Grillés : les étudiants de Lyon-III utilisent le Wi-Fi pour tout… sauf étudier

Nicolas Furno |

Le réseau Wi-Fi de l’université Jean-Moulin Lyon-III sature. Les bornes installées par les responsables ne sont pas suffisantes pour les 6 000 appareils qui se connectent chaque jour depuis le début de l’année. C’est quatre fois plus que l’an dernier et le réseau ne suit pas, avec à la clé des débits médiocres quand les étudiants sont sur place et qu’ils accèdent à internet pour alimenter leurs recherches et autres travaux universitaires. Ou pas universitaires.

Les responsables du réseau ont analysé l’utilisation du Wi-Fi dans l’université sur une journée de février. Et « surprise ! » (non), les étudiants n’accèdent pas à internet pour étudier, en tout cas, presque pas pour étudier.

Image @florentderue.

La plate-forme mise en place par l’université pour distribuer ses contenus, Moodle, est bon dernier dans la liste des sites qui consomment le plus de bande passante. En tête, on retrouve plutôt Facebook, grand gagnant du classement avec 34 % des usages sur la journée mesurée, suivi de Netflix, YouTube, Snapchat ou encore Instagram. Microsoft tire aussi son épingle du jeu… pour ses mises à jour ! 🙃

Certains étudiants se défendent, justifiant notamment que Facebook leur sert de plateforme d’échange, entre autres choses pour distribuer des cours ou travailler en groupe. L’argument va être plus difficile à trouver pour Netflix, même si on pourrait arguer que le service de streaming propose un grand nombre de documentaires passionnants (mais non).

On notera au passage l’absence totale de Twitter, ou encore de Tinder, deux réseaux très populaires de l’aveu même des étudiants. Mais qui sont aussi plus économes en bande passante, ce qui explique leur absence dans les résultats. D’ailleurs, ce même argument peut aussi expliquer la très faible part de Moodle dans les résultats.

Quoi qu’il en soit, l’université lyonnaise a envoyé un mail à tous ses étudiants pour leur faire prendre conscience du problème et faire preuve de pédagogie en leur demandant de diminuer la qualité des vidéos sur YouTube, ou encore de fermer Facebook quand ils ne s’en servent plus. Aucun blocage n’est prévu pour le moment, mais l’hypothèse n’est pas exclue toutefois, si la situation perdurait. Dans d’autres facs, le réseau interne bloque déjà plusieurs sites populaires, dont Netflix, Facebook, et même Clash Royale ! Fort heureusement pour les accros, il reste la 4G.

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avatar Pas-un-philosophe | 

En même temps c'est dur de s'occuper en amphi quand on a un cours soporifique avec un enseignant qui ne vient que pour passer de Dr à Pr

avatar Desseaux | 

@Pas-un-philosophe

Les cours n’étant pas obligatoires, si c’est chiant, tu restes chez toi.

J’ai jamais compris les étudiants qui allaient en cours pour faire autre chose que suivre le cours : j’étais 1000 fois mieux chez moi avec ma gueule de bois et mon adsl...

avatar Paul_M | 

@Desseaux

Dans le milieu où j'étudiais (une école d'ingé, mais ça ne concerne pas seulement la mienne) il est courant "d'encourager" les élèves à venir en cours avec des émargements, appels voire pénalités de points. Certains profs ne distribuent leurs polys qu'en version papier aux élèves qui viennent au cours voire (!!) font copier le cours aux élèves. Visiblement c'est une méthode qui est plus simple que de remettre en question la pertinence et la qualité de certains cours. J'ai toujours trouvé ça complètement con, voire proprement scandaleux d'en être arrivé à ce niveau de débilité dans une filière soi-disant "d'excellence".

avatar iRobot 5S | 

@Paul_M

Je confirme, étant en école d'ingé moi même

avatar MacGyver | 

en meme temps, l'excellence qui passe 90% de son temps sur les reseaux sociaux au lieu d'etudier... c'est relatif comme appelation

enfin, ca explique surement beaucoup de choses en France en ce moment

avatar sachouba | 

@MacGyver :
"enfin, ca explique surement beaucoup de choses en France en ce moment",

Je crois que tu confonds l'ENA et les Grandes Écoles (d'ingénieurs). La "French Tech" n'est pas rétrograde et inefficace ; bien au contraire, elle est réputée et appréciée.

avatar Paul_M | 

@MacGyver

"L'excellence" (un peu autoproclamée) des Grandes Ecoles d'ingés ne repose pour moi que sur la qualité des élèves qui y entrent. Mon parcours là bas a été caractérisé par des cours soporifiques, une administration d'une médiocrité sans nom (je me souviendrai toute ma vie du jour où un type a littéralement tiré mon projet de fin de première année aux cartes) et une vie de campus centrée autour d'une débauche sans fin. Le seul truc qui sauve ces écoles est pour moi 1) la grande qualité de certains projets associatifs 2) les qualités de départ des élèves 3) le fait que globalement, on s'y marre bien.
Donc oui, les élèves glandent sur Netflix, je suis surpris que ça surprenne encore. Au lieu de faire toujours les mêmes reportages sur les abus d'alcool lors des intégrations, les journalistes d'investigations feraient bien de se pencher sur le niveau académique zéro de ces écoles francaises.

avatar sachouba | 

@Paul_M :
"le niveau académique zéro de ces écoles francaises."

Je suis à peu près d'accord avec toi, mais là c'est un peu fort. Il n'y a pas que des cours "pipo" dans les Grandes Écoles, même s'ils sont bien souvent mal enseignés. 😉

De plus, la réussite en école d'ingénieurs n'est pas censée dépendre uniquement des enseignants. C'est aussi aux élèves de se prendre en main, et quand on décide de se bouger les fesses, on peut faire des tas de choses bien dans ces écoles : projets scolaires innovants, projets associatifs, rencontre avec des laboratoires et des entreprises...

avatar Paul_M | 

@sachouba

C'était peut-être un peu fort, surtout ma généralisation à toutes les écoles, qui n'a pas lieu d'être. Je maintiens que la mienne a été une grande déception en terme de qualité d'enseignement, surtout par rapport à la prépa (qui malgré ses défauts, parvenait à me garder intéressé).
D'accord avec ton 2e paragraphe (j'en ai parlé dans un autre commentaire par ici), les élèves ont effectivement une bonne part de responsabilité, moi le premier.

avatar zoubi2 | 

@Paul_M

"voire (!!) font copier le cours aux élèves"

Vous voulez dire... Qu'ils obligent les élèves à prendre des notes ?? Ça alors ! :-)

C'est marrant... En prépa d'abord puis à l'école, je n'ai JAMAIS eu le moindre poly. Mais il est vrai que je vous parle d'un temps... lalala...

avatar Paul_M | 

@zoubi2

Il y a une nuance entre prendre des notes courtes sur ce qu'un prof raconte et copier l'intégralité d'un cours dicté ou écrit au tableau. Le deuxième cas est (selon moi) une vaste perte de temps, et si c'est la seule option proposée, une connerie. Voire un frein à la compréhension du cours par les élèves étrangers, qui représentaient dans mon école un quart de la promo.

avatar byte_order | 

Sans parler de la discrimination, chacun n'étant pas égal face à l'écriture (hello dyslexie...).

avatar Bigdidou | 

@byte_order

"Sans parler de la discrimination, chacun n'étant pas égal face à l'écriture"

Ah ouai.
Donc faire écrire les gens, même ça, c'est de la discrimination. Les faire parler, on doit arriver au sommet de l'horreur, quant à les faire travailler, n'en parlons même pas, j'imagine.
Courage...

avatar byte_order | 

@Bigdidou
> Donc faire écrire les gens, même ça, c'est de la discrimination.

Oui, tous le monde n'est pas égal face à une tâche de *recopie* qui n'apporte pas de plus-value en elle même (à part réduire les couts de photocopie j'imagine).
Cela s'appelle avoir un handicap. Etes-vous familier avec le concept, et les discriminations que cela entraine si l'on n'y fait pas gaffe ?

Un dyslexique va consommer énormément d'énergie à se concentrer pour compenser son handicap durant une ré-écriture de ce qu'il doit lire en premier lieu. Il reste du coup très peu de place (temporelle et de concentration) pour la compréhension.

Hors le boulot d'un enseignant, c'est pas de transformer ses élèves en moines copistes, mais de leur *transmettre* un savoir.

> Les faire parler, on doit arriver au sommet de l'horreur, quant à les faire travailler,
> n'en parlons même pas, j'imagine. Courage...

Ouais, courage à vous quand vous devrez faire face dans votre vie ou dans celle d'un proche à la réalité de ce qu'est d'avoir un handicap. En attendant, restez donc dans vos stéréotypes comme quoi si quelqu'un met plus de temps à écrire, à parler bien, ou même à réaliser un travail c'est uniquement parce qu'il n'y met pas du sien.

avatar Bigdidou | 

@byte_order

"vos stéréotypes comme quoi si quelqu'un met plus de temps à écrire, à parler bien, ou même à réaliser un travail c'est uniquement parce qu'il n'y met pas du sien."

La machine à fantasme et à raconter n'importe quoi est partie en un post.
Ça n'est absolument pas la question ni mon propos.
Par exemple, ça n'est pas parce que vous ne comprenez pas les réponses qu'on vous donne qu'il faut interdire à tout le monde de se répondre ici.
Le handicap est une chose injuste, et aider les gens victimes d'un handicap ne consiste pas à imposer à tout le monde ce handicap.
C'est une vision absurde du handicap.

avatar byte_order | 

> Ça n'est absolument pas la question ni mon propos.

Alors pourquoi avoir considérer qu'une tâche d'écriture, qui n'est vraiment pas l'objectif de l'enseignement supérieur, ne pouvait pas être source de discrimination selon les étudiants !?

> Le handicap est une chose injuste, et aider les gens victimes d'un handicap
> ne consiste pas à imposer à tout le monde ce handicap.
> C'est une vision absurde du handicap.

Imposer a tout le monde de devoir recopier un support de cours c'est exactement l'inverse : cela impose un handicap supplémentaire aux seuls dyslexiques.
C'est plus de l'absurdité, c'est la double peine.

Une solution me semble pourtant simple : distribuer des copies (électroniques, pour éviter le gâchi de papiers si possible) du support de cours et consacrer le temps de présence de l'enseignant à aider à la compréhension plutôt qu'à sa recopie à l'identique par chaque étudiant.

Je ne vois pas en quoi cela impose à tous les étudiants d'avoir le même handicap que les étudiants dyslexiques !? En quoi cela empêche quiconque de recopier le support de cours si cela lui chante quand même ?!

avatar rikki finefleur | 

byte_order
Mais pourquoi donc aller en cours si cela se résume a donner des polycopies ?
Et désolé certains et peut être beaucoup préfèrent écrire pour apprendre.
Et si vous êtes contre le gâchis pourquoi venir en cours , car vous consommez,
et pourquoi faut il donc construire des universités alors qu'une cam pourrait suffire.
Les cours sont là pour donner de la compréhension, et aussi pour une certaine obligation a travailler. Car sinon il suffit d'un bon livre chez soi et basta.

avatar byte_order | 

> Mais pourquoi donc aller en cours si cela se résume a donner des polycopies ?

Donner ? Prendre, vous voulez dire ?
Pourquoi aller en cours si cela se résume à recopier un support de cours ? Pourquoi ne pas se contenter de le télécharger depuis le site de la fac avec son compte d'étudiant, et aller en cours après avoir lu le support pour poser et interagir avec l'enseignant pour mieux comprendre le support de cours, voir aller plus loin ?

> Et désolé certains et peut être beaucoup préfèrent écrire pour apprendre.

Mais rIen ne leur interdit de le faire !
Mais l'imposer obligatoirement à tous, y compris ceux dyslexiques, c'est imposer un handicap aux seuls dyslexiques.

> Les cours sont là pour donner de la compréhension,

oui

> et aussi pour une certaine obligation a travaille

Non. Pour ca, y'a les partiels et autres exams.
Les études supérieures, c'est pas l'école primaire. C'est pas la transmission d'un savoir que tout le monde doit avoir, et dont l'enseignant doit vérifier qu'il est effectivement transmit. L'étudiant est adulte. C'est à lui de bosser, pas à l'enseignant et la méthode pédagogique de s'assurer heure par heure qu'il le fasse.

Après, y'a le problème des étudiants qui squattent la place d'autres candidats qui auraient plus bossé , mais normalement c'est le boulot des partiels de pousser rapidement ceux là dehors.

> Car sinon il suffit d'un bon livre chez soi et basta.

Suffisant, non. Mais c'est pourtant le point de départ de pas mal d'enseignements en faculté américaine : une liste de bouquins à lire *avant* de venir échanger avec l'enseignant en amphi...

avatar MacGyver | 

le plus simple serait de distribuer du boulot a la loterie et remettre tout en question tout les 3 ans histoire de distribuer un peu

ca serait pas discriminatoire et ca marcherais pas beaucoup plus mal

avatar rikki finefleur | 

" Oui, tous le monde n'est pas égal face à une tâche de *recopie* qui n'apporte pas de plus-value en elle même (à part réduire les couts de photocopie j'imagine)."

Genre d'affirmation égocentrique et a coté de la plaque.
Si cela n'apporte pas de plus value pourquoi le font ils ?
Quant à la soit disante discussion avec l'enseignant , elle est infime voire nulle surtout en amphi.
Enfin pourquoi donner des polycopiés quand tout est inscrit dans des livres ?

Voyez vous avec vos formes de généralités on peut tomber sur de l'absurde.
Et je vous rappelle que beaucoup se servent de l’écriture pour mémoriser.
Soit on peut donner des polycopiés, mais dans ce cas pourquoi en pas aller jusqu’au bout et de ne pas aller en cours en recevant les poly par email depuis son canapé ?
Tout le monde ferait de sacrés économies..

avatar byte_order | 

> Si cela n'apporte pas de plus value pourquoi le font ils ?

Parce qu'on ne leur propose pas d'autre moyen de conserver une trace du support du cours.

> Quant à la soit disante discussion avec l'enseignant , elle est infime voire nulle
> surtout en amphi.

Et pour cause, tout le monde est occupé par une tâche de recopie : l'enseignant lit son cours, les étudiants écrivent tout ou partie de ce qu'il dit.

Pour avoir fréquenté d'autres types de pédagogie en amphi, ce n'est pas la seule façon d'utiliser à bon escient la durée d'un cours.

> Enfin pourquoi donner des polycopiés quand tout est inscrit dans des livres ?

Parce qu'on peut toujours espérer que le cours d'un enseignant n'est pas, à son tour, une simple copie de livres existants.
Mais, oui, bonne question. D'ailleurs dans d'autres pays, le support de cours en fac est plus souvent constitué de livres de référence que chez nous.

> Et je vous rappelle que beaucoup se servent de l’écriture pour mémoriser.

Certes. Mais pour certains rendre cette étape obligatoire est au contraire un handicap supplémentaire. Pourquoi leur imposer ?!
Pour ceux que cela aide à mémoriser d'écrire, parfait, qu'il le fasse.
Mais quand on généralise cette étape à tous, c'est discriminant.

Je me fais incendié pour oser rappeler que cette pratique de recopie n'est pas source d'efficacité d'apprentissage pour tout le monde, et c'est moi qui généralise à tout va !?!

> Soit on peut donner des polycopiés, mais dans ce cas pourquoi en pas aller
> jusqu’au bout et de ne pas aller en cours en recevant les poly par email depuis
> son canapé ?
> Tout le monde ferait de sacrés économies..

En effet.
Cela s'appelle suivre des cours à distance, en ligne. Et il se trouve que cela ne marche pas si mal que ça, d'ailleurs. Cela fait sauter d'autres discriminations, de ressources ou de mobilité, par exemple.

Mais bon, visiblement certains confondent encore obligation de présence avec assurance de meilleurs résultats.

avatar Bigdidou | 

@byte_order

"Alors pourquoi avoir considérer qu'une tâche d'écriture, qui n'est vraiment pas l'objectif de l'enseignement supérieur'

C'est pas un objectif, mais un moyen pour certain de se concentrer et apprendre.
C'est les empêcher de le faire en cours, ou ne pas leur donner les moyens de le faire correctement parce que d'autres ne peuvent pas le faire, qui est profondément injuste.

"Une solution me semble pourtant simple : distribuer des copies (électroniques, pour éviter le gâchi de papiers si possible) du support de cours et consacrer le temps de présence de l'enseignant à aider à la compréhension plutôt qu'à sa recopie à l'identique par chaque étudiant."

C'est une solution ici parfaitement intelligente et adaptée qui rend service à tout le monde. Mais qui reste complémentaire. D'autres choix doivent exister.

Mais il faut aussi qu'on laisse le moyen à ceux qui le veulent et pour qui c'est une façon d'apprendre et de se concentrer de prendre directement des notes en cours.

avatar byte_order | 

Où ai-je dis qu'il fallait obligatoirement distribuer des polycopies des supports de court à tous le monde !?

Ce que j'ai dis c'est qu'imposer à tout le monde, sous prétexte de lutter contre l’absentéisme, de devoir recopier le cours génère une discrimination.

Merci de ne pas inverser la logique de ce que j'ai dit.

Je note d'ailleurs

avatar areayoko | 

hors sujet
et j'ose croire, imagine que dans ce contexte, obtenir des copies du cours ou les notes d'un collègue doit être possible.

avatar byte_order | 

Theoriquement oui. Officiellement, c'est même réglementaire.
Mais c'est assez dingue la résistance qu'on rencontre encore chez de nombreux enseignants qui ne veulent absolument rien changé dans leurs habitudes souvent sclérosées "d'enseignement".
En tant que parent d'une dyslexique, vous n'imaginez pas depuis combien d'année j'entends encore des enseignants nous dire "oh, il faut juste qu'elle écrive plus, avec le temps cela viendra".

En gros, ils n'entravent rien aux causes de la dyslexie, mais balayent quand même la réalité du handicap d'un revers de "doit bosser plus".

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