Apple lance des MacBook Pro parés pour le futur

Soumis par Mickaël Bazoge le jeu, 27/10/2016 - 20:06

Pour fêter le 25e anniversaire du tout premier portable PowerBook, Apple a fini par mettre à jour ses MacBook Pro ! Le constructeur a attendu plus de 500 jours pour renouveler cette gamme… Pour l’occasion, le constructeur a revu tout ou presque : les nouveaux ordinateurs, de 13 et 15 pouces, arborent un design plus fin et plus léger, ils inaugurent aussi et surtout deux changements majeurs.

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Le premier et le plus visible, c’est la présence de la Touch Bar, un ruban tactile OLED placé au dessus du clavier et qui présente des fonctions contextuelles selon l’application. Tout à fait à droite de la barre magique, prend place un capteur Touch ID pour authentifier l’utilisateur afin de régler une transaction en ligne ou simplement pour sortir l’ordinateur de veille.

Le second changement aura un impact encore plus important : Apple abandonne purement et simplement la plupart des connectiques des anciens MacBook Pro pour tout miser sur l’USB-C. La transition risque d’être difficile pour ceux qui ont l’habitude d’utiliser des périphériques ou un écran externe ; ils vont devoir jongler avec les adaptateurs avant que l’industrie embrasse pleinement à son tour ce standard.

Un design revu et aminci

Apple a profité de l’occasion pour revoir l’aménagement interne de ses ordinateurs portables, dont le design a peu évolué depuis 2008 et le lancement du premier MacBook Pro à conception monocorps. Dans le plus pur style Jony Ive, la nouvelle génération lancée ce jeudi s’affine : de 1,8 cm de hauteur, on passe à 1,49 cm pour le 13 pouces et 1,55 cm pour le 15 pouces. On n’est plus si éloigné des 1,31 cm du point le plus haut du MacBook 12’’ Retina.

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Le poids en prend aussi pour son rhume : alors que les anciens MacBook Pro 13’’ pesaient 1,58 kg, et le 15 pouces un peu plus de 2 kg, la balance s’allège avec les nouveaux modèles. Le nouveau MacBook Pro 13’’ pèse désormais 1,3 kg, le modèle 15 pouces 1,8 kg. Le petit portable de 12 pouces reste plus léger (0,92 kg), mais le MacBook Air de 13 pouces est plus lourd que le Pro 13’’, avec 1,35 kg. Ces caractéristiques vont sans aucun doute faciliter la vie des utilisateurs les plus nomades et soulager les dos fragiles, en particulier pour ceux qui opteront pour le modèle de 15 pouces.

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Après les iMac 4K et 5K, l’iPad Pro 9,7 pouces et les iPhone 7, on attendait des nouveaux MacBook Pro le support du DCI-P3, l’espace colorimétrique utilisé par les projecteurs de cinéma. Sur scène, Phil Schiller s’est contenté de vanter une dalle 67% plus lumineuse, 67% plus contrastée, et affichant 25% de couleurs en plus. Les photographes, les vidéastes et tous ceux qui travaillent avec l’image apprécieront sans aucun doute ce nouvel écran.

Si vous avez déjà eu l’occasion de toucher un MacBook 12’’ Retina, vous connaissez déjà la sensation de frappe sur le clavier du MacBook Pro. Apple recycle le design "papillon" apparu sur le petit portable il y a deux ans, avec une deuxième génération plus réactive. Si vous n’aimiez pas sur le MacBook, il y a peu de chances pour que vous l’appréciiez sur le MacBook Pro Retina… Le trackpad Force Touch est lui deux fois plus grand.

USB-C : la foire aux adaptateurs

Phil Schiller a eu ce mot curieux pour « vendre » la disparition du port jack sur l’iPhone 7 : Apple aurait eu le « courage » de se passer de ce composant centenaire. Les futurs propriétaires des MacBook Pro devront eux avoir le courage de se passer du port Ethernet, de la sortie HDMI, du slot SDXC, des ports Thunderbolt et USB 3.0, et même du MagSafe. Il ne restera que la prise jack qui a miraculeusement survécu, et… quatre ports USB-C !

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Comme pour le MacBook 12’’ Retina, Apple mise donc tout sur cette connectique pour le MacBook Pro, mais avec deux nuances de taille : là où le petit portable se contente d’USB 3.1 Gen 1 (limité à une vitesse de transfert de 5 Gbit/s), les ports USB-C du MacBook Pro sont des Gen 2, capables de transférer des données jusqu’à 10 Gbit/s. Mieux : les quatre ports USB-C sont compatibles Thunderbolt 3 ! On peut donc compter sur un débit de 40 Gbit/s et le support du DisplayPort 1.2.

Tout cela est plutôt une bonne nouvelle. Ce qui l’est moins en revanche, c’est que l’USB-C est loin d’être la connectique universelle qu’Apple appelle de ses vœux. Certes, on est mieux loti qu’avec le MacBook 12’’ Retina et son unique connecteur USB-C ; mais il sera quand même nécessaire de multiplier les adaptateurs et les câbles en tout genre pour des choses aussi simples que relier un moniteur (jusqu’à deux moniteurs 5K en plus du moniteur du Mac), se connecter à un réseau en filaire, ou même tout bêtement… brancher un iPhone.

Mais comment Phil branche-t-il tous ces périphériques ? — Cliquer pour agrandir

Bref, la vie rêvée en USB-C est encore loin, même si on ne doute pas que sous la pression d’Apple et d’autres constructeurs, l’écosystème va rapidement s’agrandir.

Touch Bar : un ruban tactile à tout faire

C’est la nouveauté la plus visible de cette gamme. La Touch Bar, dont on a eu un avant-goût involontaire en début de semaine, est un ruban tactile Retina et multipoints qui prend la place des touches de fonction. Qu’on se rassure, la touche esc est toujours disponible dans le Finder ! Il est possible de personnaliser les boutons sur la barre.

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Lorsque l’on se trouve dans le Finder, la Touch Bar affiche des fonctions de base : lecteur multimédia, luminosité de l’écran, Mission Control, etc. La "barre magique" propose des fonctions contextuelles, selon l’application. Apple a donné plusieurs exemples durant l’événement spécial :

  • La Touch Bar « guide » l’internaute lorsqu’il veut payer avec Touch ID ;
  • dans Photos, une nouvelle interface facilite la rotation d’une image, la navigation dans sa bibliothèque ou éditer rapidement un cliché ;
  • dans Pages, la barre présente des suggestions de fonctions ;
  • dans Safari, ce sont des raccourcis vers ses sites préférés ;
  • dans Mail, on se voit proposer des boutons pour répondre à un message ou encore des suggestions de réponses ;
  • dans Messages, il est possible d’afficher tous ses émojis préférés (succès assuré) ;
  • la Touch Bar est disponible aussi dans Xcode et le Terminal !
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Le ruban cache tout à fait à sa droite un lecteur d’empreintes digitales. Ce capteur Touch ID a plusieurs fonctions : payer avec Apple Pay dans Safari, mais aussi s’identifier en sortie de veille du Mac, ou encore basculer d’une session utilisateur à une autre.

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La Touch Bar s’ouvrira aux développeurs ; des éditeurs mis dans la confidence ont déjà commencé à plancher sur l’adaptation de leurs applications. Adobe, Microsoft, Pixelmator, DJ Pro, DaVinci Resolve, Sketch…

Sur iOS, Touch ID est intrinsèquement lié à une enclave sécurisée, qui chiffre les données liées aux empreintes digitales. Cet espace est totalement indépendant du reste d’iOS grâce à une architecture mise au point par les bons soins d’Apple (qui, bien sûr, ne stocke aucune de ces données sur ses serveurs iCloud) impliquant le processeur Ax.

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Le MacBook Pro est donc, en quelque sorte, le premier Mac ARM ! Même si le processeur T1 utilisé dans l’ordinateur ne sert qu’à Touch ID… Faut-il y voir un premier pas vers une transition plus importante encore ?

Des composants au goût du jour

Il fut un temps où Apple bénéficiait des tout derniers processeurs Intel à la mode, que le constructeur obtenait en exclusivité ou presque pour ses nouveaux Mac. C’est du passé : alors que Kaby Lake, l’architecture de septième génération d’Intel, est en train de s’installer tranquillement dans de plus en plus de PC, la Pomme vend au prix fort des machines équipées de processeurs qui commencent à sentir la naphtaline.

Il a fallu revoir l'architecture thermique pour toute cette puissance — Cliquer pour agrandir

L’ancien MacBook Pro 15’’ était motorisé par une puce de quatrième génération (Haswell), tandis que le modèle de 13 pouces, mieux servi, fonctionnait avec un processeur Broadwell (cinquième génération). Le nouveau MacBook Pro remet la gamme d’équerre avec… Skylake (sixième génération) : du Core i5 ou Core i7 pour le MacBook Pro 13 pouces, du Core i7 pour le modèle de 15 pouces.

C’est toujours mieux et plus récent que les précédentes architectures, même si évidemment on aurait préféré du Kaby Lake. Ce sera pour la prochaine fois sans doute, le temps qu’Intel améliore la production et surtout, que le fondeur offre à cette architecture le GPU intégré suffisamment performant.

Le MacBook Pro et Photoshop font copain-copain — Cliquer pour agrandir

Quoi qu’il en soit, les gains de performance entre ces générations sont appréciables sur le papier, même si dans la réalité de tous les jours, la différence ne sera pas nécessairement sensible. Sur scène, Phil Schiller a néanmoins annoncé des performances en hausse « jusqu’à 50% » de plus par rapport aux modèles précédents pour le Pro 15 pouces :

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Le MacBook Pro 15 pouces a plus de chances que son petit frère, puisqu’il intègre une Radeon Pro d’AMD, un GPU dédié placé sous le signe de l’architecture Polaris. AMD a mis au point un processus de gravure plus fin, en 14 nm, ce qui améliorera l’autonomie (Apple annonce 10 heures, peu importe le modèle). Le MacBook Pro 13 pouces devra se contenter de cartes intégrées d’Intel, les Graphics Pro.

Prix et disponibilité

Ces deux objets du désir — 6,8 millions de fois plus puissant que le premier PowerBook ! — ne sont pas donnés évidemment. Le premier modèle de 13 pouces (Core i5 à 2,9 GHz, Iris Graphics 550, 8 Go de RAM, 256 Go de SSD) débute à 1 799 $ ; le 15 pouces à 2 399 $ (Core i7 à 2,6 GHz, Radeon Pro 450, 16 Go de RAM, 256 Go SSD).

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Les prix en France débutent à 1 999 € (13 pouces) et 2 699 € (15 pouces). Les deux MacBook Pro seront livrés sous deux à trois semaines.