Pour Qualcomm, la puce Apple M1 valide la stratégie Snapdragon pour PC

Mickaël Bazoge |

L'arrivée en fanfare d'Apple sur le marché des puces pour les ordinateurs de bureau et portables fait sensation. Sur les nouveaux Mac, la puce M1 a créé un véritable gouffre par rapport aux processeurs Intel de leurs prédécesseurs, et la Pomme ne fait que s'échauffer : les systèmes-sur-puce des futures machines pro s'annoncent encore plus impressionnants.

La puce SQ1 de Microsoft au cœur de la Surface Pro X. Elle repose sur la plateforme Snapdragon 8cx de Qualcomm.

Le contraste avec ce qui se passe en face est saisissant : pendant qu'Apple a plutôt réussi le lancement de sa transition, les puces ARM qui équipent les PC sont à la traîne. Depuis 2017, Microsoft travaille avec Qualcomm sur des puces spécifiquement optimisées pour ses Surface ARM. Malheureusement, le résultat est loin d'être à la hauteur des espérances des deux entreprises… et des utilisateurs (lire : Surface Pro X : des performances pas top pour la rutilante tablette Arm de Microsoft).

Qu'à cela ne tienne, chez Qualcomm on voit dans le lancement des Mac M1 une « validation » du pari fait par l'entreprise avec Windows pour Snapdragon. Chez PCMag, Cristiano Amon, le président du fondeur, se réjouit d'avoir investi très tôt dans cette technologie avec Microsoft. Pour Alex Katouzian, vice-président en charge de la mobilité chez Qualcomm, la puce d'Apple entérine « ce que nous avons fait ces dernières années. La gamme de produits de Qualcomm va devenir de plus en plus forte au fur et à mesure que nous élargissons notre champ d'action ».

« Les gens disent que l'imitation est la plus belle forme de flatterie. Regardez ce qui est arrivé avec l'Apple M1 », ajoute-t-il dans une autre interview pour AnandTech. « Le discours produit [à Apple] est pratiquement le même que ce que nous disons depuis deux ou trois ans ». Concernant les perfs' modestes de sa propre puce de bureau, le dirigeant de Qualcomm assure que les feuilles de route des constructeurs sont pleines de machines de plus en plus puissantes. Il promet aussi des SoC Snapdragon plus performants à l'avenir, sans s'avancer sur une date.

La plateforme Snapdragon 8cx, la plus récente à ce jour, a été présentée en décembre 2018, et depuis c'est le calme plat. « Je peux vous dire, [la prochaine génération] arrive », indique-t-il, en ajoutant : « Nous sommes à 100% impliqués sur ce marché. Je pense que Microsoft l'est aussi ».

Nous ne sommes [qu'une entreprise à] 170 milliards de dollars, mais vous savez, cela aide quand une entreprise à 2 000 milliards de dollars vient dire : « Oui, c'est ça qu'il faut faire ». Et devinez quoi, nous avons été submergés d'appels pour nous demander si cela allait arriver [les puces ARM dans les PC]. On est à 100% derrière tout ça.

Pendant que les utilisateurs de Mac se frottent les mains, Qualcomm cherche à relativiser : il manque encore aux nouveaux ordinateurs d'Apple des fonctions qui font partie du quotidien des PC sous Snapdragon. « [Sur nos ordinateurs], vous avez une expérience d'appels vidéo qui donne la sensation d'être présent avec le correspondant », vante Katouzian auprès de PCMag. Une manière de souligner la qualité médiocre de la webcam des MacBook Air et Pro (même si la puce M1 améliore quelque peu l'ordinaire).

Le dirigeant de Qualcomm remarque aussi que les PC Snapdragon ont commencé à intégrer le support de la 5G : « Vous n'avez pas besoin d'acheter une caméra séparée, un micro ou un modem », détaille-t-il. Tout cela est vrai, bien que le partage de connexion se soit amélioré entre iPhone 12 et Mac et qu'il existe des solutions logicielles qui transforment un iPhone en webcam. Mais évidemment, ce serait mieux si tout ça faisait partie du Mac, ce qui sera peut-être le cas sur les prochains portables.

Alex Katouzian pointe aussi un autre atout, celui du prix : Qualcomm commercialisant ses puces à qui veut, on peut trouver des PC ARM pour toutes les bourses. Un avantage qui pourrait se réduire si Apple lance un MacBook Air plus abordable en 2022, comme l'a prédit Ming-Chi Kuo récemment.

Qualcomm, qui vient de lancer sa nouvelle puce mobile haut de gamme Snapdragon 888, est aussi un fournisseur d'Apple avec ses modems 5G. Mieux vaut donc éviter trop de déclarations à l'emporte-pièce, comme cela avait été le cas en 2013 quand un des responsables de l'entreprise avait qualifié les 64 bits de la puce A7 de « gadget marketing ». Avant de se lancer à son tour…


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@gel_hydroalcoolique

"la capacité de mémoire adressage"

😳

En quoi les CPU ARM bridé sur cella ?

avatar lmouillart | 

En Arm V8.0 l'adressage physique est de 48 bits , en ARM V8.2 c'est passé à 52 bits (comme chez AMD & Intel en x64) : 4PB.

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@lmouillart

"En Arm V8.0 l'adressage physique est de 48 bits , en ARM V8.2 c'est passé à 52 bits (comme chez AMD & Intel en x64) : 4PB."

Et sur un bus d’adresse de 48bit ça donne déjà 256To d’espace d’adressage. 😉

avatar YetOneOtherGit | 

@Glop0606

"A lire les commentaires et la presse spécialisée, on a l'impression que le M1 écrase tout"

Pas tout, juste la masse écrasante des machines vendues.

Pour les ordinateurs personnels plus marginaux en terme de PDM il faudra attendre la suite pour se faire une idée, mais de cette première itération le champ des possibles semble intéressant 😉

avatar pocketalex | 

@Glop0606

Est-il utile de rappeler que le M1 équipe les machines "familiales" d'Apple ?

Macbook Air, Macbook pro 13" entrée de gamme, Mac Mini entrée de gamme

Ce ne sont pas des "stations de travail", il y a d'autres gammes pour ça, donc comparer un Mini M1 avec une tour PC en ryzen 5700X est nul et non avenu, pas plus que comparer cette même tour PC avec un laptop ultraportable PC à 1000 boules

La performance d'Apple avec son M1 est d'arriver à proposer des performances qui sont celles de machines bien plus puissantes (core i7 et core i9) et sur du bench "mono" de dépasser les CPU des stations de travail

C'est bien, c'est formidable, mais il faut raison garder : si on utilise des logiciels qui n'exploitent pas le multi, une station de travail est totalement inutile

un Mac Pro à 20 000€, ou une station Z chez HP au même prix, est plus lent qu'un iMac à 3000 € pour une utilisation avec des logiciels mono, est-il également utile de le rappeler ?

Bref, une machine familiale n'est pas une station de travail, une station de travail n'est pas une machine familiale, donc non, on ne compare pas un Mac Mini M1 avec 8 ou 16Go avec une machine dotée de Xeons, d'Epyx ou de Ryzen haut de gamme, de plusieurs gros GPU, de 32, 64 ou 128 Go de Ram (ou plus encore) car à un moment il faut être un minimum sérieux

Apple offre des machines "familiales" pour le moment, dont la caractéristique principale est d'offrir les performances de machines "semi pro", le tout sans chauffer et sans ventiler de malade. Si on compare les Mac M1 avec les PC équivalents, Apple leur écrase la gueule méchamment, c'est tout ce qu'il faut retenir

On comparera les gammes Pro sous Silicon qui sortiront en 2021 avec les machines "lourdes" chez PC. Là, oui, et je suis le premier intéressé sur ce sujet

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