Quelle politique technologique avec Joe Biden ?

Mickaël Bazoge |

À moins d'une énorme surprise judiciaire, Joe Biden prendra possession du bureau ovale de la Maison Blanche le 20 janvier prochain. Beaucoup espèrent une présidence plus apaisée qu'avec Donald Trump, mais il n'est pas dit que les grandes entreprises de la tech soient moins bousculées que ces quatre dernières années. Le futur 46e président américain a une dent contre Facebook en particulier, accusé durant la campagne de privilégier le camp d'en face.

Crédit : Michael Stokes, CC BY 2.0.

Pour mettre au point sa politique technologique, Joe Biden s'est entouré de plusieurs huiles de l'industrie. Cynthia Hogan, ancienne vice-présidente d'Apple chargée des affaires gouvernementales, fait partie de l'équipe de transition, tout comme Jessica Hertz, ancienne associée aux affaires juridiques chez Facebook. Eric Schmidt, l'ancien CEO de Google, pourrait prendre la tête d'une « task force » sur l'industrie des nouvelles technologies.

La vice-présidente Kamala Harris, sénatrice de Californie, compte parmi ses supporteurs Marc Benioff, le patron de Salesforce, et Sheryl Sandberg, numéro 2 de Facebook. Son beau-frère est le directeur juridique d'Uber. Autrement dit, la future administration Biden compte beaucoup de relais au sein de la bulle des technologies. Cela ne signifie pas pour autant que les grandes entreprises du milieu pourront se la couler douce.

Le futur président devra notamment trancher sur la question de la concurrence et in fine, celle du démantèlement. Joe Biden avait expliqué qu'il fallait regarder de très très près ce dossier, sans toutefois se prononcer de manière définitive. La gauche du parti démocrate réclame des mesures fortes, et un rapport récent de la Chambre des représentants a confirmé qu'Apple, Amazon, Facebook et Google concentraient trop de pouvoirs.

Néanmoins, beaucoup seront soulagés de ne pas avoir à jouer les pompiers au moindre tweet incendiaire du président. Arvind Krishna, le CEO d'IBM, a publié une lettre ouverte au président désigné pour le féliciter et lui faire part des doléances de l'entreprise, notamment la modernisation des infrastructures aux États-Unis, la promotion de la diversité et de l'inclusion, la lutte contre la COVID-19 grâce aux technologies.

L'acteur Sacha Baron Cohen (Borat) est en guerre contre Facebook. Il espère qu'après Donald Trump, c'est Mark Zuckerberg qui se verra montrer la porte de sortie. Un message retweeté par Bill Russo, le responsable presse de la campagne de Joe Biden…

En ce qui concerne le dossier chinois, si on n'attend pas de Joe Biden qu'il mette le feu à la table des négociations comme son prédécesseur, sur le fond les positions sont assez proches. Le nouveau président veut néanmoins mettre en place une politique plus globale avec la Chine, en liant commerce, diplomatie, technologies et changement climatique. De ce point de vue, Huawei pourrait bénéficier d'une détente relative de la Maison Blanche.

Il est probable que l'administration Biden veuille serrer la vis aux réseaux sociaux sur la modération des contenus. C'est la fameuse section 230 que Donald Trump voulait réformer, un texte qui déresponsabilise les plateformes vis à vis des contenus publiés par leurs utilisateurs — et qui leur donne une grande liberté pour diffuser fausses nouvelles et théories du complot en tout genre. L'an dernier, Joe Biden avait expliqué que « la section 230 [devait] être révoquée » voire tout simplement supprimée, une position qui a été reprise par Trump. Dans ce cas, les réseaux sociaux seraient tenus responsables des propos de leurs utilisateurs, ouvrant la voie à des poursuites judiciaires.

Autre dossier brûlant, la neutralité du net. Mise à la poubelle par la précédente administration, ce principe qui garantit un même traitement à toutes les données qui transitent dans les tuyaux des opérateurs pourrait être restauré.

avatar prodige69 | 

Il est pas encore élu :)

avatar kinon | 

@prodige69

Si il l'est (les résultat des décomptes de voix et donc de grands électeurs).
Après Trump peut toujours contester et demander ce qu'il veut mais tant qu'il n'apporte pas de preuves avérées c'est du vent.
Là Trump se comporte comme d’habitude comme un enfant gâté qui refuse ce qui le gène, boude et fait des caprices quitte à abimer ses jouets que sont les institutions et ses ministres et autres juges juste pour se venger de ne plus pouvoir être "le maitre du monde".

Et comme indiqué par des connaisseurs du système il n'y a jamais eu de preuves de magouilles dans aucune élection américaine et aucun problème détecté lors de recomptages quels que soient les bords politiques concernés.

avatar ancampolo | 

Ce sera comme sous Obama open bar pour toutes les technologies du monde avec budget illimité pour l’écoute des citoyens et je dirais qu’avec les pays du golf ça va chauffer

avatar Derw | 

@ancampolo

« Ce sera comme sous Obama », comme sous Trump et comme sous tous les présidents américains depuis des années !

avatar saoullabit | 

Finalement Biden n’est pas officiellement reconnu vainqueur.
Alors on peut se poser autant de question qu’on veut :)

avatar Moonwalker | 

Sur Huawei vous vous avancez grandement.

Il s'agit d'une question de sécurité nationale pas de commerce. Biden n'a pas de raison de leur faire plus de cadeau que Trump, surtout que le Congrès (Sénat Rep.+Chambre Dem.) était en pointe sur le dossier.

Il faut aussi rappeler que les européens ont eux aussi fini par prendre des mesures restrictives concernant les matériels chinois sensibles.

Au final, dans les technologies informatiques comme dans beaucoup de domaines, on verra plus une continuité que de rupture entre les deux administrations. Seule la forme changera, pas le fond de la politique U.S.

avatar morpheusz63 | 

@Moonwalker

T'es au courant du PC de Hunter Biden retrouvez? Et tu saurais au courant que la famille Biden est compromis au niveau sécurité national, mais ça été étouffer par les média mainstream

avatar ckermo80Dqy | 

@morpheusz63

😂😂😂😂

avatar morpheusz63 | 

@ckermo80Dqy

🙄

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