Test d'iCalamus

Patrick Cazaux |
Calamus est un logiciel qui existe depuis fort longtemps, et qui nous revient avec un « i » initial pour signer sa modernité et son attachement au monde Mac.

La question que l’on peut se poser, ou plutôt les questions : ce « i » macintoshien n’est-il qu’un cache-misère ou signe-t-il une vraie adaptation à l’environnement OS X ? Et ce « vieux » logiciel nous revient-il avec des fonctions modernes ?

Ne faisons pas de mystère, la réponse est « oui » dans les deux cas. Ce Calamus, il tout d’un grand, dira-t-on pour paraphraser une publicité célèbre. Tout ? Pas tout à fait, mais presque.



Créer un document :
À l’ouverture, à l’instar de ses grands concurrents InDesign et XPress, iCalamus propose un dialogue de création de document.



Notez la possibilité de déterminer la première page à droite, mais aussi à gauche, ce qui peut avoir son intérêt dans le cas de chaînage de plusieurs fichiers pour constituer un seul document final à partir de plusieurs fichiers. Hélas, comme chez les autres, les valeurs par défaut des marges correspondent strictement à n’importe quoi, c’est à se demander où ils vont les chercher…

Le texte :
La gestion du texte dans iCalamus se présente d’une façon classique, qui ne déroutera pas un utilisateur des autres outils du marché. Une palette d’outils, simple, mais assez complète offre de quoi travailler. Une bulle d’aide apparaît lorsqu’on pointe un outil, et est proposé un raccourci clavier pour se saisir de l’outil en question, raccourci identique à InDesign, ce qui est une méthode et un choix heureux. Tout au plus peut-on regretter cette dichotomie bloc texte/bloc image, dont InDesign nous a démontré qu’elle n’était pas pertinente.

Les blocs de texte affichent clairement les éléments de chaînage, peut-être un peu trop si le bloc est petit. On peut préciser tous les éléments utiles dans la palette « Contenu ».



Toutefois, et c’est à mon avis une faiblesse, la gestion de la césure et de la langue se fait au bloc et non au paragraphe, ce qui peut obliger à des constructions très compliquées. Imaginez le cas typique, comme cet article, d’un texte composé de titres et de texte courant justifié : il faudrait faire un bloc pour chaque type de paragraphe, sinon on risquerait d’appliquer de la césure aux titres, qui ne doivent pas en avoir. Il y a là une erreur de conception qui me paraît bien étrange. L’inconvénient est presque semblable pour la langue, même s’il est moindre, car on peut attribuer une langue à chaque « Règle » (voir un peu plus bas).

iCalamus sait importer du texte à partir de fichiers de texte brut, mais aussi de Word, dont il sait lire les enrichissements typographiques, mais pas les styles, malheureusement.

La gestion des styles et des enrichissements typographiques est relativement complète, même si elle ne va pas aussi loin que ses deux concurrents, loin de là. Aspect un peu étrange, elle se répartit entre deux palettes, celle des styles qui ne s’appliquent qu’aux caractères, et celle des règles qui s’appliquent aux paragraphes, un peu selon l’ancienne méthode de Rag-Time. Serait-ce leur nationalité commune ? Toutefois, elle paraît suffisante pour des documents simples.

















En matière d’édition de texte, il est possible d’insérer diverses choses dans le texte, comme des espaces insécables, des caractères spéciaux.



Pour la recherche et le remplacement, les caractères spéciaux ne possèdent pas de code à saisir ou à choisir dans une liste. Mais on peut insérer ledit caractère spécial une première fois dans le texte, le copier et le coller dans le dialogue de recherche-remplacement.



Les images
Le placement des images dans iCalamus se fait « spontanément » dès lors qu’on trace un bloc image : il propose de choisir le fichier correspondant. La palette Contenu affiche alors un certain nombre d’options comme la possibilité de recharger l’image (mettre à jour le lien), de jouer sur son opacité ou sur son mode de fusion (à condition qu’il y ait une autre image dessous) et de l’afficher en haute ou basse résolution, étant entendu qu’à l’impression, c’est la haute résolution qui est adressée à l’imprimante.



Il est également possible d’importer des images via un driver Twain (et donc issue de n’importe quel scanner compatible avec cette norme) ainsi que d’iPhoto.

À ce sujet, il est temps de souligner l’intégration de iCalamus dans l’environnement OS X. Ses concepteurs ont joué à fond le jeu des outils proposés aux développeurs : tout ce qui peut être puisé dans les ressources du système l’a été, que ce soit les éléments d’interface, ce qui est un minimum, que l’affichage des polices dans le dialogue idoine, l’utilisation d’étiquettes de couleur pour mieux distinguer les différents éléments que l’on peut créer dans une palette (styles, couleurs, pages, règles, etc.), la palette des préférences, le dialogue d’impression, bref, on se croirait dans un logiciel de la suite iLife !

En revanche, et c’est assez inhabituel, beaucoup de commandes ne figurent pas dans les menus et ne sont accessibles que par un clic droit sur l’élément que l’on veut modifier. La norme constante des logiciels est de toujours proposer les deux possibilités, même si on peut trouver cela redondant, sans oublier les raccourcis-clavier, disponibles ici pour presque toutes les commandes de menu, mais absentes des commandes liées au clic droit. Bizarre.

Une fois l’image importée, on peut jouer sur le rapport entre la taille du bloc et la taille de l’image au moyen d’un clic droit, tout comme InDesign et mieux que XPress.

Les blocs, qu’ils soient image ou texte, sont modifiables par le biais de la palette « Orientation », assimilable à la palette de contrôle de XPress ou à Transformation d’Indesign, dans laquelle on jouera sur la rotation, la taille, la symétrie, le choix du point d’origine, etc. Du classique, mais du complet.



L’habillage est également présent, avec des fonctionnalités complètes.



Les pages :
La gestion des pages dans iCalamus est très complète et ne cède en rien aux prestations des deux ténors du marché : multiples numérotations, multiples pages de maquettes… Tout au plus peut-on regretter de ne pas voir sur la vignette d’une page de quelle maquette elle dépend, sauf à attribuer une couleur d’étiquette à la maquette, qui se répercute alors sur les pages associées. Mais je chipote. Il n’est pas non plus possible d’intervenir directement sur la page d’un élément issu de la maquette, une rigidité qu’on ne connaissait plus depuis PageMaker.



Autres fonctionnalités et absences :
iCalamus propose la possibilité de créer des couleurs et des dégradés. Les choix sont relativement complets, et on peut s’appuyer sur plusieurs modèles colorimétriques, le tout issu des profondeurs de Mac OS X, merci les développeurs d’Apple ! Les dégradés sont largement paramétrables, à la manière des logiciels Adobe.

















On trouve aussi une palette des calques, atout intéressant, mais je n’ai pas trouvé comment affecter un objet ou un groupe d’objet à un calque, après l’avoir créé sur un autre. Le couper-coller semble le seul moyen.

Que manque-t-il à ce logiciel pour être tout à fait complet ? À vrai dire, pas énormément de choses, si l’on s’en tient à une mise en page pas trop exigeante. Par exemple, il ne sait pas gérer les tableaux, ce qui peut être un handicap. Autre absence, les paramétrages de la typographie (césure et justification en particulier) sont absents. Il ne possède qu’un seul niveau d’annulation, ne sait pas insérer une image dans un texte, etc. Mais sa souplesse, sa rapidité, sa conception saine en font un outil d’avenir, pourvu que la clientèle lui prête vie.

avatar richarre | 
Ce "test" ne rend pas hommage à ce logiciel très prometteur... Ce sera pour la prochaine fois... Allez faire un tour sur le site de l'éditeur, ce sera plus instructif : ttp://www.icalamus.net/icalamus/teaser.php?lan=fr
avatar Anonyme (non vérifié) | 
Cher Patrick Cazaux. Merci pour ce test d'iCalamus. Les dispositifs que vous avez marqués comme manquant existez déjà dans l'iCalamus. J'aurais été heureux si vous aviez demandé l'aide ou aviez même lu le manuel de référence ce qui décrit chaque dispositif. En fait, l'iCalamus n'est pas une version Mac du calamus SL, mais un logiciel de PAO développé complètement nouveau pour Mac OS X. Calamus SL vit toujours dessus, aussi. Salutations, Ulf Dunkel (éditeur Calamus SL et iCalamus)
avatar stephen | 
je suis un ancien utilisateur de ce logiciel, il n'a pas le succès qu'il mériterait... en 1988, c'était de la grosse bombe déjà ce logiciel, il mériterait un petit succès commercial car ses fonctions étaient déjà assez innovantes déjà à l'époque...

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