Test de l'Iomega UltraMax Pro 1.5 To

Sylvain ALLAIN |
Demande croissante oblige, les unités de stockage grande capacité se démocratisent… Le commun des mortels, désireux de sauvegarder son patrimoine numérique, peut désormais accéder à des supports dont les professionnels auraient rêvé, il y a 4 ans à peine. Ainsi, l’UltraMax Pro 1.5 To, dernier-né de la famille chez Iomega se pare de fonctions RAID et de polyvalence, le tout jouant d’esthétisme. Mais la coque fait-elle le moine ?

Sévèrement carré…

Malgré de nombreuses similitudes avec ses devanciers, ce nouveau modèle se distingue de ses congénères par sa modularité. Pourtant, la philosophie reste la même et L’UltraMax Pro peut se glorifier d’une robe sévèrement carrée. Tout dans le massif, un truc d’homme ou presque. Car sa coque d’aluminium brossé et taillée à la serpe lui confère un aspect plutôt viril. L’aluminium extrudé est, toute proportion gardée bien sûr, bien plus épais que sur les anciens modèles et les poignées qui ornent les angles ne sont pas sans rappeler l’esthétique de l’ordinateur le plus rapide du moment. Look ravageur, massif et courtaud voilà ce qui définit le mieux le profil du nouveau disque dur UltraMax Pro de 1.5 To.


La ressemblance est frappante ! Posé sur un Mac Pro, ce disque externe apparaît comme une extension physique. Mais ne dépare pas seul.



… richement doté !

Car ici, la robe fait bien la mariée. Les entrailles de la bête se livrent d’ailleurs d’elles-mêmes. Un quart de tour sur les deux boutons situés à l’arrière du boîtier et l’engin libère les deux disques durs Seagate Barracuda 7200.10 de 750 Go (8 Mo de cache) qui ne demandent qu’à rugir, le tout en 3 secondes. Une évolution des plus intéressante.


Contrairement aux anciens modèles, les disques durs sont aisément accessibles. Il suffit de tourner deux boutons pour les extraire et les faire glisser avec leurs supports.



Désormais, l’utilisateur peut à tout moment faire évoluer la configuration ou opérer une maintenance, voire un changement de disque… quelques minutes suffisent.

Côté interface, l’UltraMax Pro fait jeu égal avec son devancier 1 To. USB 2.0, FireWire 400 et 800 intègrent le boîtier qui jouit des mêmes fonctionnalités ; RAID* 0, RAID* 1, JBOD (ou Spanning) et Mode simple.

Nous regrettons simplement la disparition du concentrateur USB fort utile sur la génération précédente.

La configuration s’opère de la même manière que sur les autres modèles, à ceci près que nous avons été confrontés à une petite bévue de la part du constructeur. En effet, aucune documentation papier ou numérique n’est fournie pour permettre la configuration des volumes. Il faut aller sur le site de Iomega et compulser le chapitre Configuration du Volume. Malheureusement au moment de nos tests, nous nous sommes aperçus que le tableau de configuration du Switch (Commutateur) était erroné.
Les configurations des modes JBOD et Simple ayant été inversées. Vous trouverez les réelles configurations sur notre tableau (ci-dessous).


Pour configurer les volumes et accéder aux différents modes de stockage proposés, il suffit de placer les boutons du commutateur comme suit.



RAID* (Redundant Array of Inexpensive/Independant Disk) Réseau redondant de disques indépendants


Mac et PC même combat

Compatible Mac et PC, l’UltraMax Pro est livré d’usine au format MS DOS (Fat 32) afin d’assurer une totale compatibilité entre les plateformes lorsque l’utilisateur connecte le disque pour la première fois.

Cependant, pour réaliser nos tests, nous avons formaté le disque en HFS+ (Mac OS) et NTFS seulement. L’objectif étant de pouvoir simplement comparer les performances brutes du produit sur les deux plateformes. Mais notez que dans le cadre d’une utilisation hybride soit sous Mac ou PC, nous conseillons de rester en FAT32, le NTFS bien que reconnu par Mac OS X ne permet pas la gestion des volumes en écriture même avec Leopard.

Performances au rendez-vous

Durant nos tests, nous avons procédé par moyenne aussi bien en RAID 0 qu'en RAID 1. D'un côté, on opte pour des performances optimales (RAID 0), de l’autre pour une sécurité multipliée, dans le cas présent pas « n » fois le nombre de disques, ici deux. Les données étant simultanément sauvegardées à l’identique sur les deux disques.

Le mode JBOD peut éventuellement se substituer au RAID 0, la concaténation des données se révélant parfois plus sécuritaire, le second disque n’étant rempli qu’une fois le premier plein, mais c’est au détriment de performances moindres.


C’est pas moins de 7% de la capacité totale qui disparaît une fois le disque dur formaté que l’on soit en HFS+ ou en NTFS.




Enfin, le mode simple nous a permis d’obtenir d’excellentes performances en lecture/écriture dès lors que l’on transférait les données entre les deux volumes. Une solution qui peut s’avérer très intéressante avec Time Machine sous Leopard. Le produit est d’ailleurs totalement compatible.
Une fois formaté en RAID 0, le disque affiche une capacité effective de 1.4 To (arrondis) aussi bien en HFS+ qu’en NTFS, idem en JBOD. Cette capacité est divisée par deux (soit 698,6 Go) lorsque l’on adopte le RAID 1, ce qui est tout à fait normal puisque les données sont dupliquées symétriquement sur les deux unités Barracuda (mirroring).


Constat évident, la gestion de l’USB 2.0 n’est pas le fort de Mac OS X dont les performances font pâles figure face à celles obtenues sous Windows XP. À contrario, le Mac domine toujours en FireWire 400 ou 800 mais l’écart s’est amenuisé. Un plus pour les utilisateurs multi-plateformes.



Véloce, c’est ce que nous retenons de l’UltraMax Pro. Bien que nous ayons testé les différents modes qu’offre le disque et qu’il serait prétentieux de vous présenter l’intégralité des tests possibles et imaginables sur ce type de produit, il est acquis qu’en RAID 0 et en mode Simple, l’UltraMax fait aussi bien que l’ancien modèle doté des mêmes fonctions. La moyenne établie durant nos tests met en évidence des résultats similaires. Pourtant, l’évolution des composants et, sans doute, l’amélioration constante des ponts IEEE 1394 (FireWire) nous a permis de constater une nette augmentation des performances de la norme sous Windows ce qui était loin d’être le cas avec les modèles 640 Go et 1 To. Si l’on peut reprocher les piètres performances du standard USB 2.0 sous Mac OS X, celles obtenues en lors d’une utilisation avec Windows XP (via Boot Camp) sont criantes de vérité. La gestion de l’USB constitue un atout sur cette plateforme, mais il faut désormais aussi compter avec le FireWire grâce au dernier-né du fabricant.


Conception perfectible

De prime abord, le dernier-né de la marque semble bénéficier de nombreux atouts, outre sa modularité et sa grande capacité, nous avons apprécié sa simplicité d’emploi et de mise en œuvre… excepté le problème inhérent à la documentation destinée à configurer les modes proposés. Si dans l’ensemble le produit s’avère plutôt soigné et bien pensé, la conception, quant à elle, demeure perfectible.
La finition de certaines pièces plastiques et aluminium, notamment la façade, souffre d’un ajustement peu précis.


Même constat qu’en façade, les pièces plastiques greffées au châssis sont mal ajustées ce, de part et d’autre des connecteurs.



De même que les boutons, en charge de verrouiller les supports des disques durs Seagate, ont clairement montré des signes de fragilité durant les manipulations.

Le mécanisme d’ouverture qui apparaît simple met pourtant en évidence une erreur de conception. Autant un quart de tour suffit à sortir un volume, autant il est impératif de ne pas toucher au bouton lors de la fermeture sous peine de casser une des pattes plastiques qui le maintiennent en place.
Pour remettre en place le ou les disques durs, il faut juste repousser les supports horizontalement rien d’autre !


Pour accéder aux disques durs, tournez le ou les boutons d’un quart de tour sans forcer, ils sont fragiles. Pour fermer, il suffit juste de repousser le plateau du pouce.




À l’heure où nous rédigeons ces lignes, le fabricant s’apprête à commercialiser une version modifiée de son boîtier qui devrait disposer de boutons renforcés à côté desquels un pictogramme (autocollant) signalerait la procédure d’ouverture à suivre.

En revanche, nous apprécions le système de voyants lumineux nettement plus simple à appréhender que sur la version 1 To. Ici, les deux voyants composés eux-mêmes de deux diodes permettent une lecture claire du fonctionnement de l’UltraMax Pro. Sous tension, le disque affiche des signaux blancs qui passent ensuite au bleu lorsque les volumes travaillent et se mettent au rouge en cas de dysfonctionnement. À noter qu’il est conseillé de « reseter » le produit avant toute modification de configuration même si le disque tolère une commutation des positions sans ladite remise à zéro.

Riche et pauvre… à la fois

Riche d’innovations et de possibilités, l’UltraMax Pro bénéficie en plus de fournitures multiples comme à l'accoutumée. Iomega ne faisant jamais les choses à moitié, elle livre son produit avec tous les câbles idoines (FireWire 400, 800 et USB 2.0), ainsi qu’un adaptateur secteur et son cordon. Et même si le boîtier du disque nous apparaît comme peu propice à s’empiler, qu’à cela ne tienne. Il est fourni avec deux patins en Teflon®, certes peu esthétiques, mais bien pratiques pour superposer deux disques UltraMax.


À placer sous les pieds du boîtier ces espèces de gommes en dérivé de Teflon officient parfaitement, mais sont peu esthétiques une fois placées. La conception de l’UltraMax ne semble initialement pas prévue à cet effet.



Hélas, l’offre logicielle est bien maigre. Livré avec Retrospect Express (une version édulcorée du logiciel) pour Mac et PC - qui se charge de sauvegarder et de mettre à jour vos données sur les volumes -, le produit aurait mérité une solution applicative plus riche surtout à ce tarif-là.


À défaut de disposer d’une solution logicielle complète, les utilisateurs de Mac OS 10.5 pourront se tourner vers Time Machine comme alternative à Retrospect Express.






UltraMax Pro pas écolo

Montré du doigt comme un mauvais élève, voire cloué au pilori par Greenpeace (lire ici et ) histoire de dire, Apple reste néanmoins l’un des premiers fabricants à avoir adopté l’aluminium, facilement recyclable, pour la production de ses Mac. À l’image de la Pomme, Iomega a apprivoisé, il y a plus d’un an déjà, ce même matériau extrudé comme composant majoritaire pour l’élaboration de ses boîtiers disques.


Le système de “modules disques” encastrable est ingénieux et pratique. Malheureusement, il s’appuie sur des rails plastiques imposants côté droit surtout, là où se trouve le ventilateur qui, lui, demeure assez bruyant…



L’UltraMax Pro n’échappe pas à la règle à ceci près qu’il fait figure de pollueur face à ses deux petits frères de la gamme. Si les modèles 640 Go et 1 To sont composés d’environ 91 % de matériaux facilement recyclables (acier, aluminium, cuivre, silice etc.), ce n’est pas le cas de la version Pro qui voit de nombreuses pièces plastiques prendre place dans la structure et grever ce pourcentage (compter plutôt 78% environ disques compris). L’arrière aurait pu aisément être en aluminium embouti comme sa façade, de même que les rails des modules disques se seraient satisfaits d’acier pliés. D’autant que certaines pièces plastiques se sont révélées très fragiles. Un pas en arrière pour le fabricant qui avait pourtant su se démarquer de la concurrence lors de la commercialisation de la gamme…

Nobody’s perfect

Malgré quelques défauts de conception et des performances similaires à son homologue L’UltraMax 1 To sauf sous Windows, on espérait mieux, le disque de Iomega satisfera pleinement les exigences des utilisateurs pointilleux comme les professionnels. Sa modularité et sa robustesse en font un produit de bonne facture même si le tarif reste, selon nous, assez élevé au regard de la capacité et de la nouvelle taxe – proportionnelle - dont sont désormais sujets les médias de stockage grande capacité.

Une petite galerie pour finir…

Note

Les plus :

Le Design très Mac Pro La connectique triple interfaces Les modes RAID 0, RAID 1 et “Simple” 8 Mo de cache par disque Les performances intrinsèques Les câbles fournis en standard

Les moins :

La qualité de fabrication Les boutons d’extraction des modules disques Le tableau de configuration (des modes) erroné sur le site constructeur L’offre logicielle toujours aussi pauvre
7
10
avatar Fabricius | 
Très bon test bien que j'ai survoler la lecture. Je trouve que c'est un très bon disque, mais je préfère le mien LaCie BigDisk 1To ... seul HiC 20 seconde pour démarrer la bête . Fabricius
avatar Azur42 | 
Les disques Seagate Barracuda 7200.10, excellents en disque simple, sont cependant déconseillés en usage RAID. Pour un usage pro, il aurait mieux valu que ce soit des Baracuda ES, qui eux sont prévus et adaptés pour le fonctionnement en mode RAID. Donc à éviter en utilisation professionnelle intense.
avatar Bigdidou | 
Et le bruit ? Silencieux ou pas ?
avatar Sylvain ALLAIN | 
@ Bigdidou Comme je l'ai souligné dans mon article, l'UltraMax Pro, bien que performant et à l'image de son prédécesseur (lire [https://www.macg.co/web/voir/124474/test-de-l-ultramax-1-to=ici]), reste relativement bruyant. Bien sûr, le terme est à pondérer. Bruyant dans une certaine limite, c'est supportable mais on peut le considérer comme assez bruyant (lire à la troisième page), paragraphe "[b]UltraMax Pro pas écolo[/b]".
avatar Sylvain ALLAIN | 
@ Bigdidou A l'instar de son grand frère l'UltraMax 1 To (lire [url]ici[Url=https://www.macg.co/web/voir/124474/test-de-l-ultramax-1-to], la version pro reste assez bruyante. Bien sur le terme est à pondérer. Disons "assez bruyant" pour un disque de ce type. Je l'explique page 3 du Labo dans le paragraphe "[b]UltraMax Pro pas écolo[/b]", ici : [https://www.macg.co/labo/voir/126992/test-de-l-iomega-ultramax-pro-1.5-to/3]
avatar Sylvain ALLAIN | 
@ Azur 42 Ici, il ne s'agit pas de la qualité des DD Seagate Barracuda 7200.10 tout à fait adaptés pour faire du RAID (O, 1, voire 5 etc.), mais plutôt cette de l'électronique développée par IOMEGA qui assure une grande fiabilité aux disques Barracuda dans une version EOM (et dotée seulement de 8 Mo de cache). Quant à utiliser des Barracuda ES.2, ce n'est pas une obligation. Les SATA 7200.10 sont déjà donnés pour une durée de vie de plusieurs milliers d'heures. De plus, le label ES - disque SAS ou SATA destinés aux entreprises - se paie relativement cher, d'autant que les versions Barracuda ES.2 embarquent pas moins de 32 Mo de cache pour les versions SATA et 16 pour les SAS, et s'appuient sur la technologie Seagate PowerTrim. Cela aussi a un coût. L'ultraMax Pro reste cher alors qu'il n'est doté de DD Barracuda qu'avec 8 Mo de cache contre 16 Mo pour les versions commerciales. Mais effectivement, la meilleure solution consisterait à disposer d'un boîtier similaire et de le doter de Barracuda ES.2 (SATA - Réf ST3750330NS), mais pour quel prix ?... On parle ici de produit que se destine au grand public. :)
avatar phalaenopsis | 
J'ai la version eSATA de l'ultramax Pro. Le disque est beaucoup moins bruyant que leur autre version Ultramax (pas pro) Firewire 800/400 + Hub USB2. J'en suis pleinement satisfait pour du montage HD amateur.
avatar Anonyme (non vérifié) | 
Je l'ai acheté hier et sauvegardé des données pour un swich de machine. Je l'ai trouvé extrêmement rapide, surtout avec le Firwire 800 !!! Pas bruyant pour 2 sous, il ronronne un peu au démarrage mais se fait discret en marche. J'espère juste qu'il tiendra dans la durée. Pleinement satisfait pour l'instant. ;)

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