Steve Jobs : Le PC est un camion

La redaction |
Steve Jobs a inauguré la Conférence D8, une série d'interviews organisée par le Wall Street Journal, avec Walt Mossberg et Kara Swischer comme hôtes de ces discussions à bâtons rompus. Il est revenu sur Flash, l'iPhone perdu, Google, la création de l'iPad, le secteur de la télévision, etc.

Apple/Microsoft
Jobs ne s'est pas étendu sur le fait qu'Apple avait dépassé la capitalisation boursière de Microsoft "C'est surréaliste, mais ça ne veut absolument rien dire". Mossberg lui a rappelé qu'Apple était au bord du gouffre lorsque Jobs est revenu aux commandes "C'était épique, on était à 90 jours d'une banqueroute. Je pensais que tous les gens compétents étaient partis, puis j'ai trouvé ces gens étonnants et je leur ai demandé pourquoi ils étaient toujours là. Ils m'ont dit qu'ils croyaient en Apple et en ce que cet endroit représentait. C'est ce qui nous a poussés à travailler plus dur".

Flash et la lettre ouverte
Mossberg a abordé la question de la lettre ouverte sur Flash et du choix de Jobs de priver les utilisateurs de Flash de manière aussi abrupte. Jobs a répondu qu'Apple, du fait de ses ressources moindres que celles d'autres entreprises, devait choisir les technologies qui avaient un avenir "Nous essayons de sélectionner celles qui sont dans leur printemps. Et si vous choisissez bien, vous avez des chances de bien réussir". Jobs a dressé un parallèle avec d'autres abandons qu'elle a fait par le passé et qui lui avaient été reprochés : la disquette, le port série sur l'iMac au profit de l'USB, le lecteur optique intégré avec le MacBook Air. Pour lui, Flash "a fait son temps et HTML5 est en train d'émerger. La vidéo est de meilleure qualité, ça marche mieux et vous n'avez pas besoin d'un plug-in. Et bien que 75% des vidéos sur le web soient en Flash, beaucoup sont aussi disponibles en HTML5".

Jobs d'estimer également les utilisateurs ne se rendent pas compte de cette absence de contenus "sauf quand il y a un vide à la place" a rétorqué Mossberg "Ces vides sont en train d'être remplis… et ce sont principalement des pubs" lui a retourné Jobs.

Relancé par Mossberg sur les conséquences de cette décision auprès des développeurs, Jobs en a appelé à un autre environnement de développement : "Hypercard était énorme à son époque" et de suggérer que les milliers d'applications sur l'App Store prouvaient l'implication des développeurs.

Pour le patron d'Apple, cette affaire avec Flash se résume à un choix "Notre objectif est très simple - nous avons juste pris une décision technologique. Nous n'allons pas faire un effort pour le [Flash] mettre sur notre plate-forme. Nous avons demandé à Adobe de nous montrer quelque chose de mieux, et ils ne l'ont jamais fait. Ce n'est que lorsque nous avons lancé l'iPad qu'Adobe a commencé à rouspéter. On n'a jamais voulu se battre avec eux, on a juste décidé de ne pas utiliser un de leurs produits. Ils en ont fait toute une histoire, c'est pour ça que j'ai écrit cette lettre. J'ai dit maintenant ça suffit, on en a assez que ces types nous flinguent dans la presse.".

Mossberg l'a alors relancé sur le volet utilisateurs "Et si les gens réclament Flash, s'il disent que l'iPad est handicapé sans Flash ?"

Jobs : "Les choses forment un ensemble. Certaines choses dans un produit sont bonnes, certaines sont mauvaises. Si le marché nous dit que nous faisons de mauvais choix, nous ferons des changements. Nous essayons simplement de faire de bons produits, nous ne pensons pas que Flash constitue un bon produit, donc on le laisse de côté. À la place on se concentre sur des technologies qui sont en phase ascendante. Et on va se faire engueuler parce que nous voulons proposer à nos clients les meilleurs produits au monde ? Si on réussit, les gens en achèteront [des iPad], sinon ils n'en achèteront pas. Jusqu'à présent, je dois dire que les gens semblent aimer l'iPad. On en vend quelque chose comme un toutes les trois secondes."

Les emails de Steve Jobs
Jobs a confirmé qu'il avait bien échangé plusieurs mails avec un journaliste de Gawker Media et qu'il fut étonné de les voir publiés (lire Steve Jobs : "Vous avez fait quoi de si génial ?") "Il ne s'est jamais identifié comme journaliste. Il était tard, j'étais en train de travailler et ce type commence à m'envoyer des e-mails désagréables ... et j'ai voulu le remettre d'aplomb".

L'iPhone égaré
Mossberg a fait un résumé de l'affaire de l'iPhone égaré et notamment posé la question de la pertinence de la saisie du matériel informatique d'un journaliste. Jobs "Il y a une enquête en cours. Mais je peux vous dire ce que je sais. Pour fabriquer un produit, vous devez de le tester. Vous devez l'emmener à l'extérieur. Un de nos employés en avait un. Il y a débat pour savoir s'il l'a laissé dans un bar, ou s'il a été volé dans son sac. La personne qui l'a trouvé a essayé de le vendre, ils ont appelé Engadget, ils ont appelé Gizmodo."

"La personne qui a pris le téléphone l'a branché sur l'ordinateur de son colocataire. Et ce gars essayait de détruire des preuves… et son colocataire a appelé la police. C'est une histoire étonnante - il y a eu vol, il y a eu recel, il y a eu extorsion, je suis sûr qu'il y a aussi eu du sexe [rires] il faudrait en faire un film ! Toute cette affaire est très pittoresque. La justice s'en occupe, et à ma connaissance il y a une personne qui s'assure qu'ils ne s'intéressent qu'aux éléments liés à cette affaire. Je ne sais pas comment tout cela finira."

Les suicides chez Foxconn
Jobs a réitéré ses propos déjà formulés dans l'un de ses e-mails envoyés à un utilisateur (lire Mails de Steve Jobs : Foxconn et App Store) : "Ce sujet a toute notre attention. Nous faisons attention à tout dans ces entreprises. Et je peux vous dire une ou deux choses que je sais. Foxconn n'est pas un sweatshop ("atelier de misère"). C'est une usine - mais mon dieu, ils ont des restaurants et des cinémas… mais c'est une usine. Mais ils ont eu des suicides et des tentatives de suicides - et ils ont 400 000 personnes là-bas. Le taux [de suicide] est inférieur à celui des Etats-unis, mais ça reste préoccupant."

Jobs a ensuite dressé un parallèle avec une vague de suicides qui avait touché sa localité, Palo Alto, puis de conclure "on a envoyé des gens à nous là-bas ainsi que d'autres, pour essayer de comprendre, c'est une situation difficile".

Nouvelles plateformes, nouvelles batailles
Chrome OS, Android, Facebook… pour Mossberg ces nouvelles plateformes sont l'occasion de nouvelles batailles pour Apple.

"Non, nous ne nous voyons pas dans une guerre de plateformes" a répondu Jobs. "Nous ne nous sommes jamais vus dans une guerre de plateforme avec Microsoft non plus... C'est peut-être pour ça qu'on a perdu d'ailleurs. Mais nous ne nous sommes jamais considérés comme étant dans une bataille de plateformes, nous voulons simplement faire de bons produits."

Mossberg s'est intéressé au changement de relations entre Apple et Google depuis l'arrivée d'Android. Jobs a de nouveau indiqué que Google avait décidé de venir les concurrencer sur les mobiles, alors qu'Apple n'avait jamais essayé de les concurrencer sur l'activité de la recherche "Donc vous vous êtes réveillé un matin et vous avez entendu parler d'Android ?" a demandé Mossberg "en quelque sorte" a répondu Jobs. Et pressé de dire s'il s'était senti trahi et de commenter l'état de sa relation avec Google, Jobs a esquivé "Ma vie sexuelle est excellente, comment va la vôtre ?"

S'agissant de Chrome OS, Jobs a surtout rappelé qu'il s'appuyait sur WebKit, le fruit de travaux d'Apple. Un WebKit utilisé par Android, Nokia, Palm, RIM "Nous avons conçu un véritable concurrent pour Internet Explorer, et c'est le premier dans le monde du mobile".

Jobs a ensuite affirmé qu'Apple n'avait aucune intention d'aller sur le marché de la recherche "On n'est pas intéressés, d'autres le font très bien". Ainsi, l'acquisition de Siri (lire Apple rachète l'application de recherche Siri) aurait d'autres motifs "Ils ne sont pas dans la recherche, ils sont dans l'Intelligence artificielle" s'est défendu Jobs.

Jobs a aussi répondu qu'Apple n'allait pas retirer Google de son iPhone (lire Bing : Microsoft aimerait une place dans l'iPhone).

AT&T
Le patron d'Apple a renouvelé sa confiance à AT&T- souvent critiqué pour la qualité de son réseau - décrit comme un partenaire qui a osé miser gros sur l'iPhone alors qu'Apple arrivait avec un nouveau modèle économique pour un téléphone. À la question de savoir s'il ne serait pas dans l'intérêt d'Apple d'avoir au moins deux opérateurs aux États-Unis, Jobs n'a pas démenti, mais il n'a pas plus développé sur ce sujet.

La création de l'iPad
Jobs : "Je me souviens vous avoir dit que je pensais que l'écriture manuelle était la méthode de saisie la plus lente qui soit. Nous avons réinventé la tablette, nous n'avons pas fait comme Microsoft. Ils avaient une approche complètement différente. Et c'est ce qui a guidé tout le reste. Leur tablette était basée sur un PC. Elle en avait le poids, l'autonomie et elle avait un curseur comme un PC. Mais dès l'instant où vous prenez un stylet, vous vous retrouvez avec une précision équivalente à celle d'un doigt, vous ne pouvez pas utiliser le système d'exploitation d'un PC. Vous devez le concevoir de zéro"

Jobs a ensuite expliqué que l'idée de l'Pad avait précédé l'iPhone. Il avait eu cette idée d'un écran de verre multitouch sur lequel on pourrait taper. Six mois plus tard, ses ingénieurs lui ont montré cet écran. Un des spécialistes en interface s'est penché dessus et il a notamment mis au point ce système de défilement avec inertie. Et là, Jobs de réaliser qu'ils pourraient en faire un téléphone, du coup le projet de tablette a été mis de côté.

NDR : John Markoff, dans le New York Times, écrivait en 2008, qu'Apple travaillait sur produit de la taille d'un petit portable et baptisé "Safari Pad", avec déjà l'utilisation du multitouch. Et ce n'est que petit à petit, sous l'intuition de Steve Jobs, que le projet évolua vers l'iPhone (lire : Safari Pad précéda l'iPhone).

L'ère mobile expliquée

Dans sa lettre adressée à Adobe, Steve Jobs avait affirmé que nous étions entrés dans l'ère mobile, qui était en train de se substituer à l'ère du PC. Le cofondateur d'Apple a précisé son idée à l'aide d'une analogie "Quand nous étions une nation agraire, toutes les voitures étaient des camions. Mais à partir du moment où la population a commencé à migrer vers les villes, les gens ont commencé à utiliser des voitures. Je pense que les PC vont connaître le même sort que les camions. De moins en moins de monde en aura l'utilité."

Il ignore combien de temps la transition durera, si elle sera achevée dans un an, cinq ans ou dix ans et si l'iPad sera la voiture de monsieur tout le monde ou si ce sera un autre objet. Une chose est sûre, la tablette d'Apple est loin d'avoir montré tout son potentiel. Steve Jobs a évoqué quelques pistes comme la création de contenus ou l'édition de vidéos. Plus que jamais, pour Jobs, la clé c'est le logiciel…

Deux plates-formes : le HTML5 et l'App Store

Steve Jobs a également apporté des précisions intéressantes sur la politique d'Apple concernant l'App Store. Pour lui, les choses sont simples, Apple supporte deux plates-formes : l'App Store et le HTML5.

Il estime qu'Apple est en pointe concernant la prise en charge du HTML5. Sur cette plate-forme, les développeurs sont libres de faire tout ce qu'ils veulent. La seconde, plus contrôlée, c'est l'App Store, pour lequel il y a trois règles majeures en ce qui concerne la validation : que l'application soit conforme à la présentation qui en est faite, qu'elle n'utilise pas d'APIs privées et qu'elle soit stable.

Jobs a rappelé que 95 % des applications soumises étaient approuvées en moins d'une semaine. Il a également expliqué qu'Apple est confrontée fréquemment à de nouveaux cas et adapte ses règles en permanence. Dans ce domaine, il reconnait qu'Apple a pu faire des erreurs par le passé, mais met tout en oeuvre pour améliorer son système de validation.

Apple : la plus grosse start-up au monde ?

"J'ai l'un des meilleurs jobs au monde". Steve Jobs estime travailler avec "les plus brillantes au monde" et "jouer dans le meilleur bac à sable". Si l'on se fie à son témoignage, Apple est organisée comme une start-up, la plus grosse start-up au monde. Sans comité, sans lourdeur, une société divisée en petites équipes avec des objectifs bien définis. Steve Jobs passe son temps à les rencontrer, à échanger avec elles. Une fois par semaine, tout le monde se réunit pour aborder tous les sujets du moment.

Incapable de se projeter dans le futur (à 5 ou 10 ans), Jobs a affirmé que les valeurs et les ambitions d'Apple n'avaient pas changé : faire les meilleurs produits possible. Et c'est cela qui le motive et il n'y a rien de plus motivant pour lui que de recevoir un courriel d'un client lui affirmant à quel point il trouvait l'iPad génial.

Jobs s'est également brièvement exprimé sur iAd, certains craignant qu'Apple compte éliminer la concurrence en concentrant fourniture des pubs et des statistiques. Steve Jobs a répondu par une anecdote : la régie de statistiques Flurry a réussi à détecter un nouvel appareil utilisant l'iPhone OS, une tablette utilisée majoritairement à Cupertino. Cela l'a mis dans une colère noire : Flurry fournit en fait aux développeurs une solution qui envoie les données d'utilisation vers leurs serveurs, avec profil de l'appareil et géolocalisation.

Au-delà de l'anecdote et du fait que Steve Jobs ne parlera plus avec des firmes spécialisées dans les statistiques avant de « s'être calmé, ce qui ne sera pas tout de suite », le patron d'Apple explique que ce qui le met particulièrement en colère est le fait que Flurry ne prévienne pas l'utilisateur de l'utilisation de données personnelles. D'où l'intégration d'un plus grand degré de contrôle sur les données personnelles dans l'OS 3, et sur la géolocalisation dans l'OS 4. Apple ne fermera cependant pas la porte à la concurrence tant que les choses se font en bonne intelligence.

Apple : la tête dans les nuages

À la fin de la conférence, Steve Jobs a répondu à quelques questions de l'assistance. Il a assuré que le réseau AT&T allait connaître de grosses améliorations prochainement, que les protections mises au point par Hollywood pour protéger ses contenus étaient une catastrophe. Il s'est également dit surpris par la qualité de certains jeux sur iPhone et iPod touch. Un nouveau marché s'est créé et Apple va tout faire pour qu'il se développe. D'où l'intégration du Game Center dans iPhone OS 4. Il a par ailleurs indiqué que certaines limitations d'iPhone OS (l'accès au système de fichiers par exemple) pourraient sauter à l’avenir.

Enfin, Steve Jobs a eu l'occasion de s'exprimer sur deux points qui font beaucoup parler en ce moment : la synchronisation de médias et l'Apple TV. Il a clairement indiqué qu'Apple travaillait sur une solution permettant de synchroniser ses médias sans fil. Aucune information bien entendu concernant le lancement d'une telle solution : "nous travaillons dessus" a-t-il affirmé.

L'Apple TV : toujours un hobby

Le mot de la fin était pour l'Apple TV. Il a expliqué que l'industrie de la télévision avait pour stratégie de subventionner l'achat du terminal. Celui-ci est souvent gratuit ou presque. Selon Steve Jobs, cela a considérablement nui à l'innovation dans ce domaine. La seule façon de changer les choses selon lui, c'est de proposer au grand public un produit payant que les gens ont vraiment envie d'acheter. Mais il le reconnait, ce n'est pas simple et c'est pour cela que l'Apple TV reste pour le moment un hobby pour Apple.

L'interview de Jobs est disponible en (vidéo).

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avatar BeePotato | 
@ Melaure : « Je note néanmoins qu'il reconnait au moins à demi-mots, que le besoin du client, il s'en moque complètement, et que c'est bien sa vision des choses qu'il compte imposer aux clients. » Ce n’est pas vraiment ce qu’il a dit : il propose sa vision des choses, il ne l’impose pas (et comment le pourrait-il ?). Après, si les clients potentiels aiment cette vision, ils l’achètent, sinon ils ne l’achètent pas. Et comme il l’a dit aussi, si personne n’achète, Apple essaye d’adapter sa proposition (en retirant le G4 Cube de la vente, par exemple). Mais vu que la plupart du temps ça se vend très bien, il n’y a pas souvent à adapter quoi que ce soit… Bref, dire qu’il se moque complètement des demandes formulées par certains, oui. Mais ce n’est pas pour autant qu’il impose quoi que ce soit, n’étant pas vraiment en position de le faire.
avatar Manueel | 
oomu : wired sur Ipad... Je viens de lire une nouvelle stupéfiante sur Appleinsider Si j'ai bien compris, dans ce développement ils ont atteint un sommet de ridicule - Adobe's workaround results in a huge "app" that weighs in at around 500MB - 4,109 images weighing in at 397MB - each full page is a giant image – there are actually two images for each page: one for landscape and one for portrait mode Peut-on encore parler d'un développement ?
avatar BeePotato | 
@ cl97 : « Le manque de ressources d'Apple, ce n'est pas nouveau. Apple a énormément de mal à recruter de développeurs de haut niveau qui maitrisent ses technologies. » D’autant qu’il n’y a pas que le niveau du développeur et sa maîtrise des technologies à prendre en compte, mais aussi son adéquation avec l’esprit de l’entreprise et son approche des produits un peu particulière. Sans ça, pas d’intégration possible aux équipes existantes. Il faut des développeurs un peu plus passionnés qu’ailleurs pour travailler là, pas juste des types doués qui viennent bosser pour une boîte de plus dans leur carrière. Ça ne facilite pas le recrutement. Ensuite, de toute façon, augmenter la taille des équipes ne suffit pas forcément à faire avancer le développement plus vite. Les dollars ne font pas tout.
avatar Eurylaime | 
@Melaure : les ressources limitées c'est discutable, l'effectif c'est 32000 et ils ont quand même les moyens d'embaucher et de passer à 50000 pour faire des produits finis. Mais comment malgré tout à 32000 ils ne pourraient pas sortir un produit fini.
avatar skhattane | 
@bardaf67 le monde de l'entreprise n'est pas le terrain de jeu d'Apple.
avatar 007peyo | 
il a vraiment une tête de plus en plus cadavérique jobs !
avatar Stalmicmac | 
Voilà juste comment remettre l'église au milieu du village et faire le point de la situation! Merci iPapy! Et le principe "grosse start-up" et tout à fait "intéressant" et compréhensible!
avatar umxprime | 
Et le mac pro c'est un bulldozer ?
avatar ironseb | 
Compte rendu très intéressant. La question maintenant est de savoir si Apple va continuer à construire des camions… ou si l'on devra à terme se tourner vers des PC sous Windows. Car comme Jobs le sous-entend, certains auront toujours besoin de camions.
avatar J-Mac | 
@Manueel Adobe n'a pas encore présenté sa solution, peut-être sera-t-elle optimisée? Il faut l'espérer en tout cas. Même si il est vrai que l'optimisation et Adobe... Apparemment un autre mag similaire dans la forme arrivant sur l'iPad devrait lui peser 60mo, ce qui est déjà beaucoup plus adapté. Mais il ne doit pas utiliser la solution d'Adobe. La force d'Adobe est de proposer un produit qui serait dérivé d'InDesign, donc même si son optimisation est très mauvaise, ça devrait lui suffire pour séduire une grande partie de la presse qui y verra un moyen facile et pas cher pour adapter ses revues. Mais si ce n'est pas optimisé (80max le mag) alors ça risque de très vite être un problème : Temps de téléchargement Place occupée sur l'iPad (à 500mo le mag...) Quasi impossibilité de le télécharger en 3G (surtout dans les pays où on est limité à 1 ou 2go) Et ça ne va pas aider la presse numérique...
avatar sambucus | 
Pour compléter la réflexion de @Sebastiano, lorsque Steve Job parle de PC, je comprends qu'il ne parle pas de Windows… etc., mais aussi d'Apple; soit des stations de travail fixe (PC = Personal Computer) comme les iMac, Mac mini… Il s'agirait donc d'une évolution fondamentale de l'utilisation de l'informatique qui se caractériserait par la portabilité, le partage et l'ergonomie. D'où la nécessité d'une certaine discipline chez les développeurs que Jobs prône en terme de respects de normes standardisées et évolutives (phases d'innovation, de développement par de nombreuses entreprises, d'exploitation par tout un chacun, puis enfin d'élimination de celles-ci). C'est la clef du partage. Notamment, nous avons tous pu constater combien la programmation de sites web aux normes exclusives d'Internet Explorer a été nuisible à la diversité et à la créativité. En terme d'unités de calcul, ne subsisteraient plus que 1) des machines portables pour la majorité des utilisateurs (type MacBook, iPad, iPhone…) et 2) des machines extrêmement puissantes et onéreuses pour des activités spécialisées (traitement multimédia industriel,TV, studio d'enregistrement…), ainsi que de très grosses unités organisées pour du calcul distribué ou des supercalculateurs, destinés à la recherche… Dans une autre discussion [https://www.macg.co/news/voir/156741/intego-un-spyware-osx-opinionspy-distribue-avec-des-applications#topComment], Moonwalker [01/06/2010 21:06] me fait remarquer avec justesse que l'ancien Mac OS a totalement disparu en terme de système, j'ajouterais : ce que n'a pas eu le courage de faire Microsoft. Sauf que le fameux "look and feel" qui caractérise Apple reste un fil conducteur. C'est à mes yeux pour cela que Jobs explique qu'il ne voit pas de guerre des plateformes, mais d'un désir de « faire de bons produits », c'est-à-dire des produits originaux, en concordance avec ce que lui et ses collaborateurs se sont fait de l'ergonomie et de l'esthétisme.
avatar sebastiano | 
@sambucus : "D'où la nécessité d'une certaine discipline chez les développeurs que Jobs prône en terme de respects de normes standardisées et évolutives (phases d'innovation, de développement par de nombreuses entreprises, d'exploitation par tout un chacun, puis enfin d'élimination de celles-ci). C'est la clef du partage. Notamment, nous avons tous pu constater combien la programmation de sites web aux normes exclusives d'Internet Explorer a été nuisible à la diversité et à la créativité." Clairement. Pour ma part, si je n'étais pas impliqué professionnellement et personnellement dans le dev web, j'aurai largué tout mon matos informatique, et acheté un iPad. En-dehors du dev, je ne fais aucune activité ne nécessitant une machine de guerre.
avatar Macmmouth | 
Bravo Steve ! Tu viens de combler un manque. La comparaison bagnolesque manquait à ta panoplie de troll de compet.
avatar skhattane | 
@Macmmouth dans le genre troll, tu te poses la... -1
avatar Anonyme (non vérifié) | 
@sambucus : oui oui, comme à chaque fois dans ce genre de trucs, quand il parle de PC, il parle de station de travail, d'ordinateur au sens "lourd" du terme. Quand il dit que le PC est un camion, ça inclut le Mac. Le concept TabletPC, c'était une station de travail mise dans le format tablette, là où l'iPad n'est pas un Mac mis dans une tablette, pour expliquer sa phrase.
avatar JPTK | 
[quote=[MGZ] Shralldam]Qu'on l'aime ou pas, il a quand même un sacré répondant, ce Steve.[/quote] Ah bordel c'est clair, j'ai beau ne pas avoir de poster de lui dans ma chambre, mais quel aplomb, quel intelligence et quel langage, on est pas dans le discours, il dit ce qu'il pense et comment il voit les choses, il est lui même et je trouve ce type quand même vraiment impressionnant, mais vraiment quoi.
avatar Log_Boy | 
"On en vend quelque chose comme 3 à la seconde." En fait ce n'est pas ce qu'il dit, il dit qu'ils en vendent quelque chose comme un toute les trois secondes ^^
avatar melaure | 
@Eurylaine : l'essentiel des effectifs sont des commerciaux ou des vendeurs avec les Apple Store. Si tu ne regardes que les effectifs R&D, là tu comprends vite pourquoi ça bloque. A moins que toi tu ne mutes des vendeurs d'Apple Store en développement, mais ça risque d'être cocasse ;)
avatar laurange | 
@bardaf67: SJ annonce que le PC/Mac va devenir ce que le camion est à l'automobile : un utilitaire par rapport à un objet de mobilité. Ca veut dire que les macs ne seront plus le coeur de métier d'Apple dans un avenir à moyen terme. Pourquoi aller chercher un marché très concurrentiel (pas utile à la marche de la société) sur des produits auxquels il prédit une chute considérable ? "Et les entreprises Pro-Apple ne peuvent plus l'être que depuis que les MAC sont des PC" Tu racontes vraiment n'importe quoi...
avatar bardaf67 | 
@ Sambucus et Anthony Nelzin. Quoique je comprenne bien la logique de votre argumentation. Un Ipod, un IPad un Iphone un eePC,un macbook, un macpro, un Dell, Un HP,... ce sont tous des PC: des ordinateurs individuels, a contrario avant l'ordinateur individuel on parlait de Mainframe, des serveurs auxquelles était connecté des clients.(les clients ne pouvant fonctionner sans que le mainframe soit opérationnel. Soit l'article est mal traduit (on parle alors de Desktop, ou de workstation), Soit SJ se trompe ( ce qui m'étonnerait vu sa carrière), Soit il fait passer un message pub (genre Mac vs PC). Je pense donc que votre argumentation est un peu naïve.
avatar Mabeille | 
il est bien gentil SJ mais si je suis son raisonement je ne comprend pas pourquoi attendre 4 version pour enfin mettre de la visio conf sur iPhone et l'exclure sur l'iPad. C'est à mon sens une erreur (sauf pour en vendre 2 exemeplaire à chacun). La concurrence en tablette qui arrive apporte quelques innovation très interressante comme un part dock transformant la tablette en portable mais surtout ils ont tous une webcam. Bin oui Steve je veux bien virer mon "Pc" mais je veux pouvoir faire le minimum dessus, dont la visio conf avec live messenger skype ichat ou tout autre. Parce que si je dois rentrer à la maison ou aller au cyber pour le faire alors aucun intéret d'avoir une tablette je préfère un ultraportable... Il a de bonne idée le vieux mais il a oublié de faire la liste des choses incontournables et obligatoire. Peut être la webcam consomme de trop et fait chutté l'autonomie ou bien bien il veut éviter la pornographie sur les produits Apple coute que coute. Voila donc pas d'iPad, il manque tout simplement une fonctionne stratégique!! la webcam
avatar HAL-9000 | 
[i]"Le PC est un camion"[/i] Dans le même registre : [i]"l'iPad une feuille de PQ"[/i] L'argumentaire de Jobs ne repose sur rien, si ce n'est mettre en avant son iPQ.
avatar sebastiano | 
Mabeille : tu évoques juste ton cas personnel quand tu parles de webcam, visiomachin, etc ... ? Parce que c'est loin d'être un incontournable pour tout le monde.
avatar Tfzero | 
Hal 9000 : et tu es donc ce qu'il y a sur la feuille vu la qualité de tes interventions quotidiennes...
avatar Benlop | 
HAL-9000, figure-toi qu'il explique sa métaphore ensuite. Mais bon, pour ça, il faut lire. Mabeille, clairement, la visio n'est pas importante pour la majorité des gens. Et honnêtement, je ne vois pas comment intégrer ça correctement sur une tablette qu'il faut tenir à la main. Parler de fonction "stratégique", c'est exagéré. Les iSight de 90% des Mac passent leur temps sur off, passée la découverte de Photo Booth, en gros. Quand à la visio sur téléphone, ça n'a jamais décollé, ce n'était pas au point (qualité et ergonomie) et hors de prix. Sans compter que la problématique se posait déjà : tenir son portable loin de soi pour être vu par son interlocuteur, ce n'est pas pratique (et ça éloigne le micro, ça oblige donc à utiliser un kit mains libres). Bref, le côté malpratique de la visio mobile a clairement empêché son essor.

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