Pour Tim Cook, trop d’entreprises sont enfermées dans les schémas traditionnels

Mickaël Bazoge |

Cette semaine, Tim Cook a fait le voyage à Orlando pour participer à une conférence SAP, ce qui lui a permis au passage de renforcer les liens avec l’entreprise spécialisée dans la conception d’applications métier. Il en a aussi profité pour répondre à quelques questions de TechCrunch concernant le monde de l’entreprise.

Tim Cook et Liam Rosenfeld. @Matthew Panzarino

Pour le CEO d’Apple, beaucoup entreprises n’ont pas encore « embrassé » la mobilité, l’apprentissage automatique, la réalité augmentée. « Ils fixent toujours leurs employés dans des bureaux. Ce n’est pas des lieux de travail modernes », raconte Tim Cook. Un discours qui, en creux, laisse entendre que si ces entreprises utilisaient des solutions Apple et SAP, les choses seraient bien différentes pour elles.

Le patron d’Apple a également rendu visite à un jeune développeur, Liam Rosenfeld, qui a été invité à participer à la WWDC. Cook pense qu’il n’y a pas besoin d’être très diplômé pour être efficace dans le code. Il déplore cette manière « ancienne et traditionnelle » de voir les choses. « Ce que nous avons trouvé, c’est que vous pouvez programmer très tôt et maîtriser la courbe de difficulté tout au long de votre parcours scolaire ».

Les individus diplômés (ou qui le seront bientôt) ayant pratiqué le code à l’école seront ceux qui réussiront professionnellement plus facilement, assure encore Tim Cook. Ils aideront aussi les entreprises à progresser grâce à leurs compétences.

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avatar raoolito | 

pas faux, mais ne pas confondre avec « pas besoin de diplome dans la vie » là par contre c’est suicidaire… (ya des cas de réussite, mais d’un point de vue administratif en particulier ca peut etre tres dommageable)

avatar Un Type Vrai | 

Il y a une GROSSE différence ente efficace ans le code et en faire un métier.
Côté professionnel, il faut ajouter :
- La prise en compte de l'équipe (documentation, nommage partagé avec le métier...)
- La qualité (tests, utilisation de librairie communes...)
- La sécurité (respect des API, respect de l'architecture réseau -j'ai vu plein de "hack" parce que l'équipe sécu bloquait tel ou tel truc... ) -
- La gestion de son temps, l'estimation, le respect des délais
- La gestion du temps de l'équipe, les réunions, le partage des points bloquants, l'entre-aide...
- La gestion du projet, comprendre les buts des choses que l'on fait, essayer de mesurer la valeur des développements...
- Etre capable de faire des démonstrations fonctionnelles de briques techniques
- L'industrialisation (la différence entre un POC sur son ordi perso et un code qui peut partir en production sur des centaines de machines dans un environnement complexe en une ligne de commande)

Bref, Tim a en partie raison et ce n'est pas moderne (voir l'histoire du LOGO en France) comme vision. Oui, l'apprentissage des maths (logique, algorithmique, probabilité, ...) ne s'appuie pas assez sur le code qui est un outil, un support incroyablement efficace.
Mais un codeur n'est pas forcément un bon développeur.

Ayant fait des audits pendant des années, je peux affirmer qu'un bon développeur est autonome et que si son management le serre d'un peu trop près, il devient un mauvais codeur.

PS : Désolé pour les lettres qui peuvent manquer, j'ai emprunté un MBP dernière génération pour tester et je dois ajouter régulièrement des lettres qui ne sont pas passées. (avec l'écran brillant, je suis au bord de la crise de nerfs...)

avatar Paquito06 | 

“Les individus diplômés (ou qui le seront bientôt) ayant pratiqué le code à l’école seront ceux qui réussiront professionnellement plus facilement, assure encore Tim Cook. Ils aideront aussi les entreprises à progresser grâce à leurs compétences.”

Ah ben ça. Aux US, les diplomés n’ont que des Bachelors. Venez avec un Master ou un MBA, (personne n’en a) avec un peu de coding, vous roulez sur l’or a Wall Street ou dans la Silicon Valley ?

avatar reborn | 

@Paquito06

Vraiment ?

avatar Paquito06 | 

@reborn

Affirmatif. L’experience parle ??

avatar jazz678 | 

@Paquito06

...et tout celui qui ne passe pas par WS ou la Silicon Valley a donc raté sa vie

avatar Paquito06 | 

@jazz678

“...et tout celui qui ne passe pas par WS ou la Silicon Valley a donc raté sa vie”

C’est vous qui le dites. Mais je ne partage pas.

avatar jazz678 | 

@Paquito06

« C’est vous qui le dites. Mais je ne partage pas »

A la bonne heure ! ?

avatar Sometime | 

@Paquito06

C’est un peu rapide comme analyse si vous me permettez.
Non tous les diplômés n’ont pas que des bachelors. Et les MBA viennent un peu plus tard compléter les bachelors justement.
Enfin on peut ajouter que le master n’a de toute façon pas tout a fait la même place et la meme signification que dans nos contrées - tout comme leur système éducatif qui n’est pas tout a fait comparable.

avatar Paquito06 | 

@Sometime

“C’est un peu rapide comme analyse si vous me permettez.
Non tous les diplômés n’ont pas que des bachelors. Et les MBA viennent un peu plus tard compléter les bachelors justement.
Enfin on peut ajouter que le master n’a de toute façon pas tout a fait la même place et la meme signification que dans nos contrées - tout comme leur système éducatif qui n’est pas tout a fait comparable.”

J’englobe assez large comme le fait Tim avec “les diplomés qui codent”. Les diplomés qui sont “high school diploma” n’ont peu ou pas leur place en tech, clairement. On demande dans 99% du temps un bachelor degree ou mieux (c’est master, phd ou mba).
Oui, generalement les MBA se font autour de 28-30ans, donc lorsqu’on a de l’experience avec son Bachelor recu a 22ans, mais les MBA s’enchainent de plus en plus apres le Bachelor, car les places sont cheres dans la haute sphere (concurrence intense). Le master est peu connu aux US en effet, mais il vient completer/affirmer un Bachelor, et se rapproche d’un MBA.

avatar occam | 

Est-ce sa fonction qui lui fait extruder ce mélange particulier de bon sens pragmatique et de sales talk empyreumatique ?

Ce qu’il dit des schémas traditionnels n’est que trop vrai. (J’ai pu le vérifier encore une fois, pas plus tard que cet après-midi, à l’occasion d’une conférence IT. La meilleure option, peut-être la seule, pour faire avancer le schmilblick eût été de faire exploser un engin dans la salle, et de sauter ainsi une génération. Le progrès, comme disait Planck, avance par enterrements interposés.)

Mais pour le bobard sur le code à l’école, il se goure.
Encore et toujours.
D’abord parce qu’il s’agit de faire l’apprentissage du problem solving, des leçons de choses, et de structurer tout ça en un mode de pensée algorithmique.
Au lieu de quoi, TC prône l’enseignement des mauvaises habitudes formalisées. Il n’y a pas pire endroit pour apprendre la discipline créative, la curiosité méthodique et l’insubordination organisée que l’école, telle qu’elle est.

Pour former une génération de jeunes gens qui sachent programmer, il faudrait le leur interdire.

avatar occam | 

@CLang

"l’essentiel « Copying and Pasting from Stack Overflow »"

? ?

avatar occam | 

@CLang

Parfait !
Et ça me rappelle ça :
https://xkcd.com/2140/

avatar occam | 

@CLang

Je connaissais le second, seulement en transcript, mais pas les autres.
Génial ! Merci, you made my day ?

avatar pat3 | 

@CLang

"grâce au seul ouvrage de référence qu’ils n’est jamais lu, l’essentiel « Copying and Pasting from Stack Overflow »,"

?

avatar Un Type Vrai | 

+1, je le constate tous les jours

avatar pat3 | 

@occam

"empyreumatique"

J’aime bien tes (allez, vos) commentaires en général, mais là je ne résiste pas à la tentation : http://missglouglou.blog.lemonde.fr/2010/02/23/le-mot-oeno-empyreumatique/ ?

avatar Tomtomrider | 

@pat3

Très intéressant ce lien ??

avatar occam | 

@pat3

J’en reste d’autant plus bouche bée que, sans être oenologue pour un clou, j’ai (malheureusement) une mémoire olfactive assez vive, et je n’aurais jamais deviné la tournure sémantique prise par le terme « empyreumatique » en oenologie.

Non, je connais le mot d’abord par mes études classiques. En grec ancien, il désigne l’odeur des offrandes brûlées. Quiconque a déjà laissé brûler par inadvertance des os, du cartilage et de la graisse dans une casserole n’oubliera jamais cette puanteur très spécifique. Au pire des cas, même en l’aérant des jours entiers, cette odeur lourde ne s’évapore pas, il faut repeindre la cuisine.

C’est en pensant à cette pestillence nauséabonde et pénétrante que j’ai utilisé le terme pour qualifier les élucubrations de M. Cook.
Dans son sens oenologique, il serait à contre-emploi.
Totalement.

Les chimistes, ou plutôt les geeks fans d’histoire de la chimie, connaissent aussi ce terme, encore une fois dans un sens opposé à celui des oenologues. C’est le chimiste Carl von Reichenbach qui l’utilisa vers 1830 pour désigner les huiles créosotiques (huiles de goudron extraites par pyrolyse de charbon de bois).
À l’origine, Reichenbach pensait avoir trouvé un agent conservant pour la viande ; on finit par l’utiliser pour le bois. Sans surprise, il est aujourd’hui reconnu comme polluant cancérogène. C’est en travaillant sur des bois historiques imprégnés aux huiles créosotiques que j’ai retrouvé le terme (il s’agissait de voir si on pouvait les extraire pour ne pas trop fausser la datation radiocarbone). Après quelques jours de labo, j’ai dû abandonner le projet, submergé par une puanteur insoutenable d’os et de graisse brûlés. C’était ma mémoire olfactive qui me jouait ce sale tour, chaque fois que je lisais l’étiquette : « ...imprägniert mit empyreumatisch-öligem Extract... »

Vous voyez donc, à mille lieues de l’usage oenologique...

avatar fte | 

C’est le mois des conneries proférées avec aplomb par un dirigeant d’une des plus grandes entreprises mondiales. C’est assez stupéfiant.

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