Monter un hackintosh : choix des composants

Soumis par Nicolas Furno le lun, 25/07/2016 - 14:45

C’est décidé, je vais monter un hackintosh pour accompagner mon MacBook Pro Retina de première génération qui commence à présenter quelques signes de faiblesse. Si vous avez raté le premier épisode, vous trouverez ma réflexion et mes arguments en faveur de cette solution à cette adresse.

Composants nécessaires à ce hackintosh.

Décider de suivre cette voie plutôt que d’acheter un Mac officiel, c’est le point de départ, mais ce n’est pas l’étape la plus difficile, loin de là. Il faut ensuite choisir un boîtier et surtout les composants à installer à l’intérieur. Entre les multiples options et les choix conditionnés par macOS, ça se complique vite.

Je monte un hackintosh, deuxième étape : quels composants ?

L’embarras du choix

Quand on choisit un Mac, on a quelques choix à faire d’entrée de jeu (portable ou desktop, gamme de prix), puis il faut choisir entre trois ou quatre configurations. En ajoutant les options, on multiplie les possibilités, certes, mais il n’empêche que l’on reste sur une sélection assez limitée à l’arrivée. Puisque je veux un ordinateur de bureau, le choix chez Apple est encore plus restreint : iMac, Mac mini ou Mac Pro.

Vous êtes plutôt Mac mini ou Mac Pro ?

Lorsqu'on commence à regarder du côté du hackintosh, c’est une toute autre histoire. Vous voulez une tour ? Il y a au moins trois tailles standard, de la mini tour à la grande tour. La décision dépend de nombreux paramètres : l’espace disponible sous le bureau, l’espace nécessaire à l’intérieur, le prix… Et quand vous aurez choisi un format, il faudra encore sélectionner une marque, puis un modèle.

La variété est de mise en matière de design. Vous pouvez avoir quelque chose de très sobre, parfois sans aucune ouverture ou port sur la façade, et puis vous pouvez avoir ça :

La tendance du moment : des vitres pour voir les composants et des LED.

Voire ça :

Ceci est un bien un ordinateur. Le boîtier est le PC-Y6 de Lian-li, s’il y a des amateurs dans la salle.

Ce sont deux cas extrêmes, naturellement, mais qui illustrent bien la diversité quasiment infinie de choix qui s’offrent à vous pour monter un ordinateur. C’est le cas pour le boîtier, mais c’est le cas également de tous les composants à l’intérieur de celui-ci, même si macOS réduit considérablement les options, on y reviendra.

Quels sont mes objectifs ?

La première chose à faire est de définir les objectifs de la machine. Quel est le plus important : la puissance ou le silence, la modularité ou la compacité ?

Voici les principaux critères que j’avais établis en commençant à y réfléchir :

  • Autour de 1000 € sans périphériques ;
  • un boîtier de taille moyenne tour ;
  • autant de silence que possible ;
  • suffisamment de puissance, mais surtout de l’endurance pour les tâches les plus lourdes ;
  • un SSD pour le système et les données, un disque dur pour la sauvegarde ;
  • au moins 16 Go de RAM et de la place pour en ajouter
  • une carte graphique suffisante pour de la bureautique sur un écran 4K ;
  • de l’Ethernet pour se connecter à internet ;
  • une carte Wi-Fi Apple pour conserver les fonctions de Continuité ;
  • les ports importants en façade.

J’ai fixé l’objectif d’environ 1000 € pour deux raisons : d’une part, c’est grosso modo le prix payé par ce développeur qui a monté son hackintosh et qui m’a donné l’envie d’essayer ; d’autre part, c’est environ le prix de la configuration minimale pour un Mac mini, si je devais choisir un Mac. C’est un prix rond et une bonne base de départ, mais comme on le verra à la fin, c’était un prix un peu trop optimiste.

Environ 1000 €, c’est le prix d’un Mac mini neuf avec un SSD. C’est aussi le prix que je me suis fixé comme base de travail pour mon hackintosh.

La taille du boîtier était le choix le plus facile : ce hackintosh allait rester sous le bureau, je n’avais pas besoin d’une petite machine. Étant donnée mon utilisation de l’ordinateur, je n’ai pas non plus besoin de ces énormes tours qui permettent de tout mettre, mais qui sont beaucoup trop grandes. Entre les deux, avec une poignée d’emplacements encore disponibles à la fin du montage pour faire évoluer la machine, il restait toutes les tours moyennes.

Le critère du silence est un choix personnel, mais je ne voulais pas d’une tour qui produit en permanence le bruit d’un avion au décollage. À une époque, il fallait payer très cher pour avoir un PC silencieux, mais c’est plus facile aujourd’hui, et pas forcément beaucoup plus coûteux. Précisons d’emblée que je ne cherche pas le silence absolu, mais un compromis : en temps normal, il faudrait un ordinateur quasiment inaudible depuis mon fauteuil, et pendant les charges, il devrait rester raisonnablement silencieux.

Si je veux changer de Mac, c’est pour gagner en performances par rapport à mon MacBook Pro Retina de première génération. Mais cela ne veut pas dire que je veux le meilleur processeur sur le marché, ou la carte graphique la plus puissante, ce n’est pas conciliable avec le budget et/ou avec l’exigence de silence. Plus que de la puissance, je cherche en fait de l’endurance.

Cela reste le point fort des Mac Pro : même si les modèles actuels sont dépassés sur le plan technique, ils tournent plus longtemps à plein régime que les iMac Retina, alors que ces derniers sont plus puissants en théorie. La différence, c’est la ventilation : même à plein régime, les composants sont suffisamment ventilés. Alors que sur un iMac, les ventilateurs ne suffisent pas et si le processeur est exploité à 100 %, il finit par être bridé automatiquement.

Le Mac Pro est construit autour d’un gros ventilateur et d’une colonne de radiateurs pour refroidir tous ses composants.

Inutile d’expliquer pourquoi le SSD est indispensable pour le système et les fichiers les plus importants. Je profiterai de la place disponible pour ajouter un gros disque dur qui servira de sauvegarde Time Machine, et de stockage local pour les données rarement utilisées, comme mes archives de projets Final Cut Pro. Quant à la mémoire vive, j’ai actuellement 8 Go sur mon Mac et je me sens parfois à l’étroit : les tarifs ayant baissé, on peut bien commencer avec le double…

Côté graphismes, je ne compte pas jouer avec ce hackintosh, donc je n’ai pas besoin d’une carte dernier cri et hors de prix. Néanmoins, j’aimerais passer dans un deuxième temps sur un écran Retina, en 4K voire en 5K si c’est possible. C’est pourquoi il me faudrait une carte pas trop ancienne, capable de gérer un tel écran en bureautique. Pour commencer, j’utiliserai un écran Dell de 30 pouces, un vieux modèle avec une définition similaire à celle des derniers écrans Apple.

Inutile de s’embêter avec le Wi-Fi pour un hackintosh fixe placé sous un bureau, non loin d’un câble Ethernet. En revanche, je veux conserver les fonctions de Continuité et AirDrop et le plus simple pour cela est d’acheter une carte AirPort Apple, adaptée au format tour. Enfin, j’aimerais avoir quelques ports essentiels en façade, histoire de connecter rapidement un casque ou un périphérique USB sans passer sous le bureau.

Comment bien choisir les composants ?

Après avoir défini mes objectifs, j’ai commencé à sélectionner mes composants. Certains, comme le boîtier ou l’alimentation, n’ont aucune importance pour un hackintosh et le choix dépendra exclusivement de vos goûts et de vos critères. Mais dans la majorité des cas, il faut faire bien attention à ce que l’on prend.

Photo @elliotekj

Pour qu’un hackintosh fonctionne, il faut que macOS « pense » que vous utilisez un Mac, alors qu’en fait, vous utilisez du matériel qui n’a pas été choisi, ni assemblé par Apple. Pour y parvenir, la solution la plus simple, et parfois la seule option, est de choisir un matériel aussi proche que possible des Mac actuels.

C’est pourquoi la sélection des composants les plus importants, de la carte mère à la carte graphique, doit être très soigneusement menée. Mieux vaut s’en tenir à des composants qui ont des pilotes déjà testés par d’autres utilisateurs de hackintosh, ce qui est parfois plus facile à dire qu’à faire. On peut compter sur le guide d’achat du site spécialisé TonyMacx86. Il est régulièrement mis à jour, la dernière version date du mois de juin 2016, et il est complet, avec plusieurs configurations proposées par défaut.

Considérez cette liste comme un point de départ, pas une obligation. Si vous le souhaitez, vous pouvez commander toutes les pièces suggérées par le site. Mais rien n’empêche naturellement de composer son propre hackintosh avec un autre boîtier et des composants plus simples, tel le stockage, tous différents.

L’élément le plus important est la carte-mère. C’est elle qui gère tous les autres composants, c’est elle qui gère même l’UEFI indispensable au bon fonctionnement du système et c’est en général elle qui fournit à l’ordinateur le son, les ports USB et parfois même la connexion internet. Sans surprise, c’est aussi l’élément qui pose le plus de problèmes au niveau de la compatibilité. Et pour corser encore les choses, les constructeurs multiplient les variantes de chaque modèle, il peut y avoir des différences significatives d’une version à l’autre.

Prenons l’exemple de Gigabyte, dont les carte-mères sont reconnues pour leur simplicité en matière de hackintosh. La gamme qui intègre le chipset Intel Z710 indispensable aux processeurs Skylake contient pas moins de treize variantes. Il y a plusieurs tailles, plusieurs gammes aussi, mais des variations souvent infimes et pourtant essentielles entre deux modèles. Entre la Gigabyte GA-Z170X-Gaming 3 (sic) et la GA-Z170X-Gaming 5, il n’y a pas que 40 € de différence. La puce dédiée à l’Ethernet n’est pas la même et celle de la Gaming 3 est plus difficile à utiliser sur un hackintosh que celle de la Gaming 5.

Une GA-Z170X-Gaming 5 de Gigabyte dans toute sa splendeur.

Autant vous dire qu’il faut prendre du temps pour déchiffrer les fiches techniques et se renseigner sur les forums spécialisés pour bien choisir. L’idéal est de « copier » une configuration testée par un autre, mais ce n’est pas aussi simple que ça en a l’air : il y a tant de possibilités que l’on peine à trouver une configuration prête à l’emploi qui convient totalement.

Voici ma sélection !

Vous avez assez attendu, alors sans autre forme de procès, voici la liste des composants que j’ai choisi pour mon hackintosh :

  • Boîtier : be quiet! Silent Base 600 noire (100 €)
  • Carte-mère : Gigabyte GA-Z170X-Gaming 5 (180 €)
  • Processeur : Intel Skylake Core i5–6600 3,3 GHz (230 €)
  • Ventilateur CPU : be quiet! Dark Rock 3 (60 €)
  • Carte graphique : MSI GTX960 GAMING 2G (190 €)
  • RAM : Crucial Ballistix Sport LT 16GB (80 €)
  • SSD (système) : Crucial MX300 750 Go (180 €)
  • Disque dur (sauvegarde) : Western Digital Blue 4 To (140 €)
  • Carte sans fil : Carte AirPort Apple montée sur PCI (60 €)
  • Alimentation : be quiet! Straight Power 10 CM 500W (110 €)

Si vous le souhaitez, la liste est aussi disponible sous la forme d’un tableur Google Docs si vous voulez commander plus rapidement un élément.

Image non contractuelle du résultat final.

Si vous êtes bon en calculs mentaux, vous aurez sans doute noté que je suis assez loin des 1000 € de départ. Cette configuration coûte légèrement moins de 1300 €, alors même qu’elle est assez raisonnable sur les composants les plus chers. J’ai opté pour un Core i5, par exemple, parce qu’il est vendu environ 100 € de moins que le Core i7 équivalent en termes de fréquence.

Pourquoi cet écart de prix ? Déjà, parce que j’avais oublié que la différence de prix entre les États-Unis et la France concernait tous les produits, et non pas seulement Apple. Le hackintosh à 1200 $, une fois les taxes prises en compte des deux côtés, est ainsi 230 € plus cher en France avec les mêmes composants. Cela n’explique pas toute la différence, mais c’est un facteur à ne pas perdre de vue.

Différences de prix d’un côté et de l’autre de l’Atlantique.

Par ailleurs, j’ai choisi des composants premium là où j’aurais pu aller à l’économie pour maintenir mon objectif de silence. En me renseignant sur les boîtiers silencieux, je suis tombé sur be quiet!, un constructeur allemand qui a une excellente réputation dans le milieu. Le boîtier, mais aussi le ventilateur du CPU et l’alimentation seront tous des be quiet!, un choix coûteux. Si vous le souhaitez, vous pourrez facilement économiser sur ce plan en piochant dans cette sélection et en cherchant des composants moins haut de gamme.

Les prix pour une tour de taille moyenne commencent à moins de 50 €, on peut aussi diviser par deux le prix de l’alimentation 500 W et c’est la même chose pour le ventilateur du processeur. Divisez par deux la RAM ou la quantité de SSD, retirez le disque dur de sauvegarde dans un premier temps ou encore optez pour une carte graphique moins puissante et vous retomberez vite à 1000 €. Si vous vous contentez de bureautique et d’écrans standard, la puce graphique associée aux processeurs Skylake peut très bien suffire, ce sera autant d’économisé.

Les options à l’infini sont un inconvénient quand on n’a pas d’idée précise et que l’on doit choisir malgré tout, elles sont un avantage indéniable dans ce cas de figure. Un hackintosh peut commencer de façon modeste, avec le strict essentiel, et être complété progressivement. Choisissez bien la carte mère pour ne pas être pris au piège et ne lésinez pas sur la puissance de l’alimentation pour ajouter facilement une carte graphique.

C’est à chacun de faire sa configuration en fonction de ses besoins. Maintenant que j’ai fait la mienne, je vais commander les pièces, puis assembler le tout et installer macOS dessus après les vacances (deuxième moitié d’août). En fonction du résultat, vous pourrez la reprendre telle qu’elle est pour faire un hackintosh (si tout fonctionne aussi bien que prévu) ou bien la modifier en fonction de ce qui ne va pas.

Quoi qu’il arrive, vous pourrez suivre mes mésaventures sur les forums de MacGeneration où j’ai ouvert un sujet dédié.

Image de couverture : Juho Metsävuori (CC BY-NC-ND 2.0)