Test du LG 34UC97-S, un écran incurvé 34 pouces 21/9

Nicolas Furno |

LG s’est fait une spécialité des écrans 21/9, un format très allongé que l’on avait plus l’habitude de voir au cinéma que sur nos bureaux. Toutefois, il nous a suffi de tester le 34UM95, un modèle 34 pouces dans ce format allongé, pour constater que c’était une excellente idée. La place supplémentaire gagnée permet de juxtaposer plus de fenêtres côte à côte et c’est un confort indéniable.

Le constructeur coréen ne s’est pas arrêté à ce premier essai transformé, puisqu'il a commercialisé depuis un autre écran 34 pouces et 21/9. Quelle est la différence entre le 34UC97-S et celui que l’on avait testé ? La dalle n’est plus plate, mais légèrement incurvée. Sur le papier, cette légère courbe est censée renforcer l’immersion, mais elle alourdit aussi la facture. Alors que le 34UM95 est vendu aujourd'hui autour de 800 €, ce modèle incurvé se facture entre 1000 et 1200 €.

Est-ce que ce surplus est justifié à l’usage ? On en parle dans ce nouveau test, en sachant qu’il est préférable d’avoir lu le précédent. La courbe mise à part, les deux modèles sont extrêmement proches et une bonne partie du test du 34UM95 reste valide pour ce nouvel écran.

Une courbe impressionnante… à défaut d’être utile

Les écrans au format 21/9 sont extrêmement allongés, un peu comme les écrans des cinémas. Le problème, c’est que l’œil humain ne peut pas embrasser la totalité de la surface en une seule fois. Cet écran de LG, avec ses 34 pouces, mesure plus de 80 cm de large et il faut tourner la tête pour tout voir. C’est pourquoi, comme au cinéma où la toile est toujours courbe, le constructeur a imaginé ce nouveau modèle, légèrement incurvé. Sur le papier, cela doit permettre de mieux voir l’intégralité du contenu sans bouger la tête et ainsi de gagner en confort.

Vue de loin, la courbe est impressionnante.

Sur le carton, la courbe de l’écran de LG est vraiment impressionnante et au déballage, l’impression ne change pas. Quand on regarde le 34UC97-S du dessus ou des côtés, on voit très nettement son aspect incurvé. Par rapport au modèle standard et plat, la différence est sensible et on a l’impression d’avoir un écran futuriste. Vu de loin, ce moniteur est époustouflant, mais malheureusement, cette impression dépend de l’angle de vision. Et quand on se place face à l’écran pour l’utiliser, elle se dissipe vite.

Deux écrans de LG, tous deux 34 pouces et 21/9, mais le 34UM95 (devant) est plat, alors que le 34UC97 (derrière) est courbe. Quand on les compare, la différence est nette.

Le moniteur ne paraît pas tout à fait plat et on voit bien que les côtés droit et gauche sont légèrement plus proches que le centre de l’écran, mais on n’a plus tout ce sentiment d’être face à un écran courbé. La conséquence est sans appel : à notre avis, cet écran très légèrement incurvé n’apporte rien à l’usage. Peut-être que LG aurait du courber plus son écran pour que l’on voie mieux la différence, mais à 60 cm de la dalle environ, on oublie vite qu’il s’agit d’un moniteur incurvé. Et la promesse de voir l’intégralité de l’écran d’un coup d’œil n’est pas tenue : comme avec le modèle à plat, vous devrez probablement bouger la tête pour voir un contenu sur le côté.

Est-ce gênant pour autant ? La réponse dépend essentiellement de votre usage : dans un cadre bureautique, avec plusieurs fenêtres côte à côte, le fait que l’écran soit incurvé est rapidement oublié et vous ne verrez qu’à peine la différence avec un écran plat. En revanche, si vous travaillez sur une photo en plein écran, la courbe peut donner l’impression que l’image est déformée. Ainsi, selon les cas, cette caractéristique peut être pire, même si elle est si légère qu’elle ne gênera probablement pas en règle générale. Reste qu’elle n’est pas plus utile pour autant et ce ne sera pas l’unique critère qui motive un achat par rapport au modèle d’entrée de gamme.

Quand on se positionne devant l’écran, pour l’utiliser, la courbe est tout de suite plus difficile à voir…

Ne restons pas sur une note négative toutefois : il faut rappeler que l’écran de LG est très impressionnant, incurvé ou non. Avec ses 34 pouces et son format allongé, le 34UC97-S est parfait pour une utilisation du bureautique, puisqu’il permet d’avoir sur le même écran un navigateur web, un éditeur de texte et encore de la place pour une, voire deux fenêtres. Le tout, sans forcer et sans coller les fenêtres : le gain, par rapport à un écran 27 pouces comme celui d’Apple, est indéniable.

On avait évoqué plus longuement ce format spécifique et ses avantages et inconvénients avec OS X dans notre précédent test. Depuis, notre avis n’a pas changé : c’est un excellent écran et même si certains logiciels ne gèrent pas aussi bien son format allongé (iTunes, c’est de toi que l’on parle…), ce n’est pas gênant à condition d’avoir les bons outils pour les gérer. Vous pouvez trouver quelques utilitaires bien pratiques dans notre comparatif de gestionnaires de fenêtres.

Le format allongé de cet écran 34 pouces permet de multiplier les fenêtres… et on voit toujours le fond d’écran derrière ! Cliquer pour agrandir

Derrière la courbe, la dalle qui anime cet écran est d’excellente qualité, comme sur le 34UM95 d’ailleurs. Sa définition de 3440 x 1440 pixels est identique à un écran 27 pouces 16/9 en hauteur, mais nettement supérieure en largeur (2560 x 1440 pixels pour les 27 pouces) : on ne perd rien dans un sens et on gagne beaucoup dans l’autre.

LG a opté pour la technologie IPS, un excellent choix à la fois en matière de colorimétrie et d’angle de vision. Cet écran incurvé ne facilite pas les mesures précises (les sondes sont conçues pour des écrans plats), mais la colorimétrie est aussi bonne que l’autre modèle du constructeur et c’est une bonne nouvelle.

Non, ce n’est pas du Retina… mais c’est aussi bien qu’un écran Apple 27 pouces ou qu’un iMac standard. Cliquer pour agrandir

Au-delà de la bureautique, c’est aussi un écran parfait si vous regardez régulièrement des films au format CinemaScope (le format allongé du cinéma). Si vous regardez des séries TV ou des films tournés en 16/9 en revanche, il faudra composer avec des bandes sur les côtés.

Selon les cas, l'écran de LG sera idéal pour regarder un film (en haut, Iron Man 3 occupe tout l'écran), ou il faudra composer avec des bandes noires (en bas, Big Buck Bunny au format 16/9). — Cliquer pour agrandir

À propos de films, un point fort de ce moniteur par rapport à celui que l’on avait testé précédemment, ce sont ses enceintes. Puisque, comme on le verra dans la partie suivante, le 34UC97-S est plus épais que le modèle 34 pouces plat, LG a réussi à caler des haut-parleurs de bonne taille. Ce qui permet au constructeur de parler de « son enveloppant » et, si l’on en croit la fiche technique, ce qui permet même de se passer d’enceintes externes pour profiter d’un film.

Dans les faits, ce n’est pas aussi simple, bien entendu, mais il faut reconnaître que le progrès est net par rapport au 34UM95. Alors que ce dernier ne pouvait pas faire beaucoup plus que de l’appoint en matière de son, l’écran incurvé de LG a du coffre et il suffira largement pour regarder une petite vidéo. Pour un film ou de la musique, en revanche, il faudra accepter de faire une concession sur la qualité audio. Le 34UC97-S fait, dans l’ensemble, moins bien que les écrans d’Apple ou un iMac à notre avis. Le résultat manque de basses (gênant surtout pour les films) et d’ampleur, mais c’est vraiment mieux que l’écran que l’on avait testé auparavant et cela peut suffire pour un usage occasionnel.

Au passage, LG met en avant une fonction « MaxxAudio » qui est en fait un égaliseur censé améliorer le son et l’amplifier encore un peu. À l’usage, ce n’est pas trop mauvais sur un film — la scène sonore est effectivement élargie —, mais catastrophique sur de la musique. On pensera bien à la désactiver, ce qui se fait assez simplement, puisqu’il y a un raccourci dès le premier niveau de l’interface. On reviendra toutefois sur ce point dans la prochaine partie.

Une ergonomie toujours aussi perfectible

LG propose des écrans convaincants grâce à leur dalle, beaucoup moins grâce à l’ergonomie générale. C’est déjà un point que l’on critiquait dans le test du 34UM95 et malheureusement ce modèle plus haut de gamme ne fait pas mieux… sur plusieurs points, il fait même pire. Déjà, il faut garder à l’esprit que cet écran est encombrant : avec ses 83 cm de long sur 37 cm de haut, il faut lui trouver de la place sur un bureau.

Et si on pensait que le fait qu’il soit incurvé allait améliorer les choses, il n’en est rien. Au contraire même, le 34UC97-S est plus épais que le modèle standard : la différence n’est que de deux centimètres, mais elle est sensible. C’est surtout le bas de l’écran qui est épais : ce n’est pas gênant à l’usage, mais cela ajoute à l’encombrement général du produit. En contrepartie, cette épaisseur a permis au constructeur d’ajouter des haut-parleurs de meilleure qualité et, comme on le disait dans la partie précédente, ce modèle fait bien mieux.

Comme on peut le voir sur cette photo, le dos de l’écran est loin d’être régulier : le bas est beaucoup plus épais que le haut.

Comme avec le 34UM95, c’est surtout sur le plan de l’ergonomie que le bat blesse. Le 34UC97-S souffre d’une conception vraiment bas de gamme et indigne d’un écran vendu 1200 €. Pour commencer, à part le pied, tout est en plastique et en plus en plastique de mauvaise qualité. Sans parler du choix esthétique de l’or à l’arrière — ce n’est pas une réussite à notre avis, mais heureusement on ne voit jamais ce dos une fois l’écran installé — on regrette l’assemblage vraiment médiocre.

Quand on soulève l’écran, les craquements ne rassurent pas vraiment sur son espérance de vie. L’ensemble paraît vraiment fragile et d’ailleurs LG conseille bien de faire attention au moment de monter le pied. Les précautions ne sont pas de trop a priori, notamment parce que la dalle n’a aucune protection. Contrairement aux écrans Apple qui sont recouverts de verre, on est ici directement en contact avec le plastique de la dalle et la casser devrait être facile si on ne fait pas attention.

Le dos « doré », dans un plastique d’aussi mauvaise qualité que les smartphones bas de gamme.

Ce n’est pas le problème le plus gênant pour cet écran toutefois. Quand on paye 1200 €, on s’attend à un tout petit peu plus qu’un pied complètement fixe, ou presque. Une fois en place, la seule possibilité offerte par le 34UC97-S est de basculer sur quelques degrés l’écran, mais on ne peut pas monter ou descendre le moniteur, ni même le tourner sur lui-même. Et c’est un problème, surtout pour la hauteur, car cet écran 21/9 est bas, très bas même.

Le haut de l’écran n’est qu’à 37 cm du bureau et c’est largement inférieur à ce qu’il faudrait. Rappelons que la meilleure position est atteinte quand, en se tenant droit sur votre fauteuil, vous devez avoir le milieu de l’écran au niveau de vos yeux. Avec cet écran, vos yeux seront au-dessus du haut de la dalle et vous devrez ainsi baisser la tête pour l’utiliser, ce qui est une catastrophe en matière d’ergonomie.

LG ne permettant pas d’augmenter la hauteur de son écran, il faut bricoler. On a l’habitude de le faire à la rédaction, puisque les écrans d’Apple souffrent du même problème, mais là encore, le 34UC97-S est pire sur ce point que le modèle que l’on avait testé précédemment. En effet, LG a opté cette fois pour un pied en metal et ce n’est pas du plastique imitation chrome, mais le vrai matériau. Certes, c’est plus luxueux et c’est nettement mieux sur ce point que le bout de plastique transparent du 34UM95 qui était beaucoup plus instable.

Le souci, c’est sa forme : le pied est très ouvert, si bien qu’il faut prévoir beaucoup de place sur le bureau, beaucoup plus qu’avec un écran Apple ou avec le modèle déjà testé. C’est encore plus gênant si vous devez surélever le moniteur : la technique habituelle de la rédaction (utiliser d’anciens manuels informatiques) est beaucoup plus complexe, puisqu’il faut au moins deux livres qui soient exactement de la même hauteur.

Faute de pied ergonomique capable de monter l’écran, il faut bricoler. Et avec ce pied encombrant et extra-large, ce n’est pas facile…

Autant le dire, on gagnera à poser ce pied sur un autre support, et cela tombe bien, LG a conçu son écran pour qu’il soit compatible dès l’achat avec les pieds VESA. On pourra ainsi positionner librement le moniteur et son utilisation sera bien plus confortable et agréable. Reste qu’à ce tarif, on aimerait un petit peu plus, à tout le moins régler l’écran en hauteur. Certes, Apple ne fait pas mieux, mais pour prendre un autre exemple, Dell vend des moniteurs à moins de 500 € qui disposent d’un pied ajustable en hauteur, en inclinaison et qui permet même parfois de pivoter l’écran pour l’avoir à la verticale.

Autre grief ergonomique qu’on pointait déjà du doigt sur le modèle à plat et qui a été conservé sur celui-ci : les contrôles intégrés au moniteur ne sont vraiment pas pratiques. LG utilise un petit joystick sous la dalle : ce système de contrôle limite le nombre de boutons, mais en contrepartie, certaines fonctions sont moins accessibles.

Le petit joystick de contrôle qui permet d’accéder à l’ensemble des options de l’écran.

Et à notre goût, le 34UC97-S testé ici fait moins bien que le 34UM95 pour une raison : le constructeur a choisi d’associer le bouton du haut dans le menu radial à MaxxAudio, la fonction censée améliorer la qualité sonore de l’écran. Sur l’écran plat, ce même bouton permettait d’activer un mode lecture qui assombrit l’écran. C’était un raccourci utile pour pallier l’absence de contrôle de la luminosité au clavier, fonction strictement réservée aux écrans d’Apple.

Avec ce modèle, il faut passer par les menus complets pour régler la luminosité et c’est aussi long que fastidieux si c’est quelque chose que l’on doit faire souvent (dans notre précédent, on évoquait aussi quelques solutions logicielles). En revanche, le contrôle du volume est simple et rapide : un bon point, d’autant que l’on ne pourra pas non plus utiliser les touches du clavier sur les Mac en HDMI ou en Thunderbolt.

Le menu radial avec les raccourcis imposés par le constructeur. Sur ce modèle, le raccourci du haut est nécessairement lié à la fonction MaxxAudio alors qu’on aimerait un accès à la luminosité, comme sur le 34UM95.

Avant de conclure, un mot justement sur la connectique. Sur ce point, cet écran fait aussi bien que la version plate avec deux ports Thunderbolt qui simplifient la connexion à un Mac et qui permettent d’utiliser le hub USB également intégré. D’ailleurs, mieux vaut l’utiliser avec un Mac Thunderbolt : on peut utiliser le 34UC97-S en HDMI, mais on est bloqué à 50 Hz et surtout on a des couleurs de moins bonne qualité, c’est nettement moins bien.

En revanche, la connexion HDMI peut être pratique pour connecter une autre source, comme un Apple TV. On profite alors d’une fonction qui permet de diviser l’écran en deux et afficher deux entrées à la fois (voir le test du 34UM95 pour plus d’informations à ce sujet). C’est également utile pour avoir deux ordinateurs, mais un seul écran.

Les connecteurs de l’écran : au fond, on voit les deux ports USB en sortie et le connecteur en entrée, inutile quand on le relie en Thunderbolt. Ce dernier est situé à gauche de l’USB justement et encore sur la gauche, on a le DisplayPort, deux ports HDMI, une sortie casque et l’alimentation.

Que ce soit en Thunderbolt ou en HDMI, le son est également transmis par un seul câble, mais seul le premier type de connexion permet également de transférer des données en USB. À noter qu’il y a aussi une entrée DisplayPort et que LG ne fournit pas de câble Thunderbolt : il faudra l’ajouter à son prix de base pour profiter pleinement de l’écran.

Pour conclure

Le 34UC97-S n’est pas un mauvais écran, loin de là. Son format allongé et ses 34 pouces en font même un excellent candidat pour de la bureautique : quand on a pris goût à ces fenêtres que l’on peut aligner côte à côte, on a du mal à revenir en arrière. Et avec un seul moniteur, on a quasiment autant de surface de travail qu’avec un portable Apple relié à un écran externe : c’est très confortable !

Par ailleurs, la dalle choisie par LG est d’excellente qualité et elle est aussi matte et souffre ainsi moins des reflets que les écrans Apple, ce qui est bien utile quand on travaille non loin d’une fenêtre. Pourtant, à l’heure des bilans, difficile de recommander ce modèle plutôt que le 34UM95. Ce dernier a la même dalle, mais il n’est pas incurvé. De loin, il est beaucoup moins impressionnant que le produit testé ici qui, incontestablement, est spectaculaire. Mais quand on se pose devant, on oublie la courbe au mieux, quand elle ne gêne pas un peu dans certains cas.

Qui est courbé, qui est plat ?

Dans ces conditions, comment recommander un écran vendu 400 € de plus ? La courbe n’est, à notre avis, qu’un gimmick inutile et LG donne le sentiment d’avoir créé ce produit parce que c’était possible, pas nécessairement parce que c’était utile. Dès lors, notre conseil est simple : ce format 21/9 est une réussite en bureautique, mais optez plutôt pour le 34UM95 que l’on peut acheter autour de 800 € au lieu du 34UC97-S que l’on trouve à environ 1200 €.

Note

Les plus :

  • Format 21/9 parfait pour la bureautique
  • Dalle de très bonne qualité
  • Connexion Thunderbolt et hub USB

Les moins :

  • Ergonomie médiocre
  • Encombrant (surtout le pied)
  • La courbe n’apporte rien et peut même gêner
  • Prix par rapport au modèle plat
6
10

Prix :

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