement climatique par l’épreuve des incendies, des rivières taries, des éboulements en montagne, des champs à sec et des animaux silencieux, alors que la plupart quitte son quotidien pour retrouver un paysage de vacances que bon nombre fréquente depuis des années, aux quatre coins de l’Hexagone, en Asie, où de toutes façons la canicule est la norme dans certaines régions, les changements sont, pour le moment, moins radicaux, et les problèmes d’écologie, de gaspillage, d’économie des ressources impactent beaucoup moins les gens dans leur quotidien. Trop chaud, trop de voiture, pas de vélo. Transports en commun encore en développement, mais pas encore de maillage suffisant permettant une moindre utilisation de la voiture individuelle climatisée pour la classe moyenne qui continue de grandir. Le Covid qui a multiplié par 100 la livraison à domicile, habitude qui perdure et s’accroît parce que c’est bien pratique de se faire livrer, alors que c’est autant d’emballages, d’élastiques, de sachets, d’émissions carbones etc.
Du coup, c’est comme si on croyait ici encore au rêve technologique alors qu’on se rend compte douloureusement et trop tard dans doute en Occident que les limites finies de notre environnement, qui commencent à se tarir, nous imposent des choix radicaux dont nous avons encore du mal à prendre la mesure.
C’est étrange de vivre ce paradoxe au quotidien, dans deux réalités dont l’une ne percole quasiment pas dans l’autre, sauf sous le prétexte fallacieux de campagnes marketing pour vendre plus de trucs plus « verts »…
Cette utopie de la smart city, de la voiture autonome, de l’avenir technologique, ça risque bien de s’arrêter d’un coup à une échéance pas si lointaine comme dans un film de SF des années 70..

avatar bozzo | 

@abalem

Évidemment d’accord. Belle description de paradoxes très communs sur la façon dont l’espèce humaine traite son environnement.
Ce qui manque à la plupart de nos concitoyens, et à un certain nombre ici, c’est d’une part quelques connaissances scientifiques et techniques, notamment en ce qui concerne l’énergie et d’autre part un peu de recul.
C’est ce qui fait que nous avons ici et dans de très nombreux autres forums quelques réactions d’une beauferie affligeante.
Et dans la vie de tous les jours des comportements tout aussi affligeants. Nous ne réagirons que lorsque nous serons vraiment dans le mur.

avatar Paquito06 | 

@bozzo

“Ce qui manque à la plupart de nos concitoyens, et à un certain nombre ici, c’est d’une part quelques connaissances scientifiques et techniques, notamment en ce qui concerne l’énergie et d’autre part un peu de recul.”

Ce qui manque a nos concitoyens, c’est de l’education, et quelques voyages en Inde, Indonesie, Chine, Thailande, … histoire de voir la realite en face 😌

avatar Bruno de Malaisie | 

@abalem

Exactement le même cas de figure en Malaisie. Le gros problème ici est l’éducation et l’absence de conscience d’autrui.
Dans quel pays vis-tu?

avatar abalem | 

@Bruno de Malaisie

En Thaïlande, mais j’ai bien conscience que c’est la norme, dans une très vaste zone géographique de ce côté-ci du globe, qui mine de rien, en termes de population, surpasse aisément l’autre. La « consommation » en Europe, c’est le Moyen-Age par rapport à ici, à la Chine, à la Malaisie aussi sans doute, en ville en tout cas. On n’est pas du tout, mais vraiment pas du tout sensibilisé à ces questions encore ici. La sobriété ? LOL. Je me dis que la chute n’en sera que d’autant plus brutale, et elle parait chaque année, depuis pas très très longtemps, de moins en moins évitable.

avatar Bruno de Malaisie | 

@abalem

“La « consommation » en Europe, c’est le Moyen-Age par rapport à ici, à la Chine, à la Malaisie aussi sans doute, en ville en tout cas”
Tout à fait d’accord.
Ce qui est dramatique à mes yeux, c’est que ceux qui font quelque chose, à savoir les pays européens n’étonne qu’un petit impact in fine compte tenu de leurs petites tailles et de leurs pollutions déjà mesurées.
Par contre, des pays tels que la Chine, l’Inde, l’Indonésie etc, c’est une autre histoire.
La lutte contre le fléau de la pollution doit commencer par l’éducation. Sans éducation, l’individu lambda n’a pas conscience des conséquences d’un sac plastique dans la campagne…
Sans parler des petits emballages plastiques parce que les habitants n’achètent qu’en petites quantité par faute de moyens…
Terrible constat!

avatar marc_os | 

@ Bruno de Malaisie

Vos échanges avec abalem sont vraiment intéressants.

> La lutte contre le fléau de la pollution doit commencer par l’éducation.

La question c'est : Qui "éduque" ? Qui établit les programmes scolaires ?
Or, tant que les "décideurs" ne verront pas l'intérêt de s'inquiéter de l'évolution du climat, ils ne feront rien. Ce sont des visions court-termites qui valent car l'espérance de vie humaine n'est pas assez longue. Quant "aux générations futures", pour s'en inquiéter, encore faut-il avoir conscience du problème d'une part, mais aussi dans le cas des décideurs, si ceux-ci pensent que de toute façon ça ne les concerne pas vraiment car avec "l'argent on achète tout", c'est pas gagné.

avatar Bruno de Malaisie | 

@marc_os
Merci pour le compliment. Mais c’est @abalem qui a commencé avec un super post! Je n’ai fait qu’y répondre…
Je suis enseignant dans une école internationale. Il y a dans le cursus, et ce, depuis l’école primaire puis secondaire, un enseignement sur les questions environnementales qui est bien fait et très intéressant.
Mais c’est une école privée comme il y en a tant ici.
Les élèves sont des enfants favorisés mais, du coup ils et seront peut être des décideurs de demain. C’est la raison pour laquelle l’éducation est la seule réponse aux problèmes sociétaux.
Par contre, dans les écoles publiques, c’est le néant absolu…

avatar marc_os | 

@ Lucas

C'est vrai que chauffeur de taxi, c'est « pénible et répétitif ».
Tant pis pour eux.

avatar bozzo | 

@Lu Canneberges

En ce qui concerne le remplacement de l’humain par les machines, j’ai jusqu’à il y a peu de temps pensé que cela était destructeur d’emplois.
Et puis je me souviens d’une émission de radio dans laquelle 2 économistes tombaient d’accord sur le fait que les progrès technologiques ne se sont en fait jamais associés à une réduction globale des emplois disponibles.
A titre personnel, j’ai plutôt tendance à les croire…

avatar marenostrum | 

c'est la diminution de la population la nouvelle tache.
parce que les machines coutent plus cher que les humains et il faut des gens intelligents pour les entretenir. alors faire travailler les gens intelligents et payer sans travailler les plus nombreux, les ignorants, c'est impossible.
d'où ce choix controversé des élites mondiales, de tuer les gens.

avatar abalem | 

@marenostrum

🥇

avatar Dadourun | 

@Lu Canneberges

Ou plutôt changer la base de taxation, le travail, par le chiffre d’affaires.
En tant que chef d’entreprise, je préférais avoir une taxe unique sur le chiffre d’affaires à la place de tout cet arsenal fiscal qui ruine notre compétitivité (surtout pour les petites entreprises, car cela prend un temps fou) et est un frein à l’emploi. Cela faciliterait la constitution des prix de vente.

avatar marc_os | 

@ Dadourun

> je préférais avoir une taxe unique sur le chiffre d’affaires à la place de tout cet arsenal fiscal qui ruine notre compétitivité (surtout pour les petites entreprises, car cela prend un temps fou)

Donc pour vous, c'est ok de payer des taxes si votre entreprise fait des pertes ?

Rappel :
Les charges sociales ne sont pas des taxes.
Ce serait bien de retrouver l'interview d'il y a quelques années du PDG de Chevrolet qui disait envier la France, car l'Etat s'occupe de la sécurité sociale. Aux USA, les patrons doivent payer des salaires énormes pour attirer les compétences et pallier au fait que la sécurité sociale est privée. Au final, ça coûte plus cher à Chevrolet qu'à Peugeot.

Ensuite, les entreprises payent des impôts sur les bénéfices.
Si elles perdent de l'argent, et bien elle ne payent pas cet impôt.

avatar AKZ | 

On attends avec « impatience » les premiers hacking qui rendront ces voitures incontrôlables.

avatar BingoBob | 

Taxi, métier d’avenir…

avatar Phiphi | 

Moi j’attends quand même de voir comment les voitures autonomes vont savoir éviter les nids de poules, parce que de plus en plus la région parisienne me rappelle des souvenirs de Bucarest.
(Quand à voir le système changer une roue sans intervention humaine je pense que je serais mort enterré desséché depuis des lustres 😉)

avatar max intosh | 

@Phiphi

Pour la roue à changer: ma voiture, assez techno, m’a signalé un jour une crevaison (alerte marquée de façon évidente sur l’écran) alors que je la mettais à peine en route, il y avait effectivement un beau clou et seul je ne m’en serais pas rendu compte alors que j’entamais un long trajet car le dégonflage était très lent. Et sinon plus personne ne sait changer une roue, les assistances s’en chargent, d’autant que ces taxis ont seront sous haute surveillance à distance. Et puis bon, je sais pas en Chine, mais je ne vois pas comment une autonome conduirait plus mal qu’un taxi humain à Paris (par exemple). Impossible!

avatar Phiphi | 

@max intosh

Oui la mesure de pression à distance je connais. Mais j’ose croire qu’on est encore assez nombreux à savoir changer une roue, même si tu peux effectivement aussi attendre ton assistance une plombe au bord de la route. Bien entendu concernant une flotte de taxi je plaisantais. La société va envoyer un second taxi bien plus vite que la dépanneuse probablement.
Après je parlais pas de forcément bien conduire, mais de savoir éviter des trucs genre nids de poules. Sur les routes aux alentour de Bucarest c’est vraiment un sport et dans les routes de forêts tout prêt de Paris il y a maintenant des pièges aussi monstrueux.

avatar pat3 | 

@Phiphi

"Oui la mesure de pression à distance je connais. Mais j’ose croire qu’on est encore assez nombreux à savoir changer une roue"

Sur les modèles récents, il n’y a plus de roue de secours, il n’y a qu’une galette de dépannage; faut aller chez un garagiste pour pouvoir faire changer la roue.

avatar Phiphi | 

@pat3

Soit mais pour mettre la galette il faut savoir changer une roue. La galette c’est une roue. Une roue moins épaisse, mais une roue 🤷‍♂️

avatar pat3 | 

@Phiphi

Oui bien sûr, c’est toujours bien de savoir changer une roue: mais je voulais dire par là qu’avant, on pouvait crever au milieu des vacances, changer sa roue et poursuivre ses vacances et étant tranquille. Aujourd’hui non : une fois changé sa galette, on a intérêt à s’enquérir du garagiste le plus proche pour y faire changer sa roue. La compétence n’a plus là même valeur, et on n’est plus très loin de l’attente de la dépanneuse sur le bord de la route.

avatar Phiphi | 

@pat3

Oui et non. Si tu peux ramener les gamins de la plage avec maman et retourner chez le garagiste tout seul c’est quand même vachement moins de stress 😂 mais effectivement je vois ce que tu veux dire.

avatar BlueVelvet | 

@max intosh

Haha, je note: «Je ne vois pas comment une autonome conduirait plus mal qu’un taxi humain à Paris»!

avatar CountDown | 

Peuvent pas faire des tramways à la place ?

avatar oomu | 

@CountDown

vous avez déjà vendu une flotte de tramway ?

avatar Matlouf | 

Je vois plus cette opération comme une expérimentation en grandeur réelle avant de passer à une commercialisation, à l'export, de ce système. J'imagine que ce genre de taxi coûte la peau des fesses, et un chauffeur de taxi chinois doit rester très compétitif face à ça. Mais, après que les piétons chinois aient permis de debugger le système, certains au prix de leur vie mais ça c'est pas grave, vendre ça ensuite aux pays occidentaux pour les déstabiliser socialement et économiquement, ça a du sens.

avatar zypic | 

@Matlouf

+1

avatar Dadourun | 

@Matlouf

Exact ! Bien vu.

avatar Paquito06 | 

Ca a l’air tres similaire a ce que proposent Vegas et Dubai 👀

avatar 0MiguelAnge0 | 

J’aimerais que MacG m’explique comment le V2X peut améliorer la communication avec les piétons sans hardware disponible dans les phones que tout un chacun a…

Comme quoi le copié-collé a ses limites :))

avatar marenostrum | 

il donne que l'info. il va pas étudier la chose. ces trucs en plus vont jamais marcher. les chinois copient les américains, ils spéculent. le même système produit les mêmes effets partout. les gens qui s'occupent de la science, veulent vivre confortablement et vendent du rêve pour assurer des fonds.

avatar DahuLArthropode | 

Ça me semble un grand pas, mais dans la mauvaise direction.
Il s’agit de faire mieux ce qu’on ne devrait plus faire: des trajets individuels sur de courtes distances. Certes, ça permet de limiter le nombre de véhicules produits en les mutualisant, mais toujours avec une empreinte supérieure à des alternatives qui existent déjà. Il s’agit donc de le faire parce qu’on sait le faire, et non pour résoudre un problème.

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