iBooks 2, iBooks Author, iTunes U : l'iPad dans toutes les salles de classe

Anthony Nelzin-Santos |
Une conférence de presse à New York, présentée par Phil Schiller : ce keynote n'était pas tout à fait ordinaire pour Apple. Dédié à l'éducation, secteur privilégié d'Apple, il a été le théâtre de la présentation d'iBooks 2, iBooks Author et iTunes U transformé en une application, un écosystème complet pour tenter d'imposer l'iPad dans les salles de classe et les amphis.

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Répondre aux problèmes du système éducatif américain
Apple s'est de tout temps sentie investie d'un mandat éducatif : Steve Wozniak distribuait des Apple II dans les écoles de son quartier et a un temps été professeur, Steve Jobs a construit NeXT et reconstruit Apple comme des sociétés travaillant de manière très étroite avec les acteurs du monde éducatif.

La présentation de Phil Schiller a donc logiquement commencé par un état des lieux du système éducatif primaire et secondaire américain, tout autant décrié que son système universitaire est admiré. Les petits Américains sont classés 17e meilleurs lecteurs, 21e meilleurs matheux et 23e meilleurs scientifiques dans le monde, un chiffre décevant face à la stature du pays : « nous voulons tous faire mieux », s'est lamenté Schiller.

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Le taux de redoublement est un autre point de préoccupation : 30 % des élèves de collège et lycée redoublent, un chiffre qui monte à 40 % dans les zones les moins favorisées. « Les enseignants ont besoin d'aide — et nous avons essayé de voir comment Apple pouvait apporter des solutions » a expliqué le vice-président marketing d'Apple, qui a évidemment présenté l'iPad comme la réponse la plus adaptée : « il a été l'objet numéro 1 sur la liste de souhaits de cadeaux des ado à Noël ».

Véritable feuille blanche sur laquelle plaquer du contenu, le grand écran de l'iPad a il est vrai en sa faveur, une offre riche : 20 000 applications éducatives, et de nombreux livres dans l'iBookstore.

iBooks Author : l'HyperCard des manuels scolaires
L'iPad sera donc à la fois le cartable et le manuel numérique des étudiants de demain — du moins si l'initiative d'Apple est suivie. Selon Phil Schiller, le bon vieux manuel papier n'est ni particulièrement pratique à transporter, ni durable, ni pratique à utiliser — mais son contenu est d'une richesse incomparable.

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L'iPad serait au contraire incroyablement pratique, portable et durable (là encore toujours selon Phil Schiller) — mais l'enjeu serait de lui fournir du contenu de qualité.

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C'est là que les éditeurs entrent en jeu. Le format roi pour la publication numérique est l'ePub, en théorie aussi simple à créer qu'une page web. En pratique toutefois (et nous sommes passés par là avec nos deux eBooks…), cette étape est souvent cauchemardesque, les outils étant peu adaptés et les implémentations diverses. Pour changer cela, Apple présente iBooks Author, une application de création de manuels numériques mélange de Pages, Keynote et iWeb.

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Cette application à la présentation classique pour ceux qui utilisent les outils d'Apple permet de créer des manuels enrichis en WYSIWYG. Plusieurs modèles sont fournis, et l'on peut ajouter de nombreux éléments interactifs : galeries d'images, vidéo, présentations Keynote, images interactives, objets 3D, éléments HTML et même des jeux de questions/réponses.

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On peut transformer chaque mot en entrée de lexique, qui fournit une définition, et le logiciel permet de placer tous les éléments librement. On exporte un paquet à ensuite fournir à iTunes Producer pour publication dans l'iBookstore : iBooks Author génère donc des fichiers ePub 3 à mise en page fixe, un choix qui permet de créer des fichiers superbes… mais lourds. Les premiers manuels disponibles pèsent au minimum un gigaoctet, le plus lourd (le sempiternel manuel de biologie utilisé comme démonstration parfaite des manuels numériques) atteignant pas moins de 2,77 Go.

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Cerise sur le gâteau, iBooks Author est gratuite et disponible dans le Mac App Store (pour OS X Lion). Elle ne se limite pas à la création de manuels : les auteurs de livres largement illustrés pourront s'en servir. Comme la plupart des outils WYSIWYG d'Apple, il faudra regarder la propreté et l'optimisation du code sous-jacent, point que l'on aura le loisir d'explorer dans un test complet. Mais en attendant, on se réjouira de la sortie d'un outil enfin simple et complet de livres électroniques avancés : c'est un véritable besoin des éditeurs et auteurs qui est enfin comblé.

Note : le package .iBook généré par iBooks Author est de facto un format propriétaire. On peut néanmoins en extraire l'ePub 3 d'origine, qui sera lisible sur d'autres appareils — sous réserve de leur bonne implémentation des standards, et que l'éditeur n'ait pas ajouté une DRM dans iTunes Producer. Nous vérifierons ce point dans notre test.

iBooks 2 : des manuels, mais toujours pas sur Mac
Ces manuels, pour le moment disponibles uniquement aux États-Unis, ont été conçus par les trois ténors du secteur : Pearson, McGraw-Hill et Houghton Mifflin Harcourt. Ils sont disponibles dans une nouvelle section de l'iBookstore, et accompagnés logiquement d'une nouvelle version d'iBooks.

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iBooks 2 supporte les dernières innovations du format ePub 3, et donc ces nouveaux manuels. Il permet de les manipuler à plusieurs doigts : on tape pour ouvrir un objet interactif, on balaye d'une page à l'autre, on pince pour zoomer ou fermer un chapitre, etc. On retrouve l'interface de lecture des livres électroniques à mise en page fixe, la même d'ailleurs que la liseuse PDF d'iBooks… mais aussi une très forte inspiration des outils de feu Push Pop Press. Cette start-up montée par d'anciens d'Apple avait réalisé le livre numérique d'Al Gore "Our Choice" avant de s'en aller travailler chez Facebook. Leurs travaux n'ont visiblement pas été perdus…

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Un mot en gras est un mot associé à une définition : on tape dessus pour l'afficher. L'ensemble des mots est regroupé dans un index pour former un glossaire. Contrairement aux manuels papier, ces manuels numériques disposent… d'un moteur de recherche.

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iBooks 2 permet de surligner des passages (plusieurs couleurs sont disponibles) et de prendre des notes. Une interface permet désormais de naviguer rapidement dans les notes et de les relire.

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Les notes et les mots importants peuvent être transformés automatiquement en fiches bristol virtuelles de révision. iBooks 2 est disponible gratuitement dans l'App Store.

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iTunes U : la salle de classe virtuelle d'Apple
Apple a aussi, par la voix d'Eddy Cue, présenté l'application iTunes U. Elle reprend la très populaire section éducative de l'iTunes Store et lui ajoute des fonctions qui la transforment en salle de classe et en cahier de textes.

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Les professeurs peuvent poster des messages dans l'application iTunes U, afin de par exemple donner des devoirs, les cours étant intégrés à l'application. Il faudra cependant savoir si la virtualisation des cours — un professeur donnant un cours à une classe vide, des étudiants seuls derrière un iPad — à de l'avenir. iTunes U, là encore, est disponible dans l'App Store.

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Pour conclure
Apple rappelle avec cet événement un peu particulier son attachement au monde de l'éducation. Avec iTunes Author, elle frappe fort dans le domaine de l'édition, en étant la première à offrir — gratuitement ! — un outil de création de livres enrichis. L'initiative iTunes U pose plus de questions qu'elle n'apporte de solutions, mais elle a le potentiel pour amener de nouveaux usages chez des professeurs toujours à l'affût de nouvelles solutions pour stimuler leurs étudiants.

Évidemment, cet attachement n'est pas gratuit : la plupart des utilisateurs d'iBooks Author n'iront pas trafiquer leurs fichiers pour les porter sur d'autres plateformes que l'iPad. Ces nouveaux outils sont conçus pour renforcer la place d'Apple dans le monde éducatif, elle qui y est déjà la société informatique la plus présente. Le Mac, qui possède environ 25 % de parts de marché dans le supérieur, est ici rejoint par l'iPad avec l'envie qu'il devienne un jour incontournable pour les étudiants… et donc incontournable pour les futurs consommateurs. Vaste programme.



Images The Verge

avatar boboc | 
@kalinette J'ai du mal à te suivre : ils proposent un logiciel gratuit, pour créer du vrai contenu, et ainsi augmenter encore un peu plus l'intérêt d'un produit qui est tout sauf un gadget, et qui a tout sauf un usage unique. Ce sont les seuls qui cherchent à fabriquer et à proposer un produit qui ne soit pas un gadget, les seuls à se soucier plus (ou autant) du contenu que du contenant. Ils le font justement en gardant toujours comme leitmotiv de faire des produits fiables et faciles à utiliser. Et en moins de 2 ans, l'iPad à justement vu son contenu devenir de plus en plus pertinent. Je ne suis pas un adorateur de la secte, mais franchement, quand je vois des réactions comme la tienne, je me demande vraiment ce que tu viens faire sur ce site...
avatar Malvik2 | 
@elmatador Je ne trouve pas les 8 bouquins, tu peux me donner le nom d' 1 seul pour me repérer?! Thanks;)
avatar multi | 
@tissot Oui. Avec Jobs ça ne serait pas arrivé !
avatar mistermicro.fr | 
Ahh la la quel progrès les excuses pour pas bosser... J'avais pas mon chargeur, il est tombé , j'ai renversé su coca et il s'est éteint . etc, etc Un peu plus de racket dans les lycées, faudrait des trucs bridés qui ne puissent être utilisés à autre chose, là c'est la porte ouverte au n'importe quoi Et les bouquins peuvent servir un moment, avec la manie actuelle de changer le matos, et la spécialité d'Apple de rendre très vite obsolète, les budgets vont exploser....
avatar Anonyme (non vérifié) | 
@ l'auteur de l'article: «un professeur donnant un cours à une classe vide, des étudiants seuls derrière un iPad»: euh, vous êtes vraiment si déconnecté de la réalité du monde de l'éducation? @dahu_s vous avez tout compris! Une classe ça prend un local, de l'électricité, de l'éclairage, de l'entretien, il faut faire venir le monde, il y a une capacité restreinte, il faut un prof = ça coûte beaucoup! Une classe virtuelle, ça prend un ordinateur ou autre payé par les étudiants, un bureau vraiment si le prof le demande, si c'est un chargé de cours, il peut le faire de la maison, pas de classe, pas d'électricité, pas de chauffage, pas d'entretien, les gens ne se déplacent pas, on peut mettre autant de personnes que l'on veut en ligne, les frais de scolarité peuvent être augmentés car c'est de la haute technologie, et en plus vous pouvez recruter des étudiants étrangers sans besoin de visa et qui payent encore plus cher puisqu'ils ne payent pas d'impôt dans le pays qui héberge l'université. Donc tout bénéf. pour l'Université ! Vous n'y croyez pas? Pourtant ça se développe à une vitesse grand V en amérique du nord!
avatar Anonyme (non vérifié) | 
Ah j'oubliais, @pierrebondurant Oui, oui, oui, une pétition pour iBook pour toutes les pommes!
avatar dahu_s | 
@ostrogradski Heurseument que j'ai fini mes études alors... Lol Ça fait peur attendre si un jour ça arrive en France
avatar Arcadium | 
C'est bien joli de vouloir faire des livres avec des tas d'animations, de photos, etc (encore que ça n'a jamais été nécessaire à personne jusqu'à aujourd'hui mais apparemment maintenant c'est devenu essentiel) mais faudrait déjà que ça RENTRE dans un iPad. Quand on voit que le bouquin Life on Earth qui sert de démonstration ne fait que 50 pages (je ne connais aucun manuel scolaire qui fasse moins de 200 pages) et pèse déjà presque 1Go ... Supposons un manuel classique (donc d'environ 250 pages), il aurait un poids de 5 Go. Avec seulement 3 manuels on dépasse la capacité de l'iPad 16Go, vraiment génial. Je ne comprends pas où va Apple quand elle propose des contenus que ses propres appareils ne peuvent pas contenir.
avatar Tofie | 
@arcadium 1
avatar Hello. | 
@Arcadium C'est vrai, en attendant, tu as vu les livres que c'est ? Un très beau manuel scolaire avec des images, des couleurs, des "quizz" à la fin et tout de 250 pages pourrait être moins lourd. Et puis, il faut penser sur le long terme.
avatar expertpack | 
@pslauver bravo ! on a vue arriver la consommation massive, les 4x4 pickup ,les fastfood, la surcharge ponderale et les cigarettes de cowboy.
avatar BenUp | 
Pourquoi sortir de chez soit, croiser des gens, rentrer chez un libraire, prendre le temps de vivre...
avatar Aughta | 
tyga tiger : D'une part, apprends à écrire. D'autre part, sarcasme ! Dois-je me trimballer avec une pancarte sarcasme sur le dos pour que ton intellect capte l'information qui t'ait donné ?
avatar grems | 
Ouais ! C'est cool ! Nos enfants n'auront plus de problèmes de dos grâce aux cartables plus légers. Mais tous des problèmes de vue lol
avatar zoubi2 | 
Bien sûr que ce n'est pas gagné. Bien sûr que cela pose quelques problèmes. Bien sûr que cela demande réflexion. Ce n'est pas une raison pour regretter le temps des plumes Sergent-Major ou jeter l'eau du bain avec le bébé. Au moins il y en a qui bougent. EUX.
avatar _Bluetooth | 
Quelle que soit le devenir de cette solution de manuel numérique (perso je suis dubitatif à cause de la fatigue visuelle, mais une ipad retina peut résoudre le pb en partie), le rythme et la cohérence des innovations Apple forcent le respect ... il n'y aurait pas d'ibook author sans ipad, pas d'ipad sans iphone, pas d'iphone sans ipod. Et il y a ce côté jubilatoire d'avoir l'impression de vivre une révolution à chaque fois, avec les pro et les anti (cons en anglais :), et - jusqu'à maintenant - l'histoire qui a donné raison aux 1ers ... Perso, je cherchais un moyen de publier des livres illustrés sans me perdre dans le dév info, Apple m'a peut-être apporté la solution sur un plateau !
avatar lmouillart | 
Pourquoi si Apple veut améliorer la chose elle ne propose pas de licences fairplay pour pouvoir lire les livres sur des liseuses tierces? Ensuite je crois me souvenir que les eleves les plus en echec scolaires au moins aux USA sont issue des millieux les plus défavoriser. Comment vont ils acheter des tablettes, puisqu'une partie des états n'ont plus d'argent pour payer les profs. Pour la prise de note c'est du délire : clavier virtuel 30% de la surface inutilisable, une seule fenetre dispo donc ont ne peut pas avoir onenote ou word d'ouvert en parallele. L'idée c'est un ipad pour les bouquins et un macbook pour la saisie (puisqu'on ne peut pas lire les livres sur ordinateur)?
avatar giloo | 
http://gilsplash.wordpress.com/2012/01/19/apple-ou-comment-coller-aux-ecoliers-un-ipad-dans-le-cartable/
avatar giloo | 
Je suis plutôt d'accord avec toi lmouillart c'est ce que j'écris sur mon blog même si dans le fond c'est plutôt pas mal
avatar lmouillart | 
L'idée est bien mais le materiel doit etre acesssible 50e tout au plus, batteries, changeables, les solutions doivent être interopérables. Les appels d'offres gerer au niveau de l'etat afin d'abaisser les couts le plus possible. Les systeme doivent etre maintenue 15 ans... C'est un bon premier pas d'un industriel vers l'education, reste a definir un cachier des charge et voir comment Apple et les autres peuvent modifier leur produits pour que cela colle avec le besoin national. Pourquoi pas en échange du rapatriement des usines de fabrication des ipad en europe.
avatar MacGyver | 
un ipad plus durable qu'un bouquin, je demande a voir...
avatar Kerala | 
@ lmouillart Apple est une entreprise privée qui est là pour gagner de l'argent et essaye de le faire en sortant des produits de qualité… Je ne vois pas pourquoi Apple investirait en temps, en argent, en ressources humaines, en recherche et développement etc. etc. pour ensuite tout partager gentiment et gratuitement avec la concurrence ? Tout n'est pas parfait chez Apple, mais parfois il faut arrêter les délires… C'est beau tant de naïveté, j'en ai la larme à l'oeil !
avatar xatigrou | 
@Imouillart : tout à fait d'accord, les tablettes à l'école ont sans doute un avenir à très long terme, mais certainement pas des ipads à 500 Euros. Quand ils seront bien moins chers et ouverts, peut-être y aura-t-il des modèles commandés par l'éducation nationale à plusieurs millions d'exemplaires, avec cahier des charges précis (notamment pour ce qui est de la solidité, résistance aux chutes etc... Ce qu'un ipad ne fait pas, mais aussi batteries changeables évidemment). Et c'est dans l'air du temps, on peut parfaitement envisager que le cahier des charges impose une fabrication Union Européenne (avec plusieurs millions d'exemplaires commandés et plusieurs pays éventuellement associés c'est tout à fait possible). Un système intégré conçu pour les cours et que pour ça, en association avec les éditeurs de livres et dont le but ne serait pas de leur faire racquer 30% du prix du bouquin. Mais en l'état c'est plus un concept qu'autre chose. Si je pense que les tablettes ont peut-être un sens à l'école (et encore, c'est un vaste débat) je ne crois pas que ça passera par Apple.
avatar Kerala | 
Je n'ai jamais compris pourquoi l'on reproche à Apple de prendre 30 % ? Il faut considérer iTunes comme un libraire rien de plus rien de moins… Personne ne reproche à un libraire de prendre entre 25 et 35 % alors pourquoi le faire pour Apple ? Pour ce qui est de l'union européenne si elle souhaite intégrer des tablettes numériques elle le fera en s'appuyant sur l'existant ce sera donc soit Apple soit Microsoft soit Samsong soit un autre, mais jamais ils ne créeront une société spécifique qui ne fera que cela… Pour ce qui est du changement des batteries c'est vraiment un faux reproche je trouve d'ailleurs cela beaucoup plus écologique ainsi puisque c'est Apple qui gère le recyclage des batteries et non pas les particuliers qui sont rarement sérieux dans ce domaine…
avatar glazounov | 
"Répondre aux problèmes du système éducatif américain" Très intéressant. Mais absolument aucun intérêt pour ce qui nous concerne, en France. Mais Apple ayant conservé son encéphalogramme totalement plat en France, les sites web spécialisés dans le publi-reportage dédié à la secte ne parlent évidemment que de ce qui les arrange. Et au passage, écrivent ce que les iCrétins ont envie de lire. Rien de neuf donc...
avatar Saluki | 
Bonjour, En 1870, il y a eu une énorme manifestation, place de la Concorde,à Paris. Une grande foule criait des slogans injurieux : "Salaud d'Edison !". Un américain venait de ruiner leur métier, indélocalisable, de "moucheur de chandelles" en inventant l'ampoule électrique. Je suis vacataire en marketing dans des Ecoles d'ingénieurs en France et maintenant en Chine. Dans le mastère international où j'interviens, en France, les étudiants étrangers ont quasiment tous des macs, les français, plutôt des PC. Je donne mes cours "Keynote" en face-à-face et les mets ensuite en ligne en .mov pour que tous y aient accès. En Chine, l'université leur a donné à tous un iPad 64 et je suis bien content aujourd'hui, de pouvoir leur transformer mes .key en e-books. L'année dernière, en Octobre, j'étais à Shanghaï, et il y avait la queue dans l'Apple store pour échanger des bons d'achats contre des iPads. Regardons un peu, sans arrogance, ce qui se fait à côté, tout n'est pas "à chier" parce que c'est ailleurs. C'est la version française du "NMIH-not made in here" qui conduit dans le mur.
avatar Kerala | 
@ Saluki J'aime bien te référence à Edison tu n'aurais pas la référence d'un livre qui parle de cela ? Merci.
avatar Digger | 
zoubi2 [19/01/2012 23:55] "Au moins il y en a qui bougent. EUX." Ouais en 1933 il y en avait qui bougeaient déjà pas mal.... et qui brûlaient les livres.
avatar Digger | 
La Chine!!!! et son PC unique.... Mauvais exemple.
avatar Saluki | 
@Kerala j'aurais dû mettre la citation entre deux balises [humour] et [\humour] . Bon, d'accord, 1870 ça ne le fait pas ;°( l'ampoule à filament incandescent a été perfectionnée dix ans plus tard, si elle a bien été inventée vers 1840. Cette "citation", je l'ai entendue et mémorisée par mon prof' de physique en…1964 ou cinq. @Digger Si je vais en Chine, comme un certain nombre, c'est que l'Éducation Nationale" a estimé qu'à 65 balais je n'étais plus apte à enseigner. Là bas, ils me paient mieux que je ne l'étais ici. Mes cours en France, je les fais donc à titre bénévole.
avatar Kerala | 
@Saluki Dommage que cette histoire ne soit pas vrai car elle colle parfaitement à la situation…
avatar Almux | 
@Kerala Une librairie me prend 30% sur un livre en dépôt ou commandé chez eux par un tiers... Elle en prend jusqu'à 90% si elle le distribue (promo, pub, mention sur ses listes). Pourquoi crois-tu que je préfère en vendre moins, mais directement aux personnes qui s'y intéressent? EDIT C'est pourquoi une publication sur iTunes me tente terriblement!
avatar Marc-Alouettes | 
@glazounov [20/01/2012 10:59] : "Apple ayant conservé son encéphalogramme totalement plat en France, les sites web spécialisés dans le publi-reportage dédié à la secte ne parlent évidemment que de ce qui les arrange. Et au passage, écrivent ce que les iCrétins ont envie de lire. Rien de neuf donc..." Non, en effet, surtout pour le seul neurone qui te reste et que tu crois pouvoir utiliser pour te ridiculiser davantage (aujourd'hui, plus qu'hier et sans doute bien moins que demain) !
avatar brownsugardbv | 
Je viens de télécharger iTunes U, je regarde un livre développé par The Open University : Ecosystems. C’est absolument remarquable ... de simplicité ... en tout ças pour l'élève. Un système de navigation par onglets (à droite de l’écran) Infos : permet d’accèder à la vue d’ensemble, une présentation de l’Open University et la structure du cours (23 items, dont un test de connaissances) Publications : propose par thème (par exemple la vie dans les arbres) des chapitres à lire, des vidéos à regarder, un exposé à écouter ... un clic sur l’écran et hop le téléchargement commence ... Notes : regroupe vos notes : ce que vous avez écrit ou copier -coller depuis les chapitres proposés. Possibilité de les imprimer ou de les envoyer par mail Documents : regroupe tous les docs (texte, audio, vidéo, liens Web) qui peuvent être téléchargés à la demande. On s’habitue très vite à la navigation et je suis prêt à parier qu’élèves et étudiants «digital natives» seront davantage séduits par cette approche, que par les traditionnelles lectures de chapitres dans des livres qui n’ont pas été conçus en fonction de leur manière de fonctionner ... Pas vu par contre comment le prof pouvait créer des quizz et vérifier les scores des élèves ... Vivement quelques contenus en français ...
avatar codeX | 
[quote]Rien de neuf donc...[/quote] C'est clair. Toujours les mêmes cons avec leur 2 de QI à venir critiquer par pure méchanceté. Notre pays compte un bas du front de plus.
avatar h4l3 | 
Des personnes qui interviennent en avocats d'apple sur tous les points, soit vous faites semblant soit vous êtes vraiment hypnotisés. Tel que Kerala qui parle de "pour ensuite tout partager gentiment et gratuitement avec la concurrence" Mais qui a demandé un service gratuit ici? Tu sais lire? Tu comprends de quoi on parle? Qui a parlé de gentillesse? Les utilisateurs veulent une facilité d'accès par exemple. C'est un des nombreux exemples, j'en ai des listes. Alors on prend celui-là si tu veux bien et on l'analyse d'abord. Le présentateur de la keynote Apple nous montre des livres avec plein de croix rouges "Bouh c'est pas portable, bouh c'est pas ci c'est pas ça". Et hop un petit coup et tout est vert, Ipad c'est total liberté et blablabla. Non! Mon Ipad est totalement hermétique, il me faut trouver une machine avec itunes pour lui ajouter ou retirer du contenu, avec des histoires de synchro et bla bla. Sérieux rien que de commencer à en parler ça m'énerve. Jusqu'à aujourd'hui, parce que j'aime bien regardé derrière pour voir comment ça tourne très mal les formats informatiques, chaque format a connu une période de gloire puis s'est fait oublié. Au point qu'on trouve cela normal de ne plus avoir d'appareils pour lire une disquette 3,5''. D'accord, on fait mieux en contenant, mais si le contenu de l'une d'elles m'est précieux à mes yeux à moi? Que je retrouve une disquette que j'aimerais lire? Comment je fais? Un livre est ce qu'il y a de plus facile d'accès. La seule condition est de savoir lire. La portabilité? Un ipad tombe, c'est une bibliothèque entière qui brûle. C'est irréparable, y'a rien à sauver tout est soudé, tout est fait pour qu'on aille retourner raquer. Durable? Le temps que la batterie s'épuise, ou qu'une des innombrables pièces finissent pas crever avant, et Apple n'est plus aussi irréprochable en matière de qualité. Désolé, on pourra me dire que les données sont sur un compte dans un nuage, ça ne me rassure pas. Même si le nuage pèse 400...
avatar h4l3 | 
... milliards. Ca reste du $, donc du papier... pardon surtout plus de 80% d'électronique, Apple n'a pas de réserves en dur. Mais presque que de la confiance dans ses comptes bancaires. C'est bien. Donc en gros, ma bibliothèque est chez elle. Ca ne durera pas comme certains de mes livres datant de 1920, j'en suis convaincu. Et mes livres sont dans un très bon état. Dans quel état il est mon ipad en 2102 pour mes héritiers? Il en faudra combien pour garder ma bibliothèque active? Les contrats d'utilisation signés avec Apple aujourd'hui seront-ils toujours valables dans un siècle? Ah bah non, ils changent toutes les semaines. Et c'est pas dit qu'un jour ça fusionne avec Facebook ou je ne sais quelle "merde". Désolé de la vulgarité mais plus Apple avance, plus elle fait preuve des mêmes travers de toute entreprise leader. Cupidité, surdité, protectionnisme. Par contre l'appareil a d'énormes qualités, et c'est très bien de s'investir pour toujours apporter plus d'interactivité, de facilité dans la recherche d'un mot, de rapidité dans l'accès aux définitions etc etc... y'a pas à dire. Alors je vois surtout la machine comme un complément au livre papier. Les deux sont faits pour s'apporter ce qui manque à l'autre. Le livre offre un confort de lecture inégalé, une flexibilité, on le lit sans être inquiété d'être racketé, sans à vérifier sa batterie, avec un petit budget on y a accès. On le transmet... j'en passe ce débat on l'a déjà fait, mais un petit rappel, car à lire certains fan du "made in USA"... Mais ce qui a le don de me mettre en colère avec Kerala c'est le fait de faire exprès de ne pas remarquer à quel point Apple verrouille tout. C'est bien cette appli Ibooks Author, mais c'est mieux si on peut l'utiliser sur un maximum de plateforme avec un format ouvert. Si vraiment elle milite pour l'éducation... mais c'est un mensonge marketing, l'objectif est de poser ses ipad pour assurer la main mise sur les nouvelles générations. La naïveté elle vient de ton côté.
avatar Kerala | 
@h4l3 Je me sens obligé de répondre vu que tu parles de moi ici : Mais ce qui a le don de me mettre en colère avec Kerala c'est le fait de faire exprès de ne pas remarquer à quel point Apple verrouille tout. C'est bien cette appli Ibooks Author, mais c'est mieux si on peut l'utiliser sur un maximum de plateforme avec un format ouvert. Si vraiment elle milite pour l'éducation... mais c'est un mensonge marketing, l'objectif est de poser ses ipad pour assurer la main mise sur les nouvelles générations. je suis tout à fait conscient qu'Apple travaille pour elle, comme les éditeurs travaillent pour eux, comme les autres entreprises du secteur qui travaille pour eux ce sont toutes des entreprises privées qui travaillent pour gagner de l'argent ce que je dis… Par contre tu ne réponds pas à ma question ou tu l'évites ? Donc Apple investi de l'argent, du temps, des ressources humaines etc. etc. pour créer une application Ibooks Author et tu veux qu'après Apple laisse le format libre pour que cela profite à la concurrence ? Le problème ici c'est que c'est le rôle des éditeurs qui a été supplantés par Apple. Les éditeurs sont fautifs car ils n'ont pas su se réinventé et sortir de l'imprimerie pour proposer un format accessible à toutes les tablettes… Je ne suis pas un fou des tablettes loin de là et j'achète toujours mes livres au format papier et le ferait toujours par contre je trouve tout de même la proposition d'Apple pour l'enseignement intéressante… Sinon pourquoi tu t'énerves ? Restez zen Apple n'en vaut pas la peine et les autres non plus.
avatar Anonyme (non vérifié) | 
Je suis très curieux de voir comment nos éditeurs tançais vont relever ce défi. Ils sont pris entre deux feux le sacro-saint programme et les jeunes qui vivent déjà dans le 21e siècle (mot à la mode mais qui résume l'idée...) En plus question pédagogique nous sommes au début du chemin...
avatar Keikoku | 
Travailler sur ipad ne me semble pas etre une bonne idee...

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